Jeffrey Epstein
| Président Liquid Funding Ltd. (d) | |
|---|---|
| - | |
| Trustee (d) Wexner Foundation (en) | |
| - | |
| Trustee (d) New York Academy of Art |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Jeffrey Edward Epstein |
| Surnom |
Bear Eppy Jeff |
| Pseudonyme |
Marius Robert Fortelni |
| Nationalité | |
| Domiciles |
Île Little Saint James, Rancho de San Rafael, Herbert N. Straus House (en), Palm Beach, Sea Gate |
| Formation |
Lafayette High School (en) (jusqu'en ) Cooper Union (- Courant Institute of Mathematical Sciences ( - |
| Activités | |
| Père |
Seymour Epstein (d) |
| Mère |
Pauline Stolofsky (d) |
| Fratrie |
Mark Epstein (en) (frère cadet) |
| A travaillé pour |
Towers Financial Corporation (en) (- Bear Stearns (- Dalton School ( - Jeffrey Epstein VI Foundation Wexner Foundation (en) |
|---|---|
| Propriétaire de | |
| Membre de |
Commission trilatérale Council on Foreign Relations Institute of International Education (en) |
| Instrument | |
| Maîtres |
James Cayne, Alan C. Greenberg (en) |
| Partenaires |
Ghislaine Maxwell, Mortimer Zuckerman (en) |
| Personnes liées |
Ghislaine Maxwell (maquerelle et maîtresse), Peter Mandelson, Leon Black, Caroline Lang (associée), Jack Lang (connaissance) |
| Condamné pour | |
| Lieu de détention |
Financial Trust Company (d) (depuis ) |
Jeffrey Epstein ([ˈɛpstiːn] ⓘ,[1],[2]), né le à New York où il meurt le d'un suicide, est un homme d'affaires américain, philanthrope, trafiquant sexuel et violeur en série à l'encontre de jeunes filles/femmes mineures et majeures. Au cours de sa vie, il se construit un immense réseau d'élites[3], et recrute des jeunes filles mineures qui sont victimes de crimes sexuels (viols, violences sexuelles) répétés, par lui et son cercle d'amis[4], ce qui lui vaut d'être au centre de l'affaire Epstein[5].
Après une brève carrière d'enseignant en mathématiques et en physique à la Dalton School, il fait carrière dans la finance au sein de la banque Bear Stearns puis à son compte, faisant rapidement fortune. Il devient ensuite l'ami et le protégé du magnat du textile Les Wexner, qui lui aurait confié la gestion de sa fortune et dont il reste proche des années 1980 à 2007.
Au cours de sa carrière, Jeffrey Epstein devient une personnalité mondaine, développant un vaste cercle de relations au sein de l'élite de la société américaine et internationale, dont les présidents américains Bill Clinton et Donald Trump, le Premier ministre israélien Ehud Barak, l'ex-prince Andrew Mountbatten-Windsor de la famille royale britannique, et de nombreuses personnes fortunées, célébrités du spectacle et du monde académique.
En 2008 et 2009, accusé d'avoir payé plusieurs jeunes filles mineures pour obtenir des rapports sexuels, il plaide coupable et est condamné à une peine de dix-huit mois de prison — il n'en effectuera que treize — pour avoir sollicité une prostituée mineure et se voit également inscrit sur la liste américaine des délinquants sexuels.
En 2019, incarcéré dans l'attente d'un procès pour trafic de mineurs, et alors qu'il risque la perpétuité, Jeffrey Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule. À la suite de multiples dysfonctionnements dans l'organisation de sa détention au moment de sa mort, deux enquêtes sont ouvertes dans le cadre de ce qui est décrit comme un « suicide apparent ».
