Catherine Repond
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Catherine Repond, dite Catillon, née vers le à Villarvolard et morte le à Fribourg, est la dernière fribourgeoise brûlée pour sorcellerie.
Biographie
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Origines et famille
[modifier | modifier le code]Catherine Repond naît vers le 18 août 1663 à Villarvolard, dans le canton de Fribourg . Elle est la fille de Sulpice-Noë et de Catherine. Célibataire et sans enfant, elle vit de la mendicité avec sa sœur Marguerite[1].
Histoire du procès
[modifier | modifier le code]Premier procès à Corbières (14 avril au 5 juillet 1731)
[modifier | modifier le code]Elle est arrêtée une première fois le 14 avril 1731 pour être interrogée au château de Corbières, par le bailli Béat Nicolas de Montenach qui représente localement l'autorité fribourgeoise. Il la questionne d'abord sur la blessure qu'elle présente au pied. Elle affirme avoir été blessée et détroussée après avoir passé la nuit chez la famille Purro à Villargiroud, quelques jours avant la Toussaint l'année précédant son arrestation. Le bailli interroge également une dizaine de témoins, tous originaires de Corbières. Selon leurs dires, Catherine mendie dans les alpages, même le dimanche au lieu d'aller à la messe. Elle est aussi accusée par certains de maudire les pâturages pour peu qu'on lui refuse l'aumône[2].
Durant sa longue détention (presque 3 mois), Catherine subira une série de six interrogatoires devant la cour de justice de Corbières. La torture est appliquée, de manière légale, à partir de la troisième audience afin d'extraire des aveux de l'accusée, qui rejette toutes accusations de sorcellerie jusque là. L'application de la torture permet aux juges de transformer les aveux de l'accusée et ainsi de lui faire avouer son pacte avec le diable[1], ses multiples participations à la sectes ou des capacités de transformation animales. Le jeu est si bien mené que le bailli lui fait admettre qu'il l'a lui-même blessée au pied au cours d'une partie de chasse, alors qu'elle était transformée en renard ou en lapin[2]. Les causes rationnelles de sa blessure au pied sont transformés en signes diaboliques. Son premier procès se clos le 5 juillet 1731.
Second procès à Fribourg du 13 juillet au 15 septembre 1731
Un second procès a lieu à Fribourg du 13 juillet au 15 septembre. Ce deuxième procès comprend au moins sept interrogatoires et de nouveaux témoignages à charges. Catherine est encore torturée pour obtenir la liste de ses complices présumés. Elle signale notamment sa sœur, Marguerite, et un certain Jacques Bouquet. Ce dernier a été arrêté avant d'être relâché le 3 septembre.
Catherine, quant à elle, est condamnée le 15 septembre 1731, au bûcher, après strangulation. La sentence est exécutée le jour même au quartier du Guintzet[2].
Le cas de Marguerite Repond
[modifier | modifier le code]Quant à Marguerite Repond, il semblerait selon les recherches de Kathrin Utz Tremp, qu'elle soit parvenue à fuir durant plus d'une année avant d'être finalement arrêtée en 1731. Malgré une mise en procès similaire à sa sœur, Marguerite n'avoue rien sous la torture. Elle sera donc bannie du territoire fribourgeois pendant 15 ans. Malheureusement, aperçue en 1741 par des villageois qui la dénoncent, elle est mise immédiatement aux arrêts à Fribourg, malgré ses 76 ans. Il est vraisemblable qu'elle soit décédée en prison[2].
Réhabilitation et hommages
[modifier | modifier le code]En 1999, une petite fontaine ornée d'une sculpture de Catillon jeune fille a été inaugurée dans la forêt du Gibloux. Elle se situe sur le versant nord-ouest du Gibloux, quelques dizaines de mètres en dessous de l'antenne des télécoms, aux frontières de trois districts (Glâne, Sarine et Gruyère) et de trois communes (Villorsonnens, Le Glèbe et Sorens)[3]. Émile Mesot et deux autres chasseurs découvrirent cette source et lui donnèrent le nom de « fontaine à Catillon ».
En 2009, une motion demandant la réhabilitation de Catherine Repond est refusée par le Grand Conseil du canton de Fribourg car la réhabilitation juridique n'existe alors plus dans le code pénal suisse[4]. Le Conseil d'État suggère donc une réhabilitation de la mémoire des nombreuses victimes de meurtres judiciaires à cette époque.
En 2010 la Place Catherine-Repond est inaugurée au lieu même de son exécution, sur la colline du Guintzet à Fribourg[5].
Un film en trois volets sur son procès est tourné en 2025 dans le canton de Fribourg. Il est intitulé Catillon[6].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Josiane Ferrai-Clément, Catillon et les écus du diable (roman historique), Fribourg, Éditions La Sarine, , 118 p. (ISBN 9782883551220)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Kathrin Utz Tremp (trad. Florence Piguet), « Catherine Repond » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- (de) Utz Tremp, Kathrin, « Von Itha Stucki bis Catherine Repond alias Catillon. Hexenverfolgungen im Kanton Freiburg (15. bis 18. Jahrhundert) », Freiburger Geschichtsblätter, vol. 86, , p. 71-116 (lire en ligne
[PDF])
- ↑ Kathrin Utz Trem (trad. Alexandre Dafflon), « Catillon, une sorcière fribourgeoise (1663 - 1731) » [PDF], sur fr.ch, Archives de l’État de Fribourg,
- ↑ Carine Régidor et Pierre-Yves Maspoli, « Fribourg pourrait réhabiliter moralement une sorcière exécutée en 1731 », 1 min 57 s [vidéo], sur RTS.ch, (consulté le )
- ↑ « Une sorcière a une place à son nom à Fribourg », sur RTS.ch, (consulté le )
- ↑ Natasha Hathaway, « « Catillon », la dernière sorcière de Fribourg », 24 heures, , p. 14 (lire en ligne
)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Naissance en août 1663
- Naissance dans le canton de Fribourg
- Décès en septembre 1731
- Condamné à mort exécuté au XVIIIe siècle
- Condamné à mort exécuté en Suisse
- Condamné à mort exécuté par strangulation
- Condamné à mort exécuté au bûcher
- Violence contre les femmes en Suisse
- Décès à 68 ans
- Sorcière du XVIIIe siècle
- Personnalité condamnée pour sorcellerie en Suisse