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David Padilla

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David Padilla
Illustration.
David Padilla en 1978.
Fonctions
Président de la république de Bolivie
(de facto)

(8 mois et 15 jours)
Prédécesseur Juan Pereda Asbún (de facto)
Successeur Wálter Guevara Arze (intérim)
Biographie
Nom de naissance David Padilla Arancibia
Date de naissance
Lieu de naissance Sucre (Bolivie)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès La Paz (Bolivie)
Nationalité Bolivienne
Conjoint Marina Goytia Peñaranda
Profession Militaire

Signature de David Padilla

Image illustrative de l’article David Padilla
Présidents de la république de Bolivie

David Padilla Arancibia est un militaire et homme d'État bolivien né le à Sucre et mort le à La Paz. Il est président de la Bolivie de novembre 1978 à août 1979.

Carrière militaire

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Diplômé en 1948 de l'École militaire de La Paz en tant que sous-lieutenant d'infanterie, Padilla intègre les forces armées boliviennes[1]. Le général et président Hugo Banzer Suárez le nomme commandant de la garnison de Villamontes en 1971 puis est transféré à Santa Cruz de la Sierra plus tard, notamment en raison des traitements pour l'ostéoporose qu'il devait y suivre. Il gravit les échelons et devient général et commandant en chef de l'armée bolivienne[2].

Coup d'État

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Gouvernant depuis le mois de juillet 1978, le gouvernement de Juan Pereda Asbún s'était emparé du pouvoir au moyen d'un coup d'État contre le gouvernement également de facto d'Hugo Banzer Suárez, et ce, peu après que les résultats électoraux des élections générales de 1978 aient montré une fraude en faveur de Pereda. Mécontentes de ce dénouement et de l'absence de reprise du processus démocratique, les forces armées, avec Padilla à leur tête, fomentent un coup d'État[1].

Le , Padilla dirige avec brio un coup d'État militaire sans effusion de sang et sans victime contre le gouvernement de facto de Juan Pereda Asbún avec l'objectif de réinstaurer la démocratie dans le pays[3]. En conséquence, il devient président de la République, le même jour.

Présidence de la République

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Dès son entrée en fonction, Padilla Arancibia proclame la Constitution de l'État de 1967 par le décret présidentiel numéro 15978 du [1].

Au cours de son mandat, il a créé la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie, a permis aux universités de retrouver leur autonomie universitaire en abrogeant la loi fondamentale des universités décrétée par l'ancien président de facto Hugo Banzer Suárez, a organisé le centenaire des revendications maritimes de la Bolivie[3],[4] et a décrété l'année 1980, l'« Année de l'héroïne Juana Azurduy de Padilla » en honneur du bicentenaire de la naissance de cette combattante s'étant battu pour l'indépendance bolivienne[1].

Le gouvernement de Padilla est critiqué pour la construction de la fonderie de Karachipampa (Potosí), destinée à la fusion et au raffinage du plomb et de l'argent. Cette usine construite au coût de 147 millions de dollars n'a jamais pu être mise en fonction en raison de problèmes techniques et d'une pénurie de matières premières[2].

Il convoque des élections générales, le , qui sont remportées par Hernán Siles Zuazo. Aucun candidat n'ayant obtenu la majorité absolue, il revenait au Congrès national de choisir parmi les trois candidats ayant obtenu davantage de voix, le candidat qui allait être nommé président. Incapable de parvenir à une entente, le Congrès décide de nommer de manière intérimaire le président du Sénat, Wálter Guevara Arze jusqu'à la tenue de nouvelles élections, l'année suivante.

Le , après treize ans de gouvernements militaires, Padilla Arancibia devient le premier militaire à remettre le pouvoir à un président constitutionnel[3],[4]. Il quitte la vie publique et reprend à ce moment ses fonctions de commandant en chef des forces armées[1].

Après la présidence

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Il meurt le 25 septembre 2016, à l'âge de 89 ans, à La Paz[1].

Ayant eu comme objectif le rétablissement de la démocratie après une succession de plusieurs dictatures militaires, Padilla Arancibia demeure un chef d'État respecté, ce qui constitue une rareté pour un militaire ayant orchestré un coup d'État. La Chambre des sénateurs a d'ailleurs rendu un hommage posthume au président Padilla peu de temps après son décès en 2016[3].

Références

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  1. a b c d e et f (es) Miguel Delgadillo Pacheco et Miguel Delgadillo Cervantes, Museo Virtual Bolivia, « 1978 – DAVID PADILLA ARANCIBIA », sur museovirtualbo.com (consulté le )
  2. a et b (es) Alfonso Crespo, Banzer: el destino de un soldado, Buenos Aires, Gráfica Laf., , 368 p. (lire en ligne), p. 267-269
  3. a b c et d (es) « Senado aprueba homenaje póstumo al expresidente de Bolivia, general David Padilla Arancibia », sur Cámara de Senadores, (consulté le )
  4. a et b Presidencia de la República de Bolivia, « Presidente David Padilla Arancibia », sur web.archive.org, (consulté le )