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Kleinite

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Kleinite
Catégorie III : halogénures[1]
Image illustrative de l’article Kleinite
Kleinite originaire du Nevada
(Mine McDermitt)
Général
Symbole IMA Kle
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique (Hg2N)(Cl,SO4)·nH2O
Identification
Masse formulaire 474,72 uma
Couleur jaune clair à jaune canari, orange ; fonce en jaune rougeâtre ou orange à la lumière du jour et revient à sa couleur d'origine dans l'obscurité. Jaune à incolore en lumière transmise
Système cristallin hexagonal
Classe cristalline et groupe d'espace 6/mmm (6/m /m /m) - dihexagonal dipyramidal

P63/mmc

Clivage distinct sur {0001} facile mais irrégulier ; sur {1010}, imparfait
Cassure fragile - généralement représenté par les verres et la plupart des minéraux non métalliques
Habitus prismatique - cristaux en forme de prismes minces (comme la tourmaline).
Échelle de Mohs 3,5
Trait jaune
Éclat adamantin, gras
Propriétés optiques
Indice de réfraction nω = 2,190, nε = 2,210
Biréfringence δ = 0,020 – biaxe(-) à une température inférieure à 130 °C.
Pléochroïsme incolore
Dispersion optique r < v, très forte
Transparence oui, translucide
Propriétés chimiques
Solubilité dans l'acide chlorhydrique et l'acide nitrique chauds sans dépôt de calomel. Soluble dans le bromure d'ammonium avec dégagement d'ammoniac.

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La kleinite est un minéral très rare de la famille des halogénures, et de formule chimique (Hg2N)(Cl,SO4)·nH2O (où "n" désigne un nombre variable de molécules d'eau de cristallisation)[2]. Elle est photosensible, c'est-à-dire que sa couleur change vers le foncé, de façon réversible, à la lumière du jour[3].

Découverte en 1903, et décrite en 1905, elle a été validée par l'IMA[4] qui lui attribue le symbole Kle[5]. Elle a été nommée en 1905 par Arthur Sachs en l'honneur de Carl Klein (1842-1907)[6], minéralogiste allemand de l'Université de Berlin, pétrographe, contributeur important à l'optique minérale et à l'identification des minéraux en lames minces, pionnier de l'étude des météorites en lames minces.

La kleinite est dimorphe de la mosesite (en).

Sa localité type est le district minier de Terlingua au Texas, aux États-Unis[3]. Elle a comme synonyme mercurammonite[7].

Classification

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La formulation de classification de Strunz, 3.DD.35, donne la kleinite comme halogénure, parmi les oxyhalogénures, hydroxyhalogénures et halogénures doubles apparentés, ayant du mercure dans sa composition.

Selon la classification de Dana, 8e édition, sous la côte 10.4.3.1, la kleinite est parmi les oxyhalogénures et hydroxyhalogénures de structure A2(O,OH)Xq[8],[9].

Structure et caractéristiques optiques

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Structure cristalline
Vue parallèle à l'axe a
Dés colorés avec fond en damier
Vue parallèle à l'axe b
Vue parallèle à l'axe c
Orientation cristallographique standard
Légende des couleurs :
Hg, N, S, Cl, O

De système cristallin hexagonal (à température ambiante), la kleinite est constituée de cristaux prismatiques courts [0001] avec un développement variable de {10-11} ; parfois équidimensionnels. Les cristaux présentent une biréfringence anormale (maximale δ = 0,020) ; leur véritable symétrie peut être monoclinique ou triclinique, en raison de l'ordre du chlorure, du sulfate et de l'eau zéolitiques. Les cristaux apparemment hexagonaux peuvent être fortement maclés et/ou pseudomorphes d'un polymorphe haute température véritablement hexagonal.

D'un point de vue optique, elle est biaxe à une température inférieure à environ 130 °C (biaxe négatif) et uniaxe au-dessus (uniaxe positif), ce qui équivaut à dire que la biréfringence disparaît au-dessus de 130 °C. Elle révèle une isotropie, au-dessus à environ 190 °C[2]. La dispersion optique est très forte et r < v : la vitesse de la lumière traversant la kleinite est bien inférieure à celle dans le vide.

.

Exemple riche et coloré (vieille mine de Cordero, Mine McDermitt)

La kleinite a une masse molaire de 474,72 g/mol. Elle est composée à 87,88 % d'oxyde de mercure(I), Hg2O et à de faibles pourcentages d'autres oxydes (NO, SO3)[9].

Composition[10]
Mercure 84,51 %
Hydrogène 0,42 %
Soufre 0,68 %
Azote 2,95 %
Chlore 6,72 %
Oxygène 4,72 %

Le minéral libère du mercure lorsqu'il est chauffé dans un tube à essai. Légèrement soluble dans l'acide chlorhydrique froid, mais soluble sans résidu dans l'acide chlorhydrique et l'acide nitrique chauffés. Sa dissolution dans le bromure d'ammonium produit de l'ammoniac[9].

La kleinite procède de l'altération et/ou métamorphisme à haute énergie de minéraux déposés par des fluides hydrothermaux riches en métaux (mode paragénétique 33, voire 12)[11].

Avec la grande Oxydation (stade 7), il y a 2,4 milliards d'années, elle a pu se former par altération hydrothermale superficielle des minéraux (mode 36, voire 22), lors de la formation des sulfates et sulfites (mode 47b)[12] et parmi les minéraux d'altération superficielle contenant des halogènes (mode 47g)[7].

Gîtologie et gisements

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La kleinite se trouve dans les portions oxydées de gisements de mercure. La barytine, la calcite, le gypse et la terlinguaïte la cotoient dans la mine Terlingua[7].

La base de données minéralogique Mindat.org recense 3 gisements en 2025 : le lieu-dit Landsberg à Obermoschel, en Allemagne, la mine McDermitt, dans le district minier Opalite, Comté de Humboldt au Nevada, le district minier Terlingua qui compte comme localité type, et notamment la mine Mariposa, au Texas[7].

Notes et références

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  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. a et b (en) G. Giester, W. Mikenda et F. Pertlik, « Kleinite from Terlingua, Brewster County, Texas: investigations by single crystal X-ray diffraction and vibrational spectroscopy », Neues Jahrbuch für Mineralogie, vol. Monatshefte,‎ , p. 49-56. (résumé)
  3. a et b (en) « Kleinite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  4. (en) « The New IMA List of Minerals : A Work in Progress – Updated: July 2024 » [PDF], sur CNMNC
  5. (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  6. (de) A. Sachs, « Der Kleinit, ein hexagonales Quecksilberoxychlorid von Terlingua in Texas », Sitzungsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften, vol. 1905,‎ , p. 1091-1094.
  7. a b c et d (en) « Kleinite », sur Mindat.org (consulté le )
  8. Cette notation indique la structure chimique du minéral. A représente les cations métalliques présents dans la structure (par exemple, Pb2+ ou Cu2+). O indique la présence d'oxygène dans le minéral. OH représente les groupes hydroxyles (OH-) qui sont également présents. X indique les halogènes (F, Cl, Br, I) qui font partie de la structure. q représente la quantité relative d'halogène dans la structure, qui peut varier selon le minéral spécifique.
  9. a b et c (de + en) « Kleinite (Kleinit) », sur Mineralienatlas.de (consulté le )
  10. (en) « Kleinite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  11. Le dépôt hydrothermal souterrain de filons et autres corps riches en métaux, principalement dans des environnements associés au volcanisme, a produit environ 800 espèces minérales, dont la plupart sont propres aux origines hydrothermales. D'importantes incertitudes subsistent quant à la séquence et à la chronologie des premières apparitions de ceux-ci.
  12. Minéraux secondaires formés dans des environnements d'altération à basse température en contact avec une atmosphère oxygénée post-Grande Oxydation.

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Liens externes

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  • Photos et données (diffraction) : (en) « Kleinite », sur Mindat.org (consulté le )
  • Photos et données : (de + en) « Kleinite (Kleinit) », sur Mineralienatlas.de (consulté le )