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Kharg

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Kharg
جزیره خارگ (fa)
Image satellite de Kharg, et sa voisine Kharku (sh) (ou Kharko).
Image satellite de Kharg, et sa voisine Kharku (sh) (ou Kharko).
Géographie
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Localisation Golfe Persique (océan Indien)
Coordonnées 29° 14′ 31″ N, 50° 18′ 43″ E
Superficie 24 km2
Géologie Île continentale
Administration
Province Bouchehr
Démographie
Population 10 000 hab.
Densité 416,67 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+3:30
Géolocalisation sur la carte : Iran
(Voir situation sur carte : Iran)
Kharg
Kharg
Géolocalisation sur la carte : golfe Persique
(Voir situation sur carte : golfe Persique)
Kharg
Kharg
Îles en Iran

Khârg ou Khark (en persan : جزیره خارگ, Jazireh Khārg) est une île du golfe Persique appartenant à l'Iran. Elle est située à quelque 50 km de la côte iranienne et à 483 km au nord du détroit d’Ormuz. Administrée par la province de Bouchehr contiguë, l'île étend les eaux territoriales iraniennes vers les gisements pétroliers du golfe Persique. L'île de Kharg possède un port permettant d'exporter le pétrole.

Géographie

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L'île de Khârg se situe à environ 48 km au nord-ouest de la ville portuaire de Bouchehr, et à quelque 32 km (20 miles) à l'ouest de Bandar Ganaveh (en). Sa superficie totale est 30 km2, soit environ le tiers de la superficie de l'île de Manhattan, à New York. À 3 km au nord, l'îlot de Kharku (sh) lui est associé ; tout en longueur et quasiment inhabité, il a une superficie d'un peu plus de 3 km2[1].

L'intérieur de Khârg est collineux, avec des falaises aux limites nord et sud. Une chaîne peu élevée court du nord-ouest au sud-est, culminant à environ 80 m au-dessus du niveau de la mer. La végétation est peu abondante et la faune pratiquement inexistante. L'île connaît une activité sismique modérée, mais un séisme d'une force notable a été enregistré en 1954. Le climat est chaud et humide en été, et doux en hiver, avec une moyenne annuelle de 24 °C et des précipitations de 28 cm/an[1].

Vue de la ville de Khârg en 2022.

Sur le plan administratif, Khârg est un district, formé de Khârg et Khârgu, et ce district est sous la juridiction de la province de Bouchehr. La seule localité du district de Khârg est la ville du même nom (Kharg (ville) (en)), qui se trouve à la pointe nord-est de l'île, et qui a acquis le statut de « ville » en 1969. En 1959, la localité comptait 650 habitants, 5 460 dix ans plus tard, et l'augmentation s'est poursuivie au cours du règne de Mohammad Reza Pahlavi, pour chuter durant la première décennie de la république islamique d'Iran, ce qui peut s'expliquer par les pertes humaines dues à la guerre Iran-Irak (1980-1988)[1]. La population se montait à 7 720 habitants en 2011, selon le Centre iranien de statistiques[2] et à 8 193 en 2016[3].

Économie (vue générale)

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Carte des îles Kharg (en bas) et Khargu. Légende pour Kharg (de haut en bas) : 1. Zones boisées (vert foncé) ; 2. Prairies (vert clair) 3. Zones administratives urbaines [avec la bande de l'aéroport] (stries verticales) ; 4. Quais (ancre) ; 5. Épave (bateau qui coule).

L'économie traditionnelle de Kharg était initialement basée sur une agriculture guère développée, avec principalement des cultures de palmeraies, vergers d'agrumes, vignobles, dont la production est exportée en partie à Bouchehr. L'irrigation se faisait au moyen d'un réseau de qanat. Ce réseau a été abandonné lors de l'industrialisation de l'île : la principale source d'eau potable est alors venue de puits nécessitant des pompes à eau électriques. En outre, Kharg était un centre de pêche, d'exploitation du corail et des perles (commerce pour lequel l'île était déjà connue au Moyen Âge)[1].

Cette géographie de l'économie s'est trouvée transformée par l'expansion, en Iran, de l'économie pétrolière, l'île devenant dans les années 1960 un important terminal pétrolier et un port qui s'est développé jusqu'à recevoir des supertankers (aux dépens des terminaux d'Abadan, sur la côte nord du golfe Persique). Par la suite, la construction d'un aéroport, disproportionné par rapport à la superficie de l'île, coupant en deux la ville de Kharg, marque l'importance géopolitique de Kharg[1].

