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Charles Decroix

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Charles Decroix
De g. à d., les opérateurs M. Tapis, Paul Guichard,
Émile Pierre et Raoul Aubourdier, avec le réalisateur
Charles Decroix, vers 1908 dans les studios Pathé
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Achilles JuilletVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Période d'activité
Autres informations
Films notables
L'éducatrice
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Le Landrat

Achilles Juillet dit Charles Decroix, né le à Buethwiller (Haut-Rhin)[1] et mort le dans le 20e arrondissement de Paris[2], est un réalisateur, un producteur et un scénariste français.

Propulsé par sa collaboration avec Max Linder, sa carrière connaît son apogée en Allemagne avant la Première Guerre mondiale, avant de tomber dans l'oubli dans les années 1920.

Max Linder, compagnon de route de Charles Decroix
Le comédien Max Linder, l'une des stars françaises mise en scène par Charles Decroix
Fern Andra, l'une des stars mise en scène par Charles Decroix
Fern Andra, l'une des stars allemandes mise en scène par Charles Decroix

Né Achilles Laurentz, Charles Decroix est légitimé en juillet 1883 par le mariage de sa mère Angélique avec Pierre Juillet (1851-1887) un cordonnier alsacien[3] qui avait opté pour la nationalité française en 1872 et qui vivait avec ses parents à Belfort.

La toute première trace que l'on a de lui dans le milieu du cinéma remonte à novembre 1907 au moment de son premier mariage à la mairie du 6e arrondissement de Paris où dans l'acte[4] il est qualifié d' employé à la maison Pathé. Il a alors 30 ans. On ignore depuis combien de temps il y travaille, quel emploi précis il y exerce et de quelle formation il a bénéficié auparavant.

L'année suivante, on le retrouve comme scénariste pour Louis Feuillade chez Gaumont[3]. Il se met à la réalisation la même année, et tourne Pédicure par amour avec Max Linder[5].

A partir de 1909, il travaille à nouveau pour Pathé Frères et ses filiales Film d'art et Film d'Arte Italiana[6] et pour la SCAGL (Société cinématographique des auteurs et gens de lettres)[3] et réalise plusieurs films: La victime, Une conquête, et l'adaptation remarquée d'une nouvelle de Balzac, Les Paysans. Il se donne du « directeur artistique » dans une publicité publiée plus tard dans Ciné-Journal[6].

Au printemps 1910, Charles Decroix part à Berlin. Sa carrière allemande commence, et il devient rapidement l'un des réalisateurs germanophones les plus réputés[7], même s'il refait en allemand nombre des films qu'il a déjà tourné en France. En 1911, il travaille pour l'entreprise américaine German Biograph[8] (connue aussi sous le nom de Pharos-Film[9], de Deutsche Mutoscop, ou de Biograph Gesellschaft).

En 1912, il part en Italie et travaille brièvement pour Milano Films[3].

En 1913, il revient à Berlin et fonde sa propre société de production, Les Films Charles Decroix. Il tourne avec Bernd Aldor et Fern Andra, deux stars du muet allemand, et produit pour la société Monopol-Film Co[3] et pour la Dekagé (Deutsche Kinematograph Gesellschaft)[10]. Il lui arrive de tourner en France pour faire oublier l'origine germanique des producteurs: ainsi en est-il de À chacun sa destinée, avec Suzanne Grandais[10].

En 1914, Charles Decroix est engagé par la Continental-Kunstfilm[3] mais le début de la Première guerre mondiale l'oblige à quitter l'Allemagne, alors qu'il tourne Mondfischerin avec Fern Andra (film qui reste inachevé). Il trouve refuge en Suisse, à Frutigen, où il est placé en résidence surveillée jusqu'à la fin du conflit. Malgré les difficultés matérielles et politiques, il continue à tourner, films et documentaires[11].

En 1918, l'armistice signée, Charles Decroix s'installe en Alsace et tente de reprendre le fil de sa carrière[12]. En 1919, il fonde « Le film alsacien » avec Charles Hahn et d'autres[13]. Un fort sentiment anti-allemand met fin à ses espoirs de retour et aucun projet de film ne sera mené à leur terme[14],[15].

Charles Decroix repart alors à Berlin, où il co-réalise avec Heinrich Bolten-Baeckers les deux derniers films de sa carrière qui mettent à l'écran le couple de comédiens alors réputé Leo Peukert et Sabine Impekoven.

On perd ensuite sa trace jusqu'au début de l'année 1927, date à laquelle il fait dans un studio parisien une démonstration faisant se côtoyer sur un même plan des scènes d'intérieurs jouées au théâtre et des séquences filmées en extérieur où les acteurs donnent l'illusion de passer indifféremment de l'une à l'autre[16],[17]. La démonstration ne convainc malheureusement pas pour lui les directeurs de théâtres et de music-halls invités pour l'occasion et Charles Decroix, après avoir abandonné définitivement son projet, retombe une nouvelle fois dans l'anonymat.

Bien qu'absent des plateaux de cinéma depuis plus d'une dizaine d'années, Charles Decroix figure encore dans l'annuaire Le Tout-Cinéma pour la saison 1934-1935 en tant que directeur de production[18], et pour la saison 1938-1939 également en tant que directeur de production mais aussi en tant qu'auteur-scénariste[19]. Un dernier témoignage paru en mai 1936 dans Paris-Soir rapporte pourtant qu' “aujourd'hui, à 60 ans, il est manœuvre d'usine et en chômage[20]. A l'époque il était domicilié au 233, rue des Pyrénées dans le 20e arrondissement ce que confirme le recensement de population de 1936 où il est enregistré comme cinéaste sous son véritable nom[21].

