Gemplus
| Gemplus | |
| Création | [1] |
|---|---|
| Disparition | |
| Forme juridique | Société anonyme à conseil d'administration (s.a.i.) (d) |
| Action | NASDAQ (GEM) |
| Siège social | Gémenos, Bouches-du-Rhône |
| Actionnaires | |
| Activité | Fabrication de cartes électroniques assemblées (d) |
| Produits | Logiciel[3] et carte à puce |
| SIREN | 349711200 |
| TVA européenne | FR42349711200 |
| Chiffre d'affaires | |
| Résultat net | |
| Société suivante | Gemalto |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Gemplus[5] était une entreprise française de fabrication de carte à puce fondée en 1989 et active jusqu'à son rachat par Axalto le pour former le groupe franco-néerlandais Gemalto.
L'entreprise, numéro un mondial de la carte à puce devant SchlumbergerSema (depuis acquis par Atos), Oberthur Card Systems (actuel Idemia) et Giesecke+Devrient est victime d'un espionnage industriel puis d'une prise de contrôle par les services de renseignement américains. Elle est considérée comme un véritable cas d'école en matière de guerre économique moderne et d’intelligence économique.
Histoire
[modifier | modifier le code]Débuts
[modifier | modifier le code]En 1988, cinq ingénieurs français — dont Marc Lassus, futur directeur de Gemplus, Daniel Legal, Philippe Maes, Jean-Pierre Gloton, Gilles Lisimaque — quittent Thomson-CSF pour se lancer dans le commerce de la carte à puce. Grâce à 100 millions de Francs d'aides publiques et d'importantes commandes de France Télécom pour ses télécartes, ils fondent l'entreprise Gemplus Card International qui connaît une forte croissance (40 % par an)[6].
En 1996, Gemplus développe le premier lecteur portable de cartes, capable de traiter des données à partir d'une matrice de diodes associée à une optique, fabriquée par Motorola, et du système d'exploitation Oros[7].
Le savoir-faire en cryptographie et en sécurité de l'information de l'entreprise, en particulier celui permettant sécuriser les communications GSM et attaquer des cartes à puce (la division de recherche avancée conduite par David Naccache) intéresse grandement les services de renseignement américains et particulièrement la National Security Agency (NSA)[8],[9].
Prise de contrôle par TPG et les services de renseignement américains
[modifier | modifier le code]En 2000, Marc Lassus accepte l'entrée de Texas Pacific Group (TPG) au capital de l'entreprise à hauteur de 26 %, pour 550 millions de dollars. Il pense alors que TPG allait l'aider à conquérir le marché américain et à entrer en bourse. Ce fonds de placement américain avait auparavant été refusé deux fois par le directeur général de Gemplus, Daniel Le Gal. TPG obtient en échange le droit de nommer la majorité des membres du conseil d'administration et de transférer le siège de l'entreprise au Luxembourg, la société change de dénomination sociale pour Gemplus international[10].
Progressivement, la plupart des fondateurs historiques de Gemplus quittent l'entreprise[6].
En , alors que les plans sociaux se succèdent et qu'une guerre entre les actionnaires historiques et TPG a lieu depuis plusieurs mois, le conseil d'administration nomme à sa tête Alex J. Mandl, administrateur de In-Q-Tel, le fonds de capital-risque créé par la Central Intelligence Agency (CIA), confirmant la volonté de l'agence américaine de contrôler la cryptologie (brevets, transfert de technologie) mise en œuvre dans les cartes à puces[11].
Le , Marc Lassus, ancien président fondateur, démissionne du conseil d'administration, de même que son allié Ziad Takieddine. Cette annonce intervient juste avant un vote de l'assemblée générale extraordinaire du groupe. La direction demandait la révocation des deux administrateurs, accusant Marc Lassus de ne pouvoir rembourser un prêt de 78 millions d'euros de stock-options accordé par la société lors de sa mise en bourse, et reprochant à Takieddine d'avoir critiqué des décisions prises au sein du conseil[12]. Ces démissions sont en fait une manœuvre d'In-Q-Tel pour évincer les fondateurs[11].
Fusion avec Axalto et disparition
[modifier | modifier le code]En 2006, Gemplus international fusionne avec Axalto pour former le groupe Gemalto[13].
En 2009, l’État français rachète 8 % de Gemalto via le Fonds stratégique d'investissement, devenant l'actionnaire principal du groupe. Entre temps, les Américains bénéficient des technologies de cryptologie de la carte à puce, comme en témoigne le fait que TPG a revendu ses actions l'année suivante[14].
Métiers
[modifier | modifier le code]En 2005, leader mondial des cartes à puce, leader des cartes SIM pour le GSM (55 % du chiffre d'affaires).
Données boursières
[modifier | modifier le code]- Actions cotées à la bourse de Paris
- Membre de l'indice CAC Mid 100
- Code Valeur ISIN = LU0121706294
- Valeur nominale = Euro
- Actionnaires principaux : (2005) : flottant 38,9 %, Texas Pacific Group 26,2 %, famille Quandt 19,0 %, famille Dassault 5,4 %, General Electric 4,0 %, Raiffaisen Centrobank 3,7 %, Brunei Investment Agency 2,6 %, autocontrôle 0,2 %.
Directions
[modifier | modifier le code]- Jacques Seneca (2006 à 2008)
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
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Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Pappers (base de données).
- ↑ https://www.finextra.com/pressarticle/9701/axalto-and-gemplus-complete-merger-renamed-gemalto
- ↑ National Software Reference Library (projet).
- ↑ https://www.infogreffe.fr/entreprise-societe/349711200-gemplus-130389B003410000.html
- ↑ À l'origine Gem, du nom du Parc d'activités de Gémenos, zone d'entreprises défiscalisée dans la banlieue marseillaise où s'est implantée l'entreprise.
- Nicolas Moinet, Les batailles secrètes de la science et de la technologie, Gemplus et autres énigmes, Panazol, Lavauzelle Editions, , 153 p. (ISBN 2-7025-0947-9).
- ↑ « GEMPLUS, un lecteur portable de cartes », L'Usine nouvelle, .
- ↑ « arme (L') de l'intelligence économique (n.2864) », sur La Documentation française,
- ↑ [vidéo][Production de télévision] « Europe/USA, la guerre économique secrète », dans Lundi Investigation sur Canal+, .
- ↑ Gaëlle Macke, « Gemplus victime des déchirements entre ses actionnaires », Le Monde, .
- Nicolas Moinet, « Les enseignements de l'affaire Gemplus », L'arme de l'intelligence économique, no 2864, , p. 40-43.
- ↑ Assemblée générale des actionnaires de Gemplus du 19 décembre 2002, Gemalto Press Center
- ↑ Daniel Rosenweg, « Gemalto : grandeur et défaillances du roi de la carte à puces », Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ Patrick Pesnot, « L'affaire Gemplus », émission Rendez-vous avec X sur France Inter, 10 novembre 2012.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Émission de Radio
[modifier | modifier le code]- Patrick Pesnot, « L’Affaire Gemplus » [audio], sur Rendez-vous avec X France Inter, Radio France, (consulté le )
Liens externes
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- Ressource relative aux organisations :
- La chute de Gemplus, 01net.com,
- [PDF] La prise de contrôle de Gemplus, ANAJ-IHEDN,