Aller au contenu

George Starr

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
George Starr
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
SenlisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Autres informations
Arme
Conflit
Distinctions

George Reginald Starr (nom de guerre : Colonel Hilaire), né le à Londres et mort le à Senlis, est un agent secret britannique du Special Operations Executive pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il dirigea le réseau Hilaire-Wheelwright, aida la résistance française dans le Sud-Ouest du au , et est considéré comme l'une des plus belles réussites du SOE en France.

Il ne doit pas être confondu avec George Hiller, également agent du SOE, chef du réseau Footman.

Le , George Reginald Starr naît dans le Shropshire[1]. Il étudie au Ardingly College dans le Sussex.

Son père, Alfred Demarest Starr, est de nationalité américaine, sa mère, Ethel Renshaw, de nationalité britannique. Son grand-père s'appelait William Robert Renshaw.

Il a un frère : John Starr, qui sera également agent du SOE.

Années 1920 et 30.

[modifier | modifier le code]

À l'âge de 16 ans, il fait un apprentissage de mineur de charbon dans le Shropshire.

Il étudie l'ingénierie minière à la Royal School of Mines, à l'Imperial College London, puis rejoint la firme de Glasgow Mavor and Coulson Ltd, fabricant d'équipements de mine. Ingénieur des mines, son travail l'amène fréquemment dans le Nord de la France et en Belgique.

Il est à Liège (Belgique) au moment de l'invasion allemande du 10 mai et la campagne des 18 jours. Il regagne l'Angleterre par l'un des bateaux de Dunkerque. Il s'engage dans l'armée. Ses connaissances linguistiques le font affecter au Special Operations Executive, le service secret mis en place par Winston Churchill pour soutenir les groupes de résistance dans les pays occupés.

Quelques jours avant l'occupation de la zone libre par les Allemands, il est envoyé en France pour aider la Résistance. Sous le nom d'« Hilaire »[2],[3], il a pour mission de se rendre à Lyon pour assister un chef de réseau[note 1]. Dans la nuit du 3 au , la felouque Seadog le débarque à Port-Miou, près de Cassis (Bouches-du-Rhône)[note 2],[note 3]. À Marseille, il est pris en charge par un autre membre du SOE, Peter Churchill (homonyme du Premier ministre britannique). Pour des raisons inexpliquées, il refuse de rejoindre sa ville de destination. Quelques jours après, les réseaux lyonnais subissent des arrestations. « Hilaire » est confié à un autre agent du SOE, Henri Sevenet, qui le conduit à Agen. Le réseau Victoire, créé par des Français dont Maurice Rouneau (alias Rendier) le prend en charge et le cache à Castelnau-sur-l'Auvignon, chez l'institutrice Jeanne Robert. Il reçoit l'aide du maire Roger Larribeau, qui le munit de faux papiers. Il prend l'initiative de monter son propre réseau, Wheelwright, sur les fondations de Victoire. Pour la Résistance, il devient « Gaston ».

À Castelnau-sur-l'Auvignon, il vit sous l'identité d'un ingénieur des mines belge, à la retraite, qui aurait fait fortune au Congo (ce qui correspond à son accent et aux fortes sommes d'argent dont il dispose). Il dirige le réseau Wheelwright dans le Sud de la France, autour de Toulouse, de Bordeaux et dans les Pyrénées. Sa mission principale est de préparer le terrain pour un débarquement.

En mars, il reprend en main les éléments du réseau SOE Prunus qui ont échappé aux arrestations. En août, arrive Yvonne Cormeau « Annette » que le SOE lui envoie comme opératrice radio du réseau Wheelwright. Grâce aux liaisons par radio avec Londres qu'elle assure, il commande et reçoit des parachutages pour la Résistance. De nombreux terrains de parachutage du sud de la Dordogne au-delà de Tarbes et de la Haute-Garonne, à l'est des Landes dans le canton de Gabarret sont dénombrés. Il effectue 168 opérations aériennes, soit le chargement de 154 avions, soit 2219 containers et 420 colis, et assure la réception de huit agents (dont trois femmes) envoyés d'Angleterre.

En mars, par l'intermédiaire d'un responsable vicois, le peintre Maurice Georges Poncelet et de son agent Théo Lévy, George Starr contacte Maurice Parisot qui met sur pied le bataillon de guérilla de l'Armagnac. Il lui destine la plupart des parachutages d'armes qu'il reçoit de Londres. La formation de l'Armagnac sera l'une des principales forces militaires de la zone Sud.

Malgré la répression des Allemands et de la Milice, le groupe organise des sabotages de lignes de chemins de fer, des coupures de câbles téléphoniques, des destructions de réservoirs d'essence et des coupures de communications.

