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Crocuta

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Crocottes

Crocuta
Description de cette image, également commentée ci-après
Crocuta crocuta dans The book of the animal kingdom, 1910.
15.98 –0 Ma
153 collections
Classification
Règne Animalia
Sous-règne Eumetazoa
Super-embr. Deuterostomia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Hyaenidae
Sous-famille Hyaeninae

Genre

Crocuta
Kaup, 1828

Synonymes

Crocuta, les crocottes[3], sont un genre de mammifères carnivores la famille des hyénidés. Ce groupe contenant le plus grand membre de la famille : la Hyène tachetée (Crocuta crocuta), mais également la seule espèce actuelle. Plusieurs espèces fossiles sont également connues, les hyènes des cavernes eurasiennes du Pléistocène étant considérées soit comme des espèces distinctes, soit comme des sous-espèces de la hyène tachetée.

Taxonomie et évolution

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Ce genre a été décrit par Kaurp en 1828, basant la création de ce genre sur des traits physiques de la hyène tachetée actuelle, à savoir les oreilles rondes, l’absence de crinière et le pelage tacheté[1].

Étymologie

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Le nom scientifique de l'hyène tachetée, Crocuta, a longtemps été considéré à tort comme dérivé du mot d'emprunt latin crocutus, qui se traduit par « celui de couleur safran », en référence à la couleur de la fourrure de l'animal. L'orthographe correcte de l'emprunt aurait été Crocāta, et le mot n'a jamais été utilisé dans ce sens par les sources gréco-romaines. Crocuta vient en réalité du mot grec ancien Krokottas (Κροκόττας), dérivé du Sanskrit koṭṭhâraka, lui-même issu de kroshṭuka (tous deux désignant à l'origine le chacal doré). La première mention enregistrée de Krokottas provient de la Géographie de Strabon, où l'animal est décrit comme un mélange de loup et de chien originaire d'Éthiopie[4]. Ce mot, pouvant se franciser par « Crocotta » ou « Crocotte », désigne à la fois une créature légendaire du moyen-âge, soit un hybride Chien/Loup.

L'origine des crocottes, qu’elle soit issues d’Afrique ou d’Asie, reste incertaine, bien que les plus anciens fossiles connus proviennent d'Afrique et soient datés d'environ 3,8 millions d’années[5]. Les premiers restes d'Asie actuellement attribués au genre sont ceux de Crocuta honanensis du Pléistocène inférieur de Chine, datant d'environ 2,5 à 2,2 millions d’années, mais sa relation avec l'hyène tachetée actuelle est ambiguë. Crocuta apparaît pour la première fois en Europe il y a environ 800 000 ans au début du Pléistocène moyen, remplaçant la hyène géante Pachycrocuta[6].

Les « hyènes des cavernes » eurasiennes (Crocuta spelaea, Crocuta ultima et autres) ont été considérées soit comme des sous-espèces de la hyène tachetée actuelle[5], soit comme des espèces distinctes[7]. L'analyse génétique des hyènes des cavernes a révélé qu'elles étaient génétiquement très différentes des hyènes tachetées africaines actuelles, bien qu'il existe des preuves de croisements limités entre les deux populations[8].

Deux espèces éteintes sont connues pour avoir coexisté en Afrique de l'Est au cours du Pliocène : Crocuta eturono et Crocuta dietrichi, chacune occupant probablement une niche différente en ce qui concerne leur préférence pour le charognage ou la chasse[9]. À Ahl al Oughlam, un site du Pliocène au Maroc, vivait l'espèce Crocuta dbaa[10]. En Chine, il existait une espèce du Pliocène, Crocuta honanensis[11]. L'holotype de Crocuta sivalensis du sous-continent indien a été identifié comme un spécimen de Pliocrocuta sans lien avec Crocuta proprement dit et l'espèce est donc considérée comme invalide[12], bien que Crocuta soit effectivement reconnu dans les collines de Siwalik du début du Pléistocène, dans le nord du sous-continent indien[7].

