Jean Carteron
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Jean Marie Alfred Carteron |
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Jean Carteron, né le dans le 14e arrondissement de Paris et mort le à Rueil-Malmaison, est un acteur de l'histoire des télécommunications et de l'informatique en France, fondateur de la SSII Steria.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille et formation
[modifier | modifier le code]Jean Marie Alfred Carteron naît le dans le 14e arrondissement de Paris du mariage de Léon Carteron, négociant en peaux, et de Marthe Dauvergne[1].

Après des études secondaires à l'école des Francs-Bourgeois à Paris, il poursuit des classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Saint-Louis (1942-1945) et intègre l'École polytechnique (promotion 1945)[2]. Il suit ensuite les cours de l'École nationale supérieure des télécommunications dont il sort diplômé en 1950[3].
Le 3 octobre 1949, il épouse Nicole Mounier[a]. De ce mariage, naissent quatre enfants (Dominique, Isabelle qui épousera Jacques Pantin, Florence et Paul)[1].
Carrière professionnelle
[modifier | modifier le code]Jean Carteron commence à travailler dans le secteur public, d'abord au sein de l'administration des PTT (1950-1952) : au Service des recherches et du contrôle technique (SRCT) et au Centre national d'études des télécommunications (CNET), puis à la Direction des études et recherches de l'EDF (1953-1962), où il crée l'un des premiers et plus importants centres de calcul et le département informatique[3],[5].
Il rejoint ensuite le secteur privé. Entre 1963 et 1969, il dirige la Société d'analyses et de conception de systèmes (SACS) au sein du groupe SEMA. En , il crée la Steria (Société d'étude et de réalisation en informatique et automatisme)[6],[7]. Il quittera la présidence de la société en janvier 1993, tout en en conservant la gérance, ainsi que la présidence du conseil de surveillance de Soderi[8]. En 2007, il quitte sa fonction de gérant et sa qualité d'associé commandité de Groupe Steria[9].
Autres engagements
[modifier | modifier le code]Il est l'un des fondateurs en 1957 de l'Association française de calcul (AFCAL, qu'il préside à deux reprises)[10] et de sa revue Chiffres, très actif au sein de l'International Federation for Information Processing (représentant français jusqu'en 1981, secrétaire général et trésorier entre 1965 et 1969)[3] et le premier président de l'Association pour l'histoire des télécommunications et de l'informatique (AHTI, 2000-2004)[11],[12]. Il contribue à la création et à la consolidation de Syntec Informatique dans les années 1970[3].
Mort
[modifier | modifier le code]Jean Carteron meurt le à Rueil-Malmaison[13],[14].
Publications
[modifier | modifier le code]En , à l'occasion du 30e anniversaire de Steria, Jean Carteron revient sur l'histoire de l'entreprise en publiant Steria, 30 ans de création continue, qui paraît aux éditions Le Cherche midi[15].
Il est l'auteur d'articles scientifiques et historiques : « Calcul analogique ou calcul numérique ? Conflit ou harmonie ? » (Chiffres, vol. II, n°4, 1959, p. 239-248) et « Naissance du calcul électronique en France » (Actes du 1er colloque sur l’histoire de l’informatique en France, Grenoble, INPG, 1988) sont cités par Pierre-Éric Mounier-Kuhn[16]. Ses articles « Naissance du secteur des Sociétés de Services Informatiques (1957-1975) » et « 1950-1980 : les trente années où télécommunication et informatique se sont rencontrées » sont publiés respectivement dans les actes des 2e et 4e Colloques sur l'Histoire de l'Informatique (1990 et 1995), et il est co-auteur de l'introduction des actes du 6e Colloque (2002)[17].
Il publie deux tribunes dans le quotidien Le Monde : « Prenons rendez-vous pour 1990 » le [18] et « Du service informatique à l'ingénierie de systèmes » le [19].
Distinctions
[modifier | modifier le code]Le , Jean Carteron reçoit le grand prix 1979 de la Société des ingénieurs et scientifiques de France pour l'ensemble de son œuvre[5].
Le , il est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « président-directeur général d’une société ; 47 ans de services civils, militaires et d’activités professionnelles »[20].
Pour approfondir
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pierre-Éric Mounier-Kuhn, Jean Carteron, Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE), vol. 32, mars 2010, p. 82-89 (également disponible en ligne).
- Pierre-Éric Mounier-Kuhn, L'informatique en France de la Seconde Guerre mondiale au Plan Calcul. L'émergence d'une science, PUPS, 720 pages, août 2010.
Liens externes
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Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Le , Nicole Mounier est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « coprésidente et fondatrice de fondations ; 27 ans d'activités culturelles et bénévoles. »[4]
Références
[modifier | modifier le code]- Who's Who in France, édition 2000-2001, p. 417-418.
- ↑ Répertoire de l'IESF (Ingénieurs et scientifiques de France).
- Pierre-Éric Mounier-Kuhn, « Jean Carteron », IEEE Annals of the History of Computing, vol. 32, no 1, , p. 82–89 (ISSN 1934-1547, DOI 10.1109/MAHC.2010.23, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Décret du 11 juillet 2008 portant promotion et nomination
- « M. Philippe Olmer devient président de la Société des ingénieurs et scientifiques de France », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Christophe Bardy, « Steria perd son fondateur, Jean Carteron », sur le site LeMagIT dédié à l’information IT, (consulté le ).
- ↑ agence cumi, « "I am Steria", vidéo récapitulative des réalisations de l'entreprise (1969-2009) » [[vidéo]], sur youtube, (consulté le ).
- ↑ « Michel Gautier président de Steria », sur Les Echos,
- ↑ Emmanuel Grasland, « Steria fait évoluer sa gouvernance », sur Les Echos,
- ↑ Se reporter à l'article consacré à l'Association française pour la cybernétique économique et technique.
- ↑ M.L. & L.R, « L'Association pour l'Histoire des Télécommunications et de l'Informatique » (consulté le ).
- ↑ « Trois questions à Jean Carteron » in Asti-Hebdo de l'Association française des sciences et technologies de l'information, no 64, , [lire en ligne].
- ↑ Fiche « Jean Marie Alfred Carteron » dans le fichier Insee des décès en France depuis 1970.
- ↑ Didier Barathon, « Disparition de Jean Carteron, fondateur de la SSII Steria », sur le site Le Monde informatique, (consulté le ).
- ↑ Noël Talagrand, « Steria : 30 ans de création continue » in La Jaune et la Rouge, revue mensuelle de la communauté polytechnicienne, no 551, , [lire en ligne].
- ↑ Pierre Mounier-Kuhn, L'informatique en France de la Seconde Guerre mondiale au Plan Calcul-L'émergence d'une science, coll. Centre Roland-Mousnier, préface Jean-Jacques Duby, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 720 p., 2014 [lire en ligne].
- ↑ « CHIR - Colloques Histoire Informatique », sur www.irisa.fr (consulté le )
- ↑ « Prenons rendez-vous pour 1990 » le .
- ↑ « Du service informatique à l'ingénierie de systèmes » le .
- ↑ Legifrance, « Décret du 29 mars 1993 portant promotion et nomination »