Au , jour du débarquement, devenu le « colonel Hilaire », il rassemble un important maquis, dont un détachement espagnol, à Castelnau-sur-l'Auvignon. Il se livre dans la région à des opérations de sabotage et procède à des arrestations de collaborateurs et de miliciens.

Après le débarquement, la 2e Panzerdivision SS Das Reich quitte Montauban (près de Toulouse) pour renforcer les troupes en Normandie. Dans sa marche vers le nord, elle est soumise à une série d'attaques des résistants de Starr ; forcée de se battre, elle est désorganisée et retardée, au point qu'elle sera empêchée de jouer son rôle de renfort. Cette division reste liée aux massacres de Tulle (après une offensive des FTP, les 7 et 8 juin 1944 par son commandant Jacques Chapou), et d'Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944.

Le , le maquis de Castelnau est attaqué par d'importantes forces allemandes. Le PC d'Hilaire peut être évacué grâce à l'action des guérilleros espagnols. Il se fixe alors à Lannemaignan, puis à Toulouse, avec son entourage. Au camp d'Avéron-Bergelle, dernier cantonnement du bataillon de l'Armagnac avant la Libération, le colonel Hilaire participe aux prises de décision du capitaine Parisot.

Les 3 - , il livre la bataille d'Estang,et reçoit un message du général Eisenhower :

« Le Haut Commandement interallié adresse ses félicitations aux bataillons de Castelnau et de l'Armagnac pour l'action qu'ils ont menée contre les Allemands depuis le 8 juin. »

Le , dans la soirée, il se porte à Auch avec la 3e colonne du bataillon de l'Armagnac, puis à Toulouse après le combat victorieux de L'Isle-Jourdain (Gers).

, le général de Gaulle vient à Toulouse et donne à Starr l'ordre de quitter le territoire français[note 4]. Il fera la même demande à Roger Landes, chef du réseau ACTOR, le lendemain à Bordeaux, et à Peter Lake, du réseau Nestor-DIGGER, à Saintes.

Le , il rejoint Bordeaux accompagné d'« Annette », fait ses adieux aux hommes de la demi-brigade d'Armagnac, rentre en Angleterre et termine la guerre avec le rang de lieutenant-colonel[réf. souhaitée].

Le , il revient en France comme membre de la mission Judex. En présence de Maurice Buckmaster et du représentant du général de Gaulle, le colonel « Hilaire » et le capitaine « Annette » reçoivent des mains du colonel Monnet, sur le front des troupes, la Croix de guerre 1939-1945.

Après la guerre

[modifier | modifier le code]

Il est envoyé à Essen, dans la Ruhr, pour diriger la réouverture des mines de charbon allemandes. Il retourne en Angleterre comme directeur de Mavor & Coulson, et prendra sa retraite en France, à Coye-la-Forêt (Oise).

Il meurt le 2 septembre 1980, à l'hôpital de Senlis. Il est enterré au nouveau cimetière de Coye-la-Forêt.

Récompenses

[modifier | modifier le code]
  • État civil : George Reginald Starr
  • Comme agent du SOE, section F :
    • Nom de guerre (field name) : « Hilaire »
    • Nom de code opérationnel : Wheelwright (en français « Charron »)
    • Fausse identité : Serge Watremez, né le à Lille, 1,66 m ; Henri Ponsot, né le à Vendôme, agriculteur, 1,60 m.
    • Pseudo (pour les Résistants du Sud-Ouest) : Gaston ou colonel Hilaire ou Tonton.

Documentaire

[modifier | modifier le code]
  • Robert et les Ombres, film documentaire français de Jean-Marie Barrère[note 5].

