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Kamafugite

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Les kamafugites sont des roches volcaniques très rares, dont les particularités chimiques et minéralogiques résultent de processus développés dans le manteau subcontinental.

La première description de laves à kalsilite date de 1932, quand Holmes et Harwood ont étudié les roches pléistocènes du complexe volcanique de Toro-Ankole, dans le sud de l'Ouganda[1]. Le terme kamafugite est un acronyme forgé par Thure Georg Sahama (de) sur les noms des principales roches de la série : katungite, mafugite et ugandite[2].

Gîtologie et contexte géodynamique

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On ne connaît les kamafugites que dans trois régions[3] :

Les kamafugites se sont mises en place dans des cadres géodynamiques allant d'un contexte intraplaque peu actif (Brésil) à un rifting continental (Ouganda) et à des structures complexes (de compression à extension : Italie)[3].

Composition chimique et minéralogie

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La paragenèse des kamafugites est constituée de kalsilite primaire, de mélilite, d'olivine, de leucite, de phlogopite, de pérovskite, de néphéline et de phases mineures. Elle reflète la composition fortement ultrabasique à basique de la roche totale et l'enrichissement en alcalins (principalement K2O), avec une affinité ultrapotassique (en) à potassique[3].

Les kamafugites des rifts brésilien et est-africain ont des compositions se recouvrant largement, tant pour les oxydes majeurs (proportions élevées de TiO2 et Fe2O3 total) que pour les éléments traces (LILE élevés, Th-U-Nb faibles), tandis que les kamafugites italiennes en diffèrent fortement pour les éléments incompatibles (Th-U-Pb élevés, Ba-Nb-Ta-Ti faibles). De grandes variations sont également observées dans les rapports isotopiques de Sr, Nd, Pb et B[3].

Pétrogenèse

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Les caractéristiques minéralogiques et géochimiques des kamafugites ne peuvent pas être générées par des sources mantelliques constituées d'une péridotite à quatre phases sans volatils, mais par une source de clinopyroxénite à phlogopite comportant une proportion variable de carbonates. Les kamafugites italiennes présentent des compositions isotopiques particulières, qui les distinguent clairement de celles des rifts brésilien et est-africain ; elles sont interprétées comme issues d'un manteau modifié par la subduction, incluant des matériaux crustaux recyclés[3].

Notes et références

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  1. (en) Arthur Holmes et Henry Francis Harwood, « Petrology of the Volcanic Fields East and South-East of Ruwenzori, Uganda », Journal of the Geological Society, vol. 88,‎ , p. 370-442 (DOI 10.1144/GSL.JGS.1932.088.01-04.1).
  2. (en) Thure Georg Sahama, « Potassium-rich alkaline rocks », dans Henning Sørensen, The Alkaline Rocks, New York, Wiley, (ISBN 0471813834 et 9780471813835), p. 96-109.
  3. a b c d et e Innocenzi et al. (2025).

Bibliographie

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