Ken Lum
| Naissance | Vancouver (Colombie-Britannique) |
|---|---|
| Nom de naissance |
Kenneth Robert Lum |
| Nationalité |
Canadienne |
| Activités |
Universitaire, artiste multimédia, |
| Autres activités |
écrivain, commissaire d’exposition |
| Formation |
Baccalauréat Sciences biologiques (1980), Université Simon Fraser; MFA (1985), Université de la Colombie-Britannique |
| Représenté par |
Galerie Nagel Draxler (d) |
| Mouvement |
École de Vancouver (à ses débuts) |
| Influencé par |
Jeff Wall |
| Distinction |
Prix du maire de Vancouver (Art public) 2013, Doctorat honorifique, Université Simon Fraser (2015), Prix du Gouverneur général en arts visuels (2020) |
Kenneth Robert Lum, OC, DFA , né le 26 septembre 1956 à Vancouver (Colombie-Britannique), est un universitaire, artiste multimédia, écrivain et commissaire d’exposition canadien. D’abord près des membres de l’École de Vancouver, il joue avec les autres membres de ce groupe un rôle clé dans la reconnaissance de la photographie comme domaine important de l’art contemporain au Canada[1], spécialement sur la côte du Pacifique où la ville de Vancouver, dans les années 1980, cherche à établir sa réputation de ville culturelle à l’instar de San Francisco aux États-Unis. Par la suite son œuvre prend un caractère plus personnel, allant du conceptuel au représentationnel; il explore le thème de l’identité à travers la langue, l'image projetée et les rapports de force entre groupes sociaux de cultures différentes[2].
Études
[modifier | modifier le code]Ken Lum est né dans une famille d’immigrants chinois dont le grand-père vint travailler à la construction du chemin de fer Canadian Pacific en 1908[1]. Comme bien d’autres familles d’immigrants les Lum s’étaient installés dans l’est de Vancouver où le jeune Kenneth fit ses études primaires et secondaires. Il obtint d’abord un baccalauréat en Sciences biologiques à l’Université Simon Fraser en 1980, mais un cours de Jeff Wall le poussa à se réorienter vers les arts plastiques et il obtint une maitrise en arts visuels à l’Université de la Colombie-Britannique en 1985[3]. Au cours de ces années de formation croitra en lui la volonté de rapprocher l’ « art » et la « culture populaire », ainsi qu’à privilégier le « concept » plutôt que les « compétences techniques » de l’artiste, lui-même s’en remettant pour ses projets artistiques à des collaborateurs photographes et à des gens de métier[3].
Carrière universitaire
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Sa carrière universitaire débutera à l’Université de Colombie-Britannique en 1990 où il dirigera le programme d’arts visuels de 2000 à 2006. À ce titre, il conseillera aux étudiants de « se souvenir que le monde est beaucoup plus vaste, beaucoup plus complexe et contradictoire que ce que vous pouvez apprendre dans [notre] département ou tout autre de l’université » et que « le monde est souvent rude et que le véritable défi consiste à maintenir son idéal face à cette rudesse ». Il est important pour les étudiants de se souvenir d’où ils viennent et où ils se situent par rapport aux autres et au monde qui les entoure[4]. En congé de cette université de 1995 à 1997, il donna cours à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris[1]. À partir de 2005, il enseignera comme professeur diplômé au Bard College, Annandale-on-Hudson jusqu’en 2007[5].
Au cours des années qui suivirent il sera invité par de nombreuses universités au Canada et à l’étranger : Akademie der Bildenden Künste (Académie des beaux-arts) ( Münich), Académie des arts de Chine (Hangzhou), Académie d’arts plastiques de Fort-de-France (Martinique), Académie royale des beaux-arts d’Amsterdam (Pays-Bas), Maine College of Art (Portland, Maine), California College of Arts de San Francisco (Californie) et Banff Centre for Arts and Creativity (Alberta)[1]. Depuis 2012, Ken Lum est titulaire de la chaire Marilyn Jordan Taylor Presidential Professor of Fine Arts à la Stuart Weitzman School of Design de l’Université de la Pennsylvanie à Philadelphie [5].
