Aller au contenu

Hamiyan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Hamiyan (en arabe : حميان), ou encore Hamiane ou Hameïanes dans l'ancienne graphie coloniale, est une confédération tribal bédouine issue des Zoghba des Banu Hilal. Elle est principalement localisée dans la région d'El-Bayadh, mais également dans la région d'Oran en Algérie et au Maroc.

(fr) Hamiyan
(ar) حميان
Hamiyani (nisba)
Moulay Sediq, Caïd des Caïds des Hamiyan (1856)
Informations générales
Échelon
Confédération Tribal
Géographie
Région principale
Chef-Lieu
Histoire et anthropologie
Période d'apparition
Mode de vie
Nomade (Historiquement)
Sédentaire (Actuellement)
Fait partie du groupe tribal
Culture
Langue principale

Les Hamiyan sont une confédération tribal arabe issue de la branche des Zoghba[1] des Banu Hilal, tribu arabe venu au XIe siècle au Maghreb sous l'impulsion fatimide.

Généalogie traditionnelle (en arabe) des descendants des Zoghba

La lignée des Hamiyan remonte à un patriarche, qui donna son nom à la tribu, et dont son ascendance remonte directement aux Banu Hilal. Sa lignée est : Hamiyan ben (= fils de) ’Oqba ben Yazid ben Aissa (ou ’Abs) ben Zoghba (patriarche des tribus Zoghba) ben Abi Rabi’ah ben Nahik ben Hilal (patriarche des Banu Hilal, littéralement ”les Fils de Hilal”) ben Amer (patriarche des Beni Amer ben Saasaa) ben Sa’sa’ah ben Mu’awiyah ben Bakr ben Hawazin ben Mansur ben ’Ikrimah ben Khasafah ben Qays ’Aylan ben Mudhar ben Nizar ben Maad ben Adnan (patriarche des Arabes adnanites), descendant de Ismaël, fils d'Abraham[2].

Début d'Histoire

[modifier | modifier le code]

Introduction

[modifier | modifier le code]

Les Hamiyan, partie des Beni Yazid ben Zoghba, étaient très fortement lié à leurs cousins, les Beni Amer ben Zoghba, avec qui ils migreront dans la sud de la région de Tlemcen sous l'impulsion de Yaghmoracen contre les Banu Maaqil. Cela formant la première présence des Hamiyan dans cette région[3].

Arrivée dans la région

[modifier | modifier le code]

Originellement, les Hamiyan avaient poussé leur pérégrination jusqu'à la région de l'Oued Guir (proche d'Errachidia) vers le XVIe siècle, un conflit débuta entre eux et les Doui Menia, dont la victoire fût du rang des seconds, qui forcèrent les Hamiyan à la retraite dans les haut-plateaux plus au nord, la région actuelle où ils vivent encore aujourd'hui[4],[5].

Vallée du Guir en Algérie

Sous la Régence d'Alger

[modifier | modifier le code]

Ère du Bey Mohamed El-Kebir

[modifier | modifier le code]

Lorsque le nouveau bey rentra en fonction, il prit soin de faire soumettre plusieurs tribus dissidentes à son autorité, comme en soumettant les Hashem et les intégrant à son maghzen, il châtia les tribus Mhaya et Ouled Ali ben Talha (des Ahl Angad) pour leur brigandage. Il ira également soumettre la tribu des Flitta, puis se dirigea vers le sud et partit soumettre les tribus Hamiyan, Amour, Saïd et Rashed[6].

Période coloniale

[modifier | modifier le code]

Les Hamiyan vont rapidement prêter allégeance à l'Émir et nommer des chefs parmi les fractions des Hamiyan qui vont diriger les clans dans la résistance, tel que Mabkhout ould Ahmed pour les Ouled Mansourah, Dammouch ould Abd Allah pour les Ouled Khalif, Ahmed ben Abd Allah pour les Akermah, Bousmaha ben Maashou pour les Beni Matref, Miloud ould Laarej pour les Maghaouliyah, Mohamed ben DhaifulLah pour les Ouled Toumi et Mohamed ben Ammara pour les Bakakrah[7]. Ils iront, avec les Amours et Ouled Sidi Cheikh, lui apporter un grand nombre de cavaliers, environ 3500 à 4000[8].

Traité de Lalla Maghnia (1845)

[modifier | modifier le code]

Le traité de Lalla Maghnia consiste en le découpage des terres et des tribus étant sous l'autorité du Royaume Chérifien et de l'Algérie française. Il va coupé en partie la tribu des Hamiyan en deux, la majorité des Hamiyan étant sous autorité française, sauf la branche des Hamiyan Djenba, qui sera considéré comme marocaine mais ayant tout de même des liens forts et des biens en Algérie, notamment avec le reste de la confédération[9],[10].

