Kverkarhellir
| Kverkarhellir | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Suðurland |
| Type | Site archéologique |
| Histoire | |
| Époque | Moyen-Âge |
| modifier |
|
Kverkarhellir est un site archéologique découvert en 2011 dans une grotte dans le sud de l'Islande, elle aurait été occupée par des moines gaéliques irlandais au IXème siècle avant même l'établissement durable des vikings. Il s'est avéré que cette grotte a en fait été creusée dans la roche tendre de la main même de l'homme pour s'y abriter. Près de 200 de ces grottes artificielles ont déjà été découvertes en Islande. Profonde de 7,50 m, des marques d'outils observées sur les parois de la roche marquent clairement le caractère artificiel de celle-ci, selon l'archéologue Kristján Ahronson, professeur à l'Université de Bangor (Pays de Galles) qui fut à la tête du chantier qui découvrit le site. En effet, d'après les récits des premiers Vikings qui abordèrent l'Islande, des vestiges d'habitats érémitiques auraient été observés, notamment selon l'Íslendingabók et le Landnámabók[1]. Ces moines sont nommés "papars" par les vikings, de nombreux d'entre eux seraient partis d'Écosse et/ou d'Irlande pour se retirer[2]et[3].
Les couches de sédiments contenant des résidus cendrées dus aux fréquentes activités volcaniques de l'Islande permettent régulièrement et facilement de dater certaines couches archéologiques contenues sous celles-ci. Justement, à Kverkarhellir, une couche de "tephra", nom islandais donné à ces matériaux fragmentaires produits par une éruption volcanique, aurait été déposée au cours d'une éruption ayant eu lieu en 871. Encore intacte à l'entrée de la grotte, cette couche d'éjecta a permis une datation plus ou moins exacte aux alentours de 800 de notre ère. Car des traces de construction ont été retrouvées sous cette dernière, la mesure de la quantité de sédiments déposés par le vent entre la couche archéologie et les tephras a donc permis de dater les débuts de cette occupations avant les premières implantations scandinaves. Cette date donnerait même à ce site le témoignage de la toute première implantation humaine connue en Islande, 70 ans avant Ingólfr Arnarson, premier résident viking à s'installer de manière permanente sur l'île.
D'autres études tracéologiques permettent même d'amener l'hypothèse de traces d'animaux qui, selon les archéologues, auraient été créées par des herbivores de taille moyenne, ce qui suppose l'importation d'animaux d'élevage par ces moines ermites comme des moutons ou de petites vaches car la plus grande espèce terrestre d'Islande avant sa colonisation n'était autre que des renards polaires[4].
Dans cette grotte et dans d'autres à proximité et datant probablement de la même époque ont été retrouvé 23 croix gravées sur la paroi du fond qui ressemblent fortement au croix chrétiennes de style hiberno-écossais que l'on retrouvait beaucoup dans l'Ouest de l'Écosse au haut Moyen-Âge, et plus précisément justement aux alentours de l'an 800 voir avant[4]et[5].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Inconnu, Íslendingabók : Kristni Saga : The Book of the Icelanders - The Story of the Conversion, Viking Society for Northern Research, (lire en ligne)
- ↑ (en) K. Ahronson, « Testing the evidence for northernmost North Atlantic papar: A cave site southern Iceland », dans K. Ahronson, B.E. Crawford, The Papar in the North Atlantic: Environment and History. Proceedings of St Andrews Dark Age Conference, University of St Andrews, (ISBN 095125734X, lire en ligne), pp. 107-120
- ↑ (en) Charles Thomas, Herdsmen & Hermits. Celtic Seafarers in the Northern Seas, Hexham, Bowes & Bowes, , 146 p.
- Owen Jarus, « Did the Scots visit Iceland? New research reveals island inhabited 70 years before Vikings thought to have arrived » (consulté le )
- ↑ (en-US) Bjorn, « Seljaland Caves », sur NAT, (consulté le )