Biographie
Enfance et éducation

Jeffrey Edward Epstein naît le dans une famille juive ashkénaze de classe moyenne inférieure à Brooklyn (New York). Son père, Seymour George Epstein (1916-1991), travaille comme jardinier et préposé à l'entretien des terrains au New York City Department of Parks and Recreation[6], tandis que sa mère, Pauline « Paula » Stolofsky (1918-2004) travaille comme aide scolaire et femme de ménage. Nés aux États-Unis de parents originaires de Pologne et de Biélorussie, alors membres de l'Empire russe[7], ils se sont mariés en 1952, un an avant la naissance de leur fils aîné[8]. La majorité des membres de la famille de Seymour Epstein et de celle de Paula Stolofsky restés en Europe sont tués durant la Shoah. D'après un ami d'enfance d'Epstein, « Paula était une mère et une femme au foyer merveilleuse, malgré le fait qu'elle avait un emploi à temps plein »[9]. Il a un frère cadet, Mark Lawrence Epstein (en), né en 1954.
Durant son enfance, il est affectueusement surnommé par ses parents « Bear », tandis que son frère est « Puggie ». Jeffrey Epstein apprend à jouer du piano à l'âge de 5 ans et est considéré comme étant un « musicien talentueux »[6]. Vivant à Sea Gate, une communauté sécurisée de Coney Island à Brooklyn, la famille Epstein est décrite par ses voisins comme étant « extrêmement gentille, les personnes les plus douces qu'il y a »[10]. De son origine sociale modeste, Jeffrey Epstein conservera tout au long de sa vie un accent issu des classes ouvrières de Brooklyn, des manières rustiques et un habillement généralement peu sophistiqué, même durant les soirées mondaines où il est invité[11].
Durant son adolescence, Epstein étudie au Lafayette High School de New York (en). Surnommé « Eppy », il est décrit par ses camarades comme étant un « nerd tranquille ». Une amie d'école dira plus tard de lui : « C'était juste un gars moyen, très intelligent en mathématiques, légèrement en surpoids, avec des taches de rousseur, toujours souriant »[10]. Il étudie ensuite à la Cooper Union (de 1969 à 1971), puis au Courant Institute of Mathematical Sciences à l'université de New York d'où il sort sans diplôme[12].
Carrière professionnelle
Enseignant en mathématiques
De septembre 1974 à juin 1976, malgré son absence de formation et de qualification en pédagogie et en didactique, Jeffrey Epstein enseigne les mathématiques et la physique dans une école privée d'enseignement secondaire et préparatoire aux études universitaires, la Dalton School de Manhattan[13]. Il a parmi ses élèves le fils et la fille d'Alan C. Greenberg (en) (1927-2014), président de la banque d'investissement Bear Stearns[6]. Ses anciens élèves se souviennent qu'Epstein avait une personnalité haute en couleur, avec beaucoup d'énergie et de dynamisme, et qu'il s'habillait de manière flamboyante et était populaire auprès des élèves[14]. Durant sa carrière d'enseignant, Epstein aurait eu un comportement inapproprié envers des jeunes filles de la classe dont il avait la tutelle, leur accordant une attention constante. D'autres disent qu'il flirtait ouvertement avec des étudiantes[15]. En juin 1976, Epstein est congédié pour « mauvaise performance »[16].
Trader chez Bear Stearns
Après son congédiement, Epstein est engagé par Greenberg et entame ainsi une carrière de trader chez Bear Stearns[13], au sein de la division consacrée aux « produits spéciaux » et aux conseils de stratégie fiscale pour les clients les plus riches de la compagnie[13]. La fille de Greenberg, Lynne Koeppel, raconte que durant une rencontre parents-enseignants, Epstein aurait influencé un parent afin de plaider en sa faveur auprès de Greenberg afin de l'engager[17].

En 1980, Epstein devient l'un des associés de Bear Stearns[13]. Il quitte cette société en 1981.
