Daniel de Cosnac
| Archevêque d'Aix Archidiocèse d'Aix-en-Provence et Arles | |
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| Évêque de Valence Diocese de Valence (d) | |
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| Évêque de Valence et de Die Diocèse de Valence et Die (d) | |
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| Évêque diocésain Diocèse de Valence (-Die-Saint-Paul-Trois-Châteaux) | |
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Daniel de Cosnac, né au château de Cosnac, dans l'actuel département de la Corrèze, le , et mort à Aix-en-Provence, le , est un prélat français, successivement évêque de Valence, de 1654 à 1687, et archevêque d'Aix, de 1693 à 1708.
Il est le troisième fils de François de Cosnac, théologien devenu maître de camp d'infanterie et auteur d'ouvrages contre le protestantisme, et d'Eléonore de Talleyrand-Chalais, petite-fille du maréchal Blaise de Monluc et petite-nièce de Jean de Monluc, évêque de Valence et de Die[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Années de jeunesse
[modifier | modifier le code]D’origine limousine, issu d’une famille dont Saint-Simon écrit qu’elle a fourni des évêques « de père en fils », il commence ses études dans les collèges de Brive et de Périgueux, et les poursuit à Paris, au collège de Navarre, tenu par les jésuites.
En 1651, il entre, par la protection du duc de Bouillon, dans la maison du prince de Conti, en qualité de premier gentilhomme de sa chambre. Il le suit à Bordeaux, puis à Pézenas, où se produit grâce à lui la troupe itinérante de Molière, qui prend alors le titre de « comédiens de S.A.S. le prince de Conti ». Il s'est donc trouvé mêlé aux troubles de la Fronde ; il semble qu’il ait fait le bon choix, puisqu’il décide le prince à faire la paix avec la cour et reste fidèle à Mazarin. Cette attitude lui vaut en récompense l’évêché de Valence et de Die, quoiqu’il n’ait que 26 ans (1654) et n’ait même pas encore reçu les ordres religieux ; il ne le fera qu’après sa nomination, lors de laquelle Mazarin lui aurait dit : « Monsieur, vous nommer évêque de Valence au sortir d'un aussi beau sermon que celui que vous venez de faire, cela s'appelle recevoir le bâton de maréchal de France sur la brèche. Remerciez le roi de cet important bénéfice. »[2].
Carrière ecclésiastique
[modifier | modifier le code]Très actif auprès des Conti et à l'assemblée générale du clergé (qui dure de 1655 à 1657 et valide sa nomination malgré un recours de l'évêque de Grenoble), il ne fait ses entrées dans ses villes épiscopales qu'en 1657, en septembre à Valence et en novembre à Die[3].
Il est présent également au mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz où il prononce une brève homélie et où, selon une légende, il fait la quête avec une bourse de daim brodée aux armes de France et d’Espagne[4]. Il présida en mars 1661 au mariage de Philippe d'Orléans avec la princesse Henriette d'Angleterre, malgré la contestation de l'abbé Gaultier de Montaigu, aumônier d'Henriette de France, reine d’Angleterre[5]. Il entre alors en possession des tapisseries dites de Mortlake, qui obligeront les héritiers à agrandir les salons de leur château.
Le 17 avril 1666, Cosnac est chargé du discours de clôture de l'assemblée du clergé (1665-1666), dont le sujet principal est la question des huguenots et l'interprétation de l'édit de Nantes, et durant laquelle il obtient du roi les fonds, prélevés sur le Dauphiné, pour la reconstruction de la cathédrale de Die[6].
Peu après, il devient aumônier de Monsieur, frère du roi. Ayant déplu à ce dernier par les efforts mêmes qu’il fait pour le ramener au bien et le rapprocher de Madame, il est, sur la demande du prince, enfermé au For-l'Évêque.
Saint-Simon écrit de lui : « « Personne n’avait plus d’esprit ni plus d’activité, d’expédients, de ressources ; né pour l’intrigue, il avait le coup d’œil juste, au reste peu scrupuleux et extrêmement ambitieux; » ».
