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Fort d'Altrip

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Fort romain d'Altrip
Alta Ripa
Plan du fort
Période d'activité
fin du IVe siècle au Ve siècle
Localité moderne
Unité présente
Milites Martensium
fœderati
Dimension du fort
0,5 ha
Province romaine
Statut de la localité
Coordonnées
Carte

Le fort d'Altrip est un ancien fort romain de l'Antiquité tardive dont le site archéologique se trouve sur le territoire d'Altrip (Rhénanie-Palatinat, en Allemagne[1],[2].

Ce fort faisait partie du dernier grand programme de renforcement et d'expansion du Limes Danube-Iller-Rhin sous Valentinien Ier et fut fondé dans la seconde moitié du IVe siècle. Alta Ripa est un bel exemple de fortifications valentiniennes de la dernière phase du limes rhénan. Avec deux burgus plus petits, il contrôlait la frontière impériale au confluent du Rhin et du Neckar.

Le fort appartenait à la province romaine de Germanie première et était bâti directement sur la rive gauche du Rhin et surveillait la région environnante et le confluent du Neckar et du Rhin, seul passage de franchissement.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le pasteur Georg Litzel mentionna dans une lettre la présence de murs romains sur le Rhin, près d'Altrip[3]. Les premières fouilles du site fortifié eurent lieu au XIXe siècle, sous la direction de Rudolf Harster (Société historique du Palatinat). Il ne put obtenir d'informations significatives sur l'étendue et la fonction précise de la fortification. Au XXe siècle, la région fut explorée par Eduard Anthes à partir de 1910, Gerhard Bersu, Friedrich Sprater, Robert et Ignaz Baumann respectivement en 1926/1927 et 1932, Günther Stein en 1961 et Helmut Bernhard en 1981[4].

Au début des années 1960, des travaux d'excavation pour le réseau d'égouts permirent de nouvelles investigations dans la zone fortifiée. Ils mirent notamment au jour des vestiges de bâtiments intérieurs, des fondations sur pilotis et des poteries anciennes. Il fut également possible de prouver l'existence d'un établissement romain (vicus) à cet endroit, antérieur même à la construction de la forteresse de l'Antiquité tardive. Les vestiges d'un sol pavé de briques, la découverte de tubuli (briques creuses), de piliers ou de dalles de briques, ainsi que d'enduits muraux peints, indiquaient la présence d'une villa rustica (domaine romain) ou d'un bâtiment appartenant à un vicus. Près de l'église paroissiale, le puits du fort, profond de plus de quatre mètres, a été découvert au milieu de la rue. Des fragments de bois datant de 1700 ans y ont été extraits et conservés. Par ailleurs, des vestiges de bâtiments et une nécropole de l'époque mérovingienne ont également été mis au jour. Lors des fouilles de 1981, Helmut Bernhard a également localisé la porte est du fort.

Description

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Reconstitution imagée du fort.

Le camp d'Altrip présente peu de points communs avec ses prédécesseurs du Moyen Empire. Le complexe, de forme trapézoïdale légèrement asymétrique, était flanqué de quatre tours d'angle polygonales et de deux tours de porte carrées à un seul portail, situées à l'ouest et à l'est, presque en vis-à-vis. Il couvrait une superficie d'environ 0,50 ha. La courtine mesurait 3,20 m de large et atteignait probablement _ m de haut. Elle était vraisemblablement dotée d'un chemin de ronde crénelé. Comme c'était courant à cette époque, elle intégrait des blocs de pierre réutilisés, appelés 'spolia, des pierres tombales ou des autels votifs ornés d'inscriptions et de représentations picturales. Le côté oriental de la fortification, face au Rhin, s'étendait sur 141 m. Le camp était en outre entouré sur trois côtés par des douves de 9 à 10 m de large, dont les parois étaient renforcées par des fascines. Un petit fossé de drainage était également creusé dans la risberme de 16 m de large[5].

Les casernes, probablement à plusieurs étages, destinées aux troupes, ainsi que les bâtiments de commandement et d'entrepôt, étaient construites directement contre l'arrière du mur d'enceinte.Des vestiges de système de chauffage par le sol et de peintures murales ont également été conservés. Les fortifications comprenaient également un embarcadère sur la rive du Rhin, dont les piliers de soutien ont été retrouvés[6].

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Références

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  1. (de) « Kastell Altrip », sur hgv-altrip.de
  2. (de) « Kastell Alta Ripa », sur regionalgeschichte.net.
  3. (de) Georg Litzel, Historische Nachricht von einem römischen Castell, welches bey Altrip mitten im Rhein im Jahr Christi 1750 gesehen worden. Speyer 1756.
  4. (de) Günter Stein, Das spätrömische Kastell Altrip: neue Grabungsergebnisse. Vortragsprotokoll. Karlsruhe 1970.
  5. (de) Sigmar von Schnurbein, Heinz-Jürgen Köhler, Der neue Plan des valentinianischen Kastells Alta Ripa, in Bericht der Römisch-Germanischen Kommission. Band 70, 1989, p. 507–526.
  6. (de) Britta Rappold, Spätrömische Befestigungen im Neckarmündungsgebiet in Badisches Landesmuseum Karlsruhe, Imperium Romanum, Römer, Christen, Alamannen – Die Spätantike am Oberrhein. Verlag Theiss, Stuttgart, 2005, p. 194–197.

Articles connexes

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Liens externes

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