Librairie

La librairie est un commerce de détail destiné à la vente de livres. Il existe différents types de points de vente du livre : librairies de livres neufs (généralistes ou spécialisées), librairies de livres anciens et d'occasion, maisons de la presse, librairies-papeteries, librairies ambulantes, grandes surfaces, librairies numériques.
Histoire
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Un métier ancien et pluriel
[modifier | modifier le code]La librairie moderne trouve son origine dans les stationes du Moyen Âge, sorte d'échoppes où des stationaires vendaient des manuscrits produits par des copistes. Le mot demeura dans la langue anglaise ((en) stationers) où stationery renvoie aux fournitures et papeterie, et library à bibliothèque[1]. En Europe, les premiers libraires-marchands demeurent près des universités : il existe un lien organique entre les clercs, les étudiants et le pouvoir royal, d'où d'importantes contraintes à la fois géographiques et législatives. Dès 1275, Philippe le Bel prononce une ordonnance chargeant l'Université de surveiller les libraires de Paris. En 1403, naît à Londres la Guild of Stationers. De fait, en France, tous les libraires s'organisent en corporations sous la bannière de saint Jean Porte latine. Ils se voient interdits d'ouvrir plusieurs boutiques, de falsifier ou altérer des manuscrits, et de mettre en vente sans avoir au préalable subi la censure de ladite Université[2]. L'élément le plus important ici est qu'ils ne devaient pas exercer ce métier de façon itinérante, à la manière des colporteurs : ils « stationnaient » à un point fixe et tenaient boutique avec enseigne, précisant leurs spécialités ; leurs commis se chargeaient de livrer des clients ou d'aller chercher des manuscrits parfois sur des distances très éloignées. Une eau-forte de Pierre Adeline tirée des Vues de Paris (vers 1680) montre les corbeilles du Pont-Neuf occupées par de petites boutiques en bois réservées à des libraires. L'apparition de l'imprimerie à caractères mobiles augmente la production de livres et la diffusion : les libraires sont tour à tour marchand, éditeur, imprimeur, relieur[3]. Les clients de cette époque viennent chez le libraire soit pour acheter des livres déjà reliés, soit des feuilles, soit encore des cahiers cousus et protégés par une couverture en papier. La corporation regroupe donc plusieurs métiers associés dans la chaîne de fabrication du livre : typographe, imprimeur, correcteur, façonneur, relieur… et marchand[1].
Ce métier très pluriel va être fortement réglementé au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle. En Angleterre, le Licensing Act (1662) puis le Copyright Act de 1710 sont les premières mesures à réglementer le régime des réimpressions. En France, est promulgué en 1744 le Code de la librairie et imprimerie de Paris dit « code Saugrain »[4] : outre l'interdiction de se livrer au colportage, le marchand devait obtenir pour exercer manière de brevet exclusive, transmissible à la veuve puis aux enfants. Ce code s'entendait sur Paris, ce qui fait que des villes comme Rouen ou Lyon furent longtemps plus libres de réimprimer et diffuser des ouvrages. Avant la Révolution française, le nombre de colporteurs de livres est limité à 120, parfaitement identifiés par la police qui leur interdit de vendre autre chose que des « livrets » (brochure, fascicule) portant un permis d'imprimer en principe bien visible et de tenir boutique[1]. Alors que l'Angleterre ou les Pays-Bas s'illustrent par une relative mais bien réelle liberté de l'édition et de la presse, les librairies de la France des Lumières sont en proie à d'infinis tracas : en 1763, Denis Diderot écrit la fameuse Lettre sur le commerce des livres, adressée au « directeur de la Librairie », Antoine de Sartine. En , une réforme visant à améliorer le sort des écrivains français les autorise à devenir eux-mêmes vendeurs de leurs propres livres. Les différentes corporations sont furieuses. Le pouvoir tente alors d'interdire la vente de livres aux cabinets de lecture qui surgissent un peu partout à cette époque. Par ailleurs, la vente « à distance » augmente mais ces achats se font directement auprès de l'éditeur-imprimeur[1]. Certains libraires alors se spécialisent et imaginent des systèmes de trocs entre confrères européens. Un marché des idées se met en place, une « invention de marchés », pour reprendre les termes de l'historien Roger Chartier[5].
