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Claude Stratz

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Claude Stratz
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Fonction
Directeur
Conservatoire national supérieur d'art dramatique
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Claude André StratzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Vue de la sépulture au cimetière des Rois à Genève.

Claude Stratz, né le à Zurich et mort le à Paris, est un metteur en scène et directeur de théâtre suisse, actif à Genève, à Lausanne et à Paris.

Claude André Stratz, après l'obtention d'une licence en psychologie, devient assistant du psychologue et épistémologue Jean Piaget[1]. Au début des années 1970, il suit parallèlement des cours au Conservatoire de Genève et joue au Nouveau Théâtre de Poche. Il enseigne la dramaturgie et l'interprétation à l’École supérieure d'art dramatique (ESAD) de Genève. Il se fait remarquer par des mises en scène de pièces du répertoire classique, notamment Les Bacchantes d'Euripide en 1975, Tamerlan d'après Christopher Marlowe en 1976, Woyzeck de Georg Büchner en 1978.

De 1981 à 1988, il est assistant de Patrice Chéreau au Théâtre des Amandiers de Nanterre, notamment pour la création de Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès en 1983. Durant cette période, il monte diverses pièces de théâtre, Le Legs et L’Épreuve de Marivaux en 1985, Le Suicidé de Nikolaï Erdman en 1987[2]. En 1989, il retourne à Genève pour remplacer Benno Besson à la direction de la Comédie de Genève jusqu'en 1999[3], avant d'être nommé à la tête de l'école supérieure dramatique de Genève. Il continue, parallèlement à créer de nombreuses mises en scène en Suisse et en France dont en 1995 le Fantasio de Musset, Un ennemi du peuple d'Henrik Ibsen en 1998[4]. Durant sa période à la direction de la Comédie, il a donné sa chance au jeune metteur en scène Omar Porras[5].

En 2001, Jean-Pierre Miquel, alors directeur de la Comédie-Française, lui demande de revenir à Paris pour y monter Le Malade imaginaire de Molière[6] ; cette mise en scène, qui fait redécouvrir la version chantée et dansée créée par Molière[7], connaît un succès retentissant[8] et la mise en scène de Claude Stratz devient un classique, reprise plusieurs fois par la Comédie-Française[9],[10]. Cette même année 2001, Catherine Tasca, alors ministre de la Culture, lui confie la direction du Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD), où il succède à Marcel Bozonnet[11],[12]. Il est dans la continuité de Patrice Chéreau mais il crée avec ses élèves et ses professeurs son projet pédagogique d'enseignement. Parmi ses élèves, Kai Wong, qu'il a rencontré à New York, était l'un des acteurs qu'il a sélectionné des États-Unis, afin de féconder une nouvelle culture plus internationale.

Claude Stratz a aussi abordé la mise en scène lyrique en 2003 avec La Bohème de Giacomo Puccini à l'Opéra de Lausanne[13]. Claude Stratz a aussi mis en scène Monsieur Bonhomme et les incendiaires de Max Frisch avec Marcel Robert dans le rôle du lutteur Goulot, à la Comédie de Genève. Beaucoup de ses décors de théâtre ont été l’œuvre du peintre Frédéric Robert.

Claude Stratz meurt des suites d'un infarctus à Paris le , à l'âge de 60 ans[14],[15],[5]. Il est inhumé au Cimetière des Rois à Genève.

Ses carnets de mise en scène sont conservés à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)[16].

Metteur en scène

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reprise de cette mise en scène, devenue un classique, en 2007[33],[34], en 2012[35], en 2019[9],[36],[37] et en 2022[38],[10],[39],[40].
joué du 9 au au Théâtre des Célestins, Lyon.

Publications

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  • « René-Louis Piachaud critique théâtral (1919-1941) », dans René-Louis Piachaud, 1896-1941 : cinquantième anniversaire de sa mort, Carouge, , p. 17-18.
  • avec Joël Aguet : Dix saisons à la Comédie de Genève, 1989 - 1999, Genève, Comédie de Genève, 1999, 249 p. (ISBN 2-9700211-0-2).