Pillages des troupes françaises

[modifier | modifier le code]

Durant l'invasion de l'Algérie, les Hamiyan seront victimes de lourds pillages de la part des troupes françaises, on compte plus de 33 000 moutons, 500 chameaux, des chevaux, des tentes le 13 janvier 1847. Un an après, ils seront à nouveau châtiés par une amende de 100 000 francs et 10 douars leurs furent arrachés[11].

Révolte des Hamiyan (1848)

[modifier | modifier le code]

L'historien Abu al-Qassem SaadulLah rapporte que les lorsque le gouverneur général de l'Algérie, Changarnier, quitta ses fonctions et l'Algérie, les Hamiyan entrèrent en révolte qui enflamma tout le sud de l'Oranie[12].

Révolte des Ouled Sidi Cheikh

[modifier | modifier le code]

Les Hamiyan seront parmi les premières tribus à prendre part à la révolte et l'appel au jihad lancé par le religieux cheikh Bouamama en 1864-[13].

Relations inter-tribales et politiques

[modifier | modifier le code]

Relations avec les Zianides

[modifier | modifier le code]

Les relations entre la dynastie zénète et les Hamiyan furent très bonnes, et cela depuis Yaghmoracen. L'essor de ces relations furent sous le règne du sultan Abu Hammu Musa II, très proche des arabes bédouins, qui protège ardemment le royaume[14].

Fractionnement tribal

[modifier | modifier le code]

Hamiyan d'Algérie

[modifier | modifier le code]

Hamiyan du Sahara

[modifier | modifier le code]
Territoire des Hamiyan de la zone saharienne

Ils sont divisés en 2 grandes branches, les Hamiyan Gherabah et les Hamiyan Cheraga et leurs divisions tribales sont[15] :

  • Hamiyan Gherabah
    • Hamiyan Chefaa
      • Akermah
      • Ouled Ali
      • Ramadna
      • Ouled Salem (ou Bousalem)
      • Qanadza
      • Ouled Hammou
    • Ouled Mansurah
      • Ouled Mansurah proprement dit
      • Khalkhil
      • at-Taqāqzah
      • as-Sahaba
      • Ouled Belagh
      • Baraniyah
      • Groupes issues des Mhaya, Beni Guil et Rezaina du Douar Chaouarb
    • Ouled Khalif
      • Douar Beni Slimane
      • Ouled Omar
      • Douar al-Abadla
      • Ouled Taher (issues des Ahl Angad)
    • Beni Mutrif
      • Beni Mutrif proprement dit
      • Massa’ādāt
      • Qutayt
    • Ouled Attiya
      • Ouled Attiya proprement dit
      • al-Awashir (issues des Ouled al-Hajj du Maroc)
    • Bakākrah
      • Bakākrah proprement dit
      • Ouled Salem
      • Mawalik
      • Damash
      • Razazqa
      • Ouled Rahma
  • Hamiyan Cheraga (ou aussi dit Hamiyan Jenba ou encore Trafi)
    • Beni ’Oqba
      • Ouled Fares
      • Diyama
      • Hawaqin ou Kassakis
      • Ouled Mbarek (anciennement nommé Ouled Said)
      • Zazna
      • Ouled Qutayb (ou Qutib) (issues des Amours)
      • Raba’at
      • Farahda
        • Village de Ouled Ghani
          • Ouled Mas’ud
          • Ouled ’Abou
    • Ouled Hilal
      • Ouled Toumi
        • Ouled Toumi proprement dit (seraient issues des Lahrar de Tiaret)
        • DhaifulLah (issues des Bouazid)
        • Ziyadna
      • Ouled Yahya
    • Sendān
      • Ouled Berich
      • Manasir
      • Ouled Ben Yahya
      • Ouled Belkacem
    • Maqān (ou Magān)
      • Ouled Baqi (ou aussi dit Bawaqi)
      • Ouled Bahaz (ou Bahaza)
      • Ouled Faqir
      • Ouled Saad
    • Ouled Sarour
      • Ouled Ben Slimane
      • Ouled Ben Cheikh
      • Ouled N'gad (issues des Ahl Angad)
      • Ouled Harakti
      • Ouled Maarouf
      • Ouled Bouazza
    • Maghaouliyah
      • Ouled Ali
      • Ouled Sbaa
      • Ouled Melouk
    • Ghayathra
      • Ouled Mas’ud
        • Ouled Mas’ud proprement dit
        • Ouled Rehal
      • Ouled Ahmed
        • Ouled Ahmed proprement dit
        • Ouled Mimoun
        • Ouled Shawi
    • Ouled Ziyad[16]
    • Rezaina[16]

Ils sont situés dans les régions autour des villes d'El-Bayadh, Sendan, El-Biod, Ain Sefrah. Leur démographie au début de la colonisation française était d'environ 45 214 membres[16].

