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Charles Jacque

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Charles Jacque
Charles Jacque (avant 1866)
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Charles Émile Jacque
Nationalité
Activités
Fratrie
Léon Jacque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Émile Jacque (d)
Frédéric Jacque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Mouvement
Genres artistiques
Distinctions
Œuvres principales
Bœufs à l'abreuvoir (d), La Grande bergerie (d), La Petite bergerie. Paysanne arrangeant les râteliers (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Tombe de Charles Jacque au Père-Lachaise.

Charles Émile Jacque, né le à Paris et mort dans la même ville le [1], est un peintre et graveur français de l'École de Barbizon.

Berger faisant entrer ses moutons, dessin au fusain (s.d.), collection Calvé-Cantinotti.

Jeunesse et débuts

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Fils de Charles Laurent Jacque (1791-1867) et de Marie Joséphine Morot (1792-1864)[2], Charles Émile Jacque, placé par ses parents, commence par faire un apprentissage de graveur chez un fabricant de cartes géographiques, en 1830, mais se trouve enrôlé dans l'armée la même année et participe au siège de la ville d'Anvers au cours de la révolution belge. Il termine sa période militaire en 1835 avec le grade de caporal. Il reprend sa formation artistique en autodidacte. Il effectue de nombreux séjours à Épervans où sa famille réside depuis 1830. Il réalise un grand nombre de paysages et de scènes de la vie quotidienne de cette région et commence à travailler pour la maison Aubert & Cie.

Il part en Angleterre en 1836 et séjourne à Londres jusqu'en décembre 1838. Il y conçoit une série de gravures sur bois pour illustrer une série d'œuvres publiées en partenariat avec un éditeur français, Léon Curmer, via un collectif de graveurs franco-anglais[3].

L'aquafortiste et Barbizon

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En compagnie de Jean-François Millet, Charles Jacque fréquente la ville de Barbizon dès 1845. Fuyant l'épidémie de choléra qui frappait Paris depuis le [4], Charles Jacque s'installe en août 1849 à Barbizon avec Jean-François Millet et Théodore Rousseau (1812-1867). Au début des années 1850, le groupe est rejoint entre autres par Jules Héreau. Le jeune Eugène Boudin le rencontre à plusieurs reprises[5].

Dès ses premières œuvres, les motifs qu'il affectionne sont d'inspiration rurale ou champêtre avec des représentations pastorales dans la nature ou dans des cours de ferme, des basses-cours picorant sur un tas de fumier, en compagnie de son ami Léon Dupuy qui ne fera pas carrière[6]. Il est le témoin objectif et amusé de toutes les scènes de la vie rurale. Il trouve son inspiration dans les paysages de l'Île-de-France, la Bourgogne, le Béarn, la Bretagne, etc.

Charles Jacque est aussi réputé comme aquafortiste[7]. Il participe au renouveau de cette technique au XIXe siècle. Il commence sa carrière de graveur en 1836. Après avoir réalisé quelques gravures de reproduction d'après les maîtres hollandais, Jacque s'adonne très tôt à la gravure originale. Charles Baudelaire écrit dans son Salon de 1845 où Jacque expose pour la première fois[8] : « M. Jacque est une réputation nouvelle qui ira toujours grandissant, espérons-le. Son eau-forte est très hardie et son sujet très bien conçu. Tout ce que fait M. Jacque sur le cuivre est plein d'une liberté et d'une franchise qui rappelle les vieux maîtres »[9].

Aidé par son ami Auguste Delâtre (1822-1907), il imprime ses premières séries d'eaux-fortes. En 1866, il avait déjà produit plus de 460 gravures[10].

Henri Beraldi[7] distingue deux périodes dans son œuvre gravé. La première est celle plus spontanée de petites vignettes intimes d'inspiration hollandaise. La seconde, celle de la notoriété, est celle de la production de planches plus grandes d'où s'estompe « le caractère hollandais de son œuvre[11] ».

L'illustrateur

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Pour subvenir aux besoins de sa famille, Jacque fournit de nombreuses illustrations[12] pour les livres. En 1843, il réalise des gravures sur acier pour les Contes du temps passé de Charles Perrault, paru chez Léon Curmer. Citons, parmi ces autres nombreux livres, Le Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith, La Chaumière indienne, une nouvelle publiée avec Paul et Virginie, La Grèce pittoresque de Christopher Wordsworth, Versailles ancien et moderne d'Alexandre de Laborde. Il livre aussi quelques dessins pour le journal L'Illustration (en 1851) et Le Magasin pittoresque[7].

