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Les Pontets

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Les Pontets
Les Pontets
Vue du village en hiver
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Intercommunalité Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs
Maire
Mandat
Claude Gindre
2020-2026
Code postal 25240
Code commune 25464
Démographie
Population
municipale
141 hab. (2023 en évolution de +4,44 % par rapport à 2017)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 43′ 11″ nord, 6° 10′ 20″ est
Altitude Min. 970 m
Max. 1 237 m
Superficie 6,36 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Frasne
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Les Pontets

Les Pontets sont une commune française située dans le département du Doubs, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants se nomment les Pontessiens et Pontessiennes.

Géographie

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Le village des Pontets se situe au fond d’une dépression orientée nord-est/sud-ouest, à une altitude de 1000 mètres. Il s’agit d’un synclinal parallèle au val de Mouthe, allant de Crouzet au nord jusqu’au lac Saint-Point au sud.

Les sommets principaux sont le Tuchet (1 227 m) et le Saint-Sorlin (1 237 m), tous deux situés sur la limite avec le département du Jura[1].

Dans la partie basse de la commune, les eaux s’accumulent, générant des marais et des étangs, ainsi que des pertes karstiques absorbant les trop-pleins et les eaux de la source de la Tranchée.

Des Pontes en 1485 ; Les Pontets en 1614 ; Pontet au XVIIIe siècle[2].

Communes limitrophes

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Rose des vents Mignovillard (Jura) Rondefontaine Rose des vents
N Mouthe
O    Les Pontets    E
S
Cerniébaud (Jura) Reculfoz

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Dfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à hiver froid (influences continentales)[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[5] et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons (1 000 à 1 500 mm/an), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre[6]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 6,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 735 mm, avec 13,7 jours de précipitations en janvier et 11,3 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mouthe à 2 km à vol d'oiseau[9], est de 6,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 677,4 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 36 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −36,7 °C, atteinte le [Note 1].

Au , Les Pontets sont catégorisés commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13] et hors attraction des villes[14],[15].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (52 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,8 %), zones agricoles hétérogènes (29,6 %), terres arables (16,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,2 %), prairies (2,3 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'histoire du village se confond dans les premiers siècles avec celle de la seigneurie du prieuré de Mouthe, lui-même rattaché à l'Abbaye de St Oyend. La première mention du village est donnée par une charte du prieur Jean de la Fertey le 1er avril 1331 diminuant les redevances et corvées dont étaient redevables les abergeurs.

La limite de la commune coté Nozeroy fait l'objet d’arbitrage de la part des comtes de Bourgogne le 7 novembre 1469 après un conflit datant de 1432 à propos d'un essartement accru de la part des communautés de Rondefontaine et des Pontets. La limite définitive a été fixée par traité le 24 octobre 1761 (douze bornes furent plantées à la suite).

En 1479 le village est saccagé et rançonné de 400 florins par les troupes françaises pour sa fidélité au comté de Bourgogne.

Le village partage le sort de nombre de villages durant la guerre de 10 ans (épisode Franc-Comtois de la guerre de 30 ans) par la destruction total du hameau du Bougnons en 1639 par les troupes de Weimar. La peste s'est également lourdement abattue sur le village à cette période, un cimetière spécifique le long de la route de Rondefontaine en témoigne[17].

Le village tout comme la seigneurie de Mouthe est octroyé au collège jésuite de Dole par un acte du Parlement de Franche comté du 22 juin 1582 après accord du roi d'Espagne Philippe II (le 16 janvier).

Les habitants du village sont resté mainmortable jusqu'à la révolution Française.

Bien que soumis au régime de la mainmorte, les prieurs ont facilité le développement de la communauté en lui accordant une relative autonomie. Cela se manifeste, par exemple, par l’élection de leurs prud’hommes, ou encore par l’attribution de portions forestières — comme en 1399 pour la forêt du Turchet[18].

Aux XVe et XVIe siècles, la population augmente régulièrement[18]:

  • 18 personnes sont taxées en 1519-1520,
  • 26 en 1551,
  • et 30 en 1587.

À la veille de la guerre de Trente Ans, on compte 56 feux (soit environ 375 personnes), une situation comparable à celle de la terre seigneuriale de Mouthe, avec une moyenne de six personnes par feu.

Après la guerre, en 1696, la population tombe à 36 feux. On recense alors seulement 102 habitants en 1688.

Au XIXe siècle, le village atteint sa population maximale : 199 habitants en 1820, avant de connaître un déclin démographique, avec seulement 69 habitants en 1982.

