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Jean Caraccioli

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Sergianni Caracciolo
Fonctions
Gouverneur du Piémont

lieutenant général de Provence

lieutenant général de l'armée de Luxembourg
Titres de noblesse
Prince de Melfi
Biographie
Naissance
Décès
(à 63 ans)
SuseVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Sergianni Caracciolo
Allégeance
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Conjoint
Giovanna d'Acquaviva
Eleonora Sanseverino
Enfant
Troiano
Giulio
Antoine Caraccioli
Isabella
Camilla
Susanna
Cornelia
Autres informations
Grade militaire
Conflit
Personne liée
Catherine de Médicis (cousin)
Carlo Gesualdo (arrière-grand-oncle)
Laurent II de Médicis (petit-cousin)
Bernardino di Sanseverino (cousin issu de germain)
Paul IV (petit-cousin)
Distinction
Armoiries des Caracciolo

Sergianni Caracciolo (aussi appelé Giovanni Caracciolo et parfois francisé Jean Caraccioli) né en 1487 à Naples et mort le 7 août 1550 à Suse, prince de Melfi, duc de Venosa, d’Alcoli et de Soria, grand sénéchal du royaume de Naples, maréchal de France, est un aristocrate italien membre de l'illustre famille Caracciolo[1],[2]. Il est un petit-cousin de Clarice de Médicis et de Laurent II de Médicis, père de la reine de France Catherine de Médicis[3].

Arrivé en France, il est devenu seigneur de Martigues, de Romorantin, de Brie-Comte-Robert, de Vitry-aux-Loges, de Berre et de Châteauneuf-sur-Loire[3].

Il a été lieutenant général de Provence, de Troyes, de l'armée de Luxembourg et gouverneur du Piémont (à la suite de François de Bourbon et avant Charles Ier de Cossé)[3].

Premières années et carrière militaire

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Sergianni Caracciolo est né à Naples en 1487, fils de Troiano, duc puis prince de Melfi, et de son épouse, Ippolita Paola di Sanseverino, fille de Guglielmo, comte de Capaccio. Il est issu d'une des plus puissantes familles nobles du royaume de Naples. Il a pour arrière-arrière-grands-pères Sergianni Caracciolo, prince de Capoue, grand connétable du royaume de Naples et amant de la reine de Naples Jeanne II qui fut l'homme le plus puissant du royaume et Jacopo Caldora, duc d'Andria, très puissant Condottiere. Par son arrière-grand-père Amerigo Sanseverino, Sergianni est un cousin de la reine de France Catherine de Médicis. On sait peu de choses sur son enfance et son adolescence, mais il fit probablement partie de l'Accademia Pontiana, car en 1526, le duc d'Atri lui dédia sa traduction du De virtute morali de Plutarque[3].

Sergianni Caracciolo, prince de Capoue, arrière-arrière grand père de Jean Caracciolo, prince de Melfi

Très jeune, il entreprit une carrière militaire qui l'accompagna pendant le reste de son existence. En 1512, il prit part à la bataille de Ravenne, se rangeant du côté de l'armée du roi de France, tandis que son père resta fidèle à la maison d'Aragon. Bien que l'on ait parlé pendant des siècles de conflits internes à la famille, les historiens[4], en analysant les événements et la correspondance entre les deux, ont pu mettre en évidence qu'en réalité, face à une situation désespérée, la famille Caracciolo cherchait à conserver son patrimoine, afin de maintenir ses possessions quelles que soient les issues de la guerre. En 1523, Sergianni abandonna les Français pour rejoindre à nouveau le camp des Aragonais, obtenant de son père les titres nobiliaires de prince de Melfi, duc de Venosa, d'Ascoli et de Soria, marquis d'Atella et comte d'Avellino, ainsi que le rang de grand sénéchal du royaume de Naples.

Face aux nouvelles ambitions expansionnistes de François Ier de France sur le royaume de Naples, Sergianni décida de rester du côté des Aragonais et, en 1525, il fut chargé de préparer la défense de la ville de Barletta, craignant que les Vénitiens, alliés des Français, ne débarquent dans la région. Trois ans plus tard, à Melfi, il résista vigoureusement à l'invasion du célèbre condottiere français Odet de Foix, seigneur de Lautrec, qui réussit néanmoins à l'emporter lors d'une deuxième sortie ; à cette occasion, Sergianni fut fait prisonnier dans le château federiciano avec sa femme et ses enfants. Pour se racheter de sa captivité, ses alliés ne pouvant le faire faute d'argent, Caracciolo changea à nouveau de camp et se rangea du côté du roi de France, obtenant ainsi sa libération. En 1528, il commanda 7 000 fantassins lors du siège de Gaète, soutenu par quelques galères vénitiennes, mais l'arrivée sur place d'Andrea Doria contraignit les Français à suspendre l'action[5].

