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Gret Haller

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Gret Haller
Illustration.
Photo prise en 1996.
Fonctions
Conseillère nationale
Président elle-même en 1993-1994
Législature 43e et 44e
Successeur Stephanie Baumann
Conseillère municipale de la ville de Berne
Département écoles
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Zurich
Nationalité suisse
Parti politique Parti socialiste
Diplômée de Université de Zurich
Profession avocate

Gret Haller, née le à Zurich (originaire du même lieu), est une personnalité politique suisse, membre du Parti socialiste.

Elle est députée du canton de Berne au Conseil national de fin 1987 à fin 1994 et préside l'hémicycle de fin 1993 à fin 1994.

Origines et famille

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Gret Haller naît le à Zurich[1]. Elle est originaire de la même ville[2] et y grandit[3]. Benjamine d'une fratrie de quatre enfants, elle est élevée dans un milieu modeste par sa mère, ses parents ayant divorcé juste après sa naissance[1],[4].

Elle est divorcée, après un mariage de six ans[1].

Études et parcours professionnel

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Gret Haller fait des études de droit à l'Université de Zurich, où elle obtient un doctorat en 1973[1]. Sa thèse porte sur les pactes des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies et sur la situation juridique des femmes en Suisse[1]. Elle est également titulaire du brevet d'avocat[3].

Elle s'installe à Berne en 1975[5] après s'être séparée de son mari[6]. Elle y travaille jusqu'en 1977 à l'Office fédéral de la justice, où elle est chargée de l'application de la Convention européenne des droits de l'homme[1]. Elle rejoint ensuite un cabinet d'avocats à Berne, où elle officie de 1978 à 1984[1].

Juste avant le terme de son mandat politique au Conseil national, le Conseil fédéral la nomme ambassadeur permanent de la Suisse auprès du Conseil de l'Europe[1],[6], fonction qu'elle exerce de 1994 à 1996. En , elle est nommée pour quatre ans médiatrice des droits de l'homme en Bosnie par László Kovács, alors président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe[7]. Elle est candidate en 1999 au nouveau poste de commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, mais échoue face à l'Espagnol Álvaro Gil-Robles[1].

Parcours politique

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Gret Haller adhère au Parti socialiste après son arrivée à Berne. Elle milite d'abord dans les milieux féministes[1].

Elle siège pendant huit ans, de 1976 à 1984, au Conseil de ville (législatif) de Berne[8], puis à son exécutif, le Conseil municipal, de 1984 à 1988[5], où elle est responsable des écoles[9]. Elle se présente pour un deuxième mandat, mais n'est pas réélue[5] en , devancée de 161 voix par son colistier Klaus Baumgartner (21 336 voix contre 21 175) alors que son parti perd un siège[10],[11]. De nombreux électeurs socialistes l'ont ainsi biffée de la liste[12],[13]. Elle déclare après sa non-réélection avoir manifestement sous-estimé le nombre de personnes qui l'ont prise en grippe et avoir contribué à la polarisation en refusant souvent tout compromis, notamment dans la défense des marginaux[14],[15].

Elle est élue au Conseil national en octobre 1987, avant sa non-réélection au niveau communal. Elle s'y forge une image plus modérée[16], étant notamment l'une des chevilles ouvrières de la 10e réforme de l'AVS[n 1],[6]. Elle préside le Conseil national du au [2]. Troisième femme à exercer cette fonction, après Elisabeth Blunschy et Hedi Lang[5], elle organise la première rencontre des présidentes de parlements[18].

En 1995, Gret Haller est candidate à l'investiture de son parti pour la succession d'Otto Stich au Conseil fédéral, mais n'obtient jamais plus de 5 voix sur 47 sur les différents tours de scrutin et se voit préférer Moritz Leuenberger et Otto Piller[19].

Elle est candidate en à la succession de Samuel Schmid au Conseil des États[20], mais échoue largement contre le candidat UDC Hans Lauri, qui récolte plus de 63 % des voix sur l'ensemble du canton[21].

Positionnement politique

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Elle défend des valeurs féministes, pacifistes et écologistes[4], déclarant notamment que l'avenir de l'humanité passe par le dépassement du patriarcat[16].

Publications

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Notes et références

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  1. La révision « instaure un système de rente individuelle moins dépendante de l’état civil, des bonifications pour tâches éducatives, une amélioration des rentes en cas de veuvage et » un partage des revenus des deux époux pour le calcul de la rente, mais aussi une élévation de l’âge de la retraite des femmes de 62 à 64 ans[17].

Références

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  1. a b c d e f g h i et j Patricia Gnasso, « Forte dans les catastrophes », Le Matin,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  2. a et b « Biographie de Gret Haller », sur le site de l'Assemblée fédérale suisse.
  3. a et b S. Z., « Gret Haller dérange, mais avance. En spirale », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  4. a et b (de) Heiner Hänggi, « Kocht gern, isst gern, denkt schnell », Der Bund, vol. 144, no 278,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  5. a b c et d « Une féministe bernoise conquiert la présidence du Conseil national », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  6. a b et c (de) lts, « Gret Haller - durch Krisen gestärkt », Neue Zürcher Zeitung,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  7. Béatrice Schaad, « Gret Haller pour les droits des Bosniaques », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 7
  8. (de) Walter Däpp, « Gret Hallers Berner Gemeinderatszeit war eine Zeit mit Widerhall », Der Bund,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  9. Éric Hoesli, « Les femmes prennent le pouvoir », L'Hebdo,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  10. (de) hwm, « Schuldirektorin Gret Haller wurde abgewählt », Der Bund, vol. 139, no 285,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  11. (de) Rudolf Burger, « Für Gret Hallers Abwahl gibt's auch eine andere Erklärung », Der Bund, vol. 140, no 23,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  12. (de) kfr, « Der bürgerliche Wahlerfolg in der Stadt Bern », Neue Zürcher Zeitung, no 285,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  13. Agence télégraphique suisse, « Élections à Berne », L'Impartial,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  14. (de) Walter Däpp, « Botschafterin war Gret Haller schon damals, in Bern », Der Bund, vol. 145, no 279,‎ , p. 23 (lire en ligne)
  15. (de) Heinz W. Müller et Walter Däpp, « Gret Haller: « Als Frau gewählt und als Frau abgewählt » », Der Bund, vol. 139, no 305,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  16. a et b (de) Michael Schorer, « Die Geruhsamkeit der streitbaren Gret Haller », Der Bund, vol. 142, no 185,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  17. Jean-Michel Bonvin, Valérie Hugentobler, Carlo Knöpfel, Pascal Maeder et Ueli Tecklenburg, Dictionnaire de politique sociale suisse, Zurich et Genève, Seismo, , 604 p. (ISBN 9782883510883), p. 84
  18. J. Pg, « Une rose à Gret Haller », L'Illustré,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  19. Willy Boder, « Succession Stich, le ticket Piller-Leuenberger se détache sans passion », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  20. Olivier Odiet, « Conseil des États : Gret Haller ouvre son cœur à la Heutte », L'Impartial,‎ , p. 12 (lire en ligne)
  21. Dom, « La gauche exclue aux États, sauf à Bienne et à la Neuveville », L'Express,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  22. Annik Mahaim, « Question de justice », L'Illustré, no 42,‎ , p. 42 (lire en ligne)
  23. Tasha Rumley, « Les droits de l'homme ne sont pas exportables », L'Hebdo,‎ , p. 56 et 57 (lire en ligne)

Liens externes

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