Fondateur de International Assets Group
En 1981, il fonde International Assets Group, une société de conseil. D'après lui-même, Epstein aurait alors consacré la plupart de son temps à aider des clients à récupérer de l'argent volé par des courtiers et avocats frauduleux. Il se vante d'être un « chasseur de primes » de haut niveau, travaillant parfois pour des gouvernements pour récupérer des fonds détournés, parfois pour ceux qui ont détourné l'argent. La société est également impliquée dans des investissements risqués dans le pétrole et le gaz avec de petits investisseurs[18].
J. Epstein & Co, gestion financière
En 1982, il fonde sa propre entreprise de gestion financière, J. Epstein & Co. Il se voit confier la gestion d'actifs de clients pour l'équivalent de plus d'un milliard de dollars US en valeur nette. Il utilise à cette époque un passeport avec une fausse identité : Marius Robert Fortelni, né le 30 juillet 1954 à Vienne, de nationalité autrichienne et gestionnaire habitant à Dammam en Arabie saoudite[19].
En 1987, Les Wexner, fondateur et président de Limited Brands (chaîne de magasins basée en Ohio, commercialisant des vêtements pour femmes sous la marque Victoria's Secret), se rapproche de lui[13]. Wexner achète Abercrombie & Fitch l'année suivante, et, en 1992, convertit une école privée (Birch Wathen School (en)) en une immense résidence, ensuite acquise par Epstein, dans l'Upper East Side, l'un des quartiers les plus riches de Manhattan.
Towers Financial Corporation
Epstein travaille ensuite pour Steven Hoffenberg (en) et son agence de recouvrement de créances Towers Financial Corporation, qui, ayant monté un système de Ponzi, mènent à la plus grande fraude financière de l'histoire américaine jusqu'à celle de Bernard Madoff. Steven Hoffenberg et plusieurs employés sont arrêtés et emprisonnés, mais Jeffrey Epstein n'est pas inquiété par la justice.
The Financial Trust Company
En 1996, Epstein rebaptise son entreprise The Financial Trust Company (Société de fiducie financière) et il la « délocalise » sur l'île de Saint-Thomas (un paradis fiscal), dans les îles Vierges des États-Unis[13]. La plupart des clients de son entreprise sont anonymes, mais des commentateurs avancent que le mode de vie luxueux d'Epstein a notamment été financé par Wexner[13].
Activités dans la presse
En 2003, Epstein fait une offre publique d'achat du New York Magazine, face à d'autres soumissionnaires tels que l'entrepreneur du marketing et de la publicité Donny Deutsch, l'investisseur Nelson Peltz (magnat des médias et éditeur du New York Daily News), Mortimer Zuckerman, et le producteur de cinéma Harvey Weinstein. Ils perdent finalement l'affaire, en raison d'une surenchère faite par Bruce Wasserstein, investisseur bien implanté à Wall Street, qui a versé 55 millions de dollars[20].
En 2004, Epstein et Zuckerman s'engagent à investir jusqu'à 25 millions de dollars pour financer (à parts égales) le magazine Radar, fondé par une célébrité de la pop culture américaine Maer Roshan (qui y a conservé quelques parts)[21].
Fondation pour la recherche scientifique
Il finance une partie des besoins d'un think tank américain (EDGE) dédié à la pensée scientifique et intellectuelle, ce qui lui permettra, dès 1999, de participer aux diners annuels du Edge.org, où il rencontrera notamment la plupart des fondateurs des GAFAM (selon une série d’articles de Byline Times), ce qui lui a permis de se rapprocher de la Silicon Valley où il financera aussi diverses start-up[22].
