Fusobacterium
| Domaine | Bacteria |
|---|---|
| Règne | Fusobacteriati |
| Phylum | Fusobacteriota |
| Classe | Fusobacteriia |
| Ordre | Fusobacteriales |
| Famille | Fusobacteriaceae |
- Zandiella Fatahi-Bafghi 2024
Fusobacterium est un genre de bacilles Gram négatifs anaérobies stricts de la famille des Fusobacteriaceae. Plusieurs espèces sont responsables de maladies humaines, y compris les maladies parodontales, le syndrome de Lemierre ou des ulcères cutanés tropicaux et au développement du cancer colorectal[1],[2],[3]. Bien que plusieurs ressources ont déclaré le Fusobacterium comme un phénomène courant dans l'oropharynx de l'Homme, le consensus actuel est de toujours considérer Fusobacterium comme un agent pathogène[4].
Les Fusobacteria ont un puissant LPS[réf. nécessaire].
Description
[modifier | modifier le code]Les Fusobacterium sont des bactéries gram-négatives anaérobies capables d'avoir des formes allant de sphériques à bacillaires[5].
Pathogénicité
[modifier | modifier le code]Les Fusobacterium sont considérés comme des agents pathogènes. Ce sont des bactéries qui sont considérées comme oncogènes car fréquemment associées à certains types de cancer, notamment de l'axe digestif comme le cancer colorectal dont elle est capable de promouvoir la progression de même que pour des cancers du pancréas, de l'oesophage, et gastriques[6]. Elles peuvent être responsables de pharyngites[7], de parodonties, d'appendicites, d'infections urinaires, d'endocardites, d'ostéomyélites ou encore d'abcès[8]. Elles pourraient aussi être associées à certaines maladies inflammatoires de l'intestin[8].
Espèces remarquables
[modifier | modifier le code]F. necrophorum
[modifier | modifier le code]Fusobacterium necrophorum est l'espèce de Fusobacterium responsable du syndrome de Lemierre, et semble être responsable de 10 % des maux de gorge aigus[4] et 21 % des maux de gorge récurrents[9],[10], le reste étant causé par des streptocoques du groupe A ou des virus.
D'autres complications de F. necrophorum sont la méningite, compliquée par une thrombose des veines cérébrales[11], et l'infection des voies urogénitales et des voies gastro-intestinales[12].
Les infections de F. necrophorum répondent généralement à un traitement à la pénicilline ou le métronidazole ou à la clindamycine. Cette bactérie est également considérée comme la cause du pied muguet, une maladie des chevaux.
F. necrophorum est également cause de boiterie chez les ovins. L'infection est communément appelé piétin, et peut durer plusieurs années sur certaines terres. En raison de sa durée de survie dans ces domaines, il est irréaliste d'essayer de l'enlever. Il infecte le plus souvent les moutons à cause de la faiblesse de leur peau. Cela peut se produire en raison d'une attente prolongée dans des sols humides ou sablonneux, qui se traduit par la dénaturation de la peau entre les tasseaux[13].
F. nucleatum
[modifier | modifier le code]Fusobacterium nucleatum est une bactérie orale, étrangère à la cavité buccale de l'Homme, qui joue un rôle dans la maladie parodontale. Cet organisme est généralement récupéré de différentes infections mixte aux humains et aux animaux. C'est un élément clé de la plaque parodontale en raison de son abondance et sa capacité à s'associer avec d'autres espèces dans la cavité buccale[14].
F. polymorphum
[modifier | modifier le code]Fusobacterium polymorphum (désormais une sous-espèce de F. nucleatum) est une bactérie qui a été isolée dans la crevasse gingivale de l'Homme, et a été impliquée dans l'immunopathologie des maladies parodontales. Elle a également été isolée chez les cobayes dans des études de recherche[15].
