Heigne
Heigne est un quartier de Jumet dans la ville belge de Charleroi dans la province de Hainaut.
| Heigne | |
La chapelle Notre-Dame. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Arrondissement | Charleroi |
| Ville | Charleroi |
| Démographie | |
| Population | 3 381 hab. (2001) |
| Densité | 1 989 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 50° 26′ 37″ nord, 4° 24′ 40″ est |
| Superficie | 170 ha = 1,7 km2 |
| Transport | |
| Bus | |
| Localisation | |
Carte des 55 quartiers de Charleroi. Heigne porte le numéro 5. | |
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Toponymie
[modifier | modifier le code]L'endroit est mentionné pour la première fois en 866 sous le nom de Hunia Castellum. Le terme hunia, un très ancien mot celte, fait partie des rares termes ayant traversé les siècles, issu du dialecte des peuples germaniques présents dans nos régions bien avant l'arrivée des légions romaines. Il peut être traduit par « escarpement, endroit élevé, éminence ». Le village de Hogne près de Dinant, ainsi que Hougnée près de Hamoir et la rivière la Hoëgne, tirent également leur nom de cette origine. Quant au mot castellum, il ne désigne pas un château mais un fortin ou un poste de défense. Hunia Castellum se traduit donc par « fortin situé sur un escarpement »[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]En octobre 1231, Jean d'Eppes concède la chapelle de Heigne à l'abbaye, permettant ainsi l'installation des moines pour assurer le service du culte. C'est sans doute à cette occasion que l'église, déjà imposante, est agrandie et embellie. Cette présence cistercienne allait perdurer pendant plus de cinq siècles, jusqu'à la Révolution française. L'importance et la renommée du culte de Notre-Dame dans l'église de Heigne ont probablement motivé la fondation du prieuré par l'abbaye de Lobbes[2].
L’actuel site de la Maison des Éclaireurs, à Heigne, occupe l’emplacement de l’ancien château Dogniaux, où les moines cisterciens de l’abbaye de Lobbes s’établirent au XIIIe siècle. Depuis près de quatre siècles déjà, l’abbaye possédait les terres de Heigne et de ses environs, tandis que la chapelle locale relevait de l’autorité du Prince-Évêque de Liège. En octobre 1231, le prince-évêque Jean d’Eppes céda la chapelle de Heigne à l’abbaye de Lobbes, permettant l’installation d’une communauté monastique chargée du service religieux. L’église, déjà importante, fut probablement agrandie à cette occasion. La présence cistercienne se maintint jusqu’à la Révolution française. La renommée du culte marial à Heigne favorisa la fondation d’un prieuré, destiné notamment à accueillir les nombreux pèlerins fréquentant le sanctuaire. Comme dans de nombreux centres de pèlerinage médiévaux, le prieuré offrait hébergement et nourriture aux voyageurs. L’établissement subsista jusqu’en 1796, date à laquelle les religieux durent céder leurs biens à la commune de Jumet. L’ancien prieuré fut alors transformé en hospice, puis en pensionnat, avant d’être acquis par Antoine Houtart, maître verrier. La chapelle désaffectée servit ensuite de dépôt pour le verre[3].
La famille Houtart, installée à Heigne à la fin du XVIIe siècle, joue un rôle majeur dans la modernisation de la verrerie régionale. Au XVIIIe siècle, elle fonde plusieurs ateliers et contribue à diffuser la technique du soufflage en canons, jusque‑là monopole des verriers allemands. Cette ouverture de l’apprentissage permet d’éviter une crise de main‑d’œuvre et favorise l’expansion de l’industrie. Plusieurs membres de la famille occupent des fonctions publiques, et la lignée compte de nombreux maîtres verriers[4].
En 1838, la Société des Charbonnages du Centre de Jumet creuse un puits du nom de Saint-Quentin, d'après le nom de la ville française de Saint-Quentin d'où provenaient les actionnaires de la société. En 1967, il fut abandonné définitivement. Un autre puis nommé Saint-Louis qui faisait partie de la même société fut creusé en 1891 en l'honneur de son premier directeur de la société Louis Misonne. En 1967, le puits a fermé définitivement. Il se situait rue du Vigneron[5].
Au niveau santé, le premier établissement hospitalier moderne de la commune fut la clinique privée du docteur Louis Dogniaux, ouverte en 1892 à Heigne. En 1902, l’établissement connut une première extension avec la construction d’un bâtiment supplémentaire portant sa capacité à environ 130 lits[6]. C'est actuellement l'IPPJ de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En 1909, le docteur Louis Dongniaux construit un hôtel-dieu destiné aux malades indigents. Il se situait à l'angle des rues du Masy et du Docteur Picard. Puis, il se spécialisera dans l'ophtamoligie, avant d'être cédé en 1920 à l'État belge qui fera un hôpital militaire puis une caserne de gendarmerie. En 1980, il fut remplacé par une nouvelle caserne[7]’[8].