En 2000, il crée une fondation qu'il baptise Jeffrey Epstein VI Foundation ; un fonds de recherche destiné à financer des activités dans certains domaines des sciences et de l'éducation. Avant 2003, cette fondation finance la recherche du mathématicien et biologiste Martin Nowak (en) à l'Institute for Advanced Study à Princeton dans le New Jersey)[23],[13],[24]. En , Epstein fonde un programme d'étude de la dynamique évolutive à l'échelle de la biologie moléculaire à l'université Harvard en offrant 30 millions de dollars à l'université[25]. Sous la direction de Martin Nowak, avec comme mission l'utilisation des mathématiques, en se concentrant sur des maladies comme le cancer, le virus de l'immunodéficience humaine et d'autres virus. Outre sa relation financière et scientifique avec Epstein, Nowak entretient une relation personnelle avec lui sur de nombreuses années et sera cité dans l'affaire Epstein, ce qui aboutira à sa suspension à Harvard, entre 2021 et 2025[26],[27].
La fondation Jeffrey Epstein VI finance également la recherche en génétique menant à des progrès dans des domaines tels que la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques, le cancer de l'ovaire, le cancer du sein, la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn.[réf. à confirmer] Epstein donne des fonds à l'American Cancer Society, pour des projets technologiques sur les cellules tumorales circulantes, un test sanguin visant à détecter des mutations génétiques et la recherche de médicaments inhibiteurs du cancer[28].
Dans le passé, Epstein s'approche de nombreuses personnalités scientifiques, comme Gerald Edelman, Murray Gell-Mann, Stephen Hawking, Kip Thorne, Lawrence M. Krauss, Lee Smolin et Gregory Benford[13],[29],[30]. En 2006, l'Epstein Fondation parraine une conférence à Saint-Thomas, dans les îles Vierges américaines, avec Hawking, Krauss, et les prix Nobel de physique, Gerard 't Hooft, David Gross et Frank Wilczek, couvrant des sujets tels que la théorie unifiée de la gravitation, les neurosciences, l'origine du langage et des menaces globales pesant sur la planète Terre[30].
Par la suite, sa fondation encourage la recherche sur l'intelligence artificielle, soutenant les scientifiques Marvin Minsky au Massachusetts Institute of Technology (jusqu'à sa mort) et Ben Goertzel à Hong Kong[31],[32].
Epstein s'intéresse aussi au transhumanisme et à l'eugénisme, et projette dès le début des années 2000 d'utiliser son ranch du Nouveau-Mexique pour féconder des femmes avec son ADN afin d'« améliorer l'espèce humaine ». Il ambitionne également de se faire cryogéniser la tête et le pénis. Sa fondation verse notamment 20 000 dollars à la World Transhumanist Association en 2011[33],[34].
L'étendue du soutien apporté à d'autres par Epstein dans le cadre de ses actions philanthropiques est inconnue, car sa fondation ne communique pas les informations qui sont habituellement publiées par les organismes de bienfaisance. Ceci soulève des préoccupations qui conduisent le procureur général de New York à tenter d'obtenir plus d'informations[35]. En avril 2020, une compilation exhaustive des donations scientifiques documentées provenant d'Epstein est publiée sous forme de ranking universitaire satirique, le JER (Jeffrey Epstein Ranking of University Funding)[36].
Implication dans des crimes sexuels
À partir des années 2000, des dizaines de jeunes femmes témoignent devant la police du fait qu'elles auraient été abusées sexuellement, violées et prostituées, souvent alors qu'elles étaient mineures, par Jeffrey Epstein et d'autres personnes de son entourage dont Ghislaine Maxwell.
Poursuites judiciaires et mort
En juin 2008, ayant plaidé coupable, Jeffrey Epstein est condamné à 18 mois de prison pour sollicitation de prostitution et incitation de mineurs à la prostitution, et se voit également inscrit sur la liste américaine des délinquants sexuels. Il est libéré au bout de 13 mois pour bonne conduite[37]. Il est à nouveau arrêté le 6 juillet 2019 dans le New Jersey et inculpé pour trafic sexuel de mineurs[38]. Le , dix-sept jours après avoir été incarcéré au centre correctionnel métropolitain de New York où il risque la perpétuité, il aurait fait une première tentative de suicide[39].