Liste d'espèces
[modifier | modifier le code]Selon LPSN (31 janvier 2026)[16], les espèces valides sont les suivantes :
- Fusobacterium canifelinum corrig. Conrads et al. 2004
- Fusobacterium gastrosuis De Witte et al. 2017
- Fusobacterium gonidiaformans (Tunnicliff & Jackson 1925) Moore & Holdeman 1970
- Fusobacterium hominis Liu et al. 2022
- Fusobacterium mortiferum (Harris 1901) Moore & Holdeman 1970
- Fusobacterium naviforme (Jungano 1909) Moore & Holdeman 1970
- Fusobacterium necrogenes (Weinberg et al. 1937) Moore & Holdeman 1970
- Fusobacterium necrophorum (Flügge 1886) Moore & Holdeman 1969
- Fusobacterium nucleatum Knorr 1922
- Fusobacterium perfoetens (Tissier 1905) Moore & Holdeman 1973
- Fusobacterium periodonticum Slots et al. 1984
- Fusobacterium russii (Hauduroy et al. 1937) Moore & Holdeman 1970
- Fusobacterium simiae Slots & Potts 1982
- Fusobacterium ulcerans Adriaans & Shah 1988
- Fusobacterium varium (Eggerth & Gagnon 1933) Moore & Holdeman 1969
- Fusobacterium watanabei Tomida et al. 2021
Espèces aux noms non-validés
[modifier | modifier le code]Certaines espèces ne sont pas formellement reconnues valides selon la LPSN (31 janvier 2026)[16], c'est le cas de ces espèces dont le nom est le nom préféré mais non valide :
- "Fusobacterium aquatile" (Prévot 1938) Moore & Holdeman 1973
- "Fusobacterium hwasookii" Cho et al. 2015
- "Fusobacterium massiliense" Mailhe et al. 2017
- "Fusobacterium paranimalis" Sivertsen et al. 2025
- "Fusobacterium pseudoperiodonticum" Park et al. 2019
- "Candidatus Fusobacterium pullicola" Gilroy et al. 2021 (son nom est classé pro-correct name et non "nom préféré")
- "Fusobacterium symbiosum" Foglesong and Markovetz 1974
Espèces synonymisées
[modifier | modifier le code]Selon la LPSN (31 janvier 2026)[16], plusieurs espèces ont été synonymisées :
- Fusobacterium alocis (Cato et al. 1985) est devenue Filifactor alocis (Cato et al. 1985) Jalava and Eerola 1999
- Fusobacterium animalis (Gharbia & Shah 1992) Kook et al. 2022 est synonymisée avec l'espèce Fusobacterium nucleatum
- Fusobacterium canium Conrads et al. 2004 dont le nom a été rectifié en Fusobacterium canifelinum
- Fusobacterium equinum Dorsch et al. 2001 est synonymisée avec une autre espèce de Fusobacterium, l'espèce Fusobacterium gonidiaformans
- "Fusobacterium fusiforme" (Veillon and Zuber 1898) Hoffman 1957 est synonymisée avec l'espèce Fusobacterium nucleatum
- Fusobacterium plauti Séguin 1928 (Approved Lists 1980) dont le nom a été corrigé en Fusobacterium plautii puis synonymisé avec Flavonifractor plautii (Séguin 1928) Carlier et al. 2010
- "Fusobacterium polymorphum" Knorr 1922, dont le nom a été publié de manière non valide, a vu ses auteurs modifiés une fois publié de manière valide en Fusobacterium polymorphum (Dzink et al. 1990 ex Knorr 1922) Kook et al. 2022 puis synonymisé en Fusobacterium nucleatum subsp. polymorphum (ex Knorr 1922) Dzink et al. 1990
- Fusobacterium polysaccharolyticum van Gylswyk 1981 est placée dans le genre Clostridium sous le nom de Clostridium polysaccharolyticum (van Gylswyk 1981) van Gylswyk et al. 1983
- "Fusobacterium praeacutum" (Tissier 1908) Hoffman 1957 est devenue Tissierella praeacuta (Tissier 1908) Collins & Shah 1986
- Fusobacterium prausnitzii (Hauduroy et al. 1937) Moore & Holdeman 1970 (Approved Lists 1980) est devenue Faecalibacterium prausnitzii (Hauduroy et al. 1937) Duncan et al. 2002
- Fusobacterium pseudonecrophorum (ex Prévot 1940) Shinjo et al. 1990 est restée dans les Fusobacterium en étant synonymisée avec Fusobacterium varium
- Fusobacterium sulci Cato et al. 1985 est déplacée dans le genre Eubacterium avec un nouveau nom Eubacterium sulci (Cato et al. 1985) Jalava & Eerola 1999
- Fusobacterium vincentii (Dzink et al. 1990 ex Knorr 1922) Kook et al. 2022 a été synonymisé en Fusobacterium nucleatum
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Fusobacterium Knorr 1922[16].
L'espèce type est Fusobacterium nucleatum Knorr 1922[16].
Étymologie
[modifier | modifier le code]L'étymologie du nom de genre est la suivante : Fu.so.bac.te’ri.um. L. masc. n. fusus, une broche; N.L. neut. n. bacterium, un petit bacille; N.L. neut. n. Fusobacterium, un petit bacille en forme de broche[16].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68254.htm.
- ↑ http://www.cell.com/cell-host-microbe/abstract/S1931-3128%2813%2900255-2.
