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K2Rhym

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K2Rhym
K2Rhym en couverture de Tunivisions, en mars 2015.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (45 ans)
TunisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Karim GharbiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Beau-parent
Conjoint
Autres informations
Site web

K2Rhym, de son vrai nom Karim Gharbi (arabe : كريم الغربي), né le à Tunis, est un rappeur, producteur, homme politique et entrepreneur tunisien.

Il devient actif au début des années 2000 avec des enregistrements de hip-hop en arabe et français et collabore avec des artistes tels que Snoop Dogg. Il fonde par la suite K2 Meta, une société de conseil axée sur les technologies, et s'implique dans des actions caritatives en Tunisie.

En 2024, dans un contexte politique de plus en plus autoritaire, il est condamné par contumace à quatre ans de prison à la suite d'une candidature présidentielle infructueuse.

Jeunesse et carrière musicale

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Karim Gharbi naît le à Tunis et grandit dans le quartier de Ksar Saïd[1]. À l'âge de quinze ans, il part pour la France et s'installe à Paris[1]. Il y devient rappeur puis producteur. Devenu populaire sous le nom de K2Rhym (également stylisé en K2), il possède 2,4 millions d'abonnés sur Facebook, 1,5 million sur Instagram et 100 000 sur YouTube[2].

Particulièrement populaire au Moyen-Orient, il signe à EMI France puis Virgin Middle East. Il est nommé meilleur artiste du Moyen-Orient aux MTV Video Music Awards de 2012 et lauréat du prix du meilleur rappeur du Moyen-Orient en 2015[3].

Il anime ensuite l'émission Urban fen sur Hannibal TV[3].

Activités commerciales

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Installé ultérieurement aux Émirats arabes unis, Karim Gharbi fonde la société K2 Meta, spécialisée dans le conseil et les investissements dans des technologies telles que la blockchain et le Web3[4],[5].

Parcours politique

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En 2017, Gharbi est nommé ambassadeur de bonne volonté par l'Organisation des Nations unies[3].

Rompant avec son image de bad boy, il se donne une image de piété, troque ses tenues vestimentaires extravagantes[3] au profit d'un costume-cravate, et se lance en politique en 2019[2].

Il s'implique dans des actions caritatives en Tunisie, comme des rénovations d'établissements scolaires, la prise en charge d'enfants de l'association La Voix de l'enfant, le don d'équipements médicaux et de masques chirurgicaux à des hôpitaux, et le don de moutons pour l'Aïd al-Adha. Ses actions lui valent d'être comparé à l'homme d'affaires Nabil Karoui qui a mené des actions caritatives avant de se lancer en politique[3]. En , il affirme avoir conclu un accord avec la Chine pour fournir la Tunisie en vaccins contre la Covid-19, ce que l'ambassade de Chine dément[6].

En 2023, soit un an avant l'élection présidentielle, un sondage de Sigma Conseil le classe comme le troisième candidat le plus populaire auprès des électeurs pour la présidence, derrière le président sortant Kaïs Saïed et l'activiste politique Safi Saïd[7]. À cette date, Gharbi n'a pas encore déclaré son intention de se porter candidat[7].

Il annonce sa candidature en [3]. Par la suite, les autorités ouvrent une enquête pour un achat présumé de parrainages après l'arrestation de quatre femmes ayant collecté des signatures pour son compte[8]. Peu avant la date limite d'inscription, il indique que le ministère de la Justice a refusé de lui délivrer l'extrait de casier judiciaire requis (bulletin no 3), empêchant ainsi son enregistrement officiel[9],[10].

Le , un tribunal de Jendouba le condamne par contumace pour achat de parrainages à quatre ans de prison, assortis d'une amende et d'une interdiction à vie d'exercer des fonctions publiques et de voter[11],[12]. Le tribunal condamne également le président de la municipalité de Jendouba à un an de prison et à une amende de 1 000 dinars. L'avocat de ce dernier affirme qu'aucune preuve n'a été produite attestant d'une collecte de signatures et nie tout lien entre les personnes mises en cause et Karim Gharbi[10]. Auparavant, le même tribunal avait déjà prononcé des peines de prison allant de deux à quatre ans à l'encontre de quatre femmes ayant collecté des signatures pour Gharbi[11].

Human Rights Watch inclut son cas dans ses rapports sur les pratiques électorales en Tunisie[13]. Le rapport indique que l'instance électorale a rejeté quatorze candidatures, dont au moins huit concernaient des personnes condamnées à des peines de prison et/ou frappées d'une interdiction de se représenter. À titre de comparaison, pour l'élection de 2019, l'instance électorale avait validé 26 candidatures issues de l'ensemble du spectre politique[13].

Vie privée

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Il est marié à Nesrine Ben Ali, la fille de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, entre et [14], après avoir officialisé leur relation en [15].

Discographie

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Albums studio

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  • Chroniques (2007)

Titres et collaborations

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Notes et références

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  1. a et b (en) « Biography », sur karim-gharbi.com (consulté le ).
  2. a et b « K2Rhym, un atypique dans la course présidentielle », sur businessnews.com.tn, (archivé sur Internet Archive).
  3. a b c d e et f Frida Dahmani, « Tunisie : le rappeur K2 Rhym, ancien gendre de Ben Ali et futur homme politique ? », Jeune Afrique,‎ (ISSN 1950-1285, lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) « Karim Gharbi », sur Gulf Business (en), (consulté le ).
  5. (en) Anjali Sharma, « The Inspiring Journey of Karim Gharbi: From Humble Beginnings to Luxury Concierge Mogul », sur uaestories.com, (consulté le ).
  6. « K2Rhym, le rappeur qui promet le vaccin aux Tunisiens », Courrier international,‎ (ISSN 1154-516X, lire en ligne, consulté le ).
  7. a et b (en) Iman Zayat, « Controversy in Tunisia as rappers seek to branch out into politics », sur thearabweekly.com, (consulté le ).
  8. « Tunisie : affirmant encore un peu plus son pouvoir, le président Saied limoge son Premier ministre », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Un rappeur tunisien condamné pour triche sur sa candidature présidentielle », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. a et b « K2rhym condamné à quatre ans de prison... », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
  11. a et b « Tunisie : le postulant à la présidentielle Karim Gharbi condamné à quatre ans de prison », Jeune Afrique,‎ (ISSN 1950-1285, lire en ligne, consulté le ).
  12. « K2Rhym condamné à 4 ans de prison et interdit de se présenter aux élections à vie », sur Kapitalis, (consulté le ).
  13. a et b « Tunisie : des candidats potentiels à la présidence empêchés de se présenter », sur Human Rights Watch, (consulté le ).
  14. « K2RYM et Nesrine Ben Ali divorcent », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
  15. « K2Rhym et Nesrine Ben Ali : le rappeur endurci et la fille du président déchu », sur Kapitalis, (consulté le ).

Liens externes

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