Jeffrey Epstein est retrouvé mort le dans sa cellule. D'après l'autopsie révélée le , il se serait suicidé par pendaison avec ses draps[40]. Sa mort est très fortement médiatisée et fait l'objet de deux enquêtes judiciaires. « L'affaire Epstein », au retentissement international, met en cause une série de personnalités publiques au sein de l'élite de la société américaine et internationale[41].
Fortune
Malgré une réputation de milliardaire, le magazine Forbes lui dément ce statut dès 2010. Le magazine estime alors que sa fortune équivaut à une fraction de ce montant et refuse de l'inclure dans son classement des plus grandes fortunes américaines[42].
En 2017, son nom apparaît dans les révélations des Paradise Papers[43].
En 2019, lors de sa mise en accusation fédérale, les procureurs évaluent sa fortune à plus de 500 millions de dollars, tandis qu'Epstein lui-même déclare des actifs de 559 millions de dollars. Son patrimoine immobilier comprend notamment un hôtel particulier de 77 millions de dollars dans l'Upper East Side de Manhattan (acquis pour 10 dollars symboliques auprès d'une société liée à Les Wexner), une propriété de 12,5 millions à Palm Beach, un ranch de 18,1 millions au Nouveau-Mexique sur 3 075 hectares, et une île privée de 29 hectares dans les îles Vierges américaines évaluée à environ 20 millions[42].
Vie privée
Dans les années 1980, Jeffrey Epstein est en couple avec la mannequin et médecin[44] suédoise Eva Andersson-Dubin (en)[45]. Après leur séparation, celle-ci épouse le financier Glenn Dubin, inculpé par la justice américaine après la mort de Jeffrey Epstein[46].
Ghislaine Maxwell a une relation amoureuse de plusieurs années avec Jeffrey Epstein au début des années 1990 et reste très proche de lui au cours des décennies suivantes[47]. Dans une déposition de 2009, plusieurs employés de maison d'Epstein rapportent que Ghislaine Maxwell joue un rôle central dans sa vie publique et privée, la qualifiant de sa « petite amie principale », aussi chargée d'engager, de surveiller et de licencier le personnel à partir d'environ 1992[48].
La dernière compagne de Jeffrey Epstein est Karyna Shuliak, une dentiste originaire de Biélorussie. Entamée en 2010, leur relation se poursuit jusqu'à la mort d'Epstein en prison en 2019[49].
Alors qu'aucune descendance ne lui était jusqu'ici connue, les dossiers révélés en 2026 suggèrent qu'Epstein serait le père d'au moins deux enfants. Une de ses victimes déclare qu'elle a accouché d'une fille dont le père biologique est Epstein aux environs de 2002, alors qu'elle était âgée de 16 ou 17 ans, et que le nourrisson lui a été enlevé de force de façon définitive par Ghislaine Maxwell, dix minutes après l'accouchement. Enfin, Sarah Ferguson, ancienne épouse d'Andrew Mountbatten-Windsor, a envoyé en 2011 un courriel de félicitations à Epstein pour la naissance d'un garçon[50].
Réseau amical
En , Epstein transporte Bill Clinton, Kevin Spacey et Chris Tucker en Afrique dans son jet privé (un Boeing 727) pour promouvoir l'ancien président dans ses efforts de lutte contre le SIDA[13],[51].
Il est également un ami de longue date du prince Andrew, duc d'York ; ils séjournent l'un chez l'autre et passent des vacances ensemble en Thaïlande. En , le prince est invité par Epstein pour quelques jours dans sa résidence de New York, peu après qu'Epstein a été poursuivi pour sollicitation de prostitution d'une mineure.
Son hôtel particulier accueille notamment Katie Couric, George Stephanopoulos, Charlie Rose et Woody Allen[52],[53]. Les 4 600 m2 de ses appartements sont situés juste à côté de la Cinquième Avenue et surplombent la Frick Collection.
