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David Shongo

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David Shongo
Installation de David Shongo au Café Kuba à l'IFFR 2026_Arts Directions
Biographie
Naissance
(31 ans)
Kangu
Nom de naissance
David Shongo
Nationalité
Autres informations
Genre artistique
Art contemporain
Distinctions
STARTS Prize
State of Art (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

David Shongo est un compositeur de Jazz et de musique électronique et artiste visuel congolais né à Kangu dans la région de Mayombe (Kongo Central) en République démocratique du Congo[1],[2]. En 2023, il est devenu le premier compositeur africain à être invité par la Biennale de Venise Musica[3]. Il a reçu le Grand Prix State of Art(ist) Ars Electronica 2025[4]. Entre 2019 et 2023, il a été artiste chercheur à la Fondation Nationale Suisse pour la Science[5]. Il est fondateur et directeur artistique du Festival Pianos de Kinshasa[6].

David Shongo en 2025


Le travail de David Shongo explore les interactions entre le son et l’image, en mettant en lumière les mouvements, les silences et les résonances poétiques qui émergent de leur rencontre. Compositeur, chercheur et artiste visuel, il scrute les conditions de formation de la mémoire de son pays d’origine, la République Démocratique du Congo, et interroge les liens entre cette mémoire et les dynamiques historiques et contemporaines qu’elle entretient avec l’économie globale.

Au cœur de sa démarche se déploie une réflexion sur l’absence, conçue non pas comme un simple vide, mais comme une stratégie politique de mise au silence : un champ de forces où se jouent les tensions entre disparition et survivance, entre ce qui est effacé et ce qui revient hanter le présent. Pour Shongo, la mémoire n’est jamais un simple dépôt d’événements passés — elle est un espace d’insurrection, un territoire mouvant où s’affrontent les temporalités du visible et de l’invisible.

Une part essentielle de cette interrogation trouve racine dans son histoire familiale : celle d’un enfant grandi à Boma, capitale de l’État Indépendant du Congo (1886 à 1908), puis du Congo belge (1886 à 1929) et, non reconnu par son père. Il est élevé avec sa sœur part sa mère Stéphanie Binda Kumbo, dans une maison traversée par les prières et les chants religieux et traditionnels de cette dernière. Cette expérience précoce de grandir dans une ville chargée du passée coloniale comme Boma, d’un père absent et de la musique comme rituel familial impacte et definnisse fondamentalement la démarche de Shongo, faisant de son travail une investigation perpétuelle de la compréhension de son identité, dans laquelle le son revient souvent comme élément majeur d’organisation de l'histoire et de la mémoire.

Il poursuit ses études en réseaux et télécommunications à Lubumbashi. Il développe parallèlement une passion pour le piano, apprend de manière autodidacte le jazz et accompagne plusieurs figures majeures de la scène musicale de Lubumbashi.

En 2018, sa rencontre avec le cinéaste Petna Ndaliko Katondolo constitue un point d’inflexion décisif. Initié au cinéma et à la lecture critique des archives coloniales, Shongo découvre dans l’image un espace de lutte et de reconstruction. Cette même année, grâce à une bourse du programme Dé-Recomposer le regard colonial — en collaboration avec le centre Yolé Africa! à Goma et l’Université de Nottingham —, il approfondit son travail d’analyse des archives ethnographiques sous la direction de Dr. Cherie Rivers Ndaliko. Cette expérience lui permet de penser l’archive non comme un document figé, mais comme une matière sonore et visuelle en constante réactivation.

De cette période naît un tournant majeur : le travail de Shongo s’oriente vers une recherche transdisciplinaire, articulant les technologies de la mémoire, les énergies du son et les formes de résistance épistémologique. Il aborde la mémoire congolaise comme un système fractal, un champ d’interférences où s’entremêlent le passé, le présent et le futur. Son œuvre, à la croisée de l’art sonore, de la photographie, du film hybride et des installations multimédia, interroge les architectures invisibles de la mémoire congolaise et leur manière d’imprégner les réalités politiques, économiques, culturelles et écologiques du présent.