Vers la librairie moderne
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En France, le terme « librairie » désigne pendant longtemps à la fois la maison d'édition — c'est ainsi qu’on le retrouve dans des raisons sociales modernes, ou sous la forme de mentions au bas des pages de titre des ouvrages, telles « Librairie Larousse » ou « Librairie Hachette » —, et la boutique. Ce n’est qu’au XIXe siècle que la division des tâches du fait de l'industrialisation des différents corps de métiers imposera la séparation entre l’« édition » et la « librairie ». Dès 1800, les anglophones désignent par les termes bookshop ou stationer la boutique qui vend des livres.
En France, Napoléon Ier joue un rôle majeur dans la naissance de la librairie moderne. Le décret du « contenant règlement sur l'imprimerie et la librairie » fixe les codes du métier jusqu'en 1870 : jusqu'à cette date, toute personne voulant exercer ce métier doit en obtenir le brevet. Vingt-six des cinquante et un articles du décret de 1810 sont consacrés aux délits et aux punitions que peuvent encourir les professionnels du livre, contre cinq encadrant le métier de libraire[6]. Le texte opère une différence nette entre l'auteur et les diffuseurs d'idées que sont les libraires et les imprimeurs. Il fixe leur[Qui ?] nombre, alors que les libraires sont soumis à la libre concurrence. Au XIXe siècle comme au XXe siècle, les libraires ne cessent de dénoncer les diverses concurrences « déloyales qu'ils doivent affronter : les cabinets de lecture[7], les colporteurs, les bouquinistes, la vente directe opérée par les éditeurs eux-mêmes grâce à leurs fichiers clients et leurs mainmises sur des grands comptes comme le marché scolaire et universitaire[6]». Après 1945, de nouveaux concurrents apparaissent : les clubs de livres, la vente par correspondance, et à partir des années 1960, les drugstores, les grandes enseignes culturelles, les supermarchés, sans parler des journaux ou des pompes à essence qui offrent des livres en prime.
La librairie concurrencée
[modifier | modifier le code]Dans les années 1970, les librairies subissent de plein fouet la concurrence des hypermarchés et des grandes enseignes culturelles comme la Fnac. De nombreuses librairies mettent la clé sous la porte. Le quotidien Libération affirme en 1980 : « La petite librairie sent le cadavre »[6]. Différentes lois statuant sur le prix unique du livre ont été réactivées à travers le monde (surtout en Europe) à partir des années 1970 afin de protéger la filière librairie.
C'est aussi dans les années 1970 qu’apparaissent des librairies alternatives autogérées comme la Librairie du Boulevard à Genève et L'Insoumise à Montréal, qui survivront malgré les difficultés.
Dans les années 2010, les libraires font face à la concurrence des libraires en ligne : dès la fin des années 1990, on voit émerger la vente d'ouvrages en ligne. Le site Amazon est à l'origine une librairie en ligne, avant de devenir une plate-forme tous produits[8]. De tels sites, d'abord apparus aux États-Unis, permettent par ailleurs depuis le début des années 2010 l’acquisition et la consultation de livres numériques (ou e-books) sur des liseuses[9]. Une offre apparaît également : l'impression à la demande.
N'étant pour la plupart pas propriétaires de leurs locaux, les librairies doivent aujourd'hui faire face aux hausses de loyer qui augmentent de façon drastique partout dans le monde[10].
Situation par continents
[modifier | modifier le code]En Afrique
[modifier | modifier le code]La plus importante librairie du continent, Collectors Treasury, se trouve à Johannesbourg, spécialisée dans l'ancien, elle propose plus de 2 millions d'ouvrages[11].
Le Caire possède encore parmi les des plus anciennes librairies égyptiennes, L'Orientaliste, rue Kasr Al Nile près de la place Tahrir, datant des années 1890, et Dar El Mareef, ouverte en 1910, et liée à une maison d'édition[12].