Artiste multi-média
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Ken Lum définit ainsi l’objectif de sa démarche artistique : « Au départ, ce qui m’intéressait, c’était de réussir à présenter des éléments que je voyais, les éléments dominants des scènes urbaines publiques, de les dessiner, de les réunir ensemble, et de les transférer dans le contexte d’une galerie[3]».
Artiste pluridisciplinaire, Ken Lum a créé des performances, des sculptures faits de meubles loués, des photographies où le portrait est orné de faux logos commerciaux, de peintures sur lesquelles apparaissent des textes en langues incompréhensibles, des miroirs également couverts de textes. À travers cette parodie de la société de consommation, il met en relief les craintes et les disparités sociales générées par un monde de plus en plus global, mais dans lequel les cultures s’entrechoquent sans nécessairement se comprendre. Toutefois, alors que nombre d’artistes partageant ce point de vue prennent position sur ces questions identitaires, Lum laisse au spectateur la responsabilité de décoder le sens de ses messages où se devinent les souvenirs de sa propre famille arrivant dans un pays inconnu dont le langage leur était alors incompréhensible[3],[1]. Ainsi l’un de ses premiers projets datant du milieu des années 1980, Portrait-Logo, juxtapose des photographies de gens ordinaires auxquelles il adjoint des textes qui, souvent empruntés au vocabulaire publicitaire, constituent en fait des commentaires sur les stéréotypes engendrés par le genre, l’ethnicité ou la position sociale. Il déstabilise ainsi le spectateur et le force à découvrir par lui-même « où est l’erreur »[6].
Outre son œuvre personnelle, Ken Lum s’est investi dans de nombreuses commandes d’art public réalisées dans diverses villes à travers le monde : Vienne (Autriche), les Engadines (Suisse), Rotterdam, Leyden et Utrecht (Pays-Bas), Saint-Louis (E.U.A.), Toronto et Vancouver (Canada)[7]. Ces œuvres font souvent allusion au processus de formation de l’identité sociale dans des contextes historiques marqués par la confrontation entre cultures différentes. Ainsi, à Vancouver, il a monté sur le toit de la Vancouver Art Gallery en 2001 une installation composée de quatre bateaux échoués qui peuvent être vus comme un commentaire sur l’immigration et l’acculturation : une longue pirogue des Premières Nations, un bateau cargo, un bateau à vapeur (le Komogata Maru) et un bateau de la Royal Navy ayant transporté George Vancouver dans ses expéditions. Chaque bateau est disposé à l’un des points cardinaux du bâtiment et peint d’une couleur faisant allusion aux origines ethniques de ses propriétaires[8],[7].
Il s’est également joint à des équipes d’ingénieurs et d’architectes pour la construction de grands travaux comme le remplacement du pont Walterdale sur la Saskatchewan Nord près d’Edmonton, la conception d’un espace public appelé Huron Square dans le quartier chinois de Toronto ou le plan d’ensemble du complexe d’épuration des eaux Lions Gate à Vancouver[7].
En 2015, il devait se joindre à Paul Faber et A. Will Brown pour concevoir et réaliser Monument Lab : Creative Speculations for Philadelphia, un projet tenant à la fois de l’art urbain et de la planification urbaine dans la cour de l’hôtel de ville de Philadelphie. Le projet consiste en un pavillon devant permettre le dialogue entre artistes et intellectuels engagés dans la planification des cinq grands espaces urbains de la ville[9].
Comme artiste, Ken Lum est représenté par la New York City gallery Magenta Plains[10], par la Galerie Nagel-Draxkler (Berlin et Cologne), par la Royale Projects (Los Angeles), par Art & Public (Genève), par Nelson Fr eeman (Paris), par la galerie Lothar Albrecht (Frankfort), par la Michael Klein Arts (New York) et par la Misa Shin Gallery (Tokyo)[1].
Écrivain
[modifier | modifier le code]À titre d’écrivain, il a rédigé des articles de 1999 à 2001 pour la revue en ligne London Art et a cofondé en 2004 le Yishu Journal of Contemporary Chinese Art dont il a été le rédacteur-en-chef. En plus de nombreux essais pour des catalogues d’expositions à travers le monde, il a été conférencier invité à diverses conférences internationales comme la World Museums Conference tenue en 2010 à Shangai et à la 15e Biennale de Sydney[1],[7].
En 2020 et 2022, il s’attaqua au théâtre avec deux pièces, The Cook et The Expulsion, traitant des sentiments antichinois dans la période ayant suivi la guerre civile aux États-Unis, alors que, l’esclavagisme ayant été aboli, les grandes compagnies minières et ferroviaires firent appel à de la main d’œuvre étrangère, en grande partie chinoise, laquelle se heurta à l’hostilité de la population locale[11].
Commissaire d’expositions
[modifier | modifier le code]Ken Lum a été impliqué dans la conception et la mise sur pied de nombreuses expositions tant au Canada qu’à l’étranger.
Il débuta avec la direction, de 1982 à 1984, de la Or Gallery, organisation non gouvernementale, de Vancouver. Durant cette période, il fut commissaire de l’exposition PoCo Rococo, tenue au Coquitlam Centre réunissant des étudiants de l’endroit et des artistes établis. Il continua en 2001 comme conseiller de l’exposition mise sur pied par Okwui Enwezor, intitulée The Short Century : Independence and Libertation Movements in Africa 1945 to 1994.
Il fut appelé en 2004 aux États-Unis pour la North West Annual du centre d’art contemporain de Seattle, puis l’année suivante en Chine pour la Shangai Modern 1919-1945, exposition sur l’art et la culture de Shangai pendant la période républicaine[12]. La même année il fut co-commissaire et rédigea un essai pour la 7e Biennale de Sharjah dans les Émirats arabes unis[13].
Expositions
[modifier | modifier le code]Expositions solo
[modifier | modifier le code]- 2011 : Rétrospective à la Vancouver Art Gallery, Vancouver, Canada
- 2007 : Tang Contemporary Art, Beijing, Chine
- 2007 : Chosun Gallery, Séoul, Corée du sud
- 2002 : Centre culturel canadien, Paris, France
- 2002 : Musée canadien de la photographie contemporaine, Ottawa, Canada
- 2000 : Kunsthalle, Vienne, Autriche
- 1995 : Camden Art Centre, Londres, Grande-Bretagne
- 1991 : Kunstmuseum Luzern, Lucerne, Suisse
- 1990 : Witte de With, Rotterdam, Pays-Bas
- 1990 : Winnipeg Art Gallery, Winnipeg, Canada
- 1988 : Musée d’art contemporain, Montréal, Canada[1].
Expositions de groupe
[modifier | modifier le code]- 2014 : Whitney, New York, États-Unis d’Amérique
- 2011 : Biennale de Moscou, Moscou, Russie
- 2008 : Biennale de Gwangju, Gwangju, Corée du Sud
- 2007 : Biennale d’Istanbul, Istanbul, Turquie
- 2006 : Biennale de Liverpool, Liverpool, Grande-Bretagne
- 2005 : Sharjah Biennal, Sharjah, Émirats arabes unis
- 2002 : Dokumenta 11, Cassel, Allemagne
- 2001 : Biennale de Venise, Venise, Italie
- 2000 : Biennale de Shanghai, Shangai, Chine
- 1998 : Biennale de Sao Paolo, Sao Paolo, Brésil
- 1997 : Biennale de Johannesburg, Johannesburg, Afrique du Sud
Honneurs et récompenses
[modifier | modifier le code]- 1998 : Prix Killam pour les recherches exceptionnelles, Université de la Colombie-Britannique
- 1999 : Boursier, John Simon Guggenheim Fellowship
- 2003 : Prix Dorothy Somerset pour les contributions exceptionnelles en arts créatifs et de la performance
- 2007 : Prix en arts visuels de la Hanatyshyn Foundation
- 2011 : Prix spécial ArtMoves de la ville de Toruń, Pologne
- 2013 : Prix d’art du maire de Vancouver dans le domaine de l’art public
- 2015 : Doctorat honorifique, Université Simon Fraser
- 2017 : Officier de l’Ordre du Canada
- 2019 : Prix Gershon Iskowitz
- 2020 : Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ken Lum » (voir la liste des auteurs).
Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- Grant Arnold, mis à jour Daniel Baird, « Ken Lum », sur Encyclopédie canadienne, (consulté le )
- ↑ (en) « Ken Lum », sur Andrea Rosen Gallery, (consulté le )
- « Jen Lum », sur Musée des beaux-arts du Canada (consulté le )
- ↑ (en) « Ken Lum », sur Université de la Colombie-Britannique, (consulté le )
- (en) « Ken Lum », sur Weitzman School of Design, (consulté le )
- ↑ Bassnett & Parsons 2023, p. Ken Lum.
- (en) « Ken Lum », sur Scotia Bank, (consulté le )
- ↑ O'Brian, Melanie, « Ken Lum: Four Boats Stranded: Red and Yellow, Black and White”. Brochure de la Vancouver Art Gallery, 2001.
- ↑ (en) « Monument Lab », sur Monument Lab, (consulté le )
- ↑ (en) « Ken Lum », sur Magenta Plains (consulté le )
- ↑ (en) Jean Pfaelzer, Driven Out : The Forgotten War Agains Chinese Americans, New York, Random House, (ISBN 978-1-4000-6134-1), p. 215-229
- ↑ (en) Joe-Anne Birnie Dankser, Ken Lum et Zeng Shentiang, Shanghai Modern 1919-1945 : Catalogue de l’exposition, Hatje Cantz, (ISBN 9783775714976)
- ↑ (en) « Sharjah Biennal : Belonging », sur Sharjah Biennal, (consulté le )
- ↑ (en) Staff, « Ken Lum receives Art Moves Festival Special Award », sur Straight Com, (consulté le )
- ↑ (en) « 2019-Ken Lum », sur Gershon Iskowitz Foundation, (consulté le )
- ↑ « Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques- gagnantes et gagnants », sur Gouverneur général du Canada, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]La photographie au Canada
[modifier | modifier le code]- (en) Raymonde April, 13 Essays on Photography, Ottawa, Canadian Museum of Photography, (ISBN 088884557X, lire en ligne).
- (en) Sarah Bassnet et Sarah Parsons, Photography in Canada, 1839 - 1989: An Illustrated History., Toronto, Art Canada Institute, (ISBN 978-1-4871-0309-5).
- (en) Penny Cousineau-Levine, Faking Death: Canadian Art Photography and the Canadian Imagination, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-7095-5).
- (en) Andrea Kunard et Carol Payne, The Cultural Work of Photography in Canada, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8572-0).
- (en) Martha Langford, « A Short History of Photography, 1900-2000 », dans Brian Foss, Sandra Palkowsky, The Visual Arts in Canada : The Twentieth Century, Oxford, (ISBN 978-0195434590, lire en ligne), p. 307.
- Office National du Film, Photographie canadienne contemporaine de la collection de l’Office National du Film, Hurtig Publishers, (ISBN 978-0888302649).
- (en) Ann Goldstein & Anne Mortimer, « Marks of Indifference : Aspects of Photography in, or as, Conceptual Art », dans Reconsidering the Object of Art (exh. cat.), Los Angeles, Los Angeles Museum of Contemporary Art, , p. 247-267.
Sur Ken Lum
[modifier | modifier le code]- (en) Grant Arnold (auteur), Okwui Enwezor (contributeur) et Roland Schoeny (contributeur), Ken Lum, Vancouver, Douglas & McIntyre, , 144 p. (ISBN 978-1553654988, lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Ken Lum », sur Ken Lum (consulté le )
- (en) Western University, « Western Libraries Lecture Series - Ken Lum, Reading and Creative Practice », sur You Tube, (consulté le )
- (en) The Image Center, « Pleins feux sur Ken Lum (traduction) », sur You Tube, (consulté le )
- (en) BUMP Festival, « Ken Lum Keynote », sur You Tube, (consulté le )
- (en) University of British Columbia, « Prof Ken Lum, Visual Arts », sur You Tube, (consulté le )
- (en) Art Gallery of Ontario, « Artist’s talk : Ken Lum », sur You Tube, (consulté le )
- (en) Canada Council for the Arts, « Portrait of Kenneth Robert Lum, #GGARTS2020 winner », sur You Tube, (consulté le ).