Communes limitrophes de Hamiyan
Ahl Angad (tribu) Jaafrah Lahrar
Beni Guil Hamiyan Laghouat-Ksel
Doui-Menia Ouled Sidi Cheikh Larbaa (tribu)

Hamiyan d'Arzew

[modifier | modifier le code]

On retrouve également une communauté de de Hamiyan dans la région d'Arzew (Wilaya d'Oran), ces derniers sont venus sous l'impulsion de la Régence d'Alger s'installer dans des territoires plus propices à leur nouvelle fonction : tribu maghzen. Ils se divisent en deux fractions[17] :

  • Les Hamiyan Malleh
  • Les Hamiyan ’Ayadah
Territoire des Hamiyan d'Arzew

Ouled Djerir

[modifier | modifier le code]
Cavaliers des Ouled Djerir en 1912

Les Ouled Djerir furent une tribu appartenant aux Hamiyan mais s'étant émancipé de la confédération et devenant une tribu a part entière. Ses descendants sont aujourd'hui principalement dans la Wilaya de Béchar mais également dans certaines grandes familles citadines comme les "al-Jeriri" de Salé[18].

Mahamid des Hachem

[modifier | modifier le code]

Les Mahamid descendent d'un certain Mahmoud, issue des Hamiyan qui aurait rejoint la tribu des Hachem. Ce Mahmoud venu de la région de Ghriss, aurait connu la gloire et le succès parmi les Hamiyan[19].

Hamiyan du Maroc

[modifier | modifier le code]

Hamiyan Djemba

[modifier | modifier le code]

Cette branche des Hamiyan se trouve proche de la frontière avec l'Algérie mais elle fut séparée du reste de la tribu suite au traité de Lalla Maghnia, découpant les territoires et les tribus dépendant soit du Royaume chérifien, soit d l'Algérie française, les Hamiyan Djemba étant considérés comme relevant du Maroc[9],[10].

Hamiyan de Fès

[modifier | modifier le code]

Il existe une communauté de Hamiyan présente dans la région aux alentours de Fès (le Saïss), ces derniers sont principalement issues de réfugiés hamiyanis ayant fui la domination française sur leur territoire en Algérie[20] suite à la révolte des Ouled Sidi Cheikh et de Bouamama[21]. Une présence Hamiyan est tout de même déjà attestée à l'époque de Moulay Slimane dans la région, où les Hamiyan seront fortement rattachés aux Ouled Jamaa et des tentatives seront faites pour les faire intégrer au Guich des Oudaya. Ils sont divisés en 3 fractions :

  • Ouled Hilal
  • Tlaha
  • Azib

En 1931, les registres du Protectorat français au Maroc enregistrent une population d'environ 3 457 membres composant la tribu[22].

Personnalités

[modifier | modifier le code]

Personnalités religieuses

[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques

[modifier | modifier le code]

Caïds tribaux

[modifier | modifier le code]
  • Hajj Habib ould Mabkhush al-Hamiyani[24] : caïd des Hamiyan Djemba du Maroc.

