Génépi noir
Artemisia genipi
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Sous-classe | Asteridae |
| Ordre | Asterales |
| Famille | Asteraceae |
| Genre | Artemisia |
Le génépi noir (Artemisia genipi) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Astéracées. Plante aromatique emblématique des milieux alpins, elle se distingue par son parfum rappelant l’absinthe et par ses usages traditionnels dans la médecine populaire et la fabrication des liqueurs de génépi.
Taxonomie et nomenclature
[modifier | modifier le code]L’espèce a été décrite formellement en 1775 par le botaniste Georg Heinrich Weber. Elle est également connue sous le synonyme de Artemisia spicata Wulfen.
Au XIXe siècle, certaines populations alpines ont été désignées sous le nom de Artemisia murithii en hommage au chanoine et naturaliste suisse Laurent-Joseph Murith (1742–1816), pionnier de l’exploration botanique du canton du Valais. Bien que Murith ait inventorié cette plante dès 1810 dans son ouvrage Le Guide du botaniste qui voyage dans le Valais[1], la dénomination A. murithii est aujourd'hui considérée comme un synonyme historique de Artemisia genipi[2].
Description morphologique
[modifier | modifier le code]Artemisia genipi est une plante herbacée vivace de petite taille (5 à 15 cm), formant des touffes compactes ou "coussinets".
- **Feuilles :** Elles sont profondément découpées (2-3 fois trifurquées) et présentent un aspect blanco-tomentoso (couvert d'un duvet blanc laineux) qui protège la plante contre le rayonnement UV intense et la dessiccation en altitude.
- **Fleurs :** Les capitules sont d'un jaune d'or éclatant, de forme ovoïde ou globuleuse (5-8 mm de large). Ils sont regroupés en épis denses au sommet de tiges simples.
- **Involucre :** Les écailles du calice sont généralement bordées de noir, ce qui lui vaut son nom de « génépi noir »[3].
Habitat et répartition
[modifier | modifier le code]L’espèce est strictement alpine et croît entre 1 500 et 3 800 m d’altitude. Elle est une plante de milieux extrêmes, se développant dans les fentes des rochers, les éboulis et les moraines glaciaires (plante rupicole). Sa distribution couvre les Alpes occidentales et centrales (France, Suisse, Italie, Autriche et Slovénie).
Usages traditionnels
[modifier | modifier le code]Traditionnellement, les montagnards utilisaient la plante entière (fleurs et racines) récoltée en été.
- **Médecine populaire :** Utilisée en infusion ou macération contre les affections respiratoires (bronchite, pneumonie) et pour ses propriétés toniques et antispasmodiques.
- **Mal des montagnes :** Dans les régions alpines italiennes et suisses, elle est macérée dans de la Grappa pour produire un digestif censé combattre les effets de l'altitude (mal de montagne)[4].
- **Liqueur :** C'est l'un des ingrédients nobles de la liqueur de Génépi.
Toxicité et réglementation
[modifier | modifier le code]La plante contient de l'absinthine (principe amer) et des quantités variables de thuyone. La recherche moderne a relativisé la toxicité de la thuyone aux doses d'usage, mais la réglementation européenne fixe une limite maximale de 35 mg/l pour les liqueurs préparées à base d'armoises[4].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Laurent-Joseph Murith, « Le guide du botaniste qui voyage dans le Valais », sur e-rara.ch, (consulté le )
- ↑ « Artemisia murithii », sur International Plant Names Index (consulté le )
- ↑ Andrea Moro, « Artemisia genipi Weber », sur Dryades Project - University of Trieste (consulté le )
- Sandro Pignatti, Flora d'Italia, Edagricole.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- **Murith, Laurent-Joseph** (1810). Le Guide du botaniste qui voyage dans le Valais. Lausanne. Henri Vincent.
- **Pignatti, Sandro** (1982). Flora d'Italia. Edagricole.
- **Nicollier, F. & Nicollier, G.** (1984). « Les plantes dans la vie quotidienne à Bagnes ». Bulletin de la Murithienne, no 102.