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Hyperosmie

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Hyperosmie

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CISP-2 N16Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-9 781.1

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L'hyperosmie est l'exacerbation de l'odorat[1]. Elle est parfois rapportée par la femme enceinte (quoique ce symptôme ne soit pas confirmé par les études empiriques[2]), se manifeste à la suite de diverses maladies dont des états névrotiques. Elle peut également être liée à la prise de certains types de médicaments.

L'hyperosmie s'oppose à l'anosmie et diffère de la phantosmie.

Étymologie et définition

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Étymologiquement, le mot « hyperosmie » est construit sur le préfixe « hyper », qui vient du grec ancien ὑπέρ, signifiant « au-dessus, au-delà », et le suffixe « osmie », qui vient du grec ancien οσμος, signifiant « odeur ».

Le CNTRL définit l'hyperosmie comme l'« exagération de la sensibilité olfactive dans certains états névropathiques » donnant ainsi un aspect purement pathologique à cet état.

Les causes de l'hyperosmie sont généralement considérées comme génétiques, hormonales, environnementales ou résultant d'un syndrome de sevrage des antidépresseurs ou des anxiolytiques tels que la benzodiazépine.

Les facteurs de risques les plus connus avec la grossesse et la ménopause sont la maladie d’Addison, l’hyperthyroïdie, mais aussi des altérations neuronales dues à la consommation d’amphétamines ou au syndrome d'abstinence néonatale [3].

Hyperosmie et troubles psychiatriques

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L'hyperosmie ou hyperacuité olfactive, entraînant des ressentis face à certaines odeurs considérées comme « trop fortes » (analogues à ceux de l'hypersensiblité au bruit), est une des conséquences de la prise d'antidépresseurs, particulièrement durant les périodes de sevrage[4].

Hyperosmie et grossesse

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Le psychologue Gérard Brand, auteur de l'ouvrage À la découverte des odeurs paru chez Iste éditions, explique que ce phénomène d'hyperosmie chez la femme enceinte, bien identifié depuis des années, repose sur le « rôle protecteur joué par l'odorat vis-à-vis de substances potentiellement tératogènes », notamment durant les trois premiers mois de grossesse lors desquels la « vulnérabilité du fœtus est maximale ». De nombreuses études ayant confirmé ce fait se basent en fait sur les ressentis des femmes enceintes plutôt que sur de véritables analyses scientifiques[5]. Les preuves empiriques de tels facteurs de risque dans le cas de la grossess restent controversées, par exemple les études[2] ne montrent pas de lien détectable avec la grossesse, au delà de ce qui est anecdotiquement rapporté par les patientes.

Hyperosmie célèbre

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L'infirmière britannique en retraite Joy Milne est capable de détecter à l'odeur des patients souffrant de la maladie de Parkinson. Elle a détecté un changement d'odeur corporelle de son mari plusieurs années avant qu'il ne développe la maladie, sans comprendre ce changement[6]. Puis après les premiers symptômes, au cours d'une visite à l'hôpital en 1994, elle s'est rendu compte que toutes les personnes du service présentaient la même odeur, puissante, légèrement musquée, pas forcément agréable. Plusieurs tests à l'aveugle ont pu être pratiqués, notamment en sentant des t-shirts portés une journée, Joy Milne a toujours eu 100% de conformité, y compris sur des patients n'ayant pas encore été diagnostiqués.

Le mari de Joy Milne est mort en 2015 des suites de sa maladie. Joy Milne travaille aujourd'hui avec plusieurs neurobiologistes pour identifier les marqueurs chimiques de la signature olfactive des maladies, notamment par l'étude du volatilome du sébum. Outre Parkinson, elle a identifié une odeur pour la maladie d'Alzheimer, plutôt vanillée, une odeur pour certains cancers, végétale voire terreuse, et pour la tuberculose. Ces détections sont très précoces dans le stade de la maladie, plusieurs mois ou années avant que les premiers symptômes n'apparaissent, ce qui permet d'envisager des traitements médicaux préventifs.

Dans la culture populaire

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Articles connexes

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Liens externes

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  • Site HAL "L’olfaction dans les troubles dépressifs : intérêts et perspectives".

Notes et références

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  1. (en) « Dictionnaire de l'Académie Nationale de Médecine », sur academie-medecine.fr (consulté le ).
  2. a et b (en) Shaley L Albaugh, Lisa L Wu, Douglas Zhang et Ashley Diaz, « Olfaction in pregnancy: systematic review and meta-analysis », Chemical Senses, vol. 47,‎ (ISSN 0379-864X et 1464-3553, PMID 36469055, PMCID 9780746, DOI 10.1093/chemse/bjac035, lire en ligne, consulté le )
  3. Site nospensees.fr, page sur l'hyperosmie, consulté le 7 décembre 2019.
  4. Site Google livre : "Nouveau précis de sémiologie des troubles psychiques" de Serge Tribolet et Mazda Shahidi, consulté le 7 décembre 2019
  5. Google livre : "À la découverte des odeurs" de Gérard Brand (ISBN 978-1784055455), consulté le 7 décembre 2019.
  6. (en-GB) « The woman who can smell Parkinson's disease », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )