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Jean de Falkenberg

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Jean de Falkenberg
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Jean de Falkenberg ou Johannes Falkenberg (né à Falkenberg, en Poméranie, à une date inconnue ; mort vers 1418 en Italie — ou, selon d'autres récits, dans sa ville natale) était un théologien et écrivain dominicain allemand.

Son importance dans l'histoire médiévale est due en partie à sa participation au grand schisme d'Occident, mais surtout à son implication dans les conflits de longue date entre les chevaliers teutoniques de Prusse, d'une part, et le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie, d'autre part. Il est connu comme l'un des premiers penseurs à prôner le génocide d'une autre nation[1].

On sait peu de choses sur ses débuts, si ce n'est qu'il entra dans l'ordre de Saint-Dominique et passa son noviciat au couvent de Kammin. Son titre de maître en théologie indique qu'il enseigna la philosophie et la théologie dans son ordre pendant plusieurs années.

En opposition à nombre de ses frères et au général de son ordre, Bernard de Datis, fervents partisans des antipapes Alexandre V et Jean XXIII, Falkenberg était partisan du pape Grégoire XII. Il poussa son opposition jusqu'à refuser publiquement, lors du concile de Constance, de reconnaître Bernard comme son supérieur.

Falkenberg soutient les chevaliers teutoniques dans leur lutte contre l'alliance polon-lituanienne. À l'époque, les deux parties ont soumis le différend à la médiation du concile de Constance.

Falkenberg écrit un livre, Liber de doctrina, publié en 1416[2], où il s'oppose à l'érudit polonais Paweł Włodkowic. L'ouvrage affirmait que le roi de Pologne et ses partisans étaient des idolâtres et des incroyants ; et que l'opposition à leur encontre était noble et louable. Dans son livre, Falkenberg justifiait le tyrannicide prôné par le franciscain Jean Petit. Falkenberg concluait finalement qu'il était légal de tuer le roi de Pologne et ses associés[3].

Falkenberg a également soutenu, dans Liber de doctrina, que « l'empereur a le droit de tuer même les infidèles pacifiques simplement parce qu'ils sont païens (...). Les Polonais méritent la mort pour avoir défendu les infidèles, et devraient être exterminés encore plus que les infidèles ; ils devraient être privés de leur souveraineté et réduits en esclavage[1]. » Stanislaus F. Belch, dans son ouvrage Paulus Vladimiri et sa doctrine concernant le droit international et la politique, a écrit qu'il était le premier écrivain à formuler une justification du génocide (en)[1].

Falkenberg publie également Satira en 1412, attaquant à nouveau les Polonais et le roi Ladislas II Jagellon. À cette époque, le roi était chrétien, tout comme la Lituanie. Falkenberg le qualifie cependant de « chien enragé », indigne du titre royal[4]. Dans un ouvrage ultérieur, Tres tractatuli, publié en 1416[5], Falkenberg tente de réfuter Jean de Gerson, Pierre d'Ailly et d'autres docteurs de l'université de Paris, qui avaient condamné les œuvres de Jean Petit. De plus, dans cet ouvrage, il refuse aux évêques le droit de déclarer son livre ou une partie de celui-ci hérétique, affirmant qu'en matière de foi, seuls le pape et les conciles généraux étaient infaillibles.

Sur ordre de Mikołaj Trąba (en), archevêque de Gniezno, Falkenberg fut emprisonné. Les Polonais exigèrent en vain sa condamnation pour hérésie. Ses œuvres furent condamnées par le concile de Constance comme scandaleusement diffamatoires, mais non hérétiques[4]. Un verdict similaire fut rendu par l'Ordre dominicain, réuni à Strasbourg de mai à juin 1417, qui condamna également l'auteur à la réclusion à perpétuité. À son retour à Rome, le pape Martin V emmena Falkenberg avec lui et le garda en détention pendant plusieurs années. On ignore s'il recouvra finalement la liberté ou s'il y mourut.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « John of Falkenberg » (voir la liste des auteurs).
  1. a b et c (en) John Cassar, « The Rights of Nations: Reflections on the Address of Pope John Paul II to the 50th Session of the United Nations General Assembly », Center for Global Education, St. John's University (version du sur Internet Archive).
  2. (de) « Werk/2253 », sur Geschichtsquellen (consulté le ).
  3. Schroeder cites: Giovanni Domenico Mansi, "Conc." XXVII, 765
  4. a et b (en) Eric Christiansen, The Northern Crusades, Penguin Books, , 2e éd., 237–239 p. (ISBN 0-14-026653-4, lire en ligne Inscription nécessaire).
  5. (de) « Werk/2256 », sur Geschichtsquellen (consulté le ).
  • (la) Jacques Quétif et Jacques Échard, Scriptores ordinis prædicatorum recensiti, notisque historicis illustrati ad annum 1700 auctoribus, vol. I, p. 760 ;
  • « Falkenberg, Johannes », dans Allgemeine Deutsche Biographie, vol. VI : Elben – Fickler (lire en ligne), p. 554-555 (consulté le ) ;
  • (de) Johann Friedrich von Schulte, Die Geschichte der Quellen und Literatur des Canonischen Rechts von Gratian bis auf die Gegenwart, vol. 2 : Die Geschichte der Quellen und Literatur des Canonischen Rechts von Papst Gregor IX. bis zum Concil von Trient, (lire en ligne), p. 381-382 ;
  • (de) Bernhard Hubler, Die Constanzer Reformation und die Concordate von 1418, Leipzig, , p. 263 ;
  • Jan Długosz, Hist. Poloniae, I, Leipzig, 1711, 2, 376.
  • (en) Joseph Schroeder, « John of Falkenberg », dans Catholic Encyclopedia, vol. 8, New York, (lire en ligne) (consulté le )

Liens externes

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