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Clare Bronfman

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Clare Bronfman
Photographie d'identité judiciaire de Clare Bronfman (2019).
Biographie
Naissance
Nationalité
Domicile
Activités
Famille
Père
Mère
Rita Webb (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Edgar Bronfman, Jr. (en)
Matthew Bronfman (en)
Sara Bronfman (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Condamnations

Clare Bronfman est une héritière et criminelle américaine, ancienne dirigeante de NXIVM, une organisation accusée d'être un système de vente pyramidale et une secte. Elle est la fille cadette de l'homme d'affaires canado-américain Edgar M. Bronfman, ancien président du groupe Seagram.

Famille et enfance

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Clare Bronfman naît en à New York. Elle est la fille de Edgar Bronfman Sr. (1929–2013), président de l'entreprise canadienne Seagram, et de Rita Webb (plus tard rebaptisée Georgiana)[1],[2]. Ses parents se rencontrent à Marbella, en Espagne, et se marient en 1975[1],[3]. Clare est la petite-fille de Samuel Bronfman, fondateur de Seagram, et la demi-sœur de Edgar Bronfman Jr. (ancien PDG de Warner Music Group). Sa famille est une dynastie influente du monde des affaires et de la philanthropie juive[1],[4]. Elle a une sœur aînée, Sara Bronfman, née en 1976. Après le second divorce de leurs parents, elles grandissent principalement en Angleterre et au Kenya, auprès de leur mère. Elles rendent visite à leur père dans ses propriétés de Virginie, New York, et Sun Valley (Idaho)[1],[2],[5].

Carrière équestre

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Entre 1999 et 2002, Clare Bronfman se distingue dans le saut d’obstacles à l’échelle internationale. En , elle participe au Millstreet Indoor International Horse Show en Irlande[6]. Ses performances incluent une 7e place en équipe lors de la finale mondiale de la Coupe des Nations Samsung (CSIO) le [7], ainsi qu’une victoire au Grand Prix de Rome le , où son équipe se classe 6ᵉ de la compétition[8],[9].

Elle participe aux qualifications pour les Jeux olympiques de 2004, mais n'est pas sélectionnée dans l'équipe américaine. Elle décide d'abandonner sa carrière sportive l'année suivante, en 2005[2],[9].

Implication dans NXIVM

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Clare Bronfman rejoint NXIVM en 2003, peu après sa sœur Sara. Elle assiste à son premier cours intensif dans un des centres mexicains de l'organisation, à Monterrey[1],[9]. Les deux sœurs deviennent des formatrices et le principal soutien financier de NXIVM, investissant une partie de leur fortune, héritée de l'entreprise familiale, dans le développement des activités du groupe[1],[4].

Financement

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En , lors d'un évènement célébrant l'anniversaire du leader Keith Raniere, Clare et Sara Bronfman effectuent un don de 20 millions de dollars pour la création d'une fondation « éthique », le World Ethical Foundations Consortium, ainsi que d'autres entités comme l'Ethical Science Foundation et le Rainbow Cultural Garden[1],[9].

Entre 2005 et 2007, les deux héritières couvrent les pertes financières de Raniere – estimées à 65,6 millions de dollars – à la suite de mauvais placements sur le marché des matières premières[1],[2].

En 2009, elles dépensent environ 1 million d'euros pour organiser la venue du Dalaï-lama à un évènement du World Ethical Foundations Consortium[10]. La visite du guide spirituel tibétain suscite une vive polémique dans la presse locale, conduisant à l'annulation de l'évènement. Il fait finalement une apparition aux côtés de Raniere lors d'une conférence à Albany, le [1],[10].

Elles financent également de nombreuses et couteuses poursuites judiciaires à l'encontre des critiques de Keith Raniere, principalement d'anciens membres ayant quitté NXIVM[3],[4],[11]. Selon des estimations, environ 150 millions de dollars sont dépensés par Sara et Clare Bronfman entre 2004 et 2010, dont 50 millions de dollars à cette seule fin[1],[2],[8],[12].

Conflit avec son père

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Edgar Bronfman Sr. participe aux activités de NXIVM pendant plusieurs mois, multipliant les entretiens individuels avec Nancy Salzman (présidente de NXIVM). Il rompt tout lien avec le groupe après avoir découvert que sa fille avait accordé un prêt de 2 millions de dollars à un associé de Keith Raniere et Nancy Salzman[1],[2],[9]. En , le magazine Forbes publie une enquête révélant le fonctionnement de NXIVM et l'adulation de son fondateur, perçue comme une dérive sectaire[9],[13]. L'article cite Edgar M. Bronfman, qui qualifie l'organisation de « secte »[13]. Les critiques et l'attention indésirable suscitée par cet épisode médiatique sont reprochées à Clare Bronfman, et utilisées par Raniere et Salzman pour qu'elle se sente redevable[2],[4].

Selon des documents judiciaires, Clare Bronfman aurait installé un logiciel espion sur l’ordinateur de son père, permettant à NXIVM d’accéder à ses e-mails pendant des années[14],[15].

Arrestation et procès

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Le , dans le cadre de l'enquête sur NXIVM, Clare Bronfman est arrêtée à New York par les autorités fédérales. Elle est accusée de blanchiment d'argent et usurpation d'identité, deux chefs d'accusation directement liés à son implication au sein de l'organisation. Son arrestation survient quatre mois après celle de Keith Raniere, et le même jour que Nancy Salzman, Lauren Salzman et Kathy L. Russell[16],[17]. Clare Bronfman est libérée contre une caution record de 100 millions de dollars et placée sous surveillance électronique avec assignation à résidence[4],[17].

