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Flower Demo

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Flower Demo (フラワーデモ, furawādemo?) est un mouvement social contre les crimes et violences sexuelles au Japon[1].

Pancartes lors de la Flower Demo de Tokyo du 11 novembre 2020.

En mars 2019, plusieurs tribunaux ont prononcé des acquittements dans quatre affaires de viols tout en reconnaissant les faits d'assauts et d'abus sexuels. Ces verdicts se basaient sur l'absence de traces de luttes sur les victimes[2]. En réaction, l'activiste et écrivaine Minori Kitahara lança un appel sur ses réseaux sociaux.

Le 11 avril 2019, 500 personnes, dont de nombreuses victimes, manifestent devant la Gare de Tokyo, autour du hashtag #WithYou[3]. Le même jour, une manifestation similaire à lieu à Osaka. De nombreuses participantes portaient des fleurs, ce qui donnera son nom au mouvement et en deviendra le symbole.

Le mois suivant, en plus des manifestations à Tokyo et Osaka, des manifestations coordonnées ont lieu à Fukuoka. Les manifestations se répètent alors tous les mois, souvent le 11. Elles s'étendent à Nagoya, Sendai et Sapporo[4]. Des manifestations similaires s'organisent également à Londres et à Barcelone.

En septembre 2019, la journaliste Shiori Ito, elle-même victime d'une agression sexuelle par un proche de Shinzō Abe, participe à la manifestation de Tokyo, dans les vêtements qu'elle portait lors de son agression et pris la parole disant « Je veux que les gens réalisent que peu importe les vêtements que porte quelqu'un, ça ne vaut pas consentement. »[5].

En février 2020, des Flower Demo ont lieu dans 40 des 47 préfectures japonaises[6]. Lors de la Journée Internationale des droits des Femmes du 8 mai 2020, des Flower Demo ont lieu dans 47 villes réparties dans 38 préfectures[7].

Du fait de la pandémie de coronavirus, les manifestations ont surtout eu lieu en ligne entre mai et aout 2020[8].

Modes d'action

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Les Flower Demo sont des manifestations pacifiques et des espaces de paroles et d'écoute, ouvertes aux femmes victimes de violences sexuelles[9].

En 2023, le parlement japonais vote l'amendement de la loi sur les crimes sexuels, retirant l'exigence de preuve de violence qui était jusque là un prérequis. Le nouveau texte reconnait également les cas d'emprises et d'abus de position dominante ainsi que les cas ou de l'alcool ou des drogues ont été consommés volontairement ou non par la victime[10]. Les parlementaires citent les Flower Demo comme motivation pour le vote unanime de l'amendement[11],[12].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. (en) « Editorial: Bold efforts needed to make Japan's new anti-sexual violence measures work », Mainichi Daily News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. (en) Tomohiro Osaki, « Fight against sexual abuse in Japan gains strength », sur The Japan Times, (consulté le )
  3. (ja) « フラワーデモの1年間、性暴力への抗議「まだ終われない」 これまでの軌跡、1冊の本に », 弁護士ドットコム,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (en) « With flowers and personal stories, Japan sexual abuse survivors seek reform », sur euronews, (consulté le )
  5. (en) « 'What one wears doesn't imply sexual consent': Japanese journalist tells demo », Mainichi Daily News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (ja) « 性暴力は都会だけ?「地元でもある」フラワーデモで訴え:朝日新聞デジタル », sur 朝日新聞デジタル,‎ (consulté le )
  7. (ja) « 性暴力被害、守る社会へ 12回目のフラワーデモ », sur 日本経済新聞,‎ (consulté le )
  8. (ja) « フラワーデモをオンライン開催/コロナ禍のもと性暴力増にノー/刑法改正求めて声あげ続けよう », sur www.jcp.or.jp (consulté le )
  9. (en) Junxiao Leng, « Collectivizing trauma: everyday experiences, empathy, and grassroots activism in Japan’s Flower Demonstration against sexual violence », Feminist Media Studies,‎ , p. 1–19 (ISSN 1468-0777 et 1471-5902, DOI 10.1080/14680777.2023.2297162, lire en ligne, consulté le )
  10. KYODO NEWS, « Japan enacts laws to reform sex offense charges, raise age of consent », sur Kyodo News+ (consulté le )
  11. (en) « Japan's "Flower Demo" Movement Prompts Change in Rape Law », sur The Fuller Project (consulté le )
  12. (en) Kelly Ng, « Japan redefines rape and raises age of consent in landmark move », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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