Lors de l’enquête de 1688, en plus des 102 habitants, le village compte 10 chèvres, 14 chevaux et 235 bêtes à cornes. En 1795, on recense 15 chevaux et 95 ovins[2].

La culture céréalière est très compliquée à cette altitude. En 1793, on récolte 1 457 mesures d’avoine, 454 d’orge et seulement 3 de froment. Le village aura toujours du mal à satisfaire les diverses réquisitions en la matière[2].

La polyculture se maintient au XIXe siècle. En 1846, le village compte 41 maisons. Les terres labourables s’étendent sur 204 hectares, les pâtures sur 137 hectares, et les bois sur 93 hectares. Les pâturages nourrissent 139 vaches en 1858, dont le lait est acheminé vers la fromagerie coopérative. Celle-ci regroupe 27 sociétaires et produit 11 tonnes de fromage par an en 1856[19].

Les terres labourables occupent en 1909 une surface de 24 hectares, avant de disparaître progressivement en 1983. Les pâtures couvrent alors 223 hectares. Le cheptel bovin passe de 100 têtes en 1909 à 400 en 1980. La production de fromage évolue de 331 tonnes en 1929 à 1 653 tonnes en 1980. Le remembrement a lieu entre 1971 et 1975[2].

Une école est présente dans la commune jusqu’en 1971[2].

Situation religieuse

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La terre seigneuriale de Mouthe ne comptait qu’une seule paroisse au Moyen Âge. Tous les habitants devaient se rendre à l’église du prieuré. Les Pontets obtiennent la construction d’une chapelle en 1443[2].

La pratique religieuse est très importante : en 1794, le comité révolutionnaire note que peu de gens travaillent le dimanche. Elle diminue par la suite, au point que des missions sont organisées après 1860. L’église actuelle est édifiée de 1845à 1931 sur l’emplacement de la chapelle[2].

Équipements communaux

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Voici les principales constructions :

  • Maison d’école : 1878
  • Cimetière actuel : 1906
  • Poids public : 1925
  • Électrification : 1918
  • Adduction d’eau : 1828 et 1929

Politique et administration

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1831 1837 Claude Napoléon Jouffroy   Percepteur
vers 1845   Gillard    
1959 1989 Marcel Scalabrino    
1989 2001 Jean-Paul Bouveret    
2001 2008 Michel Bessant    
2008 2014 Joany Lepine    
2014 en cours
(au 1er juin 2020)
Claude Gindre [20]
Réélu pour le mandat 2020-2026
SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[22].

En 2023, la commune comptait 141 habitants[Note 2], en évolution de +4,44 % par rapport à 2017 (Doubs : +1,5 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
162181195199168177143175197
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
186187160191169184179170149
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
137152153127108110988287
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
9310073696584100104140
2018 2023 - - - - - - -
132141-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments

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L'étang des Pontets ou lac du Trouillot est un petit plan d'eau entouré d'une zone humide remarquable.

Le lac fait partie du site Ramsar "Tourbières et lacs de la montagne Jurassienne" depuis février 2021[25].

Personnalités liées à la commune

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Notes et références

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  1. Les records sont établis sur la période du au .
  2. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

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  1. Carte géologique, Géo portail BRGM
  2. a b c d e f et g Jean COURTIEU, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, BESANÇON, CÊTRE, .
  3. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
  4. Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116,‎ (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
  5. « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
  6. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  7. « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
  8. « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
  9. « Orthodromie entre Les Pontets et Mouthe », sur fr.distance.to (consulté le ).
  10. « Station Météo-France « Mouthe », sur la commune de Mouthe - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
  11. « Station Météo-France « Mouthe », sur la commune de Mouthe - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  12. « La grille communale de densité », sur le site de l’Insee, (consulté le ).
  13. Insee, « Métadonnées de la commune ».
  14. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  15. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  16. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  17. Jean Musy, Histoire du prieuré et de la terre seigneuriale de Mouthe, Ornans, Editions de la vallée, , 150 p.
  18. a et b « 2: Braillans - Dasle », dans Dictionnaire des communes du Département du Doubs, Cêtre, (ISBN 978-2-901040-31-6)
  19. Elisabeth Carry Renaud, « L'homme et la forêt dans la Haute-Vallée du Doubs à la fin du Moyen âge : modalités et paradoxes d'une anthropisation tardive », Thèse de doctorat,‎ (lire en ligne)
  20. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
  25. « Présentation du site Ramsar du massif du Jura - Parc naturel régional du Haut-Jura », sur parc-haut-jura.fr (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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