Liste des espèces

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Une révision du genre effectuée en 2022 a reconnu 7 espèces éteintes en plus de la hyène tachetée actuelle. Les espèces africaines comprennent C. eturono à la fin du Pliocène, C. venustula au Pliocène et au début du Pléistocène (les auteurs considérant C. dietrichi et C. dbaa comme des synonymes de cette espèce), et C. ultra au Pléistocène inférieur et moyen. En Asie, deux espèces sont reconnues : C. honanensis (Pléistocène inférieur de Chine et du continent indien) et C. ultima (Pléistocène moyen et supérieur). En Europe, on reconnaît C. intermedia (Pléistocène moyen) et C. spelaea (Pléistocène moyen et supérieur)[7].

Notes et références

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  1. Graphie ultérieure incorrecte pour Crocuta Kaup, 1828.

Références

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  1. a et b (de) Johann Jakob Kaup, « Ueber Hyaena, Uromastix, Basiliscus, Corythaeolus, Acontias », Isis von Oken, vol. 21,‎ , p. 1145 (lire en ligne)
  2. Jean Viret, « Le lœss à bancs durcis de Saint-Vallier (Drôme), et sa faune de mammifères villafranchiens (avec une analyse granulométrique et une analyse pollinique) », Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Lyon, vol. 4,‎ , p. 51 (lire en ligne)
  3. Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , p. 97
  4. Funk 2010, p. 52–54
  5. a et b (en) Huiyun Rao, « Palaeoproteomic analysis of Pleistocene cave hyenas from east Asia », Scientific Reports, vol. 10, no 1,‎ , p. 16674 (PMID 33028848, PMCID 7541484, DOI 10.1038/s41598-020-73542-x)
  6. (en) Alessio Iannucci, Beniamino Mecozzi, Raffaele Sardella et Dawid Adam Iurino, « The extinction of the giant hyena Pachycrocuta brevirostris and a reappraisal of the Epivillafranchian and Galerian Hyaenidae in Europe: Faunal turnover during the Early–Middle Pleistocene Transition », Quaternary Science Reviews, vol. 272, no 107240,‎ (DOI 10.1016/j.quascirev.2021.107240, Bibcode 2021QSRv..27207240I, lire en ligne)
  7. a b et c Margaret E. Lewis et Lars Werdelin, « A revision of the genus Crocuta (Mammalia, Hyaenidae) », Palaeontographica Abteilung A, vol. 322, nos 1–4,‎ , p. 1–115 (ISSN 0375-0442, DOI 10.1127/pala/2022/0120, Bibcode 2022PalAA.322....1L, lire en ligne)
  8. Michael V. Westbury, Stefanie Hartmann, Axel Barlow, Michaela Preick, Bogdan Ridush, Doris Nagel, Thomas Rathgeber, Reinhard Ziegler, Gennady Baryshnikov, Guilian Sheng, Arne Ludwig, Ingrid Wiesel, Love Dalen, Faysal Bibi et Lars Werdelin, « Hyena paleogenomes reveal a complex evolutionary history of cross-continental gene flow between spotted and cave hyena », Science Advances, vol. 6, no 11,‎ , article no eaay0456 (ISSN 2375-2548, PMID 32201717, PMCID 7069707, DOI 10.1126/sciadv.aay0456, Bibcode 2020SciA....6..456W)
  9. Carlos Coca-Ortega et Juan Antonio Pérez-Claros, « Characterizing ecomorphological patterns in hyenids: a multivariate approach using postcanine dentition », PeerJ, vol. 6,‎ , article no e6238 (PMID 30648005, PMCID 6330948, DOI 10.7717/peerj.6238)
  10. (en) Denis Geraads, Zeresenay Alemseged, René Bobe et Denné Reed, « Pliocene Carnivora (Mammalia) from the Hadar Formation at Dikika, Lower Awash Valley, Ethiopia », Journal of African Earth Sciences, vol. 107,‎ , p. 28–35 (DOI 10.1016/j.jafrearsci.2015.03.020, Bibcode 2015JAfES.107...28G, lire en ligne, consulté le )
  11. Gui-Lian Sheng, « Pleistocene Chinese cave hyenas and the recent Eurasian history of the spotted hyena, Crocuta crocuta », Molecular Ecology, vol. 23, no 3,‎ , p. 522–533 (PMID 24320717, DOI 10.1111/mec.12576)
  12. Lars Werdelin et Margaret E. Lewis, « The taxonomic identity of the type specimen of Crocuta sivalensis (Falconer, 1867) », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 32, no 6,‎ , p. 1453–1456 (DOI 10.1080/02724634.2012.694593, Bibcode 2012JVPal..32.1453W)

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Liens externes

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