Une inscription cunéiforme d'époque achéménide (c. -) a été retrouvée sur l'île en 2007[4]. Deux grandes tombes datées des premiers siècles de notre ère ont été dégagées sur le site, dont la forme et le décor présentent des points communs avec des sépultures contemporaines de Palmyre, Doura Europos et Hatra, voire des sites Nabatéens. Cela plaiderait en faveur de la présence de marchands de ces régions sur l'île, actifs dans le commerce du golfe Persique. Une nécropole plus importante datant en gros de la même période a été dégagée, et ses différents groupes pourraient révéler la présence de différentes communautés religieuses (Zoroastriens, Juifs, Chrétiens). L'architecture religieuse des environs de l'Antiquité tardive et des débuts de l'époque médiévale est particulièrement intéressante. Un petit édifice cultuel qui semble être un temple du feu a été mis au jour. Mais l'édifice majeur est un monastère chrétien, peut-être occupé par une communauté nestorienne, seule trace d'une présence chrétienne notable dans le golfe Persique pour cette période. Y ont été repérés une chapelle, un réfectoire, une bibliothèque et les cellules des moines. Sa datation est débattue, les propositions s'étendant du VIe au IXe siècle. L'absence de documentation écrite sur cette communauté ne permet pas d'en savoir plus.

Durant les premiers siècles du IIe millénaire, l'île est mentionnée dans différents écrits comme un point de ravitaillement entre le port de Bassorah et l'Inde et également pour les perles réputées qui en proviennent. Une tombe d'un saint musulman est érigée sur l'île au XIVe siècle.

L'île fut occupée de à par les Hollandais de la Compagnie des Indes orientales, qui y érigent un fort. Ils la perdent quand elle est prise par le prince de Bandar Rig (en), dont la capitale se situe sur la côte du Bouchehr à proximité de l'île, qui en est chassé peu après par une révolte locale. Elle fut ensuite cédée à la France par la Perse en et sans occupation effective, avant d'être occupée par les Anglais de à , puis de nouveau en -.

L'économie de l'île reste durant cette période tournée vers la recherche de perles et l'agriculture. Cela change à partir des années 1950 et surtout des années 1970, quand l'exploitation des champs pétrolifères voisins est mise en route et que trois importants terminaux pétroliers sont installés sur l'île.

Port et terminal pétrolier

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L'île de Karg : stockages de pétrole et terminaux pétroliers en 1973.

Le port de Kharg, situé en eaux profondes, permet l'installation d'un terminal pétrolier pour l'amarrage des pétroliers, contrairement à la majeure partie du littoral iranien, en pente douce et moins profond.

Le terminal pétrolier de Kharg est aménagé dans les années 1960 par la compagnie pétrolière américaine Amoco[5]. Les infrastructures pétrolières de cette île constituent le principal canal d'exportation du pétrole brut iranien. Elles recevaient en 2014 environ 90 % du trafic pétrolier du pays[6], situation qui reste inchangée en 2016[7], et au début de 2026[5].

Le pétrole exporté provient des champs pétroliers offshore d'Aboozar, de Forouzan et de Dorood [8], ainsi que des champs d' Ahvaz, de Marun et de Gachsaran

En 2016, la capacité d'exportation du terminal est de cinq millions de barils/jour. Il peut accueillir jusqu'à dix superpétroliers simultanément, et dispose d'une capacité de stockage de 28 millions de barils[9].

Jusqu'en 1986, le terminal de Kharg est un des plus grands terminaux en mer et le principal terminal iranien.

En 2015, le terminal pétrolier de Kharg par lequel transitent 90 % du pétrole brut iranien exporté.

Guerre Iran-Irak et guerre du Golfe

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Pendant la guerre Iran-Irak (-), de lourds bombardements irakiens des installations de l'île entre 1982 et 1986 ont détruit la quasi-totalité des infrastructures. L'île de Kharg était alors située au milieu du gisement pétrolier Darius, lui aussi détruit par des bombardements intensifs. Les réparations des installations ont été très lentes, même après la fin de la guerre en 1988, à cause de l'hostilité du gouvernement irakien et de la guerre du Golfe en 1990-1991.