Il rentre cependant en grâce et est nommé en 1687 archevêque d’Aix et commandeur du Saint-Esprit. Du fait des querelles entre Louis XIV et le pape Innocent XI, il ne reçoit confirmation de sa nomination que par bulle du 9 novembre 1693[7]. Il est abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Riquier de 1695 à 1708, ainsi que de celle de Cruas.
Anecdote
[modifier | modifier le code]Une anecdote, racontée par l'abbé de Choisy[8], qui la tient sans doute de Cosnac lui-même, montre l’humour de cet homme épris de pouvoir et d’action. Cosnac se rend chez M. de Paris (l’archevêque de Paris[9]) :
« Le Roi, lui dit-il, monseigneur, m’a fait évêque ; mais il s’agit de me faire prêtre.
— Quand il vous plaira, répondit M. de Paris.
— Ce n’est pas là tout, répliqua M. de Valence; c’est que je vous supplie de me faire diacre.
— Volontiers, lui dit M. de Paris.
— Vous n’en serez pas quitte pour ces deux grâces, monseigneur, interrompit M. de Valence ; car, outre la prêtrise et le diaconat, je vous demande encore le sous-diaconat.
— Au nom de Dieu, reprit brusquement M. de Paris, dépêchez-vous de m’assurer que vous êtes tonsuré, de peur que vous ne remontiez la disette des sacrements jusqu’à la nécessité du baptême. »
Sources
[modifier | modifier le code]- Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
- Mémoires de Daniel de Cosnac (…) publiés par le comte Jules de Cosnac, Paris, 1852, tome I, et tome II.
- Gabriel-Jules de Cosnac, Notice sur la vie de Daniel de Cosnac, Brive, 1886, lire en ligne.
- On trouvera des renseignements détaillés, dus à Gustave Desnoiresterres[10], dans la Nouvelle biographie générale de Jean Chrétien Ferdinand Hoefer publiée en 1855.
- Sainte-Beuve a parlé de lui encore plus longuement dans ses Causeries du lundi.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Essai historique sur... Die (voir Bibliographie), p. 444 et Généalogie des Talleyrand.
- ↑ Abbé de Choisy, « Vie de Daniel de Cosnac », dans Mémoires de Daniel de Cosnac, Paris, 1852, tome II, p. 201, lire en ligne.
- ↑ Essai historique sur... Die, p. 449-450.
- ↑ La bourse en daim supposée avoir servi à la quête se trouvait au château de Cosnac, en Corrèze, jusqu'au décès du propriétaire dans les années 1980. Mais elle était aux armes de Marie Leszcynska, épouse de Louis_XV. Après expertise, elle fut mise aux enchères le 23 novembre 2025 chez Osenat, maître commissaire priseur à Versailles et Fontainebleau, et fut acquise pour 8 500 euros hors frais.
- ↑ Essai historique sur... Die, p. 454.
- ↑ La cathédrale avait été démolie par les protestants en 1568. Les fonds seront prélevés sur les impôts provinciaux de 1667 à 1669 : Essai historique sur... Die, p. 472 et 474.
- ↑ Essai historique sur... Die, p. 525, note 2.
- ↑ Mémoires de l'abbé de Choisy pour servir à l'histoire de Louis XIV, publiés avec préface, notes et tables par M. de Lescure, t. II, Paris, Librairie des bibliophiles, (lire en ligne), pp. 46-47.
- ↑ On désignait les évêques et archevêques par le nom de leur diocèse. Cette anecdote est évidemment sujette à caution.
- ↑ Important critique du XIXe siècle, mais qui ne semble pas avoir fait lui-même l'objet d'une étude.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Chanoine Jules Chevalier, Essai historique sur l'église et la ville de Die, tome 3, 1909, p. 444-512.
- M.-M. Macary, Châteaux de Corrèze, 1977, p. 6-7.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Commandeur de l'ordre du Saint-Esprit
- Personnalité provençale du XVIIe siècle
- Archevêque d'Aix-en-Provence
- Évêque de Valence (Drôme)
- Évêque catholique français du XVIIe siècle
- Abbé de Saint-Riquier
- Personnalité de la Fronde
- Religion sous l'Ancien Régime
- Naissance à Cosnac
- Naissance en janvier 1628
- Décès à Aix-en-Provence
- Décès en janvier 1708
- Famille de Cosnac