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Eavan Boland

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Eavan Boland
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
DublinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Frederick Boland (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Frances Kelly (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Mouvement
Site web

Eavan Boland, née le à Dublin et morte le dans la même ville est une professeure de littérature et une poétesse irlandaise.

Après une enfance entre l'Irlande, le Royaume-Uni et les États-Unis, elle écrit ses premiers poèmes à l'université. Très investie pour les droits des femmes, ses poèmes se font l'écho de sa place de femme irlandaise dans la poésie, de la place des femmes et des sans voix dans l'histoire de l'Irlande. « Première grande poétesse dans l'histoire de la poésie irlandaise », ses écrits sont récompensés de nombreux prix.

Eavan Boland naît le 24 septembre 1944[1] dans une famille aisée, son père est le diplomate Frederick Boland (en) et sa mère l'artiste Frances Kelly (en)[2]. Sa mère a une grande influence sur ses futurs écrits[3]. Du fait du métier de son père, la famille déménage régulièrement, ce qu'elle vit comme de la solitude et du réracinement[2]. A Londres, elle fait notamment face à du ressentiment anti-irlandais qui renforce son lien avec son pays et trouve place dans nombre de ses écrits[4]. Son premier recueil de poésie, 23 Poems est publié alors qu'elle est étudiante au Trinity College[5]. Elle s'engage à cette époque dans le Mouvement de libération des femmes irlandaises[3]. Mariée en 1969 au poète Kevin Casey (de), le couple déménage Dundrum où il reste toute sa vie et elle devient rapidement mère de famille[6]. Elle compte parmi ses proches la femme politique Mary Robinson qui cite l'un de ses poèmes dans son discours d'investiture[3],[6]. Eavan Boland est tour à tour critique littéraire, poétesse en résidence, professeure de littérature irlandaise et professeure d'écriture créative, notamment à l'Université de Stanford et au Trinity College[7],[2]. A ce titre, elle est à l'origine de nombreuses vocations d'écrivains et d'écrivaines[8].

Elle meurt le 27 avril 2020 à Dublin[5]. Elle est célébrée comme la « première grande poétesse dans l'histoire de la poésie irlandaise »[6].

Les écrits d'Eavan Boland traitent de la condition des femmes, notamment des femmes irlandaises et de leur place dans l'histoire de l'Irlande[5].

Se définissant comme féministe, elle rejette la place que la littérature traditionnelle donne aux femmes, comme muses, figures allégoriques[3]... Elle s'est notamment élevée contre le peu de place des femmes dans des anthologies de littérature irlandaise[3] et de manière générale dans la politique et les arts[9]. Dans un contexte où elle ne voit pas d'autres femmes poètes dans son entourage, elle écrit sur l'expérience des femmes qui est alors perçue comme privée (anorexie, violence intrafamiliale, cancer, infanticide) mais aussi sur les joies d'être mère[10],[11]. Elle rend hommage aux femmes oubliées, mais aussi aux sans voix de l'histoire irlandaise, qui apparaissent dans ses vers comme des fantômes[12],[13].

Eavan Boland regrette le peu de place laissée à la poésie irlandaise sur le traitement de l'ordinaire, la « dailiness » et écrit sur la nature irlandaise et la vie quotidienne en Irlande[10]. Elle en explore aussi le passé et les conflits, comme la famine de 1847 ou la violence des luttes politiques (attentats de 1974)[14],[15]. Son écriture est analysée comme technique, parfois agressive[16] tout en laissant une place aux silences de l'histoire et à l'étrange[12],[17]. Elle critique la place du nationalisme dans la poésie, qui donne une importante place au « nous », pour dans ses écrits au contraire utiliser le « je »[18].

