Hot Buttered Soul
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | aux studios Ardent (Memphis) et Tera Shirma (Détroit) |
| Durée | 45:24 |
| Genre | Soul |
| Producteur | Al Bell, Marvell Thomas et Allen Jones |
| Label | Enterprise |
| Critique |
Albums d’Isaac Hayes
Hot Buttered Soul est le deuxième album studio d'Isaac Hayes. Sorti en , il est reconnu comme un enregistrement phare de la soul music[1],[2].
Il est cité dans l'ouvrage de référence de Robert Dimery Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie[3]. En 2021, il reçoit le Grammy Hall of Fame Award[4].
Enregistré avec The Bar-Kays, cet album possède la particularité de présenter trois reprises réorchestrées et réarrangées par Hayes, qui triplent, quadruplent voire quintuplent la durée initiale des compositions originelles, dont une version de 12 minutes de Walk On By de Burt Bacharach et Hal David et une version de près de 19 minutes de By the Time I Get to Phoenix de Jimmy Webb. Ces deux chansons, considérablement retouchées, sont publiées en en double face A d'un single. Hayes fait aussi appel au spoken word[5].
Contexte
[modifier | modifier le code]Le premier album solo de Hayes en 1968, Presenting Isaac Hayes, est un échec commercial pour le label Stax Records. Hayes s'apprête alors à reprendre son rôle en coulisses de producteur et d'auteur-compositeur, lorsque le label perd soudainement l'intégralité de son catalogue après sa séparation avec Atlantic Records en [6].
Al Bell, dirigeant de Stax, décide donc de sortir un nouveau catalogue quasi instantané de 27 albums et 30 singles, et ordonne à tous les artistes de Stax d'enregistrer de nouveaux morceaux, encourageant certains des membres les plus influents de l'équipe créative, dont Hayes et le guitariste Steve Cropper, à enregistrer des albums solo[6].
Mais après s'être senti écorné par le fiasco commercial et créatif de son premier album, Hayes déclare à Bell qu'il n'enregistrera pas de suite ni aucun autre album sans avoir un contrôle créatif total. Bell ayant encouragé Hayes à enregistrer Presenting, accepte sans hésiter[6].
Production
[modifier | modifier le code]Produit par Al Bell avec Allen Jones et Marvell Thomas, le disque est enregistré par l'ingénieur du son Terry Manning aux studios Ardent, à Memphis. Les musiciens du studio sont les Bar-Kays, complété par le pianiste et coproducteur Marvell Thomas (fils de Rufus Thomas). Isaac Hayes joue de l'orgue Hammond et chante en live, tout en dirigeant le groupe. Pour gagner du temps, une grande partie du mixage audio est réalisée à Détroit par le producteur Don Davis. Les cordes et les cuivres sont dirigés par l'arrangeur de Détroit Johnny Allen et enregistrés aux studios United Sound par l'ingénieur du son Ed Wolfrum, tandis que des voix et le mix final sont réalisés chez Tera Shirma par l'ingénieur du son Russ Terrana[6].
Accueil critique
[modifier | modifier le code]L'album paraît en et atteint la 1re place du classement R&B du magazine Billboard et la 8e place du classement pop[7],[8]. La version single de Walk On By atteint la 30e place du Billboard Hot 100, celle de By The Time I Get To Phoenix atteint la 37e place du même classement[9]. Hot Buttered Soul devient l’album le plus vendu de l’histoire du label Stax, se vendant à plus d'un million de copies au cours de l’année qui suit sa publication[10].
Les critiques contemporaines et rétrospectives de l'album sont très positives. AllMusic classe Hot Buttered Soul parmi les meilleurs disques de la carrière de Hayes, peut-être le deuxième après Black Moses de 1971, et affirme que l'album a marqué un tournant dans l'évolution du R&B des années 1970[1]. En 2020, Rolling Stone classe l'album à la 373e place de sa liste des « 500 plus grands albums de tous les temps »[11].