En 1944, dans le cadre des opérations préparatoires au débarquement allié, l’aviation américaine intensifia ses bombardements sur les infrastructures de communication. Le , un raid visant la gare de formation de Monceau manqua sa cible et frappa plusieurs rues de Jumet, notamment les rues des Aiselies, Anseele, Masure et de la Madeleine. La rue Masure fut particulièrement touchée : environ une centaine d’habitations furent détruites, causant 52 morts et plus de 60 blessés graves. Un monument dédié aux victimes fut ultérieurement érigé devant l’école de la rue Anseele[9].
Patrimoine et folklore
[modifier | modifier le code]Patrimoine architectural
[modifier | modifier le code]- La chapelle de Heigne, édifiée au XIIe siècle, elle a été transformée au fil des siècles[10].
- La chapelle Saint-Roch, rue Anseele. Construite en 1714, elle a été détruite en mai 1944 lors des bombardements, puis reconstruite en 1956[11].
- la brasserie de l'Union, fondée en 1864, a produit jusqu'à 350.000 hl, en 1978[12],[13]. Cette brasserie fut fondée par Jean-Baptiste Biernaux et Léopold Deposson sous le nom de Brasserie de Jumet mais surnommée par les Jumétois « Brasserie Biernaux » puis plus tard sous le nom de l'Union, elle devient une des entreprises brassicoles de la région de Charleroi[14]’[15]’[16]. Elle est fermée en 2006.
- En face de la chapelle, un grand bâtiment blanc était le château du Docteur Dorgnaux[17]. Aujourd'hui, c'est devenu un internat (« Les Eclaireurs »).
Bâtiments disparus
[modifier | modifier le code]- Le prieuré d'Heigne, fondé en 1231, il fut aussi appelé l'hôpital d'Heigne à la suite de l'influence des pèlerins qui étai nécessaire de prodiguer des soins[17].
- Le château Francq, érigé en 1906 par Jules Francq et démoli en 1957[18]. Il se situait rue de la Madeleine.
Folklore
[modifier | modifier le code]Le tour de la Madeleine est un moment les plus marquants du quartier. Sur la place Francq, il y a une fête foraine jusqu'à la place du prieuré où se trouve la chapelle.
-
Le Mamelouk à l'entrée de Heigne.
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L'entrée du parc Bivort.
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Brasserie de l'Union.
Enseignement
[modifier | modifier le code]Le quartier possède plusieurs écoles notamment : école de Heigne, rue Édouard Anseele et école fondamentale libre Saint-Joseph Heigne, rue Derbèque.
Sports
[modifier | modifier le code]Clubs
[modifier | modifier le code]Parmi les clubs qui sont situés à Heigne, on note notamment : rugby : Black-Star Charleroi[19] ; tir à l'arc : Silver Star Charleroi ; hockey : Wolves Charleroi[20].
Infrastructure sportive
[modifier | modifier le code]Les centre sportive « Arc-en-ciel », place du Prieuré derrière la chapelle.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Arcq 1988, p. 125.
- ↑ Arcq 1973, p. 83.
- ↑ Arcq 1973, p. 83-84.
- ↑ Arcq 1973, p. 64.
- ↑ Arcq 2002, p. 71.
- ↑ Arcq 2006, p. 8.
- ↑ Arcq 2002, p. 70.
- ↑ Arcq 2006, p. 105.
- ↑ Arcq 2002, p. 50-51.
- ↑ Arcq 2002, p. 62.
- ↑ Arcq 1973, p. 113.
- ↑ « ALKEN-MAES: SECONDE JEUNESSE DE LA BRASSERIE DE JUMET », sur Le Soir (consulté le ).
- ↑ Sépul, René., Brasseurs d'ici : Histoire de la bière en Wallonie et à Bruxelles, Renaissance du livre, (ISBN 2-87415-536-5 et 978-2-87415-536-9, OCLC 68207720, lire en ligne), p. 27-29.
- ↑ Arcq 2002, p. 43.
- ↑ Arcq 1988, p. 84.
- ↑ Arcq 2006, p. 66.
- Arcq 2002, p. 67.
- ↑ Arcq 2002, p. 56-57.
- ↑ Charleroi accueil : Se divertir (lire en ligne).
- ↑ « dates des prochains matchs », sur Wolves Charleroi (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Robert Arcq, Jumet : Pages d'histoire, Jumet, , 192 p.
- Robert Arcq, Jumet en flânant, Spites, , 125 p.
- Pierre Arcq, Mémoire en images : Jumet, t. 1, Stroud, Tempus, , 1re éd., 128 p. (ISBN 2-84253-373-9)
- Pierre Arcq, Mémoire en images : Jumet, t. 2, Stroud, Tempus, , 1re éd., 128 p. (ISBN 90-76684-60-X)
- Michel Poulain (dir.), Ville de Charleroi : Atlas géostatistique des quartiers, Charleroi, , 70 p.