Il est aussi très tôt un excellent caricaturiste et publie de nombreuses lithographies humoristiques pour Le Musée Philipon et Le Charivari.

Un peintre animalier éleveur

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Ses représentations animalières s'adressent particulièrement aux amateurs de beaux animaux que la zootechnie naissante propose aux éleveurs avertis. Ses moutons de prédilection sont des mérinos, race en vogue à cette époque. Ses volailles correspondent aux belles races dont les amateurs s'entichent alors. Il écrit une des premières monographies sur l'élevage de la volaille, Le Poulailler, publié par Bixio à la Librairie agricole de la maison rustique[13] en 1857 et réédité une dizaine de fois. Dès 1849, à Barbizon, il s'était lancé dans l'élevage expérimental et la vente par correspondance d'œufs de poules sélectionnées, ayant racheté à Eugène Ciceri un terrain[14].

Vie familiale et dernières années

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En 1871, il achète la maison Guillaume André au Croisic et la restaure. Il y reçoit un certain nombre d'artistes connus[15].

Marié à Marie Élisabeth Mathis, Charles Jacque eut quatre enfants. Deux fils furent peintres paysagistes et animaliers, ainsi que graveurs et illustrateurs : Émile Jacque (1848-1912)[16], et Frédéric Jacque (1859-1931)[17]. Le fils de ce dernier, Marcel Jacque (1906-1981), fut également peintre, responsable du musée Rousseau à Barbizon[18]. Pendant la Commune, Charles Jacque éprouva un grand malheur, dont il ne s’est jamais consolé. Le troisième de ses fils, lui aussi artiste de talent, qui était garde national, fut rencontré par les troupes régulières, place Clichy, et fusillé. Jacque demanda qu’on ne lui en parlât plus, et en parla toujours. Il avait également une fille, mariée au peintre Camille Dufour, souvent récompensé[19].

Léon Jacque (1833-1871) est son frère et son élève. Il est membre comme lui de la Société des aquafortistes en 1865 et participe aux Salons de 1864 à 1866.

Charles Jaque avait son atelier au no 11 du boulevard de Clichy à Paris et une maison atelier au no 24 de la Grande Rue à Barbizon[20].

Il meurt à Paris le [21] et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise[16].

Décoration

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Le catalogue raisonné de l'œuvre de Charles Jacque n'existe pas à ce jour. Jules Guiffrey entreprit en 1866 l'inventaire gravé.

Œuvres dans les collections publiques

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La Vieille Forêt, entre 1860 et 1870, New York, Brooklyn Museum.

États-Unis

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Royaume-Uni

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Récits et ouvrages illustrés

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La ville d'Épervans a donné son nom à une école élémentaire.

Marché de l'art

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Selon Art Price, depuis 1983, près de 2 000 tableaux sont passés dans les salles des ventes, une majorité des enchères s'est tenue au Japon[57].