Mort à l'Hôpital Tenon à l'âge de 65 ans, Charles Decroix était divorcé depuis mai 1930 de Madeleine Malassinay, une cinéaste[22] qu'il avait épousé en janvier de l'année précédente[23]. Sans famille et sans ressources, il est inhumé dans le carré des indigents du cimetière parisien de Pantin (160e division) quatre jours après son décès[24].

Filmographie

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Courts-métrages

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Réalisateur

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Courts-métrages

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Courts-métrages

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Scénariste

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Courts-métrages

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Références

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  1. Acte de naissance n° 4 (vue 24/59) avec mentions marginales de la reconnaissance et du mariage. Archives départementales du Haut-Rhin en ligne, état-civil de Buethwiller, registre des naissances 1873-1882.
  2. Acte de décès n° 188 (vue 19/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 20e arrondissement, registre des décès de 1943.
  3. a b c d e et f (en) Richard Abel (dir.), Encyclopedia of Early Cinema, New York, Routledge, , 1212 p. (ISBN 0-203-48204-2, lire en ligne), p. 241.
  4. Acte de mariage n° 970 (vue 6/31). Archives en ligne de la ville de Paris, état-civil du 6e arrondissement, registre des mariages de 1907.
  5. a et b « Pédicure par amour (Titel Blatt) », sur www.maxlinder.de (consulté le ).
  6. a et b « Cine-Journal (Jan - Mar 1911) », sur archive.org (consulté le ).
  7. Der komische Kintopp: frühe deutsche Komödien = Drôle de ciné: premiers comiques allemands, Bildtonträger, Sprecher: Ulrich Tukur, ARTE, Strasbourg, 1997
  8. (en) Richard Abel, Encyclopedia of Early Cinema, Taylor & Francis, (ISBN 978-0-415-23440-5, lire en ligne).
  9. Publicité à lire en ligne sur Gallica.
  10. a et b Michaël Mandl, « Inédits du cinéma muet ».
  11. Une protestation. Ciné-Journal, 6 janvier 1917, à lire en ligne sur Gallica.
  12. Souvenez-vous ! Le Courrier cinématographique, 19 avril 1919, à lire en ligne sur Gallica.
  13. Comoedia : rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski, s.n., (lire en ligne).
  14. L'Alsace au travail. Ciné-Journal, 13 décembre 1919, p. 39, à lire en ligne sur Gallica.
  15. L'art muet. Le fil alsacien. L'Ère nouvelle, 26 février 1920, p. 6, à lire en ligne sur Gallica.
  16. Courrier théâtral. Le cinéma en marche. Le Journal, 14 mai 1927, p. 4, à lire en ligne sur Gallica.
  17. Au jour le jour. Ciné-décors. L'Express du Midi, 19 mai 1927, p. 1, à lire en ligne sur Gallica.
  18. Annuaire Annuaire général illustré du monde cinématographique. Directeurs de production. Decroix (Charles). Le Tout-Cinéma, saison 1934-1935, p. 921, à lire en ligne sur Gallica.
  19. Annuaire général illustré du monde cinématographique. Auteurs-scénaristes. Decroix (Charles). Le Tout-Cinéma, saison 1938-1939, p. 591, à lire en ligne sur Gallica.
  20. Le moulin à images. Histoire de notre temps. Paris-Soir, 30 mai 1936, p. 11, à lire en ligne sur Gallica.
  21. Recensement de population de 1936, quartier du Père-Lachaise. Archives en ligne de la Ville de Paris, recensement de population du 20e arrondissement, registres de 1936.
  22. Madeleine Malassinay (1907-1986) n'a laissé aucune trace d'une quelconque activité dans le milieu du cinéma, du moins sous son véritable nom.
  23. Acte de mariage n° 70 (vue 12/31) avec mention marginale du divorce. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 17e arrondissement, registre des mariages de 1929.]
  24. Registre d'inhumation du cimetière de Pantin, janvier 1943, p. 139, Juillet Achille. à consulter sur le site Généanet.
  25. a et b Andrée Fern. Ciné-Journal, 11 juillet 1914, p. 5, à lire en ligne sur Gallica.
  26. En Allemagne. La Cinématographie française, 16 septembre 1922, p. 15, à lire en ligne sur Gallica.
  27. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Dans l'Hellade », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  28. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - La Victime », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  29. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Les Paysans », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  30. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Une conquête », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  31. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Affaire d'honneur », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  32. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Haine implacable », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  33. « Films perdus de l'histoire du cinéma », archive.is,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  34. Spectacles et concerts. Modern-Cinéma. Les Tablettes marseillaises, 4 novembre 1911, p. 3, à lire en ligne sur Gallica.
  35. a b c d et e (en) « Lost Films », sur www.lost-films.eu (consulté le ).
  36. Central Kinema. Variététheater - Casino. Freie Presse für Elsass-Lothringen, 21 mai 1913, p. 8, à lire en ligne sur Gallica.
  37. (en) « Lost Films », sur www.lost-films.eu (consulté le ).
  38. Cinématographes. Informations. Vae victis !. Comoedia, 14 octobre 1913, p. 4, à lire en ligne sur Gallica.
  39. Aviation et cinéma en Suisse, 1910-38, , 42 p. (lire en ligne), p. 19.

Liens externes

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