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Famille Caracciolo

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Armoiries de la famille Caracciolo Rossi
Armoiries de la famille Caracciolo Pisquizi
Armoiries de la famille Carcciolo del Sole
Armoiries de la famille, publié en Cronologia della famiglia Caracciola, 1605

La famille Caracciolo (parfois orthographié Caraccioli en français) est l'une des plus puissantes et anciennes maisons princières d'Italie, originaire de l'ancien royaume de Naples, dont les premières traces remontent au Xe siècle à Naples.

Alliée, par le pouvoir ou par les alliances matrimoniales aux familles nobles et parfois souveraines les plus puissantes d'Europe dont les Bourbon d'Espagne, Bourbon-Parme, Médicis, Bourbon des Deux-Siciles, Carafa, d'Aquino, Sanseverino, Gonzague ou encore Barcelone, la famille Caracciolo a possédé plus de dix principautés dont Capoue, Marano di Napoli ou Melfi, plus de vingt duchés et des dizaines de fiefs élevés en marquisats ou comtés à travers toute la péninsule italienne mais aussi en Espagne et en France, avec des seigneuries telles que Martigues, Romorantin, Vitry-aux-Loges ou encore Brie-Comte-Robert[1], ou encore dans le Saint-Empire romain germanique[2].

Elle donna notamment des princes du Saint-Empire, des grands d'Espagne, des vice-rois, des cardinaux, un saint ou encore un maréchal de France[2].

La famille princière Carafa dont est issu le pape Paul IV, constitue l'une des branches de la famille Caracciolo[3].

La famille a joué un rôle majeur dans l'histoire du royaume de Naples et des Deux-Siciles. Elle fut l'un des plus importants soutiens de la famille de Bourbon des Deux-Siciles. Le marquis de Villamarina Domenico Caracciolo fut ainsi vice-roi du royaume de Sicile et premier ministre du roi de Naples, de Sicile puis des Deux-Siciles Ferdinand Ier, petit-fils du roi d'Espagne Philippe V[4].

Récemment, c'est le mariage entre la princesse Marella Caracciolo et le multimilliardaire Giovanni Agnelli, propriétaire du groupe Fiat qui a fait parler de la famille. Marella Caracciolo et Giovanni Agnelli sont les grands-parents de John Elkann, président de Stellantis et de Ferrari et directeur général d'Exor, la holding de la famille Agnelli, propriétaire majoritaire de Stellantis, Ferrari ou encore du club turinois Juventus[5].

La famille Caracciolo reste aujourd'hui encore très active dans la société mondaine européenne. On retrouve certains de ses membres régulièrement à des évènements aux côtés des familles, entre autres, de Bourbon-Orléans, de Habsbourg, de Savoie, de Hohenlohe, Orsini, Sanseverino, Spinola. Outre la princesse Marella Caracciolo, récemment, la famille comptait dans ses rangs le prince Carlo Caracciolo, ancien propriétaire de L'Espresso et deuxième actionnaire du journal Libération[6] et le prince Filippo Caracciolo, secrétaire général adjoint de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, président de la Fédération international de l'automobile et oncle de l'archiduchesse autrichienne et princesse de Belgique Elisabetta Rosboch von Wolkenstein[7].

La famille est mentionnée pour la première fois au Xe siècle à Naples, en la personne de Teodoro Caracciolo (mort en 976). La famille devient rapidement l'une des grandes lignées féodales du royaume de Sicile normand, accédant à la dignité comtale dès le XIIe siècle, alors que Naples, qui n'est pas encore capitale, gagne en importance.

Toujours existante, elle s'est divisée en plusieurs branches importantes dès le Moyen Âge. À travers ces diverses branches, les Caracciolo ont possédé les plus hauts titres et les plus hautes distinctions au sein de la cour napolitaine. Elle a donné de nombreux militaires, dont un maréchal de France (Jean Caracciolo), des amiraux, des ministres, des diplomates et des vice-rois, des cardinaux et des évêques à l'Église ainsi qu'un saint, saint François Caracciolo. En outre, saint Thomas d'Aquin, grand théologien médiéval et Docteur de l'Église, eut pour mère une membre de la famille Caracciolo, Teodora Caracciolo Rossi. La famille Caracciolo s'est alliée avec plusieurs dynasties régnantes dont les Bourbon-Siciles, Bourbon-Parme ou Bourbon d'Espagne. Un certain nombre de souverains et souveraines ayant régné ou régnant encore en descendent.

Branches, possessions et titres

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Parmi les principales branches des Caracciolo se trouvent les Caracciolo Rossi, les Caracciolo Pisquizi et les Caracciolo del Sole, qui utilisent toutes des armoiries différentes. La famille Carafa, autre grande lignée du royaume de Naples, descend également des Caracciolo (de la branche Caracciolo-Rossi), desquels elle s'est séparée dans le courant du XIIe siècle[8].

