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Frank Gehry

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Frank Gehry
Frank Gehry en 2010.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Frank Owen Goldberg
Nationalités
canadienne (jusqu'en )
américaine (à partir de )
canadienne (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
USC School of Architecture (en) (Baccalauréat en architecture (en)) (jusqu'en )
Harvard Graduate School of Design
Bloor Collegiate Institute (en)
Université de Californie du Sud (Baccalauréat en architecture (en))
Université Harvard
Institut collégial Harbord (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Père
Gehry (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Propriétaire de
Membre de
Mouvement
Partenaire
Alberto Zorzi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions
Prix Pritzker ()
Prix Princesse des Asturies pour les arts ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Œuvres principales

Frank Owen Gehry, né Frank Owen Goldberg le à Toronto (Ontario) et mort le à Santa Monica (Californie), est un architecte américano-canadien, figure emblématique du déconstructivisme et du post-structuralisme.

Professeur d'architecture à l'université Yale, il fait partie des mouvements du déconstructivisme et du post-structuralisme. Prix Pritzker en 1989, il est mondialement reconnu pour avoir révolutionné l'esthétique urbaine en introduisant des formes organiques, fluides et métalliques, rendues possibles par l'usage pionnier de logiciels issus de l'aéronautique. Ses constructions sont généralement remarquées pour leur aspect original et « tordu » ; il conçoit des formes de proportions vastes et mouvantes.

Ses nombreuses créations, y compris sa propre résidence, sont devenues des attractions touristiques au niveau mondial, générant ce que l'on appelle l'« Effet Bilbao » (la capacité d'un bâtiment iconique à redynamiser l'économie d'une ville)[1]. Ses œuvres sont citées parmi celles les plus importantes de l'architecture contemporaine dans le Sondage mondial sur l'architecture. L’architecte lui-même, selon le magazine Vanity Fair, a été étiqueté comme l'« architecte le plus important de notre époque ».

Les œuvres les plus connues de Frank Gehry comportent le musée Guggenheim de Bilbao en Espagne, le Ray and Maria Stata Center à Cambridge, le Walt Disney Concert Hall en centre-ville de Los Angeles, le Museum of Pop Culture connu sous le nom de l'Experience Music Project de Seattle, le Weisman Art Museum à Minneapolis, la Maison dansante du centre de Prague, le Vitra Design Museum près de Bâle, le Musée des beaux-arts de l'Ontario à Toronto, le 8 Spruce Street à New York, la Cinémathèque française à Paris, la fondation d'entreprise Louis-Vuitton à Paris. Cependant, c'est sa résidence privée, le Gehry Residence à Santa Monica, qui a lancé sa carrière en tant qu'architecte qui ne travaille pas seulement la conception mais aussi la réalisation.

Le père de Frank Gehry est Irving Owen Goldberg, né à Brooklyn, issu de parents juifs russes et travaillant dans le commerce de matériaux. Sa mère, Sadie Thelma Caplanski, est juive polonaise née à Łódź et a émigré pour fuir les pogroms.

Son père s'est installé à Toronto après avoir vécu une enfance misérable à New York où il exerça un certain nombre de métiers. Il se marie en 1926 au Canada[2]. Cette filiation nourrit la sensibilité du personnage. Enfant , Frank passe ses samedis dans la quincaillerie de son grand-père, où il construit des villes imaginaires avec des rebuts industriels (copeaux de bois, tuyaux, grillage). Ce goùt précoce pour les matériauc « pauvres » et bruts deviendra sa signature architecturale. Une autre influence majeure vient de sa grand-mère : chaque jeudi, elle achetait une carpe vivante (Gefilte fish) qu'elle gardait dans la baignoire familiale pour le Sabbat. Fasciné par la fluidité et les écailles de l'animal, Gehry fera plus tard du « motif du poisson » l'origine des formes courbes de ses bâtiment. Le jeune Frank déménage durant son adolescence à Timmins en Ontario où ses camarades d'école le surnomment « Fish » (poisson).

