Aller au contenu

En Bas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

En Bas
Auteur Leonora Carrington
Pays Royaume-Uni
Mexique
Genre Autobiographie
Version originale
Langue anglais
Titre Down Below
Version française
Traducteur Henri Parisot
Éditeur Fontaine
Collection L'Âge d'or
Date de parution 1945
Couverture Mario Prassinos

En Bas (Down Below) est un texte autobiographique de la peintre et femme de lettres britannique Leonora Carrington sur son internement en Espagne lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le récit commence en mai 1940, lorsque Max Ernst est arrêté pour la seconde fois, alors que Leonora Carrington et lui vivaient à Saint-Martin-d'Ardèche. Devant l'arrivée des Allemands, une amie britannique et son compagnon hongrois la poussent à les accompagner en Espagne. Ils traversent Andorre en voiture puis prennent le train de Barcelone à Madrid. Devant son comportement de plus en plus erratique et ses déclarations politiques dangereuses dans l'Espagne de Francisco Franco, le consul d'Angleterre contacte un médecin. Elle est alors emmenée dans une clinique psychiatrique à Santander, où elle est internée en août 1940. Elle est enfermée et plusieurs fois mise sous contention, et soumise à des traitements de convulsivothérapie par injection de Cardiazol. Au milieu de ces épreuves, elle souhaite aller dans un des pavillons de la clinique nommé En bas, où elle pense trouver un nouveau départ.

Dans un post-scriptum donné en interview à Marina Warner en 1987, Leonora Carrington raconte comment un cousin médecin parvient à lui rendre visite et à la faire sortir en intervenant auprès de l'ambassadeur. De retour à Madrid, sa famille, actionnaire d'une importante société industrielle, veut l'envoyer en Afrique du Sud par le Portugal. Elle échappe à la surveillance et gagne l'ambassade du Mexique à Lisbonne, où le poète Renato Leduc l'aide à partir pour l'Amérique.

Histoire de la publication

[modifier | modifier le code]

Leonora Carrington écrit d'abord son histoire en anglais à New York en 1942. Elle le propose à Janet Flanner qui ne souhaite pas le publier. Leonora Carrington perd son manuscrit, mais en arrivant à Mexico, elle rencontre le médecin ami des surréalistes Pierre Mabille, qui l'encourage à reconstituer son récit[1]. Elle dicte son texte en français à Jeanne Megnen, l'épouse de Pierre Mabille, qui est retraduit en anglais par Victor Llona et paraît dans le numéro 4 de la revue surréaliste newyorkaise VVV en février 1944[2]. Le texte est retraduit en français par Henri Parisot qui le publie dans sa maison d'édition, Fontaine, dans la collection L'Âge d'or, en 1945[3].

Un témoignage sur la psychiatrie

[modifier | modifier le code]

Martine Delvaux explique que « Si Leonora accepte de faire le récit de cette incursion dans la folie, c'est pour contrefaire le tort de la vision surréaliste qui ignore la douleur réelle qu'engendre un tel état. […] La narratrice, forte de son expérience, se présente comme le guide des lecteurs dans leur initiation à la « folie », qui eux apprennent […] à suivre les déambulations de l'héroïne afin de parvenir à une plus grande connaissance semblable à celle que cette dernière aura acquise. […] si le récit décrit une « descente dans la folie », un voyage de l'autre côté du miroir, la carte [dessinée par Carrington des lieux dans la clinique] présente l'univers « fou » comme un monde organisé, un pays qu'il vaut la peine de visiter. […] La transformation de l'espace réel en espace fictif, littéraire et visuel, constitue pour l'écrivaine le lieu d'une guérison narrative qui prend place grâce à la présence d'un interlocuteur[4] ».

Joanna Moorhead estime que « ses souvenirs révèlent la normalité au sein de la folie, et ils perturbent notre compréhension de ce que c'est qu'être fou[5] ».

En français

[modifier | modifier le code]
  • Leonora Carrington, En bas, Paris, Fontaine, coll. « L'Âge d'or », .
  • Leonora Carrington, En Bas : précédé d'une lettre à Henri Parisot, Éric Losfeld, coll. « Le Désordre », .
  • Leonora Carrington, En Bas : Annie Le Brun Dévoilé autant que possible, Le Vigan, L'Arachnoïde, coll. « Zakhor », (ISBN 978-2-919030-14-9).
  • Leonora Carrington, « En bas », dans L'Œuvre écrit II, Lyon, Fage éditions, (ISBN 978-2-84975-691-1), p. 97-141.
  • (en) Leonora Carrington, Down Below, Chicago, Black Swan Press, .
  • (en) Leonora Carrington, The House of Fear : Notes from Down below, New York et Londres, E. P. Dutton et Virago, .
  • (en) Leonora Carrington, Down Below, New York, New York Review Books, (ISBN 978-1-68137-061-3).

En espagnol

[modifier | modifier le code]
  • (en) Leonora Carrington, La Casa del Miedo : Memorias de abajo, Mexico et Madrid, siglo veintinuo editores, .

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Natalya Lusty, p. 343.
  2. (en) Leonora Carrington, Down Below, New York, New York Review Books, (ISBN 978-1-68137-061-3), p. 69.
  3. « Exemplaire d'En bas dans la collection d'André Breton », sur andrebreton.fr, sd (consulté le ).
  4. Martine Delvaux, Femmes psychiatrisées, Femmes rebelles, Les Empêcheurs de penser en rond, 1998, p. 202-210.
  5. Joanna Moorhead, The Surreal Life of Leonora Carrington, Virago, 2019, p. 126.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Martine Delvaux, « Un surréalisme affolant », dans Femmes psychiatrisées, Femmes rebelles, Les Empêcheurs de penser en rond, (ISBN 9782843240324).
  • (en) Natalya Lusty, « Surrealism's banging door », Textual Practice, vol. 17, no 2,‎ , p. 335-356 (lire en ligne, consulté le ).
  • Samuel Minne, « La Géographie onirique de Leonora Carrington », dans Françoise Dupeyron-Lafay et Arnaud Huftier, Poétique(s) de l'espace dans les oeuvres fantastiques et de science-fiction, Paris, Michel Houdiard, (lire en ligne), p. 171-187.
  • (es) Juncal Caballero Guiral, « Leonora Carrington y sus memorias. Una experiencia de violencia y locura », Arte y Políticas de identidad, vol. 6,‎ , p. 117-132 (lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Joanna Moorhead, The Surreal Life of Leonora Carrington, Londres, Virago, (ISBN 978-0-349-00879-0).
  • (en) Ana Carolina Magalhães Salvi, « Working through trauma and self-writing in Leonora Carrington’s Down Below », Artelogie, no 22,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

[modifier | modifier le code]