La branche des Caracciolo Rossi ont pour premier représentant Riccardo, fils de Landolfo Caracciolo, au début du XIIe siècle. Les Caracciolo Rossi ont donné, à leur tour, naissance à de nombreux rameaux au cours des siècles, les principaux étant les marquis de Vico, les ducs de Brienza, les ducs de Vietri, les ducs de San Vito, les princes de Torchiarolo, les princes d'Avellino et les princes de Forino. À travers ses différents rameaux, la branche des Caracciolo Rossi a eu pour titres :

  • Princes de : Forino, Atena (1639), Spinoso, Bella, Avellino, Torella (1639), Torchiarolo (1726), Ginnetti (1859), Ripa Francone (1806), Campagna (1662), Candriano (1895) et Princes du Saint-Empire (1715).
  • Ducs de : Brienza, Lauriano (1751), Vietri, Mignano (1770), Monténégro (1643), Bernalda, Airola, San Vito (1645), Roccaromana, Atripalda (1572), Boiano, San Giorgio (1626), Lavella (1678), sur le nom de famille (1738).
  • Marquis de : Mesuraca (1741), Pannarano (1741), Brienza (1569), Vico (1531), Torrecuso, San Severino (1618), Bella, Valle Siciliana, Monacilione, San Marco.
  • Comtes de : Castelrosso, Gerace (1348), Nicastro (1415), Gallarate, Torella (1560), Serino (1635), sur le nom de famille (1902), Gambatesa, Flumeri, San Giovanni Rotondo.

Les Caracciolo Pisquizi descendent d'un autre fils de Landolfo Caracciolo, Filippo, qui a également vécu au début du XIIe siècle à Naples. Les Caracciolo Pisquizi ont eux aussi donné naissance à de nombreux rameaux, dont certains comptèrent parmi les feudataires les plus influents de l'Italie méridionale. Les plus importants sont les comtes d'Oppido, les marquis de Sant'Eramo, les ducs de Martina Franca, les princes de Castagneto et ceux de Santobuono.

  • Princes de : Torrenuova (1647), Castagneto (1724), Melissano (1724), Pettoranello (1731), Santobuono (1590), Marsicovetere (1646), Marano, Cellamare (1787), Cursi, Villa (1649), sur le nom de famille (1717), Scanno.
  • Ducs de : Feroleto (1589), Celenza, Montesardo (1539), Resigliano (1746), Martina Franca (1507), Sicignano (1581), Atella, d’Orta, Girifalco (1634), Soreto (1686), Melito, Castelluccio (1755), Barrea, Parete, San Teodoro, Sant'Arpino, Casal di Principe, Castel di Sangro (1611)
  • Marquis de : Casalbore (1569), Gioiosa (1594), Sant'Eramo (1639), Barisciano (1628), Castellaneta (1544), Bitetto (1592), Arena (1699), Macchiagodena, Volturara (1589), Cervinara (1629), Mottola (1600), Amorosi (1673), Villamaini, Capriglia (1626), Bucchianico (1518)
  • Comtes de : Oppido (1530), Burgenza (1428), Nicastro (1496), Trivento, Loreto, sur le nom de famille (1813), Buccino (1472)
  • Filippo Pisquizio Caracciolo
    • Seigneurs de Montefalcone
    • Seigneurs de Pietralcina (éteints au XVIe siècle)
      • Seigneurs de Casalbore, marquis de Volturara et de Sant'Eramo
        • Comtes Rocco Stella, princes Caracciolo-Carafa
        • Marquis de Casalbore, puis princes de Torrenova (éteints en 1803)
        • Seigneurs de Castellana, princes de Torrenova (éteints en 1654)
    • Seigneurs de Tocanisi (éteints au XVIIe siècle)
    • Seigneurs de Pisciotta, appelés Caracciolo d'Aragona
      • Seigneurs de Valle (éteints au XVe siècle)
        • Seigneurs de Parete (étients en 1546)
    • Seigneurs de Calispirio, marquis de Bucchianico, princes de Santobuono
      • Seigneurs, puis ducs de Celenza (éteints en 1764)
        • Seigneurs, puis princes de Villa Santa Maria (éteints en 1805)
      • Seigneurs de Maricovetere (éteints en 1778)
        • Seigneurs de Ripacandida, ducs de Girifalco (éteints en 1812)
        • Seigneurs, puis ducs de Montesardo (éteints en 1788)
          • Seigneurs, puis marquis de Barisciano, princes de Marano
        • Seigneurs de Guarda (éteints au XVIIe siècle)
          • Ducs de Castelluccio, appelés Caracciolo Pinelli
          • Ducs de Resigliano (éteints en 1805)
    • Comtes de Brienza, ducs de Martina (éteints en 1849)
      • Princes de Cursi, appelés Caracciolo Cicinelli (éteints en 1853)
      • Marquis de Macchiagodena (éteints au XVIIe siècle)
      • Marquis de Castellaneta (éteints au XVIe siècle)
      • Seigneurs, puis ducs de Sicignano (éteints en 1652)
      • Marquis de Binetto (éteints en 1626)
      • Seigneurs de Terraloggia (éteints en 1704)
      • Seigneurs d'Avigliano, princes de Pettoranello
    • Seigneurs de Ponte Albano (éteints en 1625)
      • Seigneurs, puis marquis della Gioiosa (éteints en 1604)
        • Barons de Castelnuovo, ducs d'Atella et d'Orta (éteints en 1802)
          • Ducs de Soreto (éteints au XXe siècle)
            • Ducs de Roccaromana (éteints en 1936)
      • Barons de Montepagano (éteints en 1793)
        • Ducs de Rodi (éteints en 1867)
      • Seigneurs de Montaquila
      • Seigneurs d'Orta (éteints en 1628)

