Jean Priorat
| Naissance |
XIIIe siècle Besançon |
|---|---|
| Activité principale |
| Langue d’écriture | Ancien français, Franc-comtois ou Francoprovençal |
|---|
Œuvres principales
- Li abrejance de l'ordre de chevalerie (v. 1285-90)[1]
Jean Priorat est un soldat et poète du XIIIe siècle originaire de la ville impériale de Besançon. Il est connu pour avoir transposé en vers d'ancien français la traduction en prose par Jean de Meung du manuel militaire De re militari de Végèce. Il acheva le poème, intitulé Li abrejance de l'ordre de chevalerie, entre 1284 et 1291, le dédiant à Jean Ier de Chalon-Arlay.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jean est originaire de la ville impériale de Besançon[2]. Son père est Étienne Priorat, un riche bourgeois qui possédait une grande maison à Besançon. Il a une sœur nommée Isabelle et a probablement fait ses études à l'Université de Paris [3]. Son père était décédé le 26 avril 1284, lorsqu'il vendit la maison, tandis que sa sœur y conservait un logement à l'intérieur[4].
Au printemps 1285, il rejoignit la petite armée levée par le comte Othon IV de Bourgogne pour soutenir l'invasion française de l'Aragon. Le comte Othon, pourtant vassal de l'Empire, recherchait la main d'une princesse française. Jean Priorat embarqua avec l'armée bourguignonne à Dole, mais la campagne fut un désastre[3]. Il perdit son cheval et demanda une compensation au comte. Ce dernier lui donna finalement neuf tonneaux de vin en avril ou mai 1286.[5]
C'est peut-être à cause de cette déception, qu'il chercha le patronage de Jean de Chalon-Arlay [6]. C'est très probablement ce dernier qui lui commanda Li abrejance [7]. Alors qu'Othon IV favorisait des liens étroits avec la France, avec laquelle le comté de Bourgogne partageait une langue comme, Jean Priorat était politiquement orienté vers le Saint-Empire romain germanique, auquel il s'associait en tant que citoyen de Besançon.[6]
Travaux
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Li abrejance a été écrite entre 1284 et 1291[8], probablement entre 1286 et 1290 [6],[7],[9]. Cette œuvre contient 11 500 vers octosyllabiques [10] ,[11]. Selon Christopher, la langue présente des caractéristiques du dialecte local, le franc-comtois [12], toutefois François Zufferey, y voit plutôt les caractéristiques d'une langue francoprovençal parlée à Besançon[13]. Le titre vient de la première strophe, tandis que l'explicit appelle l'œuvre Li romanz de chevalerie [14]. À trois endroits, Priorat se nomme lui-même, une fois en donnant également son prénom et dans les deux autres cas son lieu de naissance [10] ,[15]. Il a combiné les quatrième et cinquième chapitres de Végèce en un seul, ce qui a conduit certains chercheurs à penser à tort qu'il n'a pas traduit le cinquième chapitre sur la guerre navale[8]. L'historien Christopher Allmand suggère que certains vers ont été inspirés par le manque de préparation des Français pour la bataille des Formigues[7].
L'œuvre de Priorat, Li abrejance, n'est pas une nouvelle traduction de Végèce du latin mais une interprétation relativement fidèle de la traduction en prose et française rédigée par de Jean de Meung[7]. Bien que Priorat ait eu une expérience directe de la guerre, il n'a pas développé substantiellement les idées de Végèce[16]. En effet, comparé aux traductions vernaculaires de Végèce en général, Li abrejance a eu peu d'influence. L'usage d'une langue local (franc-comtois ou francoprovençal) a peut-être limité sa diffusion[17]. Il est conservé dans un seul codex enluminé maintenant numéro 1604 dans le Fonds Français de la Bibliothèque nationale de France à Paris. C'est un exemplaire de 76 feuillets avec un texte sur deux colonnes composées de miniatures au début des chapitres et dans les marges. [10],[11] Les illustrations correspondent au texte adjacent et semble représenter fidèlement l'image que l'on se faisait de la guerre à la fin du XIIIe siècle. Une édition imprimée du texte est parue en 1897[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Jean Priorat et Ulysse Robert, Li abrejance de l'ordre de chevalerie, Firmin Didot, (lire en ligne)
- ↑ Auguste Castan, « Jean Priorat, de Besançon, poète français de la fin du XIIIe siècle. », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 36, no 1, , p. 127 (DOI 10.3406/bec.1875.446627, lire en ligne, consulté le )
- Auguste Castan, « Jean Priorat, de Besançon, poète français de la fin du XIIIe siècle. », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 36, no 1, , p. 129–130 (DOI 10.3406/bec.1875.446627, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Castan 1875, p. 131–132.
- ↑ Castan 1875, p. 130, 132–133.
- Castan 1875, p. 130.
- (en) Christopher Allmand, The De Re Militari of Vegetius: The Reception, Transmission and Legacy of a Roman Text in the Middle Ages, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-139-50096-8, lire en ligne), p. 160
- Ulysse Robert, « Jean Priorat, de Besançon, traducteur de Végèce. », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 35, no 1, , p. 206 (DOI 10.3406/bec.1874.462124, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Lewis Thorpe, « Mastre Richard, a thirteenth-century translator of the" De re militari" of Vegetius », Scriptorium, vol. 6, no 1, , p. 39 (DOI 10.3406/scrip.1952.2394, lire en ligne, consulté le )
- Robert 1874, p. 204–205.
- Castan 1875, p. 126–127.
- ↑ Allmand 2011, p. 161–162.
- ↑ François Zufferey, « Robert de Boron et la limite nord du francoprovençal », Revue de linguistique romane, vol. 70, nos 279-280, , p. 464 (ISSN 0035-1458, DOI 10.5169/seals-400119, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Castan 1875, p. 133, 138.
- ↑ Castan 1875, p. 127–128.
- ↑ John R. E. Bliese, « Rhetoric goes to war: The doctrine of ancient and medieval military manuals », Rhetoric Society Quarterly, vol. 24, nos 3-4, , p. 105–130 (ISSN 0277-3945, DOI 10.1080/02773949409391022, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Allmand 2011, p. 161.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Christopher Allmand, The De Re Militari of Vegetius: The Reception, Transmission and Legacy of a Roman Text in the Middle Ages, Cambridge University Press, 2011.
- Auguste Castan, « Jean Priorat, de Besançon, poète français de la fin du XIIIe siècle », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 36, no 1, 1875, p. 124–138
- Ulysse Robert, « Jean Priorat, de Besançon, traducteur de Végèce », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 35, no 1, 1874, p. 204-206
Liens externes
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- Ressource relative à la littérature :
- Jean Priorat de Besançon à l'ARLIMA
- Paris, BnF, Français 1604 lire en ligne sur Gallica