Aller au contenu

Guelwar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
La dynastie des Guélwar maternelle
Pays Royaume du Sine
Royaume du Saloum
Drapeau du Sénégal Sénégal
Drapeau de la Gambie Gambie
Également fourni des rois héritiers au trône du:
Djolof,
Cayor
et du Baol
Lignée Mansa Bala Diakha et Maisata Yembe Kame Guélaware (roi et reine d'une province au Kaabu)
Mansa Tiramakan Traoré (du Mali)
Titres
Maad a Sinig (Maad Sine)
Maad Saloum
Bour
Fondation Maissa Waly Dione
(premier roi Guélwar du pays sérère) (Régnait: 1350)
Précédé par les dynasties Sérères paternelles, et le Wagadou, dynastie maternelle
Déposition Maad a Sinig Mahecor Diouf (Roi du Sine, Sénégal. Mort : 1969)

Maad Saloum Fodé N'Gouye Diouf (Roi du Saloum, Sénégal. Mort : 1969)
Dissolution Indépendance du Sénégal (1960)

Guélwar (ou Gelwaar en sérère ; avec nombreuses variantes orthographiques : Guélowar, Gelwar, etc.), a été la dernière dynastie maternelle des royaumes sérères du Sine et du Saloum (en Sénégambie, mais principalement dans l'ouest du territoire de l'actuel Sénégal). Ils étaient d'origine mandingue et descendaient de lignées maternelles mandingues et de lignées paternelles sérères, et étaient intégrés à la noblesse sérère. La dynastie a duré du milieu du XIVe siècle à 1969 (année des décès du roi du Sine et du roi du Saloum)[1],[2],[3],[4],[5].

Le terme « Guélwar », anglicisé ou francisé en « Guélwars », est la forme plurielle. Le singulier est « Kelwar » (en sérère)[6].

La famille Guélwar est originaire du Kaabu, aujourd'hui en Guinée-Bissau, et remonte au XIVe siècle. Sa tradition orale dit qu'elle descend de Tiramakan Traoré (XIIIe siècle), le cousin et général de Soundiata Keita, Mansa du Mali, qui[Qui ?] avait conquis le peuple baïnouk, tué Kikikor, le dernier grand roi baïnouk, et rebaptisé le pays « Kaabu » avant de mourir en 1265. Il[Qui ?] fut l'un des plus importants mansa du Kaabu. La tradition orale dit aussi que les Guélwars descendent de Bala Diakha et de Yembe Kame Guélaware, respectivement « mansa » ('roi') et « maisata » ('reine') d'une province du Kaabu. D'autres sources indiquent qu'ils descendent de la branche royale de la princesse Tenemba. Après la conquète du Kaabu, les Mandingues se marièrent avec des membres de familles nobles baïnouks, délaissèrent progressivement leurs noms de famille et adoptèrent des patronymes baïnouks[7].

Le Kaabu était gouverné par la noblesse clanique des Sanneh et des Manneh (Sane et Mane, des patronymes baïnouk et diola d'origine, et non mandingue), et par la noblesse maternelle ñaanco (en) et guélwar. Cependant, presque tous les rois du Kaabu descendaient du clan maternel Ñaanco. Le clan Guélwar était si proche du clan maternel royal Ñaanco et si fortement brassé avec lui qu'il formula des prétentions au trône[7].

La bataille de Troubang et leur[Qui ?] arrivée aux Royaumes Sérères

[modifier | modifier le code]

La bataille de Troubang en 1335 (avec de nombreuses variantes dans l'orthographe : Turubang, etc.) fut une guerre dynastique entre les Peuls du Fouta Djallon, dirigés par l'almamy Ibrahima Diallo, et la dynastie guélwar maternelle du Kaabu. Cette guerre eut lieu au Kaabu[8]. Dans la langue mandingue, « Troubang » s'entend comme 'tout est anéanti'. Les Peuls au pouvoir défirent la famille clanique des Guélwars, qui redescendirent au royaume sérère du Sine, où ils trouvèrent asile auprès du Grand Conseil des Lamanes.