Sources et références

[modifier | modifier le code]
  1. Cauneille Auguste, Les Chaanba Leur Nomadisme, (lire en ligne), p. 20
  2. (ar) قوراري عيسى (Gourari Aissa), قبيلة حميان من القرن 5-8 هـ / 11 إلى 14م دراسة تاريخية وثقافية, Tlemcen, جامعة أبي بكر بلقايد بتلمسان كلية الآداب والعلوم الإنسانية والاجتماعية لاجتماعية حمل قسم (Université Abu Bakr Belkaid de Tlemcen),‎ (lire en ligne), p. 42
  3. (ar) الطيب بوجمعة نعيمة, كتاب نسب زغبة ومنتهى أصلهم لأبي الحسن علي بن محمد بن الخطيب القرشي التلمساني (دراسة وتحقيق ), Oran, Université d'Oran,‎ (lire en ligne), p. 30
  4. (en) Ross E. Dunn, Resistance in the desert : Moroccan responses to French imperialism 1881-1912, London : Croom Helm ; Madison [Wis.] : University of Wisconsin Press, (ISBN 978-0-299-07360-2, lire en ligne), p. 54
  5. Robert Capot-Rey, « Transformations récentes dans une tribu du Sud-Oranais », Annales de géographie, vol. 61, no 324,‎ , p. 138–142 (DOI 10.3406/geo.1952.13374, lire en ligne, consulté le )
  6. (ar) صالح عباد, الجزائر خلال الحكم التركي, Al Manhal,‎ (ISBN 9796500172378, lire en ligne), p. 273
  7. « حميان هم بنو حميان بن عقبة بن يزيد بن عيسى بن زغبة الهلالي », sur www.ainbenimathar.com (consulté le )
  8. (ar) محمد شقرة (Mohamed Chagra), مقاومة قبيلة الزناخرة المحاوشة للاستعمار الفرنسي في جنوب المدية (أوت - أكتوبر (1864),‎ (lire en ligne), p. 431
  9. a et b Ali Farid Belkadi, Boubaghla, le sultan à la mule grise - la Résistance des Chorfas (lire en ligne), p. 338
  10. a et b Pierre Montagnon, Histoire de l'Algérie des origines à nos jours, Flammarion, (lire en ligne), p. 191-192
  11. Gilles Perrault, Le Livre noir du capitalisme, Le temps des cerises, (lire en ligne), p. 212
  12. (ar) ابو القاسم سعد الله, كتاب الحركة الوطنية الجزائرية - الجزء الاول (lire en ligne), p. 319
  13. (ar) محمد شوية, « الشيخ بوعمامة.. المقاوم الجزائري الذي خانه ملك المغرب », sur الشروق أونلاين,‎ (consulté le )
  14. (ar) موسى بن يوسف أبو حمو/الوادي التلمساني, واسطة السلوك في سياسة الملوك, Dar Al Kotob Al Ilmiyah دار الكتب العلمية,‎ (ISBN 978-2-7451-9208-0, lire en ligne), p. 30
  15. (ar) قوراري عيسى (Gourari Aissa), قبيلة حميان من القرن 5-8 هـ / 11 إلى 14م دراسة تاريخية وثقافية, Tlemcen, جامعة أبي بكر بلقايد بتلمسان كلية الآداب والعلوم الإنسانية والاجتماعية لاجتماعية حمل قسم (Université Abu Bakr Belkaid de Tlemcen),‎ (lire en ligne), p. 63-75
  16. a b et c Saïd Sayagh, La France et les frontières maroco-algériennes (1873-1902), CNRS Éditions (réédition numérique FeniXX), (ISBN 978-2-271-10450-2, lire en ligne)
  17. (ar) Nordine Bouderbala, العائلات النافذة في بايلك الغرب 1792 1830م مقاربة اجتماعية وسياسية, Mascara, Université MUSTAPHA Stambouli de Mascara,‎ (lire en ligne), p. 34-35
  18. (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 2972-2973
  19. (ar) الآغا بن عودة المزاري (Al-Agha ben Aouda Mezari), طلوع سعد السعود في أخبار وهران والجزائر وأسبانيا وفرنسا (lire en ligne), p. 343
  20. (ar) بوعسرية بوشتي (Bouchta Bouassriya), البنيات الاقتصادية والاجتماعية في مقدمة جبال الريف على عهد الحماية الفرنسية : نموذج منطقة زرهون 1911 1939, Fès, Université Sidi Mohamed Ben Abdallah,‎ (lire en ligne), p. 141
  21. (ar) الأستاذ التقي العلوي, أصول المغاربة, Université Mohamed V,‎ (lire en ligne), p. 431
  22. du travail et de l'assistance Auteur du texte Maroc. Service de l'administration générale, Résultats statistiques du recensement de la population de la zone française de l'Empire chrétien, effectué le 8 mars 1931 / Protectorat de la République française au Maroc, Secrétariat général du protectorat, Service de l'administration générale, du travail et de l'assistance, (lire en ligne), p. 364
  23. (ar) سفيان صغيري (Sofyan Sghiri), أ ثر علماء الجزائر في النشاط الفكري و التعلمي بالمغرب الاقصى من القرن 17 الى 19م, Université d'El Oued (lire en ligne), p. 242
  24. إسماعيلي مولاي عبد الحميد العلوي, تاريخ وجدة وأنكاد في دوحة الأمجاد,‎ (lire en ligne), p. 197