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Greta Knutson

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Greta Knutson
Biographie
Naissance
Décès
Nationalités
Formation
École de peinture Carl Wilhelmson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Conjoint
Tristan Tzara (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant

Greta Knutson (née le à Stockholm et morte le dans le 15e arrondissement de Paris) est une écrivaine, critique d'art et peintre moderniste suédoise puis française. Elle est surtout connue pour son œuvre picturale, ses relations personnelles avec les écrivains Tristan Tzara et René Char, ainsi que son rôle au sein de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est également l'autrice de textes littéraires en français et en allemand.

Largement oubliée par la postérité, son œuvre suscite un regain d'intérêt à partir des années 2000, en particulier en Suède. En 2019, le Musée d’art de Norrköping lui consacre une grande exposition rétrospective.

Greta Knutson naît le au sein d'une riche famille bourgeoise de Stockholm. Elle se passionne très tôt pour la linguistique, mais son père lui interdit cette voie et l'encourage plutôt à suivre des études artistiques[1]. Après ses études secondaires, elle s'inscrit à l'École de peinture Carl Wilhelmson (sv) puis à l'Académie des Beaux-Arts de Stockholm[2].

En 1920, elle quitte la Suède pour à Paris, et suit l'enseignement du peintre cubiste André Lhote[2].

Elle fut l'épouse de Tristan Tzara de 1925 à 1942. Ils se font construire une maison conçue par l'architecte Adolf Loos[3].

Elle est la mère de Christophe Tzara en 1927.

Elle vécut avec René Char de 1937 à 1943[4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint activement à la Résistance intérieure française et aide des réfugiés à traverser la frontière espagnole pour fuir les nazis[3].

Elle meurt le à Paris[5].

Œuvre littéraire

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Greta Knutson publie quelques poèmes en français dès le début des années 1930, mais c'est surtout à partir des années 1970 qu'elle se met à publier régulièrement des textes littéraires en français et en allemand. Elle traduit elle-même ses textes, soit de l'allemand vers le français, soit inversement[6].

Ses premiers textes ont été publiés dans les revues surréalistes en 1933. Le quatrième numéro de la revue Orbes contient une suite de quatre poèmes numérotés mais non titrés. Le cinquième numéro du Surréalisme au service de la révolution contient « Pays étranger » et « Passiflore », deux poèmes en proses que Knutson nomme « vers élargis » (Streckverse)[7]. Il est possible que l'autrice ne soit pas à l'origine de ces publications et que ces poèmes aient été insérés dans ces revues par Tzara et Aragon. Bien que ses textes soient fortement imprégnés de fantastiques, Knutson a toujours insisté sur le fait qu’elle ne se considérait pas comme une écrivaine surréaliste[7].

Bien qu'elle ait écrit durant presque toute sa vie, Knutson n'a rien publié pendant quarante ans, entre 1933 et les années 1970. Ce silence est prolongé par un incident survenu en 1945 : lors d'un voyage en Suède, elle perd ou se fait voler sa « boite-à-poésie », une mallette contenant tous ses brouillons, retravaillés pendant la guerre[7].

Dans les années 1970, elle publie régulièrement dans la revue féministe allemande Die Schwarze Botin[7].

Œuvre pictural

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En 2019, le Musée d’art de Norrköping consacre à la peinture de Greta Knutson une grande exposition rétrospective[6].

Publications

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  • (de) Greta Knutson, Bestien, Berlin, Medusa Verlags Wölk + Schmid, .
  • Greta Knutson, Lunaires, Paris, Flammarion, coll. « L'Âge d'or », , 232 p. (ISBN 2-08-064643-5, lire en ligne).

Notes et références

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  1. (en) Michael Badu, « The Overlooked Art of Greta Knutson », sur Tribunemag.co.uk, (consulté le ).
  2. a et b Martin Sundberg (trad. Alexia Grosjean), « Greta Knutson-Tzara », sur Svenskt kvinnobiografiskt lexikon (consulté le )
  3. a et b Badu 2021.
  4. « Au 40, rue Célony pendant la Résistance René Char retrouvait Greta Knutson », sur laprovence.com, (consulté le ).
  5. Archives en ligne de Paris 15e, année 1983, acte de décès no 652, cote 15D 573, vue 6/31
  6. a et b Bladh 2022, §1.
  7. a b c et d Bladh 2022, §2.
  8. « Nature morte aux figues », sur Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (consulté le ).
  9. (en) « Cadavre Exquis with Valentine Hugo, André Breton, Tristan Tzara, Greta Knutson », sur Museum of Modern Art (consulté le ).
  10. LotSearch [1]
  11. « Paysage », sur Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (consulté le ).
  12. Artnet : G. Knutson-Tzara [2]
  13. [3]

Bibliographie

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Mongraphies

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  • (sv) Hans Holst, Nu brinner bergen : Greta Knutson och modernismen i Paris, Ystad, Holtres, .
  • (sv + en) Martin Sundberg, Greta Knutson-Tzara : exhibition Norrköpings Konstmuseum, Norrköping, 23 March-03 September, 2019, and at Mjellby Konstmuseum, Halmstad, 28 September, 2019, Stockholm, Art and Theory Publishing, , 272 p. (ISBN 978-91-88031-73-0).
  • (sv) Anna Franklin, Hemliga rum : I spåren efter Greta Knutson, Uppsala, Dullsson & Dullsson, (ISBN 9789152700778).
  • (en) Martin Sundberg, « Surrealist Beasts, Greta Knutson’s Strategy of “Performative Refusal” », dans K. Greaves, Modern Women Artists in the Nordic Countries, 1900–1960, Routledge (DOI https://doi.org/10.4324/9780367823672).
  • Elisabeth Bladh, « Entre écriture translingue et autotraduction – Greta Knutson (1899–1983) et sa recherche d’un public en langues française et allemande », Revue nordique des études francophones, vol. 5, no 1,‎ , p. 109-123 (lire en ligne, consulté le ).
  • (en + sv) Frans Josef Petersson, « Greta Knutson-Tzara, Resistance Painter », sur Kunstkritikk, (consulté le )

Liens externes

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