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Jean Marcenac

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Jean Marcenac
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Sainte-FeyreVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jean Marcenac, né à Figeac (Lot) le 16 novembre 1913 et mort à Sainte-Feyre (Creuse) le 14 mai 1984, est un écrivain, poète, journaliste et professeur de philosophie français.

Jeunesse et formation

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Jean Marcenac est le fils d’un couple d’instituteurs. Son père, issu d’un milieu rural, était un homme de gauche, radical mais non socialiste, devenu franc-maçon après la Première Guerre mondiale[1]. Sa mère, dont la famille se distinguait par son jacobinisme et son athéisme, lui transmit très tôt l’amour de la lecture, notamment grâce à Victor Hugo, et lui chanta la chanson de Rossel. Son grand-père maternel, avoué à Figeac, était socialiste.

Après des études au collège Champollion de Figeac, il s’inscrit en 1931 à la faculté des lettres de Toulouse pour y étudier la philosophie. Il y découvre le surréalisme grâce à son ami Gaston Massat, en correspondance avec Joë Bousquet, et écrit ses premiers poèmes en 1932, publiés dans la revue Intervention surréaliste de Bruxelles par André Breton. Il se lie d'amitié également avec Lucien Bonnafé (futur psychiatre) avec qui il anime un groupe surréaliste à Toulouse, le Trapèze volant, réuni autour d'un ciné-club au début des années 1930[2].

Engagement politique et surréalisme

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Jean Marcenac adhère aux Jeunesses communistes en 1934, après avoir milité à l’Union fédérale des étudiants et participé à des actions antifascistes. Il est condamné en 1934 à quatre mois de prison avec sursis pour complicité de coups et blessures lors d’une manifestation. Il devient secrétaire du comité régional des Jeunesses communistes pour la Haute-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et une partie de l’Ariège, et collabore à l’hebdomadaire du parti, La Voix du Midi. En 1936, il épouse Andrée Labry et participe au Congrès mondial pour la paix à Genève, ainsi qu’aux Jeux olympiques de Berlin, où il est marqué par ses contacts avec les Jeunesses hitlériennes.

Carrière et Résistance

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En 1938, il est nommé professeur au collège Mariette à Boulogne, mais échoue à l’agrégation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier en 1940, s’évade en 1941, et rejoint la Résistance dans le maquis du Lot dont le patron est Jean Lurçat. Il y rencontre Elsa Triolet et Louis Aragon, avec qui il noue une amitié durable. Il publie des poèmes sous forme de tract et dans des journaux clandestins. Il est proche d'Éluard et traduit la poésie de Pablo Neruda.

Il participe à la libération de Cahors et de Toulouse. Après la guerre, il devient rédacteur en chef du Patriote, journal du Front national, puis travaille aux Lettres françaises, où il est considéré comme « l’homme lige » d’Aragon.

Après-guerre et engagement culturel

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Jean Marcenac est nommé professeur à Sainte-Ménéhould, puis à Orléans, avant d’obtenir un poste au lycée Paul-Éluard[3] de Saint-Denis en 1955, où il contribue à la vie culturelle locale : son rapport pour la municipalité sur le travail culturel est même publié dans La nouvelle critique. Il est élu conseiller municipal de Saint-Denis de 1959 à 1971. Il quitte Les Lettres françaises en 1953, mais y revient en 1958 à la demande d’Aragon. Il est également connu pour son engagement contre le fascisme et l’antisémitisme, notamment en dénonçant la présence de Maurice Bardèche au Centre national d'enseignement à distance (CNED).

Dernières années

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Atteint d’une maladie cardiaque, il enseigne au CNED dans les années 1970-1980, avant de reprendre un poste en banlieue parisienne, ce qui aggrave sa santé. Il meurt le 14 mai 1984 à Sainte-Feyre.

Postérité

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Quand Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis est élu au premier tour des élections municipales de Saint-Denis en 2026, il cite Jean Marcenac pour qui « Saint-Denis, c’est la ville des rois et du peuple vivant »[4].

Sa poésie dite « engagée » défend les valeurs de la fraternité.

Monographies

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  • La Gueule du loup, 1934 (réédité en 1945 sous le titre Le Cavalier de coupe)
  • Le Ciel des fusillés, Confluence, Lyon, 1944
  • Le Cavalier de coupe : Poèmes 1933-1943, Gallimard, 1945
  • La Marche de l’homme, Seghers, 1949
  • Les Petits métiers, Les Éditeurs français réunis, coll. « Petite sirène », 1969
  • L'Amour du plus lointain, poèmes enrichis de 9 gravures originales de James Coignard, Au Vent d'Arles, Saint-Paul-de-Vence, 1969
  • Le Livre des blessures, Les Éditeurs français réunis, 1971
  • Poèmes, 1932-1969, Temps actuels, 1983 (ISBN 2-201-01636-4)
  • Les Ruines du soleil et autres poésies, 1971-1984, Messidor, 1985 (ISBN 2-209-05698-5)

Distinctions

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Médaille de la Résistance française Médaille de la Résistance française, avec rosette

Notes et références

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  1. « MARCENAC Jean », sur Maitron, (consulté le )
  2. Raphaël Neuville, « Le Trapèze volant : un groupe surréaliste à Toulouse », Midi-Pyrénées Patrimoine,‎ , p. 36-44 (lire en ligne)
  3. Cité dans le roman autobiographie La Traversée des fleuves, Georges-Arthur Goldschmidt, Points, 1999. Page 395.
  4. « Dans la presse : Des candidats qui bousculent le scrutin, un maire qui "rend fier", et justice pour Lumumba », sur France Inter, (consulté le )
  5. Cet ouvrage est le deuxième que la collection « Poètes d'aujourd'hui » consacre à Pablo Neruda. Le texte de Jean Marcenac, régulièrement réédité entre 1953 et 1976, y est complété par une étude de Claude Couffon, traducteur et ami du poète.

Bibliographie

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Liens externes

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