Le Grand Conseil des Lamanes regroupait en son sein les dirigeants territoriaux et les grandes figures du foncier. Les membres du Grand Conseil portaient les patronymes sérères : Sarr, Sène, Diouf, Ngometc.[7],[9],[10]. Le Conseil a été la plus haute juridiction du pays sérère, l’équivalent d’une cour d'appel[10].

Le bon accueil de la famille guélwar de Maissa Waly Dione en terre du Sine après la bataille de Troubang a valu à son chef l'honneur de compter parmi les conseillers juridiques pendant 15 ans, au bout desquels celui-ci gagna la confiance de la noblesse sérère et de la population en général. Il a été nommé et couronné roi du Sine autour de 1350, faisant de lui le premier Guélwar à régner sur le royaume sérère du Sine. Il a donné ses sœurs et nièces en mariage à des nobles Sérères. De cette union scellée dans le sang entre Sérères et Guélwar se succéderont matrilinéairement les rois sur les trônes du Sine[11],[8].

Certains auteurs[Qui ?] ont estimé que les Guélwars mandingues du Kaabu avaient conquis les Sérères et les avait subjugués. Cette hypothèse Modèle:Source par la tradition orale sérère, qui ne retient aucune conquête militaire mais une union fondée sur le mariage. Du mariage entre le clan noble maternel guélwar et le clan paternel noble sérère descendrait classe Lamanic Sérère. Presque tous les rois du Sine et du Saloum portent des patronymes mandingues. De plus, la langue, la culture, la religion et la tradition qui ont prévalu dans le Sine et le Saloum ne furent jamais mandingues. Le propre aux Guélwars s'était simplement dissout dans la culture Sérère et n'a jamais plus paru nuancé de tout ce qui se sait typiquement sérère[pas clair][11],[8].

Les cultures sérère et wolof spatio-temporellement[pas clair] dans le Sine et le Saloum, convainquent que dans le Saloum à prédominance sérère, les populations wolof et non-sérères sont venues d'ailleurs et qu'ethniquement, les Royaumes du Sine et du Saloum, quoique présentement mitigées, étaient sérères[12],[13].

Rois sénégambiens du clan Guélwar maternel

[modifier | modifier le code]

Quelques-uns des rois sénégambiens appartenant au clan Guélwar maternel. « Maad », parfois orthographié « mad », signifie 'roi' en sérère. « Maad a Sinig » et « maad Saloum » signifient respectivement 'roi du Sine' et 'roi du Saloum'. « Maad » est également parfois utilisé de manière interchangeable pour désigner les rois Sérères anciens, la classe Lamane qui étaient les rois et la noblesse terrienne[pas clair][14].

Royaume du Sine

[modifier | modifier le code]

Royaume du Saloum

[modifier | modifier le code]

Royaume du Cayor et du Baol

[modifier | modifier le code]

Royaume du Djolof

[modifier | modifier le code]
  • Bourba Mbagne Paaté Coumba N'Gouye Diouf Ndiaye (Mbagne Pateh Penda Kumba Ngouille Joof Njie), roi du Djolof (Règne : 1846), tué à la bataille de Diakhabour (1846)[19],[14].
  • Bourba Birame Penda Coumba N'Gouye Diouf Ndiaye (Biram Penda Kumba Ngouille Joof Njie), roi du Djolof (Règne : 1846), assassiné en 1846[19],[14]

Reste de la Sénégambie

[modifier | modifier le code]
  • Mama Tamba Jamé, Roi de Yilliyassa (en Gambie), descendant de Linguère Kaasa Menge (du Saloum)[14]

Les trois principaux clans du Guélwar

[modifier | modifier le code]

Autour du XVIIe siècle, le clan Guélwar comprenait trois branches principales maternelles, fondées par trois sœurs. Ils[Qui ?] ont été Lingueres (reines ou princesses) dont les noms sont utilisés pour faire référence à leurs descendants maternels. Ils comprennent :

