Cheffia
| Cheffia | ||||
| Noms | ||||
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| Nom arabe algérien | الشافية | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Wilaya | El Tarf | |||
| Daïra | Bouteldja | |||
| Chef-lieu | Cheffia ( Falcou) | |||
| Président de l'APC Mandat |
Trad Lakhder 2017-2022 |
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| Démographie | ||||
| Population | 8 195 hab. (2008[1]) | |||
| Densité | 43 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 36° 36′ 40″ nord, 8° 02′ 20″ est | |||
| Altitude | Min. 337 m Max. 337 m |
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| Superficie | 192,47 km2 | |||
| Localisation | ||||
Localisation de la commune dans la wilaya d'El Tarf. | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Géolocalisation sur la carte : Algérie (nord)
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Cheffia (en arabe : الشافية), parfois orthographiée Chefia , est une commune de la wilaya d'El Tarf en Algérie. Elle fait partie de la daïra de Bouteldja.
Géographie
[modifier | modifier le code]Localisation
[modifier | modifier le code]La commune de Cheffia est située dans la partie centrale de la wilaya d'El Tarf à l'extrême Nord-est de l'Algérie, au relief montagneux.
Cheffia est au centre d’une région forestière qui se poursuit au-delà de la frontière tunisienne. Située sur les bords de l'oued el-Kébir, qui devient en aval l'oued Bounamoussa, la localité a donné son nom à l'ouvrage hydraulique, un barrage de retenue, construit sur ce cours d'eau.
Superficie
[modifier | modifier le code]Le territoire administratif de la commune s'étend sur une superficie d'environ 193 km2.
Communes limitrophes
[modifier | modifier le code]Le territoire de la commune de Cheffia cerné par huit communes limitrophes[2], est délimité, à l'est par la commune de Zitouna, au sud-est par la commune de Aïn Karma, au sud par la commune de Bouhadjar, à l'ouest par la commune de Asfour, au sud-ouest par la commune de Hammam Beni-Salah, au nord par la commune de Lac-des-Oiseaux, au nord-est par la commune de Bouteldja, et au nord-ouest par la commune de Ben M'Hidi.

Histoire
[modifier | modifier le code]En 1868, Reboud décrit la vallée de Cheffia en soulignant sa configuration topographique et la présence de vestiges interprétés comme des nécropoles : « Son territoire est compris entre le versant oriental du Bou Habet et une série de mamelons herbeux où s’élèvent çà et là quelques jardins et des bouquets d'azeroliers. C'est une vallée qui mesure du nord au sud environ quinze kilomètres sur cinq de largeur. Elle est partagée en deux bassins par le plateau cultivé de Sidi-Bou-Aoun, qui possède des pierres de grand appareil. La vallée de la Cheffia renferme un certain nombre de ruines que l’on peut considérer comme des nécropoles libyques. »[3]
Dans la littérature archéologique du XIXe siècle, la vallée est surtout connue pour ses nécropoles à inscriptions libyques (et parfois latino-libyques), notamment autour de Chabet el-Mekous, du Kef des Béni-Feredj (secteur correspondant à l’actuel Kef Beni Fredj) et d'Aïn el-Hofra[4].
Reboud rapporte que les premières inscriptions relevées à Chabet el-Mekous sont découvertes vers 1852–1853 lors de travaux sur la route de Bône vers Bou-Hadjar, puis que le site est revu en 1857 par Manche et Letourneux[5]. En 1868, après une première recherche infructueuse depuis le bordj de la Cheffia, il dit retrouver la nécropole avec l’aide du cheikh Mohammed-ben-Mahmoud et procéder à des copies et estampages[6]. Il situe l’ensemble funéraire « entre l’Oued el-Mekous et l’Oued Beïada », près d’Aïn el-Hofra, et mentionne une visite en 1869 (Letourneux, Faidherbe, Rose) qui conduit à de nouvelles trouvailles[7].
Dans un tableau récapitulatif, Reboud dénombre 129 inscriptions pour l’ensemble de la vallée, dont 58 pour le groupe Chabet el-Mekous / Oued Beïada et 49 pour le Kef des Béni-Feredj[8]. Il indique en outre que les fouilles associées à ces stations ne livrent pas, selon lui, de mobilier funéraire probant (ossements, poteries, monnaies, objets d’art ou armes) et qu’il n’y observe pas d’inscriptions puniques[8].
Reboud décrit également un répertoire d’ornements sur certaines stèles (par exemple frontons triangulaires, croissants et disques, palmes/couronnes, motifs rayonnants, figures et animaux)[8]. Ces relevés servent de base à des travaux philologiques : Judas cite notamment une épitaphe bilingue (latin/libyque) trouvée à la Cheffia et discute le sens de lecture (avec des textes lus de bas en haut), ainsi que la « marque de filiation » rendue par deux barres parallèles, qu’il interprète comme un élément formulairе fréquent dans les épitaphes de la vallée[9].
Reboud[4] décrit un certain nombre de nécropoles avec leurs inscriptions libyques et publie une carte de repérage reprise dans cet article.

