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Collants blancs

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Collants blancs
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Collants blanc (en russe Белые колготки) est une légende urbaine russe. Elle traite de femmes tireuses d'élite majoritairement originaires des pays Baltes qui combattraient aux côtés des opposants des forces armées russes dans les années 1980 et 1990. Plusieurs variantes desdites histoires présentent ces mercenaires comme «anciennes biathlonistes»[1].

La légende est apparue pendant la Guerre d'Afganistan, où des irrégulières baltes se seraient battues contre l'Armée rouge[2], alors que les pays Baltes à cette époque faisaient partie de l'Union soviétique.

Toutefois, la plus large diffusion de cette légende a lieu dans les années 1990, pendant les confrontations tels que le conflit de Transnistrie, le conflit abkhaze-géorgien, la Première guerre de Tchétchénie[3].

Les autorités politiques et militaires russes ainsi que les médias (Krasnaïa Zvezda, Kommersant) accréditaient la présence de ces mercenaires[1],[3]. Le film Purgatoire (Чистилище) de 1997, produit par Boris Berezovsky et Alexandre Nevzorov consacré à la bataille de Grozny met en scène les femmes lituaniennes qui tirent avec satisfaction évidente sur les soldats russes[4]. Le film, ponctué de scènes d'une extrême brutalité, est tourné dans un style naturaliste imitant un documentaire[5]. Cette production couronnait le travail de Nevzorov qui en tant que journaliste couvrait ce conflit armé, ainsi créant une suite logique dans l'inconscient collectif dans le sens qu'il s'agirait d'une information vérifiée[1].

En 2017, la Komsomolskaïa Pravda publie un article Les « collants blancs » des pays baltes reprennent le combat où les histoires des femmes tireuses d'élite des années 1990 sont de nouveau présentées comme avérées avant d'en raconter d'autres. On peut y lire notamment que d'après les renseignements provenant de la République populaire autoproclamée de Louhansk (RPL), un groupe de tireuses d'élite surnommé « les Sorcières », arrivé dans la zone de l'affrontement, appartenant à l'organisation Secteur droit, interdite en Russie, combat aux côtés des forces armées ukrainiennes. Il s'agit principalement de femmes lettonnes, lituaniennes et polonaises qui tirent sur des zones résidentielles proches de la ligne de contact[6].

Démystification

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Il n'y a pas de preuves avancées par le gouvernement russe permettant d'affirmer cette légende[7].

Au cinéma et à la télévision

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Dans La Maison de fous d'Andreï Kontchalovski sorti en 2002, une sniper lituanienne fait son apparition incarnée par Cecilie Thomsen[8].

Notes et références

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  1. a b et c (ru) Александр Черкасов, « Темные тайны «белых колготок» », Эхо Кавказа,‎ (lire en ligne)
  2. Rislakki 2008, p. 27.
  3. a et b Amandine Regamey, « Les femmes snipers de Tchétchénie : interprétation d’une légende de guerre », Questions de Recherche, no 35,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Paul J Murphy, Allah's Angels: Chechen Women in War, Naval Institute Press, , 320 p. (ISBN 9781612510132, lire en ligne), p. 105
  5. (en) Helena Goscilo, « The Body Breached: Post-Soviet Masculinity on Screen », The Cinematic Bodies of Eastern Europe and Russia,‎ (lire en ligne)
  6. (ru) Анита Калея, « «Белые колготки» из стран Балтии вновь вышли на тропу войны », Komsomolskaïa Pravda,‎ 2o17 (lire en ligne)
  7. (en) Brian Whitmore, « Myth of Women Snipers Returns », sur The Moscow Times, (consulté le )
  8. (en) Matthew Evangelista, Gender, Nationalism, and War : Conflict on the Movie Screen, Cambridge University Press, (ISBN 9781139501071, lire en ligne)

Bibliographie

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  • Jukka Rislakki, The case for Latvia: disinformation campaigns against a small nation fourteen hard questions and straight answers about a Baltic country, Rodopi, coll. « On the boundary of two worlds », (ISBN 978-90-420-2423-6 et 978-90-420-2424-3)