Il étudie le Talmud avec son grand-père pendant son enfance. Sa mère l'emmène au concert au Massey Hall et dans les musées. C'est toutefois un élève peu brillant et timide. Il est complexé par ses origines modestes. Mais il lit beaucoup, Shakespeare, Tennyson et Conrad notamment, et découvre la musique classique et le jazz grâce à son ami Ross Honsberger qui deviendra un grand mathématicien[2].

En 1947, il déménage avec sa famille à Los Angeles où, pour gagner sa vie et aider ses parents aux revenus toujours aussi modestes, il répare des montres et des bijoux et lave des avions[2].

Lors de ses études à Toronto, l'ingénierie et le génie chimique sont ses domaines de prédilection.

Il connaît son premier contact avec l'architecture lors d'une conférence donnée par l'architecte finlandais Alvar Aalto[2].

Il commence par suivre des cours du soir au Los Angeles City College et est initié à l'architecture dans un cabinet où il acquiert des connaissances de base. Parallèlement, il étudie à l'université sans grand succès, hormis de bonnes notes en dessin[2].

Encouragé par Glen Lukens, il intègre l'université du Sud de la Californie (USC) à Los Angeles en 1949 et obtient son diplôme d'architecte en 1954. Il change son nom de Frank Owen Goldberg pour celui de Frank Owen Gehry en 1954, sous la pression de sa première femme Anita Snyder, pour échapper à l'antisémitisme ambiant. Après une courte incursion à la Harvard Graduate School of Design de l'université Harvard en 1956-57 où il s'initie à l'urbanisme[2], il abandonne le cursus avant la fin, jugeant l'enseignement trop rigide et pas assez artistique. il commence un immense voyage d’études, notamment à Paris chez André Remondet.

Fraîchement diplômé d'architecture de l'université de Los Angeles, Frank Gehry côtoie peintres et sculpteurs et découvre la culture européenne (des églises romanes à Le Corbusier), qu'il oppose à une « architecture californienne » sans respect pour l'environnement. Des années plus tard, il résumera : « J'étais un progressiste[N 1] engagé et j'aimais l'art, et ces deux faits réunis ont fait de moi un architecte[3]. »

Il travaille dans de nombreuses agences, celle de Welton Becket & Associates (1957-58) et Victor Gruen (concepteur de grands centres commerciaux, en 1958-61) à Los Angeles ainsi que chez André Remondet (1961) à Paris. Puis il a créé son agence, la « Frank O. Gehry and Associates Inc. » à Los Angeles en 1962. Il connaît un premier succès commercial inattendu grâce au design de mobilier, avec sa série « Easy Edges » (1969-1973), des chaises fabriquées en carton ondulé compacté. Le véritable tournant de sa carrière a lieu en 1978 avec la rénovation de sa propre résidence à Santa Monica. Il « explose » le pavillon traditionnel existant en l'enveloppant de matériaux bruts (tôle ondulée, grillage à poule, verre), créant le manifeste du Déconstructivisme. Dans les années 1990, il révolutionne la profesion en adaptant le logiciel CATIA (conçu par Dassault Aviation pour l'aéronautique) à l'architecture, ce qui lui permet de calculer les structures omplexes du Musée Guggenheim de Bilbao.

Sydney Pollack réalise le film Esquisses de Frank Gehry en 2005.

Il conçoit les décors de l'opéra Iphigenia de Wayne Shorter et Esperanza Spalding. Sa maison accueille le travail de conception de l'œuvre pendant la pandémie de Covid-19[4],[5].

Vie privée et mort

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Citoyen naturalisé des États-Unis, Frank Gehry conserve également la citoyenneté canadienne. Il réside à Santa Monica en Californie et exerce de Los Angeles. Ayant grandi au Canada, il est un passionné de hockey sur glace et a fondé dans son bureau une ligue interne nommée « FOG » (pour Frank Owen Gehry). En 2004, il dessine le trophée de la Coupe du monde de hockey.

En 1952, Frank Gehry épouse Anita Snyder ; le couple divorce en 1966. En 1975, il épouse Berta Isabel Aguilera.

On lui connaît parfois un « mauvais caractère ». En , lors d'un déplacement à Oviedo pour recevoir le prix Prince des Asturies, il fait l'objet d'un large retentissement médiatique — tant positif que négatif — après avoir adressé un geste obscène à un journaliste l'accusant d'être un architecte « showy » (ostentatoire, voyant, appuyé).

