Kaidan

Le mot kaidan (怪談, litt. « histoire de l'étrange, du mystérieux ») désigne des histoires d'horreur puisant leurs origines dans le folklore et les légendes japonaises, anciennes comme modernes.
Traduction
[modifier | modifier le code]Kaidan est un mot japonais composé de deux kanjis : 怪 (kai) qui signifie « apparition étrange, mystérieuse, monstrueuse ou ensorcelante », et 談 (dan) qui veut dire « récit, narration ». « Histoires de fantômes japonais » est donc une traduction possible.
Description
[modifier | modifier le code]Le kaidan est un terme qui fait principalement référence aux histoires d'horreur, de fantômes et évoque également des contes populaires japonais de l'ère Edo. Le mot commence cependant à être utilisé à partir de 1627[1].
Le kaidan est considéré comme faisant partie d'un genre littéraire à part entière[2]. Il a peut-être été influencé par son homologue chinois, recueil d'histoires de fantômes connus en tant que Liaozhai zhiyi.
Le terme kaidan entra dans la langue vernaculaire pendant l'époque Edo grâce à la popularité des recueils de contes hyaku monogatari (« Cent Contes ») et des rassemblements où l'on échangeait des histoires fantastiques[3], tel que le jeu hyakumonogatari kaidankai. Cette popularité, ainsi que l'arrivée de l'imprimerie, donna naissance à ce genre littéraire appelé kaidanshū[2].
Ces histoires mettent régulièrement en scènes des créatures surnaturelles du folklore japonais comme les yurei[1], une sorte de fantôme vengeur ou les yokai, qui peuvent s'apparenter à des divinités mineures, des démons, des fantômes, des objets possédés ou encore des sortes de gobelins[2].
Quelques figures du Kaidan
[modifier | modifier le code]Hayashi Razan est à l'origine d'un ouvrage nommé Kaidan zensho, compilant des traductions de contes surnaturels chinois, à destination du shogun Tokugawa Iemitsu[4].
Lafcadio Hearn, aussi nommé Koizumi Yakumo, est connu pour avoir contribué à la diffusion en Occident[5] de certains kaidan et légendes japonaises . Il est notamment l'auteur de Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges.
L'acteur et auteur Junji Inagawa est également connu comme conteur de kaidan[6].
Adaptations
[modifier | modifier le code]Le genre littéraire se voit également prolongé au cinéma avec les kaidan eiga, qui sont des films de fantômes[7]. Un des exemples de ce genre cinématographique est le film Ring[7].
Références au Kaidan
[modifier | modifier le code]Le podcast francophone Japon, fais moi peur est centré sur la thématique du kaidan[8].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Travis Finch, Haunted Boundaries: Ghost Stories in Isolationist Japan, Boca Raton, Florida Atlantic University, , 72 p. (lire en ligne)
- Clément Levy, « Les monstres du Japon ancien devant les lumières de l’Occident : les kaidan de Lafcadio Hearn et David B. », Cahiers du CELEC, vol. 1, (lire en ligne)
- ↑ « Les Cent Contes : les histoires japonaises des terrifiantes créatures « yôkai » », sur Nippon.com, (consulté le ).
- ↑ (en) Eric D. Fischbach, The unnatural world: animals and morality tales in Hayashi Razan’s Kaidan Zensho, University of Massachusetts Amherst, (lire en ligne)
- ↑ « HEARN LAFCADIO », sur Universalis (consulté le )
- ↑ (ja) « 阿川佐和子のこの人に会いたい ・稲川淳二 », 週刊文春, no 1400, , p124-129
- Diane Arnaud, « L’attraction fantôme dans le cinéma d’horreur japonais contemporain », Revue d'études cinématographiques, vol. 20, nos 2-3, (lire en ligne)
- ↑ « A propos », sur Japon fais moi peur (consulté le )