Thullio / Thullium
[modifier | modifier le code]Thullio (variante fréquente) ou Thullium désigne un établissement de l’Afrique romaine situé dans la région de Cheffia, généralement identifié au secteur de Ksar Beni-Feredj / Kef Beni Fredj[10].
Les répertoires cartographiques modernes placent le site à Ksar Beni-Feredj, avec un point représentatif autour de 36,654674 N ; 8,04749 E (localisation indicative, précision kilométrique)[11]. Pleiades reprend cette localisation et renvoie, pour l’identification, à des références cartographiques et bibliographiques, dont l’Atlas archéologique de l’Algérie de Stéphane Gsell[10],[12].
Les synthèses de géographie historique attribuent à Thullio/Thullium une attestation de l’époque romaine à l’Antiquité tardive (chronologie large)[10]. Dans la catégorisation tardo-antique utilisée par DARE, le site est associé à la Numidia Cirtensis[11].
La documentation publiée met surtout en avant des vestiges funéraires. Rebuffat signale une forte densité d’inscriptions à Thullium/Thullio et rattache ce dossier à la nécropole de Kef Beni Fredj[13]. Les répertoires de synthèse confirment l’existence et l’emplacement du site, sans décrire dans leurs notices publiques un ensemble monumental détaillé (forum, thermes, etc.)[11].
Thullium est en particulier connu pour des inscriptions bilingues (latin et libyque/berbère ancien) provenant du secteur de La Cheffia[13]. Une stèle funéraire fréquemment citée commémore C(aius) Iulius Getulus, vétéran décoré, et mentionne qu’il est flamen perpetuus « dans sa civitas, Thullio » ; la notice SIRAR fournit le texte, les concordances (notamment CIL VIII 5209) et la bibliographie associée[14].
Des travaux de synthèse et de linguistique exploitent ces inscriptions pour l’étude du vocabulaire libyque et des pratiques épigraphiques en Afrique du Nord romaine[15].
Toponymie
[modifier | modifier le code]Si l'on se réfère au livre de Marius Outrey, publié en 1860, Le dictionnaire de toutes les localités d'Algérie, le nom de la localité de Cheffia tiendrait du nom de la tribu du même nom qui habitait la région[16].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008, communes de la wilaya d'El Tarf, sur le site geohive.com.
- ↑ « Présentation générale de l'espace de la wilaya d'El Tarf » (consulté le ).
- ↑ Dr. Reboud. Mémoires de la Société française de numismatique et d'archéologie. 1870.
- V. Reboud, « Excursion archéologique dans les cercles de Guelma, de Souk-Ahras et de La Calle », vol. 7 (17e volume), Alger ; Paris, Jourdan ; Challamel, , 42-48 p.
- ↑ V. Reboud, « Excursion archéologique dans les cercles de Guelma, de Souk-Ahras et de La Calle », vol. 7 (17e volume), Alger ; Paris, Jourdan ; Challamel, , 42-43 p.
- ↑ V. Reboud, « Excursion archéologique dans les cercles de Guelma, de Souk-Ahras et de La Calle », vol. 7 (17e volume), Alger ; Paris, Jourdan ; Challamel, , 1-2 p.
- ↑ V. Reboud, « Excursion archéologique dans les cercles de Guelma, de Souk-Ahras et de La Calle », vol. 7 (17e volume), Alger ; Paris, Jourdan ; Challamel, , 43-44 p.
- V. Reboud, « Excursion archéologique dans les cercles de Guelma, de Souk-Ahras et de La Calle », vol. 7 (17e volume), Alger ; Paris, Jourdan ; Challamel, , 46-48 p.
- ↑ Auguste-Célestin Judas, Nouvelle analyse de l'inscription libyco-punique de Thugga, en Afrique : suivie de nouvelles observations sur plusieurs épitaphes libyques, dans le but exprès de faciliter en Algérie l'étude des langues phénicienne et libyco-berbère, , 25 ; 66-67
- (en) Hitchner, R. B., « Places: 315224 (*Thullio) », sur Pleiades: A Gazetteer of Past Places, (consulté le )
- (en) « Thullio, Ksar beni-Feredj », sur Digital Atlas of the Roman Empire, (consulté le )
- ↑ Gsell, Stéphane, « Atlas archéologique de l’Algérie », sur Bibliothèque numérique de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) (consulté le )
- (en) Rebuffat, René, « Misiciri », sur Encyclopédie berbère (OpenEdition Journals), (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.609, consulté le )
- ↑ (en) « 4690 – Flamen perpetuus from Thullium – Ksar Beni Feredj », sur SIRAR (Sylloge Inscriptionum Religionis Africae Romanae), (consulté le )
- ↑ Rebuffat, René, « Aires sémantiques des principaux mots libyques », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, vol. 118, no 1, , p. 267-295 (DOI 10.3406/mefr.2006.10984, lire en ligne)
- ↑ Marius Outrey, Dictionnaire de toutes les localités de l'Algerie, Alger, Imprimerie Dubos frères, Librairies-éditeurs, (lire en ligne), p. 110.