- ↑ (en) Yiping W. Han, « Fusobacterium nucleatum Promotes Colorectal Carcinogenesis by Modulating E-Cadherin/β-Catenin Signaling via its FadA Adhesin », Cell Host & Microbe, vol. 14, no 2, , p. 195–206 (ISSN 1931-3128, DOI 10.1016/j.chom.2013.07.012, lire en ligne, consulté le ).
- (en) S. H. Aliyu, R. K. Marriott, M. D. Curran et al., « Real-time PCR investigation into the importance of Fusobacterium necrophorum as a cause of acute pharyngitis in general practice », J. Med. Microbiol., vol. 53, , p. 1029–35 (PMID 15358827, DOI 10.1099/jmm.0.45648-0).
- ↑ Li et al. 2025, p. 2.
- ↑ Li et al. 2025, p. 3.
- ↑ Damien Coulomb, « Les Fusobacterium, l’autre bactérie responsable des pharyngites bactérienne du jeune adulte », Le quotidien du médecin, (lire en ligne, consulté le )
- Li et al. 2025, p. 8.
- ↑ (en) A. Batty, M. W. Wren, « Prevalence of Fusobacterium necrophorum and other upper respiratory tract pathogens isolated from throat swabs », Br. J. Biomed. Sci., vol. 62, no 2, , p. 66–70 (PMID 15997879).
- ↑ (en) A. Batty, M. W. Wren, M. Gal, « Fusobacterium necrophorum as the cause of recurrent sore throat: comparison of isolates from persistent sore throat syndrome and Lemierre's disease », J. Infect., vol. 51, no 4, , p. 299–306 (PMID 16051369, DOI 10.1016/j.jinf.2004.09.013).
- ↑ (en) P. D. Larsen, S. A. Chartrand, M. Adickes, « Fusobacterium necrophorum meningitis associated with cerebral vessel thrombosis », Pediatr. Infect. Dis. J., vol. 16, no 3, , p. 330–331 (PMID 9076827, DOI 10.1097/00006454-199703000-00017).
- ↑ (en) L. Hagelskjaer Kristensen, J. Prag, « Human necrobacillosis, with emphasis on Lemierre's syndrome », Clin. Infect. Dis., vol. 31, no 2, , p. 524–532 (PMID 10987717, DOI 10.1086/313970).
- ↑ http://www.defra.gov.uk/animalh/welfare/pdf/sheeplameness.pdf.
- ↑ (en) V. Kapatral et al., « Genome sequence and analysis of the oral bacterium Fusobacterium nucleatum strain ATCC 25586 », J. Bacteriol., vol. 184, no 7, , p. 2005–2018 (PMID 11889109, DOI 10.1128/JB.184.7.2005-2018.2002).
- ↑ (en) Hawley CE, Falker Jr. WA., « Anticomplementary activity of Fusobacterium polymorphum in normal and C4-deficient sources of guinea pig complement. », Infect Immun, vol. 18, no 1, , p. 124–129.
- List of Prokaryotic names with Standing in Nomenclature (LPSN), consulté le 31 janvier 2026.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Publication originale (de) M. Knorr, « Über die fusospirillare Symbiose, die Gattung Fusobacterium (K.B. Lehmann) und Spirillum sputigenum. Zugleich ein Beitrag zur Bakteriologie der Mundhöhle. II. Mitteilung. Die Gattung Fusobacterium. », Zentralblatt für Bakteriologie, Parasitenkunde, Infektionskrankheiten und Hygiene,, vol. I, no 89, , p. 4-22.
- Anaerobic Gram-Negative Bacilli Chapitre en microbiologie médicale (sur le site NCBI).
- Zhengrui Li, « Fusobacterium in the microbiome: from health to disease across the oral–gut axis and beyond. », npj Biofilms Microbiomes, vol. 11, no 200, (DOI 10.1038/s41522-025-00838-z)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Animal Diversity Web : Fusobacterium (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Fusobacterium Knorr, 1922 (Approved Lists 1980) (consulté le )
- (fr + en) EOL : Fusobacterium (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Fusobacterium Knorr, 1922 (consulté le )
- (en) IRMNG : Fusobacterium Knorr 1922 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Fusobacterium Knorr, 1922 (consulté le )
- (en) LPSN : Fusobacterium Knorr 1922 (consulté le )
- (en) NCBI : Fusobacterium (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Fusobacterium (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Fusobacterium Knorr 1922 (Approved Lists 1980) (consulté le )
- (en) WoRMS : Fusobacterium Knorr, 1922 (+ liste espèces) (consulté le )