Les Caracciolo del Sole descendent des Caracciolo Pisquizi dont ils se sont séparés à la fin du XIVe siècle. Leur premier représentant est Cristiano, descendant des Caracciolo Pisquizi seigneurs d'Orta. Les Caracciolo del Sole furent :

Propriétés

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Les Carcciocolo ont possédé de nombreuses demeures, palais et châteaux à travers l'Europe. Nous pouvons citer le palais Caracciolo di Avellino, le palais Caracciolo di Brienza, le palais Caracciolo di Brienza a Santa Lucia, le palais Giordano, le palais Caracciolo di Girifalco, le palais Caracciolo di Melissano, le palais Caracciolo di Oppido, le palais Caracciolo di Roccaromana, le palais Caracciolo di San Teodoro, le palais Caracciolo di San Vito, le palais Caracciolo di Sant'Eramo, le palais Caracciolo di Santobuono, le palais Caracciolo di Torella, le palais Cioffi, le palais Giordano, la villa Caracciolo di Forino, la villa Roccaromana, le palais Guevara di Bovino, la chapelle Caraciolo di Vico. S'ajoute à cela d'immenses possessions territoriales en Italie[2].

Alliances matrimoniales

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Lucio Caracciolo, duc de Roccaromana

La maison Caracciolo s'est alliée avec les plus puissantes familles princières d'Italie et d'Europe dont les familles d'Aquino, d'Aragon (maison de Barcelone), d'Avalos, Bourbon-Siciles, Bourbon, Borghese, Carafa, Colonna, Ferraro-Fieschi, Gonzague, Orsini, Pignatelli, Sanseverino ou encore Ruffo. La maison Caracciolo est donc apparentée à de nombreuses dynasties régnantes. Un certain nombre de souverains et de souveraines en descendent. Citons par exemple l'actuel roi de Belges Philippe, Louis-Philippe Ier, les rois d'Italie ou encore l'impératrice d'Autriche-Hongrie Elisabeth de Wittelsbach dite "Sissi" par le biais de Maria Francesca Pignatelli. Les Caracciolo se sont aussi alliés avec l'importante famille d'industriels italiens, la famille Agnelli, l'une des plus grandes fortunes d'Europe, par le mariage entre Marella Caracciolo di Castegnato et Giovanni Agnelli dirigeant du groupe Fiat. L'actuel Président du groupe Stellantis, du constructeur Ferrari et Directeur Général d'Exor (société d'investissement controlée par la famille Agnelli, principale actionnaire de Stellantis, de Ferrari, d'Iveco, de The Economist ou encore du Juventus Football club), le multimilliardaire John Elkann est le petit-fils de Marella et Giovanni[2].

Personnalités

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Personnalités politiques

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Autres parcours

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Notes et références

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  1. Joseph University of Ottawa, Antonio Caracciolo, évêque de Troyes (1515-1570), Paris : Letouzey et Ané, (lire en ligne)
  2. a b c et d (it) « Caràcciolo - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
  3. (it) « Carafa - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
  4. (it) « CARACCIOLO, Domenico - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
  5. (it) « È morta Marella Caracciolo, vedova di Gianni Agnelli », sur la Repubblica, (consulté le )
  6. « Addio a Carlo Caracciolo padre di Espresso e Repubblica - Spettacoli & Cultura - Repubblica.it », sur www.repubblica.it (consulté le )
  7. (en) « Prince Filippo Caracciolo di Castagneto », sur Federation Internationale de l'Automobile, (consulté le )
  8. (it) « Caràcciolo nell'Enciclopedia Treccani », sur treccani.it (consulté le ).

Bibliographie

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  • Berardo Candida Gonzaga, Memorie delle famiglie nobili delle province meridionali d'Italia, vol. 3 e 6, Bologna, Arnaldo Forni Editore, 1875, ISBN non esistente.
  • Grazia Fallico, Carlo Di Napoli, in Dizionario biografico degli italiani, vol. 40, Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1991.
  • Vincenzo Palizzolo Gravina, Il blasone in Sicilia, ossia Raccolta araldica, Palermo, Visconti & Huber, 1875, ISBN non esistente.

Articles connexes

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Liens externes

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