Caracciolo fut donc contraint de se replier d'abord sur Capoue, puis vers Aversa, ensuite vers les Abruzzes et enfin dans les Pouilles où, avec ses hommes, il affronta le marquis du Vasto. Il menaça ensuite Bari avant de se rendre à Molfetta, où il revendiqua les droits sur la ville pour son fils Troiano qui, ayant épousé Isabella di Capua, y avait droit en tant que dot. Il assiégea la ville avec la complicité de Federico Carafa, mais alors que ce dernier fut tué au cours des opérations militaires, Sergianni réussit à piller la ville et à entrer peu après à Barletta. Il dut toutefois se réfugier peu après en France, où, en 1530, il se retrouva à nouveau aux côtés de François Ier lors de son voyage vers la frontière espagnole, à la tête des volontaires napolitains au service des Français. Pour le dédommager des pertes subies (depuis qu'il s'était enfui de Naples, l'empereur avait saisi les biens de Caracciolo et avait créé Andrea Doria prince de Melfi, tandis que la principauté d'Ascoli était passée à Antonio de Leyva), François Ier lui accorda une pension annuelle considérable, le nomma chevalier de l'ordre de Saint-Michel, puis lui concéda les fiefs de Châteauneuf-sur-Loire, Vitry-aux-Loges, Romorantin, la vicomté de Martigues et la baronnie de Berre, lui permettant ainsi de dépasser en richesse les revenus de ses biens à Naples.

François Ier engagea Sergianni Caracciolo comme conseiller militaire aux côtés de Stefano Colonna, renforçant ainsi les défenses de la Provence à partir de 1536. Le 1er août de la même année, Caracciolo devint lieutenant royal de la ville d'Arles, où il fit également construire des fortifications adéquates. Après le retrait des Espagnols de Provence, il se rendit à Lyon où, aux côtés du roi, il assista à l'exécution du comte de Montecuccoli, accusé d'avoir empoisonné le Dauphin.

Prêt à lancer une nouvelle campagne militaire en Lombardie, François Ier préféra l'envoyer à la tête d'une expédition navale avec pour objectif d'attaquer Naples avec douze galères. Parti de Marseille le 7 septembre, le projet était de se retrouver à un endroit convenu avec le célèbre corsaire ottoman Khayr al-Dīn Barbarossa, allié des Français, et de tenter avec lui un débarquement dans le royaume du sud de l'Italie, mais l'opération fut finalement annulée.

De retour sur le continent, il s'apprêtait à reprendre la campagne militaire par voie terrestre, mais il fut plutôt affecté à Arles où il s'occupa une fois de plus de la défense de la ville. Il fut ensuite envoyé à Landrecies, où il réalisa également des travaux de défense et de fortification, avant de se rendre peu après à Guise, à la tête de 10 000 mercenaires allemands. Il fut ensuite appelé à fortifier Arlon, puis à nouveau la ville de Landrecies. Après le retrait de l'armée impériale de France, François Ier le nomma lieutenant général de l'armée du Luxembourg (4 décembre 1543), où il réussit à lever le siège de la capitale, mené par Guillaume de Fürstenberg.

François Ier fit à nouveau appel à ses services le 10 juin 1544, lorsqu'il le nomma lieutenant de la ville de Troyes, menacée par les armées de Charles Quint, qui avait l'intention d'atteindre Paris. Le 14 décembre 1544, grâce aux brillantes fortifications qu'il avait mises en place et qui permirent de repousser les ennemis, il fut nommé maréchal de France. L'année suivante, le roi de France lui demanda de réprimer les révoltes qui avaient éclaté entre-temps à Périgueux, au Havre et à Boulogne[6].

Gouverneur du Piémont

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Le 4 octobre 1545, il fut nommé gouverneur du Piémont occupé par les Français, puis reconduit dans ses fonctions par Henri II de France en 1547.

Au cours de cette période, il réussit à conquérir le château de Revello et, le 23 février 1548, fit arrêter le marquis Gabriel de Saluces, qui mourut peu après. Cet acte, auquel le souverain français ne voulait pas parvenir, commença à le rendre méfiant à l'égard de Caracciolo, mais celui-ci sut fournir toutes les preuves nécessaires de sa loyauté à la cause française. En août 1548, il accueillit le roi Henri II à Turin, puis en 1549, Anne d'Este et François de Lorraine.