Le musicien punk rock américain Henry Rollins cite souvent Hot Buttered Soul comme l'un de ses albums préférés[12],[13]. Rollins interviewe Hayes en 1995, et l'entretien est repris dans son livre Do I Come Here Often? (Black Coffee Blues, Pt. 2), paru en 1998[14].
Evan Minsker de Pitchfork écrit en 2017 : « Hayes n'avait pas de grandes ambitions commerciales pour Hot Buttered Soul, mais ses morceaux longs et son côté dramatique ont fait de lui une star, qui a ouvert les portes de la création aux artistes qui ont suivi »[15].
Titres
[modifier | modifier le code]| Face 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 1. | Walk On By | Burt Bacharach, Hal David | 12:03 | ||||||
| 2. | Hyperbolicsyllabicsesquedalymistic | Isaac Hayes, Alvertis Isbell | 9:38 | ||||||
| Face 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 1. | One Woman | Charles Chalmers, Sandra Rhodes | 5:10 | ||||||
| 2. | By the Time I Get to Phoenix | Jimmy Webb | 18:42 | ||||||
Personnel
[modifier | modifier le code]- Isaac Hayes – vocauxs, claviers
- Marvell Thomas – producteur, claviers
- Harold Beane – guitare solo sur Walk On By[16]
The Bar-Kays :
- Willie Hall – batterie
- James Alexander – basse
- Michael Toles – guitare
Classements hebdomadaires
[modifier | modifier le code]| Classement (1969) | Meilleure place |
|---|---|
| 8 | |
| 1 |
Certification
[modifier | modifier le code]| Pays | Certification |
|---|---|
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Jason Birchmeier, « Hot Buttered Soul : Review », AllMusic (consulté le )
- ↑ (en) Daryl Easlea, « Isaac Hayes Hot Buttered Soul Review », sur BBC Music, (consulté le )
- ↑ (en) « Hot Buttered Soul », sur www.acclaimedmusic.net (consulté le )
- ↑ (en)« Grammy Hall of Fame Award », sur grammy.com
- ↑ (en) « Hot Buttered Soul - Album par Isaac Hayes », sur Apple Music (consulté le ).
- (en) Robert M. J. Bowman, Soulsville, U.S.A. : The Story of Stax Records, New York, Schirmer Books, (ISBN 978-0-8256-7284-2, lire en ligne), p. 181-185.
- (en) « Isaac Hayes Chart History Top R&B/Hip-Hop Albums », Billboard (consulté le ).
- (en) « Isaac Hayes Chart History Billboard 200 », Billboard (consulté le ).
- ↑ (en) « Isaac Hayes : Billboard Hot 100 », sur Billboard (consulté le ).
- ↑ « Hot Buttered Soul (Isaac Hayes), œuvre révolutionnaire de soul symphonique », sur Musiq XXL (consulté le 3 septembre 2025).
- ↑ (en) « The 500 Greatest Albums of All Time », sur Rolling Stone, (consulté le ).
- ↑ (en) Patrick Prince, « 10 Albums That Changed Henry Rollins' Life », sur Goldmine, (consulté le ) : « My mother had this record. She let me have it so I could destroy it on my bad record player with my awful vinyl etiquette. I don’t know why it hit me so hard, so immediately, but it did. I was in 5th grade and listened to it all the time. I was kind of surprised by that myself ».
- ↑ (en) Joe Taysom, « Henry Rollins’ 10 favourite albums of all time », sur Far Out Magazine, (consulté le ).
- ↑ (en) « Do I Come Here Often? by Henry Rollins », sur Goodreads (consulté le ).
- ↑ (en) Evan Minsker, « The 200 Best Albums of the 1960s », sur Pitchfork, .
- ↑ (en) Sean Howe, « Meet the Musicians Who Gave Isaac Hayes His Groove », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ (en)« Gold & Platinum », sur riaa.com
Liens externes
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- Ressources relatives à la musique :