Il entretient des relations avec de nombreuses personnalités riches et célèbres, dont Bill Clinton (il donne des millions de dollars à sa fondation humanitaire et finance la campagne sénatoriale de son épouse Hillary[51]), le prince Andrew[54], l'ex-Premier ministre israélien Ehud Barak[55] ou la famille royale saoudienne[56]. Les dossiers de vol de Bill Clinton publiés en 2015 suggèrent que celui-ci a effectué au moins une douzaine de vols distincts à bord de l'avion de Jeffrey Epstein[57].
En 2002, Donald Trump déclare à un journaliste : « Je connais Jeff depuis quinze ans. C'est un mec génial. On s'amuse beaucoup avec lui. On dit qu'il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup entrent plutôt dans la catégorie « jeunes ». Il n'y a pas de doute, il aime sa vie sociale »[55]. Lorsqu'éclate l'affaire Epstein en 2019, Donald Trump, devenu président des États-Unis, prend ses distances avec celui-ci, indiquant qu'il « le connaissait comme tout le monde à Palm Beach le connaissait » et qu'il ne l'apprécie pas. Jeffrey Epstein considère d'ailleurs que Trump — qui aurait refusé plusieurs invitations sur son île privée — est à l'origine de ses ennuis avec la police du comté de Palm Beach[58]. Les médias soulignent qu'il a en revanche été très proche de Bill Clinton, qui est accusé par Trump d'être impliqué dans la mort de l'homme d'affaires, en août 2019, afin d'éviter des révélations compromettantes à son endroit[59],[60]. En 2024, un journaliste américain affirme détenir une centaine d'heures d'enregistrements du financier, pendant lesquels celui-ci reviendrait notamment sur sa relation avec Donald Trump[61].
Dans la culture populaire
- La phrase « Epstein didn't kill himself (en) » (« Epstein ne s'est pas suicidé ») devient un mème populaire[62],[63].
- HBO est en création d'une série limitée sur la vie et la mort d'Epstein qui sera réalisée et produite par Adam McKay[64],[65].
- Sony Pictures Television développe également des mini-séries basées sur la vie d'Epstein[66].
- Dans la finale de la quatrième saison de la série CBS The Good Fight, l'intrigue tourne autour de la mort d'Epstein[67],[68].
- La série documentaire Netflix, Jeffrey Epstein : Filthy Rich (en), est créée en mai 2020[69], réalisée par Lisa Bryant.
- Le documentaire de Lifetime, Surviving Jeffrey Epstein (en), est présenté en première mondiale en août 2020[70].
- Le , une statue d'Epstein apparaît à Albuquerque, au Nouveau-Mexique[71],[72].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jeffrey Epstein » (voir la liste des auteurs).
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Voir aussi
Bibliographie
- Jean-Gabriel Fredet, L'île de tous les vices : sexe, pouvoir et impunité, révélations sur l'affaire Epstein, Paris, Albin Michel, 256 p., 2021 (ISBN 978-2-226-45515-4).
- Dylan Howard, Melissa Cronin, James Robertson, L'Affaire Epstein : espionnage, prostitution, esclavage, mensonges, chantages (Epstein: Dead Men Tell No Tales, 2019), illustrations Patrice Servage, Paris, Éditions Le Jardin des Livres, 279 p., 2020 (ISBN 978-2369990031).
- Xavier Raufer, Jeffrey Epstein : l'âme damnée de la « IIIe culture », Paris, Éditions du Cerf, 277 p., 2023 (ISBN 978-2204150606).
- (en) Conchita Sarnoff, TrafficKing : The Jeffrey Epstein Case, New York, Post Hill Press, , 352 p. (ISBN 978-1642935318).
Liens externes
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- Affaire Epstein
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- Traite des êtres humains
- Étudiant de la Cooper Union
- Étudiant du Courant Institute of Mathematical Sciences
- Naissance en janvier 1953
- Naissance à Brooklyn
- Décès en août 2019
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- Décès à 66 ans
- Suicide par pendaison aux États-Unis