Le , dans le cadre d'un accord, elle reconnaît avoir dissimulé et hébergé une étrangère en situation irrégulière, pour « du travail et des services » non rémunérés, ainsi que l'usage frauduleux de documents d'identité[8],[18],[19].

Elle n’est pas officiellement inculpée pour les crimes sexuels commis au sein de NXIVM, mais la justice estime que son soutien financier a facilité les agissements criminels de Keith Raniere[20].

Lors de l’audience, le juge Nicholas Garaufis souligne son rôle central dans la répression des opposants de NXIVM, déclarant : « Je suis troublé par les éléments qui suggèrent que Mme Bronfman a utilisé de manière répétée et constante sa richesse et son statut social comme moyen d'intimider, de contrôler et de punir »[21]. Dans une lettre adressée au juge, un mois plus tôt, Clare Bronfman refuse de désavouer Raniere, expliquant que les enseignements de NXIVM « ont grandement changé sa vie »[19],[20],[22].

Condamnation

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Le , Clare Bronfman est condamnée à six ans et neuf mois de prison, 500 000 dollars d'amende et 96 605,25 dollars de restitution à une victime[19],[20],[21],[23]. Conformément à son accord de plaidoyer, six millions de dollars de sa fortune personnelle sont confisqués[19],[23]. Ses avocats dénoncent une peine disproportionnée, supérieure aux réquisitions du procureur, et font appel de la sentence[5],[21]. Le , la cour d'appel confirme la peine prononcée[24],[25].

Notes et références

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Références

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  1. a b c d e f g h i j et k (en) Suzanna Andrews, « The Heiresses and the Cult », Vanity Fair,‎ (lire en ligne [archive du ])
  2. a b c d e f et g (en) Will Yakowicz, « From Heiress To Felon: How Clare Bronfman Wound Up In ‘Cult-Like’ Group Nxivm », sur Forbes, (consulté le )
  3. a et b (en) Maureen Tkacik, « Poor Little Rich Girls: The Ballad of Sara and Clare Bronfman », New York Observer,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d et e (en) Barry Meier, « The Journey of the ‘Sex Cult’ Heiress: From Reluctant Recruit to Criminal Defendant », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  5. a et b Isabelle Girard, « Le destin tragique de Clare Bronfman, l'héritière enrôlée dans la terrifiante secte de Keith Raniere », Madame Figaro,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Frank Mulvihill, « Millstreet Indoor International Horse Show », sur web.archive.org, Ireland’s Horse Review, (consulté le )
  7. (en) Mary Phelps, « Warm Reception for U.S. Riders at Nations' Cup Final », sur horsesdaily.com, (consulté le )
  8. a b et c (en) Adam Gabbatt, « Who is Clare Bronfman, the Seagram’s heiress who financed Nxivm? », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  9. a b c d e et f (en) Sarah Berman, chap. 7 « The Girls », dans Don't Call It a Cult : The Shocking Story of Keith Raniere and the Women of Nxivm, Steerforth Press, (ISBN 978-1586422752)
  10. a et b (en) Ryan Parry, « Dalai Lama was paid $1 MILLION to endorse women-branding 'sex cult' after secret deal between Buddhist's celibate U.S. emissary and his Seagram billionaire 'lover' », Daily Mail,‎ (lire en ligne)
  11. (en) James M. Odato et Jennifer Gish, « 'NXIVM is a litigation machine' », Times Union,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Scott Johnson et Rebecca Sun, « Her Darkest Role: Actress Allison Mack’s Descent From ‘Smallville’ to Sex Cult », The Hollywood Reporter,‎ (lire en ligne)
  13. a et b (en) Michael Freedman, « Cult of Personality », Forbes,‎ (lire en ligne [archive du ])
  14. (en) Colin Moynihan, « Sex Cult Used Spyware to Monitor Bronfman », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  15. (en) Will Yakowicz, « Nxivm Trial Witness: We Hacked Billionaire Edgar Bronfman Sr.’s Email », Forbes,‎ (lire en ligne)
  16. (en) Sean Piccoli, « Seagram’s Liquor Heiress Charged in Nxivm Sex-Trafficking Case », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  17. a et b (en) Brendan J. Lyons, « Bronfman, Salzman and two more charged with federal crimes in NXIVM probe », Times Union,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Colin Moynihan et Barry Meier, « Clare Bronfman Pleads Guilty in Nxivm ‘Sex Cult’ Case, Leaving Leader to Stand Trial Alone », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  19. a b c et d Tom Hays, AP, « Clare Bronfman, une héritière de Seagram, est condamnée à 81 mois de prison », sur L’Actualité, (consulté le )
  20. a b et c Catherine Triomple, « La Canadienne Clare Bronfman condamnée à plus de 6 ans de prison », La Presse avec AFP,‎ (lire en ligne)
  21. a b et c (en) Nicole Hong, « Clare Bronfman Is Sentenced to 81 Months in Nxivm ‘Sex Cult’ Case », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  22. (en) Nicole Hong, « Clare Bronfman, Facing Sentencing, Refuses to Disavow ‘Sex Cult’ Leader », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ])
  23. a et b (en) U.S. Attorney's Office, Eastern District of New York, « NXIVM Executive Board Member Clare Bronfman Sentenced to 81 Months in Prison for Identity Theft and Immigration Offenses », sur justice.gov,
  24. (en) Ben Feuerherd, « Appeals court upholds sentences for NXIVM sex cult leaders Keith Raniere, Clare Bronfman », New York Post,‎ (lire en ligne)
  25. (en) Robert Gavin, « Raniere, Bronfman lose federal appeals in NXIVM case », Times Union,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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