Formé en musique électronique au Collège Musica de la Fondation Biennale di Venezia[7], son travail de composition explore les structures électroniques et envisage la spatialisation numérique du son comme un dispositif d’inscription, d’orientation et de transformation de l’espace.

À travers ses œuvres, Shongo engage un dialogue critique avec les structures épistémologiques dominantes issues de la modernité occidentale. Son travail propose de nouvelles méthodologies de création et de pensée.

Shongo est également fondateur et directeur artistique du Festival Pianos de Kinshasa, une Biennale de musique qui questionne l’histoire du piano en Afrique.

Invité en tant que conférencier, il a partagé ses réflexions sur les archives, la mémoire et les technologies du savoir dans plusieurs institutions internationales, parmi lesquelles l’Université de New York à Abu Dhabi et le Congrès international d’histoire de l’art à Zurich.

Expositions

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Distinctions et prix

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Ars Electronica Festival 2025, Linz / Autriche

Notes et références

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  1. « David Shongo » (consulté le )
  2. « David Shongo-Art contempory » (consulté le )
  3. a et b (en) « Biennale Musica 2023 | Biennale College Musica - David Shongo / Estelle Schorpp », sur La Biennale di Venezia, (consulté le )
  4. (en-US) « Winners 2025 », sur State of the ART(ist), (consulté le )
  5. « Biennale de Lubumbashi : David Shongo », sur biennaledelubumbashi.com (consulté le )
  6. « Festival Pianos de Kinshasa : Les “Intervalles” de la troisième édition », sur Actualite.cd, (consulté le )
  7. (en) « Biennale Musica 2023 | Biennale College Musica - David Shongo / Estelle Schorpp », sur La Biennale di Venezia, (consulté le )
  8. (en-US) « Ceux sans qui la terre ne serait pas la terre », sur Ars Electronica Festival 2023 - Who owns the truth?, (consulté le )
  9. « Kikk Festival », sur Magazine des Cultures Digitales, (consulté le )
  10. (en) « Lumene : Privatisation · DOK Leipzig », sur www.dok-leipzig.de (consulté le )
  11. Afrika Filmfestival, « CEUX SANS QUI LA TERRE NE SERAIT PAS LA TERRE », sur Afrika Filmfestival (consulté le )
  12. « Look Closer », sur Museum Rietberg (consulté le )
  13. a et b « Biennale de Lubumbashi : David Shongo », sur www.biennaledelubumbashi.com (consulté le )
  14. (en-US) « Repairing the Present : REWILD | MAXXI », sur www.maxxi.art, (consulté le )
  15. « Laboratoire Kontempo Miziki: Bilokos | ACUD MACHT NEU », sur acudmachtneu.de (consulté le )
  16. (en) « Piano Day 2024 - Welcome », sur Piano Day 2024 (consulté le )
  17. (en) Haus der Kulturen der Welt, « David Shongo », sur HKW, (consulté le )
  18. (en-US) « Congo in Harlem 12 », sur Maysles Documentary Center (consulté le )
  19. (en) « 43 Films, Hunting for a Pardino », sur Locarno Film Festival (consulté le )
  20. a et b « FICTION CONGO », sur Museum Rietberg (consulté le )
  21. (en-US) « Café Kuba », sur State of the ART(ist), (consulté le )
  22. Afrika Filmfestival, « Afrika Filmfestival » [archive du ], sur Afrika Filmfestival (consulté le )
  23. (en) « SNSF Data Portal », sur data.snf.ch (consulté le )
  24. Ahmad Hassan, « Suskewiet Visions | gluon », (consulté le )

Liens externes

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  • Ressource relative à l'audiovisuelVoir et modifier les données sur Wikidata :
  • Ressource relative à la musiqueVoir et modifier les données sur Wikidata :