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Henri Amouroux, La Grande histoire des Français après l'occupation, IX, Les règlements de comptes, -, p. 161-162.
  • Robert Aron, Histoire de la Libération, Fayard, 1959.
  • Hélène Bulfoni (dir.), La vertu est la plus belle parure de la jeune-fille, histoire de la Résistance dans le Gabardan 1942-1944, L'Atelier des Brisants, 2009.
  • Raymond Escholier, Maquis de Gascogne, collection « Documents d'aujourd'hui » no IV, Genève, Éditions du Milieu du Monde, 1945 ; réédition Éditions du Bastion, 2004.
  • Michael Richard Daniell Foot et Jean-Louis Crémieux-Brilhac (annot.) (trad. de l'anglais), Des Anglais dans la Résistance : le service secret britannique d'action (SOE) en France, 1940-1944, Paris, Tallandier, , 799 p. (ISBN 978-2-84734-329-8). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version « officielle » britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.
  • Geoffrey Lucy, Private Papers of Lieutenant Colonel G R Starr DSO MC, Sélection du Reader's Digest no 379 de juin 1978[8].
  • Sir Brooks Richards, Flottilles secrètes. Les liaisons clandestines en France et en Afrique du Nord, 1940-1944, Éditions Marcel-Didier Vrac (M.D.V.), 2001.
  • Anne-Marie Walters :
    • (en) Moondrop to Gascony, Moho Books, 2009 (ISBN 978-0-955-72081-9) ;
    • Le Temps du maquis, Oxford, Basil Blackwell, 1949.
  • SOE syllabus : Lessons in ungentlemanly warfare, World War II, Kew : National Archives, 2004 [9]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Source : SFRoH.
  2. Lead Off, « George R. Starr », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le )
  3. « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  4. Source : Sir Brooks Richards, p. 930.
  5. « Récit du résistant Paul Denis », 7juin44.fr, 31 mars 2008.
  6. Sources : Henri Amouroux et Robert Aron.
  7. « ROBERT ET LES OMBRES », ACPA - Cinéquadoc, 2005.
  8. (en) « Private Papers of Lieutenant Colonel G R Starr DSO MC », sur Imperial War Museums (consulté le )
  9. Internet Archive, SOE syllabus : lessons in ungentlemanly warfare, World War II, Kew : National Archives, (ISBN 978-1-903365-60-1, lire en ligne)
  1. Il n'est alors pas supposé agir en tant que chef de réseau ("organizer")
  2. Dans la nuit du 3 au 4 novembre, à Port-Miou, le Seadog commandé par Buchowski débarque 9 personnes et 500 kg de matériel, et embarque 6 personnes. Les personnes débarquées sont : George Starr[Quoi ?], Marcus Bloom, Mary Herbert, Marie-Thérèse Le Chêne, Odette Sansom, Gracomino Galea et trois autres. Les personnes embarquées sont : John Starr, Isidore Newman, Jean Nohain-Jaboune « Quintet » (Radio-Patrie), « Richard » et son fils, et un autre[4].
  3. Dans le manuscrit de son parcours dans la résistance, Paul Denis évoque George Starr : son débarquement à Cassis, puis son arrivée à Agen et quelques-unes de ses actions dans le Sud-Ouest de la France[5].
  4. Dans la voiture qui les conduit de Blagnac à Toulouse, Pierre Bertaux, commissaire de la République répète à de Gaulle les propos que lui a tenus le colonel « Hilaire » dans son bureau : « Je suis le colonel « Hilaire », j'ai 700 hommes armés, j'ai dans ma poche un ordre signé Churchill et de Gaulle et, s'il y a le bordel ici, je tape sur la table et je dis : "Ici, c'est moi qui commande." »
    — Et vous ne l'avez pas fait arrêter sur le champ ? demande le Général.
    — Non, « Hilaire » avait avec lui 700 hommes armés.
    — Vous ne l'avez pas invité à déjeuner avec moi, au moins ?
    — Bien sûr que si, il s'est battu près de deux ans dans le maquis, en invoquant votre nom.
    — Eh bien ! Vous lui direz que je ne veux pas prendre un repas avec lui.
    Toutefois, le Général accepte, à la demande de Bertaux, de recevoir « Hilaire » en tête à tête une fois le déjeuner terminé. L'entretien dure une dizaine de minutes. Lorsqu'il sort, de Gaulle dit à Bertaux :
    — Vous donnerez vingt-quatre heures au colonel « Hilaire » pour quitter le territoire français. Passé ce délai, vous le ferez arrêter.
    Quant à « Hilaire », qui sort, lui aussi, du bureau du commissaire de la République, mais par une porte différente, il confie sobrement au chef de cabinet de Bertaux :
    — J'ai dit merde à de Gaulle !
    Il aurait également déclaré avoir dit à de Gaulle :
    — Je suis un militaire britannique en opération. J'ai un commandement à exercer. Je ne le quitterai que sur ordre de mes supérieurs à Londres. Je vous emmerde ; vous êtes le chef d'un gouvernement provisoire que les Alliés n'ont pas reconnu !
    Bertaux fit dire à « Hilaire » qu'il prenne tout son temps pour faire ses adieux et ses bagages[6].
  5. À partir d'une reconstitution poétique de l'histoire de son grand-père Robert, instituteur à Gabarret qui agissait sous les ordres du mystérieux « Gaston », l'auteur raconte l'action de George Starr et décrit l'ambiance de la clandestinité. Le film s'appuie sur de nombreux témoignages d'acteurs survivants de cette épopée et ceux de Marcel Jaurant-Singer (ex-agent SOE), de Stéphane Hessel (ex BCRA), de Gilles Perrault (écrivain) et de François Kersaudy (historien)[7].