Chaos Computer Club France
Le Chaos Computer Club France (CCCF) était un faux groupe de hackers créé en à Lyon par Jean-Bernard Condat[1] à la demande de la direction de la Surveillance du territoire (DST)[2],[3], dans l'unique but de documenter et de surveiller le piratage informatique en France. Selon le journaliste Jean Guisnel, ce groupe composé d'une centaine d'adolescents aurait travaillé en collaboration avec la Gendarmerie nationale[4].
Histoire
[modifier | modifier le code]Le CCCF est créé en à Lyon par Jean-Bernard Condat, à la demande de Jean-Luc Delacour, officier traitant de la direction de la Surveillance du territoire[5],[6]. En effet, dans les années qui précèdent, plusieurs institutions et entreprises françaises (Philips France, qui travaille à cette époque avec l'armée sur un projet proche des missiles Exocet, le CEA, le CNRS, l'Observatoire de Paris) ont été piratées par des membres du Chaos Computer Club allemand, qui revendaient les informations volées au KGB[7].
Description
[modifier | modifier le code]Le nom du groupe est largement inspiré de celui du Chaos Computer Club allemand.
La maxime du Chaos Computer Club France (CCCF) était : « Pirater, c'est avoir un regard irrespectueux vis-à-vis de la technologie au quotidien ». Téléphoniquement, le CCCF signait ses messages par 2223, la lettre C étant associée au chiffre 2 sur le cadran téléphonique et la lettre F au chiffre 3.[réf. nécessaire]
Le CCCF avait son magazine électronique, le Chaos Digest (ChaosD), dont 73 numéros sont parus entre le et le , d'abord de manière hebdomadaire puis quotidienne (ISSN 1244-4901)[8],[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Transcription d'une interview de initialement diffusée dans une émission de télévision belge : « Jean-Bernard CONDAT au Tiko (Saint-Ouen) », sur magic.be.
- ↑ Bertrand Warusfel, Contre-espionnage et protection du secret : Histoire, droit et organisation de la sécurité nationale en France, Panazol, Lavauzelle, , 496 p. (ISBN 2-7025-0451-5 et 978-2-402-16451-1), p. 86 [lire en ligne].
- ↑ Laurance N'kaoua et Benoît Faucon, « Jean-Bernard Condat, le traqueur de hackers », Les Échos, no 18601, (version du sur Internet Archive), p. 109.
- ↑ Anne-Sophie Yoo, « Le FBI recrute les pirates du Net pour traquer Ben Laden », Marianne, no 236, .
- ↑ Roger Faligot et Pascal Krop, DST, police secrète, Paris, Flammarion, , 669 p. (ISBN 2-08-067620-2), p. 544.
- ↑ Jean Guisnel, chap. 8 « Les barbouzes à l'abordage », dans Guerres dans le cyberespace : Services secrets et internet, Paris, La Découverte, coll. « Enquêtes », , 251 p. (ISBN 2-7071-2502-4) ; rééd. coll. « La Découverte poche / Essais » (no 32), , 348 p. (ISBN 2-7071-2716-7) ; puis coll. « Enquêtes », , 367 p. (ISBN 978-2-7071-7871-8 et 978-2-7071-7882-4) [lire en ligne].
- ↑ Damien Bancal, « Chaos Computer Club France », sur Zataz, (version du sur Internet Archive).
- ↑ « Chaos », archive des 73 numéros de Chaos Digest, sur totse.totseans.com.
- ↑ Notice bibliographique no FRBNF34459324, catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Serge Corre, « Underground vs DST », Nova Magazine, (version du sur Internet Archive).
- Mark A. Ludwig (préf. et trad. de l'anglais par Jean-Bernard Condat), Naissance d'un virus : technologie et principes fondamentaux [« The Little Black Book of Computer Viruses »], Paris / New York / Amsterdam, Addison-Wesley France, diff. Bordas, , VI-233 p. (ISBN 2-87908-063-7 (édité erroné)).Voir Jean-Bernard Condat, « C'est décidé, j'écris mon virus », sur condat.blogspot.com, (version du sur Internet Archive).
- Manifeste pour la création d'une organisation hacker en France.