En 1550, il fut contraint de quitter ses fonctions en raison d'une maladie qui l'affligeait considérablement, à tel point que son fils Antoine, envoyé par Diane de Poitiers qui entretenait des relations très étroites avec ce dernier, lui demanda de renoncer à son poste, devenu trop difficle à assumer. Caracciolo mourut avant l'arrivée de son remplaçant dans le Piémont. Son corps fut transporté à Turin, dans l'église San Domenico, et inhumé dans la chapelle de la Beata Vergine del Rosario.  

Mariage et descendance

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Isabelle de Capoue

Sergianni Caracciolo épousa en premières noces Giovanna d'Acquaviva, fille d'Andrea Matteo III Acquaviva, Duc d'Atri ; en secondes noces, Eleonora Sanseverino, fille du prince de Salerne, Antonello Sanseverino et de Constanza de Montefeltro, fille de Fréderic III de Montefeltro[7].

Sa descendance :

    Troiano, marquis d'Atella, époux d'Isabella di Capua, sans descendance ;

    Giulio, marquis d'Atella, sans descendance ;

    Antonio, évêque de Troyes ;

    Isabella, décédée en 1555. Elle épousa Antonio d'Aquino, marquis de Corato. D'où Claudia d'Aquino, mariée avec Thibaut II de Nogent, seigneur d'Obtrée et de Ville-sur-Arce (Marie de Nogent issue de ce mariage a pour parrain Henri Ier de Guise), Margherita d'Aquino, mariée avec Charles de Louviers et Vittoria d'Aquino, mariée avec Antoine de Cardaillac dont descend Marcos de Noronha e Brito ;

    Camille, mariée à Claude de Pestels, baron de Pestels

    Susanna, qui épousa Francesco d'Acquaviva, duc d'Atri. D'où Anna Acquaviva, maîtresse un temps du roi Charles IX

    Cornelia, décédée en 1586, sans descendance[3].

Figure Blasonnement

De gueules, à trois bandes d'or, au chef d'azur.[8]

Notes et références

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  1. « Jean Caraccioli, prince de Melphes, p. 346 », sur Mémoires de messire Blaise de Monluc, maréchal de France, in Collection des Mémoires particuliers relatifs à l'Histoire de France, t. XXII, à Londres et à Paris, 1786
  2. « Les Caraccioli, p. 639-645, dont Jean, p. 640 », sur Biographie universelle ancienne et moderne, t. VI, dir. Louis-Gabriel Michaud, chez Adrien-Hippolyte-Augustin Thoisnier-Desplaces, à Paris, 1843
  3. a b c d et e Joseph University of Ottawa, Antonio Caracciolo, évêque de Troyes (1515-1570), Paris : Letouzey et Ané, (lire en ligne)
  4. MARIA TERESA MONTI, « Desedibus, et causis.Morgagni nelcentenario. A cura di V. Cappelletti e F. Di Trocchio, Istituto dell'Enciclopedia Italiana 1986. (« Acta Enciclopaedica », 6), 393 pp. », Nuncius, vol. 3, no 2,‎ , p. 275–279 (ISSN 0394-7394 et 1825-3911, DOI 10.1163/182539178x00501, lire en ligne, consulté le )
  5. MARA MINIATI, « SALVO D'AGOSTINO, ARCANGELO ROSSI (a cura di), Enrico Fermi e l'Enciclopedia Italiana, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2001, 191 pp., ill. », Nuncius, vol. 17, no 2,‎ , p. 723–724 (ISSN 0394-7394 et 1825-3911, DOI 10.1163/182539102x00315, lire en ligne, consulté le )
  6. Badone Giovanni Cerino, « La cultura della guerra. Sapere teorico e sapere empirico nel mondo militare del XVII secolo », SOCIETÀ E STORIA, no 136,‎ , p. 277–298 (ISSN 0391-6987 et 1972-5515, DOI 10.3280/ss2012-136002, lire en ligne, consulté le )
  7. Joseph Roserot de Melin, Antonio Caracciolo, évêque de Troyes (1515 ?-1570), Librairie Letouzey et Ané, coll. « Bibliothèque d’histoire ecclésiastique de la France », 1923, Paris : Letouzey et Ané, (lire en ligne)
  8. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com