  • Le clan Keve Bigui
  • Le clan Khoredia Bigui
  • Le clan Diogop Bigui

Les princes qui ont appartenu à ces trois clans maternels avaient lieu plusieurs guerres en Sénégambie en vue d'assurer la succession de leur branche maternelle. Surtout les princes appartenant à Keve Bigui et Diogop Bigui[incompréhensible][20].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Sarr, Alioune, Histoire du Sine-Saloum (Sénégal). Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker. Version légèrement remaniée par rapport à celle qui est parue en 1986-87. p21
  2. Guy Thilmans, Cyr Descamps, Abdoulaye Camara, Senegalia, études sur le patrimoine ouest-africain : hommage à Guy Thilmans, Sépia, 2006, p. 220-221 (ISBN 2842801229)
  3. (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. XV
  4. (en) Michael J. Sheridan, Celia Nyamweru, African sacred groves : ecological dynamics & social change, Ohio University Press, 2008, p. 141 (ISBN 0821417894)
  5. Parcours littéraires francophones
  6. Marcel Mahawa Diouf, Lances mâles : Léopold Sédar Senghor et les traditions sérères, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, 1996, p. 247
  7. a b et c Biram Ngom, La question Gelwaar et l’histoire du Siin, Dakar, Université de Dakar, 1987
  8. a b et c Alioune Sarr, Histoire du Sine-Saloum (Sénégal). Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker. Version légèrement remaniée par rapport à celle qui est parue en 1986-87., p. 19"
  9. (en) Dennis Charles Galvan, The State Must Be Our Master of Fire : How Peasants Craft Culturally Sustainable Development in Senegal, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 2-281 (ISBN 9780520235915)
  10. a et b Fata Ndiaye, « La Saga du peuple Serere et L'Histoire du Sine », Éthiopiques : revue semestrielle de culture négro-africaine no 54, Nouvelle série, vol. 7, 2e semestre 1991
  11. a et b Biram Ngom (Babacar Sédikh Diouf), La question Gelwaar et l’histoire du Siin, Dakar, Université de Dakar, 1987, p. 69
  12. (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. 7
  13. Pathé Diange, « Les Royaumes Sérères », Présence Africaines, no 54, 1965, p. 142-172
  14. a b c d e f g h et i Fata Ndiaye, « La Saga du peuple Serere et L'Histoire du Sine », Éthiopiques : revue semestrielle de culture négro-africaine no 54, Nouvelle série, vol. 7, 2e semestre 1991
  15. a et b Niokhobaye Diouf, Chronique du royaume du Sine, suivie de Notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine, p. 712-733
  16. a b c d et e (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. XV
  17. a et b Ba, Abdou Bouri. Essai sur l’histoire du Saloum et du Rip. Avant-propos par Charles Becker et Victor Martin. Publié dans le Bulletin de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire. pp 10-27
  18. (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. 74-77
  19. a et b Oumar Ndiaye Leyti, Le Djoloff et ses Bourba, 1966
  20. (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. 45, 75, 105, 157, 173

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • A. S. Diop, L'impact de la civilisation manding au Sénégal. La genèse de la royauté gelwar au Siin et au Saalum, Bulletin de l'IFAN, série B, 1978, vol. 40, no 4, p. 689-707
  • Gabriel Gosselin, « Ordres, castes et États en pays Sérèr (Sénégal) : Essai d'interprétation d'un système politique en transition », Canadian Journal of African Studies/Revue canadienne des études africaines, vol. 8, no 1, 1974, p. 135-143
  • Henry Gravrand, La Civilisation sereer (tome 1 : Cosaan : Les origines), Nouvelles éditions africaines, 1983, 361 pages (ISBN 2723608778)
  • Lilyan Kesteloot, « La problématique des épopées africaines », Neohelicon, vol. 16, n° 2, , p. 247-264
  • Biram Ngom, La question gelwaar et l’histoire du Siin, Université de Dakar, Dakar, 1987, 69 pages (Diplôme d’Études Approfondies)
  • Sarr, Alioune, Histoire du Sine-Saloum (Sénégal). Introduction, bibliographie et notes par Charles Becker. Version légèrement remaniée par rapport à celle qui est parue en 1986-87, p. 21
  • Guy Thilmans, Cyr Descamps, Abdoulaye Camara, Senegalia, études sur le patrimoine ouest-africain : hommage à Guy Thilmans, Sépia, 2006 (ISBN 2842801229), p. 220-221
  • Marcel Mahawa Diouf, Lances mâles : Léopold Sédar Senghor et les traditions sérères, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, 1996, p. 247

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]