ERAP2

L’aminopeptidase 2 du réticulum endoplasmique (Endoplasmic reticulum aminopeptidase 2 ERAP2) est une aminopeptidase localisée dans la lumière du réticulum endoplasmique, dont la fonction principale est de traiter les antigènes destinés à être présentés par le complexe majeur d’histocompatibilité de classe I afin de déclencher des réponses immunitaires contre les cellules infectées[1]. Elle est codée par le gène ERAP2 situé sur le chromosome 5 humain.
La protéine ERAP2, longue de 960 acides aminés, contient un motif GAMEN à la position 334 (interagissant avec l’extrémité N-terminale des peptides substrats) ainsi qu’un site de liaison au zinc codé par le motif HELAH (motif HEXXH) situé aux résidus 370 (codés par l’exon 6)[2],[3]. Des analyses de digestion in vitro de l’ERAP2 purifiée ont démontré la capacité de cette enzyme protéolytique à hydrolyser les résidus d’acides aminés à partir de l’extrémité N-terminale de peptides angiogénétiques et inflammatoires vasculaires naturellement présents, tels que la kallidine et l’angiotensine III .
Les recherches sur ERAP2 se sont principalement concentrées sur son rôle dans la présentation antigénique au sein du complexe de chargement de peptide[4]. Dans la lumière du réticulum endoplasmique, ERAP2 participe au traitement des peptides précurseurs prolongés en N-terminal, déterminant ainsi leur capacité à se lier au CMH-I pour être présentés aux lymphocytes T CD8+ à la surface cellulaire [3],[1]. Il a été démontré qu’ERAP2 génère des épitopes matures immunogènes et améliore directement la reconnaissance par les lymphocytes T [5]. Sur le plan mécanistique, ERAP2 façonne l’immunopeptidome cellulaire par l’élimination sélective et la promotion indirecte de sous-motifs de peptides présentés par le CMH-I [6]. En raison de son association génétique avec plusieurs maladies auto-immunes, ERAP2 pourrait favoriser la reconnaissance d’autoantigènes par les lymphocytes T, contribuant ainsi à une inflammation délétère [7],[8].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Loredana Saveanu, Oliver Carroll, Vivian Lindo et Margarita Del Val, « Concerted peptide trimming by human ERAP1 and ERAP2 aminopeptidase complexes in the endoplasmic reticulum », Nature Immunology, vol. 6, no 7, , p. 689–697 (ISSN 1529-2908 et 1529-2916, DOI 10.1038/ni1208, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Toshihiro Tanioka, Akira Hattori, Shigehiko Mizutani et Masafumi Tsujimoto, « Regulation of the human leukocyte-derived arginine aminopeptidase endoplasmic reticulum-aminopeptidase 2 gene by interferon-γ », The FEBS Journal, vol. 272, no 4, , p. 916–928 (ISSN 1742-4658, DOI 10.1111/j.1742-4658.2004.04521.x, lire en ligne, consulté le )
- (en) Toshihiro Tanioka, Akira Hattori, Shinako Masuda et Yoshihiro Nomura, « Human Leukocyte-derived Arginine Aminopeptidase », Journal of Biological Chemistry, vol. 278, no 34, , p. 32275–32283 (DOI 10.1074/jbc.M305076200, lire en ligne, consulté le )
- ↑ José A. López de Castro, « How ERAP1 and ERAP2 Shape the Peptidomes of Disease-Associated MHC-I Proteins », Frontiers in Immunology, vol. 9, (ISSN 1664-3224, DOI 10.3389/fimmu.2018.02463, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Karin Schmidt, Matthias Leisegang et Peter-Michael Kloetzel, « ERAP2 supports TCR recognition of three immunotherapy targeted tumor epitopes », Molecular Immunology, vol. 154, , p. 61–68 (DOI 10.1016/j.molimm.2022.12.010, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Wouter J. Venema, Sanne Hiddingh, Joke H. de Boer et Frans H. J. Claas, « ERAP2 Increases the Abundance of a Peptide Submotif Highly Selective for the Birdshot Uveitis-Associated HLA-A29 », Frontiers in Immunology, vol. 12, (ISSN 1664-3224, DOI 10.3389/fimmu.2021.634441, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jonas J. W. Kuiper et Wouter J. Venema, « HLA-A29 and Birdshot Uveitis: Further Down the Rabbit Hole », Frontiers in Immunology, vol. 11, (ISSN 1664-3224, DOI 10.3389/fimmu.2020.599558, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Wouter J. Venema, Sanne Hiddingh, Jorg Van Loosdregt et John Bowes, A cis -regulatory element regulates ERAP2 expression through autoimmune disease risk SNPs, (DOI 10.1101/2023.03.03.530973, lire en ligne)