Notes et références

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  1. « Acte de décès n°624 », Archives de Paris (consulté le )
  2. Archives de Paris 9e arrdt., décès année 1894, état civil no 624, vue 24/31.
  3. [PDF] Bernard Goorden, Redécouverte de gravures du XIXe siècle, Bruxelles, Ides et Autres, 2025 — lire en ligne.
  4. Gallica BnF, Rapport sur le choléra morbus de Paris, épidémie de 1849, Lyon, Imp. de Rodanet, 1849 (de mars à septembre 1849 : 16 000 morts).
  5. « Eugène Boudin », notice artiste, site du MuMa.
  6. Le peintre Eugène Galien-Laloue fit la connaissance en 1874 de cet artiste de cinquante quatre ans son aîné, et reprit son nom comme pseudonyme peut-être pour le faire connaître du monde de l'art, lui donner une deuxième vie (Noé Willer, Eugène Galien-Laloue (1854-1941), catalogue raisonné ; le triomphe de paris, Paris, Noé Willer ; New York, Alexander Kahan Fine Arts, 1999 (ISBN 9782951405608)).
  7. a b et c Henri Beraldi, Les graveurs du 19e siècle, Paris, Léon Conquet, 1889, tome 8, p. 162-192.
  8. Notice œuvre exposée S 1845, base salons du musée d'Orsay.
  9. Pierre-Olivier Fanica, Charles Jacque, 1813-1894 : École de Barbizon. Graveur original et peintre animalier, Montigny-sur-Loing, Art Bizon, 1995, 288 pages, p. 25.
  10. J.-J. Guifrey, L'Œuvre de Charles Jacque, Paris, 1866 — cité par J. Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, AMG, 1985, p. 159.
  11. Pierre-Olivier Fanica, op. cit., p. 141.
  12. Gravées sur bois.
  13. Maison fondée en 1836 à Paris par Jacques Alexandre BixioNotice, catalogue général de la BnF.
  14. [PDF] Philippe Brochard, « Eugène Ciceri (1813-1890) : Peindre, lithographier et enseigner le paysage au XIXe siècle », Besançon, Université Bourgogne Franche-Comté, 2020, p. 43 — sur HAL Open Science.
  15. Le croisic, ville historique, panneau de présentation de la maison Guillaume André, consulté sur site en octobre 2015[réf. incomplète].
  16. a et b 32e division. Voir Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 431.
  17. Ce dernier étant né à Montrouge et mort à Barbizon.
  18. Né au domicile de son père, no 65 rue Lepic à Montmartre, il repose au cimetière de Barbizon. (Roger Karampournis, Barbizon d’hier et d’aujourdh’hui, Héricy, Éditions du puits fleuri, 2002, p. 150 (ISBN 2-86739-151-2) ; André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions André Roussard, 1999, p. 320 (ISBN 978-2-95136-010-5))).
  19. « Charles Jacque », Le Figaro, no 128,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  20. Plaque commémorative sur la façade.
  21. État civil de Paris Actes d’état civil, « Acte de décès n° 624 (vue 24/31) : cote 09 V4E 8811 », sur Archives en ligne de la Ville de Paris, (consulté le ).
  22. « La Bergerie », sur www.mnbaq.org, (consulté le ).
  23. Bergère et moutons, notice sur le site du Cleveland Museum of art.
  24. Roger Karampournis, Barbizon d'hier et d'aujourd'hui, Éditions du Puits Fleuri, 2002, p. 151.
  25. « Deux poussins », notice no 09630003757, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  26. Renaissance du musée de Brest. Acquisitions récentes, musée du Louvre, pavillon de Flore, département des peintures, -.
  27. « collections du musée des Beaux-Arts de Dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le ).
  28. « collections du musée des Beaux-Arts de Dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le ).
  29. « Moutons à l'approche de l'orage », notice no 50110000540, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  30. Michel Hue, Villes et Campagnes dans la Collection Simonow, Conseil Général du Gers, , 107 p. (ISBN 978-2-913834-30-9), p. 51
  31. Guiffrey 1866.
  32. « Repas de paysans dans une grange », notice no M0435001276, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  33. « Repos des paysans », notice no M0435001270, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  34. « Lavandières dans une cour de ferme », notice no M0435001230, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  35. photo.rmn.fr.
  36. photo.rmn.fr.
  37. photo.rmn.fr.
  38. photo.rmn.fr.
  39. photo.rmn.fr.
  40. « Bergère debout appuyée sur un tronc, gardant un troupeau de moutons », notice no 50350039147, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  41. « Chien de berger surveillant un troupeau de moutons », notice no 50350016779, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  42. « Hommes et chevaux à l'abreuvoir dans une cour de ferme », notice no 50350043173, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  43. « Paysage avec un troupeau de porcs », notice no 50350112415, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  44. « Moutons au pâturage », notice no 000PE001582, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  45. « La grande bergerie », notice no 000PE001581, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  46. « Troupeau de moutons dans un paysage ou Berger conduisant un troupeau de moutons en plaine », notice no 000PE001583, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  47. « Boeufs à l'abreuvoir », sur Musée d'Orsay (consulté le ).
  48. « Moutons à l'abreuvoir, JACQUE », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le ).
  49. « Moutons, JACQUE », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  50. a et b « Moutons au pâturage, JACQUE », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le ).
  51. « Le pont, JACQUE », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  52. « Canards dans une basse-cour, JACQUE », sur Portail officiel des Musées de Reims (consulté le )
  53. « Nature morte », notice no 000PE029814, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  54. (en) Charles Jacque: related objects, catalogue général du BM.
  55. Troupeau dans un paysage, notice sur le site du musée de l'Ermitage.
  56. Notice artiste exposant, base salons du musée d'Orsay.
  57. Notice artiste, sur Artprice.com.

Bibliographie

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  • J.-J. Guiffrey, L'œuvre de Ch. Jacque, catalogue de ses eaux fortes et pointes sèches, Paris, Lemaître, sur Gallica.
  • Pierre-Olivier Fanica, Charles Jacque, 1813-1894, graveur original et peintre animalier, Art Bizon, .

Iconographie

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  • Nombreux autoportraits (dont gravés).
  • Paul Lafond, Portrait de Charles Jacque, gravure parue dans L'Artiste en 1894.

Articles connexes

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Liens externes

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