Hommages et distinctions

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  • Son poème, Our Future Will Become the Past of Other Women (Notre avenir va devenir le passé d'autres femmes) est déclamé à la tribune de l'ONU[19].
  • Lifetime Achievement Award aux Irish Book Awards en 2017[5].
  • Membre honoraire de la Royal Irish Academy[2], membre de l'Académie américaine des arts et des sciences[2], membre de l'Académie irlandaise des lettres[2]
  • Prix de la Fondation Lannan[3]
  • Médaille Bucknell[3]

Postérité

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Le prix Eavan Boland, fondé par Poetry Ireland, est créé en son honneur en 2021[20] ;

Une bibliothèque du Trinity College porte son nom[21].

Publications

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  • Night Feed (1982)
  • Outside History (1990)
  • Against Love Poetry (2001)
  • A Woman Without a Country (2014)

Références

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  1. (cs) Obálky knih, « Obálky knih », sur ObalkyKnih.cz (consulté le )
  2. a b c d e et f (en) « Renowned poet Professor Eavan Boland dies at 75 », sur news.stanford.edu (consulté le )
  3. a b c d e f et g (en) « Eavan Boland Poem », sur The Irish Times (consulté le )
  4. (en) « A Woman's Voice, Eavan Boland », www.rte.ie,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a b c et d (en) Sinéad Crowley, « Poet Eavan Boland dies aged 75 », www.rte.ie,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. a b et c (en) « Eavan Boland - the new documentary celebrating a poetry legend », www.rte.ie,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « Eavan Boland - Trinity Development & Alumni - Trinity College Dublin », sur www.tcd.ie (consulté le )
  8. (en) Martin Doyle, « Eavan Boland: ‘Pathfinder, farewell’ – tributes to ‘a pillar of Irish poetry’ », sur The Irish Times (consulté le )
  9. Lucy Collins, « Lost Lands: The Creation of Memory in the Poetry of Eavan Boland », dans Contemporary Irish Women Poets, Liverpool University Press, coll. « Memory and Estrangement », , 23–48 p. (ISBN 978-1-78138-187-8, lire en ligne)
  10. a et b « Eavan Boland », sur The Poetry Foundation (consulté le )
  11. « Eavan Boland, ‘Disruptive’ Irish Poet, Is Dead at 75 », The new york times,‎ (lire en ligne)
  12. a et b Pascale Amiot-Jouenne, « « That the science of cartography is limited » : Les fantomes d’Eavan Boland », dans Territoires de l'étrange dans la littérature irlandaise au XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », , 53–67 p. (ISBN 978-2-7535-4685-1, lire en ligne)
  13. Mary Fitzgerald-Hoyt, « Eavan Boland's Famine Poems : Voicing the Hungry Silences », Etudes irlandaises, vol. 25, no 1,‎ , p. 81–89 (DOI 10.3406/irlan.2000.1535, lire en ligne, consulté le )
  14. (en) Martin Doyle, « Eavan Boland, leading Irish poet and champion of the female voice, dies aged 75 », sur The Irish Times (consulté le )
  15. (en) « Eavan Boland obituary: Outstanding Irish poet and academic », sur The Irish Times (consulté le )
  16. Jean Brihault, « The Irish University Review, a journal of Irish Studies, Special Issue — Eavan Boland, Volume 23 Number 1 », Etudes irlandaises, vol. 18, no 2,‎ , p. 161–162 (lire en ligne, consulté le )
  17. (en) Lucy Collins, Contemporary Irish Women Poets: Memory and Estrangement, Liverpool University Press, (ISBN 978-1-78138-469-5 et 978-1-78138-187-8, lire en ligne)
  18. (en) Pascale Amiot, « ‘Thieving perspectives’: Eavan Boland’s “Suburban Woman” poems », e-Rea. Revue électronique d’études sur le monde anglophone, no 6.1,‎ (ISSN 1638-1718, DOI 10.4000/erea.144, lire en ligne, consulté le )
  19. (en) « Launch of Poem "Our Future Will Become the Past of Other Women" | UN Photo », sur media.un.org, (consulté le )
  20. (en) Academy of American Poets, « Eavan Boland », sur poets.org (consulté le )
  21. (en) Andrew Walsh, « Trinity celebrates renaming library after poet Eavan Boland (but hasn't managed to put the sign up yet) », sur TheJournal.ie, (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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