Il est membre du California Yacht Club à Marina del Rey et aime naviguer sur son yacht à coque en fibre de verre, nommé « Foggy ».

Frank Gehry meurt d'une brève maladie respiratoire à son domicile de Santa Monica le à l'âge de 96 ans[6],[7],[8].

Prix et récompenses

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Reconnaissances

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Dans la culture populaire

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Frank Gehry est représenté dans Les Simpson, saison 16, épisode 14, Le Bon, les Brutes et la Balance[11]. Il construit un opéra pour Springfield en s'inspirant d'une boule de papier chiffonnée, qui fait immédiatement faillite et est transformé en prison.

Principales réalisations

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Photographies d’œuvres

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Notes et références

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  1. liberal dans le texte.

Références

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  1. Julie Lacaze, « « L'effet Bilbao » : les stars de l'architecture au secours des villes en déclin », sur nationalgeographic.fr, (consulté le ).
  2. a b c d e et f Myriam Anissimov, Daniel Barenboïm, de la musique avant toute chose, Paris, Tallandier, , 395 p. (ISBN 979-10-210-2231-7), p. 339 et suivantes, La Boulez Saal et l'académie Saïd-Barenboïm.
  3. Alexandra Mara, « Frank Gehry, voyage tordu aux quatre coins du monde », sur Methods Studio, (consulté le )
  4. (en) Larry Blumenfeld, « How Jazz Titans Wayne Shorter and Esperanza Spalding Reinvented a Greek Tragedy », sur The Daily Beast, (consulté le ).
  5. (en) Giovanni Russonello, « How Esperanza Spalding and Wayne Shorter Realized His Dream: an Opera », The New York Times,‎ , section AR, page 21 (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Frank Gehry, l’un des plus célèbres architectes du monde contemporain, est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « Frank Gehry, architecte américano-canadien de renommée mondiale, est mort », sur RFI, (consulté le )
  8. (en) « American architect Frank Gehry dies at 96 », sur Reuters, (consulté le ).
  9. « Frank Gehry, Lorne Michaels, Diana Ross honoured with U.S. Presidential Medal of Freedom », cbc.ca, 22 novembre 2016.
  10. Rétrospective Frank Gehry - Centre Pompidou, centrepompidou.fr.
  11. « Gehry plein phare à Arles, tout le monde n’est pas ébloui », sur Chroniques d‘architecture, (consulté le )
  12. Photo au Vitra Design Museum.
  13. Photo à l'American Center de Bercy.
  14. Visite virtuelle de l'American Center de Bercy.
  15. Photo de la Maison dansante sur Commons.
  16. Photos du Musée Guggenheim de Bilbao.
  17. Photos de l'Université de Cincinnati.
  18. Photos du Peter B. Lewis Building.
  19. Photos du Maggie's Center.
  20. Photos du musée Marta.
  21. IAC building.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

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  • Digital Project, logiciel CAO édité par la société américaine Gehry Technologies, société informatique détenue par Frank Gehry.

Bibliographie

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Ouvrages
Articles
  • Valéry Didelon, « Tribulations du 51 rue de Bercy : première œuvre de Frank O. Gehry à Paris », Criticat, no 1,‎
  • Catherine Seron, « La cinémathèque s'installe dans les murs de Frank O. Gehry », AMC le Moniteur architecture, no 154,‎ , p. 30-32
  • Florence Michel, « Frank Gehry en Europe », Architecture Intérieure Créée, no 260,‎ , p. 72-75
  • Chantal Beret, « Frank Gehry : l'organisation du désordre », art press,‎ , p. 38-39
  • Olivier Boissière, « L'art et Frank Gehry », Les Cahiers du CCI, éditions du Centre Pompidou, no 3 « Monuments éphémères: BD, mode, théâtre, lumière... et architecture »,‎ , p. 21-24
  • Giovanni Lista, « Boccioni et Gehry à Bilbao », dans Ligeia, dossiers sur l’art, no 33-34-35-36, -, Paris
  • Éric Valentin, « Frank Owen Gehry: les métamorphoses de l'impensable », in Recherches en esthétique, no 16, 2010.

Liens externes

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