Claude de Rubys
Claude de Rubys (1533-1613) est un juriste, historien et notable lyonnais de la seconde moitié du XVIᵉ siècle. Procureur général de la ville de Lyon et échevin à plusieurs reprises, il joue un rôle important dans la Ligue catholique lyonnaise entre 1589 et 1594. Ses écrits et ses prises de position en font l’un des principaux idéologues du mouvement dans la région lyonnaise[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Issu d’une famille de la noblesse de robe lyonnaise, Claude de Rubys est docteur en droit en ayant réalisé ses études à Toulouse[2]. Il exerce comme avocat puis devient conseiller au siège présidial et à la sénéchaussée de Lyon. Il est également nommé au Parlement de Dombes[2]. En 1565, il est nommé procureur général de la ville, fonction qu’il conserve pendant de nombreuses années et qui lui donne une place importante dans les institutions municipales[3]. Il défend la ville et ses privilèges auprès de la cour et publie en 1573 un ouvrage sur les privilèges et franchises de la cité[2].
Il est également élu échevin de Lyon à deux reprises, ce qui confirme son statut de notable influent dans la vie politique urbaine[3]. Il est ainsi actif lors des épidémies de 1577 et 1582, et il accompagne la délégation du père Edmond Auger à Lorette pour y faire un vœu. Il est à cette occasion reçu par le pape Grégoire XIII[2].
En 1580, il réalise un bon mariage avec la famille Buatier et acquiert ainsi le site de l'Antiquaille. IL le cède en 1595 après la port de sa femme à sa belle-sœur[2].
Rôle dans la Ligue catholique
[modifier | modifier le code]Claude de Rubys s'implique dans les conflits religieux de son temps en publiant en 1563 une réponse à un pamphlet protestant dont le titre est La résurrection de la sainte messe. Il est envoyé en 1567 défendre auprès du roi à Fontainebleau la cause catholique après la destruction du temple des Terreaux. Il fait partie de ceux qui obtiennent que le temple protestant de Saint-Genis-Laval soit déplacé sur la rive gauche du Rhône, au Béchevelin[2].
Lorsque Lyon bascule dans la Ligue catholique en février 1589, Claude de Rubys devient l’une des figures centrales du mouvement dans la ville. Par ses discours, ses pamphlets et ses interventions dans les assemblées politiques, il contribue à justifier et à structurer l’engagement ligueur des élites lyonnaises[4].
Ses écrits cherchent à mobiliser la population autour de la défense de la religion catholique et de la protection de la ville face aux armées royalistes. Après l’assassinat d’Henri III en août 1589, ses positions deviennent plus radicales et s’inscrivent dans un courant ligueur particulièrement hostile au nouveau roi Henri IV[3],[2].
Rubys apparaît alors comme l’un des principaux porte-parole du courant le plus intransigeant de la Ligue lyonnaise et un soutien fidèle du duc de Nemours, gouverneur du Lyonnais[3].
Influence et réseaux
[modifier | modifier le code]Grâce à sa position de procureur général et à l’autorité que lui confèrent ses fonctions municipales, Claude de Rubys exerce une influence importante sur la vie politique lyonnaise. Ses textes sont largement diffusés et parfois proclamés publiquement, ce qui contribue à structurer l’identité politique du mouvement ligueur dans la ville et dans les territoires voisins[3].
Par ses écrits et ses interventions politiques, il participe à la diffusion des idées ligueuses dans l’ensemble de la région lyonnaise[3].
Chute et exil
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Les divisions internes de la Ligue lyonnaise conduisent à sa mise à l’écart en 1593. À la suite d’un coup de force politique contre le duc de Nemours, Rubys est destitué de sa charge de procureur général et contraint à l’exil[3]. Il va alors à Avignon et utilise ce temps pour écrire[2].
Il ne peut revenir à Lyon qu’en 1600, après l’intervention du nouveau gouverneur du Lyonnais Pomponne de Bellièvre auprès du roi Henri IV[3]. Il dédie au gouverneur son Histoire véritable de la ville de Lyon publiée en 1604, dans laquelle il juge sévèrement ses prédécesseurs historiens Symphorien Champier et Guillaume Paradin. Son ouvrage sera par la suite également critiqué par Dominique de Colonia et Claude-François Ménestrier[2].
Il finit sa vie à Saint-André-du-coing et décède en septembre 1613 et est inhumé dans la chapelle dédiée à Saint-Claude qu'il a fait établir dans l'église des Dominicains[2].
Historien de Lyon
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Claude de Rubys reste également connu pour avoir publié en 1604 l'Histoire véritable de la ville de Lyon, ouvrage qui propose une reconstruction des événements récents de la ville, notamment ceux liés à la Ligue catholique[5].
Œuvres
[modifier | modifier le code]- Claude de Rubys, Histoire véritable de la ville de Lyon, Lyon, Bonaventure Nugo, 1604[5]
- Claude de Rubys, La Rodomontade de Pierre Baillony, Lyon, Jean Pillehotte, 1589[6]
Mémoire
[modifier | modifier le code]Figure très engagée de la Ligue, Rubys est ensuite largement marginalisé dans l’historiographie monarchique, qui associe son nom aux excès du mouvement ligueur. Son rôle politique et intellectuel dans la crise lyonnaise de la fin du XVIᵉ siècle a néanmoins suscité un regain d’intérêt dans les recherches historiques récentes.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenan, Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès, , 1504 p. (ISBN 978-2-915266-65-8 et 2-915266-65-4, BNF 42001687)
- Graziella Gentet, « Claude de Rubys, figure de la Ligue catholique lyonnaise (1589-1600) », Siècles, no 57, (DOI https://doi.org/10.4000/13w2q, lire en ligne)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Rubys, Claude de (1533 - 09/1613) »
- DHL, 2009, p. 1157.
- Gentet 2024.
- ↑ « Claude de Rubys (1533-1613) »
- « Histoire véritable de la ville de Lyon »
, sur BnF
- ↑ « La rodomontade de Pierre Baillony »
, sur Gallica
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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