Notes et références

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  1. Joël Aguet 2005.
  2. « Création à Nanterre. Claude Stratz et le XXe siècle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. Alexandre Demidoff, « Théâtre. Claude Stratz. Dix ans de fièvre et de plaisir », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  4. a et b Brigitte Salino, « Un homme seul face à la locomotive de l'infamie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. a et b Alexandre Demidoff, « Claude Stratz, la passion du théâtre d'un survolté », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  6. Alexandre Demidoff, « Théâtre. Claude Stratz reverdit dans la maison de Molière », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  7. Judith le Blanc et Jacqueline Razgonnikoff, « Le Malade imaginaire à la reconquête de ses intermèdes », Arrêt sur scène / Scene Focus, no 12,‎ (lire en ligne Accès libre).
  8. Alexandre Demidoff, « La mort aux trousses, Le Malade imaginaire de Claude Stratz conquiert la Comédie-Française », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  9. a et b « Le Malade imaginaire. Mise en scène Claude Stratz », sur Canopé.
  10. a et b Martial Poirson, « Le Malade imaginaire : retour de la mise en scène de Claude Stratz », L'École des lettres,‎ (lire en ligne).
  11. Alexandre Demidoff, « Claude Stratz rallie Paris et prend les rênes du Conservatoire », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  12. « Claude Stratz : "Le Conservatoire doit être une école où naisse le théâtre de demain" [interview par Brigitte Salino] », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Florence Gaillard, « La Bohème, scénographie climatisée pour conte d'hiver et spectacle d'été », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  14. « Le metteur en scène Claude Stratz est décédé », sur RTS, .
  15. Brigitte Salino, « Disparitions. Claude Stratz, directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. « Stratz, Claude (1946-2007) », sur IMEC.
  17. « 89 photographies du spectacle par Jean-Marc Martin du Theil », sur Gallica..
  18. « De l'assassinat politique. Jules César de Shakespeare, monté par Claude Stratz, à la Comédie de Genève. Portrait d'un homme pur : Brutus », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  19. a et b Françoise Dubor, « Claudel dans la cité de Calvin », Bulletin de la société Paul Claudel, no 12,‎ 2e trimestre 1992, p. 21-26 (lire en ligne Accès limité).
  20. « Les mots et les coups. Premier volet de la saison claudélienne de Claude Stratz à Genève », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. « Claudel, trente ans après. Après L'Otage, Claude Stratz met en scène la seconde partie du cycle des Coufontaine », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  22. « Fantasio [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  23. Alain Dreyfus, « Théâtre. Un ennemi du peuple navigue entre message radical et humour noir. Plongée en eaux troubles avec Ibsen », Libération,‎ (lire en ligne).
  24. Annie Coppermann, « Pollution et magouilles », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  25. « 114 photographies du spectacle par l'agence Marée-Breyer », sur Gallica..
  26. Alexandre Demidoff, « Théâtre. Avec Pirandello, Claude Stratz terrasse l'illusion et magnifie l'acteur », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  27. a et b Pierre-Louis Chantre, « Claude Stratz ouvre sa boîte à théâtre », L'Hebdo,‎ , p. 72-73 (lire en ligne).
  28. « Sa Majesté des mouches », sur Comédie de Genève.
  29. Ghania Adamo, « À la Comédie, Sa Majesté met en accusation la violence sociale », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 21 (lire en ligne).
  30. « Monsieur Bonhomme et les incendiaires [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  31. Alexandre Demidoff, « Monsieur Bonhomme de Max Frisch flambera finalement à Paris », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  32. « Le Malade imaginaire [notice de spectacle] - 2001 », sur Bibliothèque nationale de France.
  33. « Le Malade imaginaire de Molière. Mise en scène de Claude Stratz », sur Comédie-Française, .
  34. « Le Malade imaginaire [notice de spectacle] - 2007 », sur Bibliothèque nationale de France.
  35. « Le Malade imaginaire de Molière, mis en scène de Claude Stratz », sur Comédie-Française, .
  36. Thibault Dablemont, « Malade Imaginaire, Claude Stratz, Guillaume Gallienne, Théâtre Montansier », sur www.etat-critique.com, .
  37. « La Comédie-Française fête la 500e représentation du Malade imaginaire dans la mise en scène de Claude Stratz », sur sceneweb.fr, .
  38. Marie-Valentine Chaudon, « À la Comédie-Française, un Malade imaginaire en pleine forme », La Croix,‎ (lire en ligne).
  39. Philippe Lançon, « Théâtre. Le Malade imaginaire, le clystère de la chambre jaune », Libération,‎ (lire en ligne).
  40. Emmanuelle Saulnier, « Le Malade imaginaire, de Molière, mis en scène par Claude Stratz, Comédie-Française », sur Un fauteuil pour l'orchestre, .
  41. « Les Grelots du fou, l'impossible vérité d'une femme », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  42. Philippe Lançon, « Pirandello, la folie passe à l'acte », Libération,‎ (lire en ligne).

Bibliographie

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  • Joël Aguet, « Claude Stratz », dans Andreas Kotte (dir.), Dictionnaire du théâtre en Suisse, Zürich, Chronos, (ISBN 3-0340-0715-9, lire en ligne), vol. 3, p. 1764.
  • Eric Eigenmann, « Stratz Claude », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 1299.
  • Bernard Sobel et Alain Girault, « Le “pourquoi”, entretien avec Claude Stratz », Théâtre / Public, no 69,‎ .

Liens externes

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