Guerre d'Iran 2026

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À la suite au déclenchement, le , de la guerre d'Iran de 2026, les analystes interprétant des images satellite ont noté que l'Iran s'attendait apparemment à ce que l'île de Kharg devienne une cible dans un éventuel conflit, et que les autorités avaient donc commencé, début , à réduire la quantité de pétrole stockée sur place. Ainsi, bien que les installations de Kharg n'aient pas été attaquées initialement, seuls neuf des réservoirs de pétrole étaient estimés pleins le , contre 27 à la mi-janvier[réf. nécessaire]

Donald Trump déclare le avoir « complètement détruit » des cibles militaires sur l’île de Kharg[5],[10]. L'Iran, durant ce conflit, dissuade les passages par le détroit d'Ormuz aux productions du golfe Persique sauf pour ses propres navires et pour sa production[11]. Ces navires chargent souvent leurs cargaisons sur cette île[11]. Les infrastructure pétrolières iraniennes sont dans un premier temps épargnées bien que 90 % du pétrole que Téhéran vend à l’étranger passe par Kharg[11],[12]. Mais la situation change mi-mars 2026[12].

Le terminal joue un rôle important pour l'Iran, car les eaux du littoral iranien ne sont pas suffisamment profondes pour recevoir des superpétroliers. Cependant, la position isolée de Khârg fait de l'île une cible très vulnérable[5],[13]. Et si les infrastructures de Khârg étaient trop endommagées pour servir, l’Iran serait contraint de diminuer très fortement sa production, qui était estimée, avant la guerre de 2026, à un peu plus de trois millions de barils par jour[5]. Dans ces conditions, Kharg reste, selon la banque JP Morgan, « une pierre angulaire de l'économie iranienne et une importante source de revenus pour les gardiens de la révolution »[13].

En 1970, la plateforme de chargement du complexe pétrochimique de Kharg.

Équipements

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Outre le port servant de terminal pétrolier, l'île est desservie par l'aéroport de Kharg[14]. Le phare de Jazireh-ye Khark est également situé sur l'île. [note 1] [15]

Dans la culture populaire

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L'île de Kharg apparaît comme carte dans le jeu vidéo Battlefield 3 (2011)[réf. souhaitée].

Notes et références

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  1. "Jazireh-ye" means "the island of".

Références

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  1. a b c d et e Borijan in Borjian et al. 2015
  2. Borijan in Borjian et al. 2015 (Voir tableau 1).
  3. « Khārg in Būshehr (Bushehr) », sur citypopulation.de/en, (consulté le )
  4. Par exemple (en) « Expert Gives Another Translation of Kharg Inscription », sur The Circle of Ancient Iranian Studies, (consulté le )
  5. a b c d et e Marie de Vergès, « L’île de Kharg, point névralgique de l’industrie pétrolière iranienne et des marchés énergétiques mondiaux » Accès payant, sur lemonde.fr, (consulté le )
  6. (en) « Iran - Analysis - US Energy Information Administration » [archive du ], sur EIA,
  7. (en) « President Rouhani Launches Strategic Oil Pipeline Project - Politics news », sur Tasnim News Agency (consulté le )
  8. « Why Kharg Island matters: Iran's strategic Gulf oil island » [archive du ], The New Arab, (consulté le )
  9. (en) « Kharg Island Boosting Oil Export Operations », sur Financial Tribune, (consulté le )
  10. « Les Etats-Unis frappent le principal terminal pétrolier de l'Iran dans le Golfe », sur La Presse, (consulté le )
  11. a b et c Marie de Vergès, « Le difficile contournement du détroit d’Ormuz, artère cruciale pour le transit du pétrole et du gaz », Le Monde,
  12. a et b Marie de Vergès, « Ile de Kharg : les frappes américaines sur ce point névralgique de l’industrie pétrolière de l’Iran font craindre des perturbations durables », Le Monde
  13. a et b AFP, « L'île de Kharg, hub pétrolier de l'Iran, ciblée par les Américains », sur france24.com, (consulté le )
  14. « Kharg Airport » [archive du ], SKYbrary Aviation Safety (consulté le )
  15. Huggins, « Jazireh-ye Khark Light » [archive du ], ARLHS IRA-002, (consulté le )

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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