Cas des librairies «par terre» au Sénégal
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La Librairie est souvent pensée comme un édifice fixe qui abrite la vente de livres. Toutefois, dans certains pays d'Afrique, notamment au Sénégal, on observe depuis plusieurs années, un développement des librairies mobiles, également appelées librairies ambulantes ou "librairies par terre", un terme qui fait référence au fait que les livres sont posés à même le sol. Selon RFI, en plus des rares librairies traditionnelles de Dakar, les «par terre» constituent une alternative importante pour l'achat de livres d'occasion à moindre coût, bien que leur sélection reste limitée[13]. Ces librairies s'installent généralement au bord des rues ou à proximité des grands établissements universitaires comme l'Université Cheikh Anta Diop dans la capitale sénégalaise[14]. D'après un reportage de Cesti Info, ces librairies sont majoritairement fréquentées par les étudiants qui s'y procurent leurs ouvrages au programme à moindre coût[15].
Accessibilité et économie
[modifier | modifier le code]Cette activité bénéficie à un public varié, même si, selon un reportage, les librairies classiques constatent une diminution de leur clientèle au profit de ces librairies ambulantes[16]. The New Humanitarian estime que la dynamique de la vente des livres au Sénégal est fortement influencée par les pratiques commerciales locales du fait que les gens sont plus habitués à aller dans les marchés que dans les librairies[17]. Ces librairies proposent des ouvrages de seconde main, récupérés auprès de revendeurs, ou à travers un système d'échange de manuels scolaires[17]
Difficultés et défis
[modifier | modifier le code]Le métier de libraire ambulant, comme celui des autres marchands ambulants, peut être physiquement exigeant : les vendeurs doivent porter leurs marchandises pendant de longs moments et marcher sur de longues distances[18]. Les librairies ambulantes font face à plusieurs défis comme l'expansion des ressources documentaires numériques[19], mais aussi la nouvelle campagne de déguerpissement lancée par le ministère de l'intérieur et de la sécurité publique dans le cadre de la lutte contre l'occupation anarchique de certains espaces publics[20].
En Amérique
[modifier | modifier le code]La plus ancienne librairie du continent américain encore en activité serait Moravian Book Shop (en), ouverte en 1745 à Bethlehem, en Pennsylvanie[21].
Aux États-Unis, exceptées les librairies en ligne, les plus importantes boutiques en termes de surface et de livres disponibles dans les rayonnages tous genres confondus sont Powell's City of Books ou Powell's Books[22], établissement indépendant situé à Portland (Oregon, États-Unis)[23] et Strand Bookstore, situé à New York, lequel est principalement spécialisé dans l'ancien et l'occasion[24],[25].
La World's Biggest Bookstore située à Toronto (Canada) fut, de 1980 à sa fermeture en 2014, la plus importante librairie au monde. Cependant, le Guinness World Records attribue depuis 1999 le label de plus grosse librairie en rapport à sa surface à Barnes & Noble, située à New York, sur 105 Fifth Avenue, totalisant 14 330 m2 et près de 21 km de linéaires[26].
Située à Buenos Aires, El Ateneo Grand Splendid a été fondée en 2000 dans un ancien théâtre construit en 1919, et est considérée par certains médias comme l'une des plus belles librairies au monde[27],[28],[29].
En Asie
[modifier | modifier le code]En Inde
[modifier | modifier le code]La plus ancienne librairie du sous-continent indien est Higginbotham's (en), fondée en 1844 à Anna Salai, Madras[30].
Au Japon
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L'une des plus anciennes librairies de l'Archipel est Asakuraya Book Store situé à Tokyo, quartier Nerima-ku : selon l'International League of Antiquarian Booksellers (ILAB), cet établissement spécialisé dans l'ancien, remonterait au XVIIe siècle[31].
Le Japon a connu au XXe siècle une très importante hausse du secteur de l'édition. Le nombre de librairies par rapport à la population du pays était alors très élevé et largement au-dessus de la moyenne mondiale.
Mais depuis le début du XXIe siècle, on assiste à la suite de la baisse de la natalité et de la concurrence de la vente par internet d'ouvrages physiques et de livres électroniques à une nette baisse de nombre de librairies.
Entre 2001 et 2022, la moitié des librairies ont disparu. Selon la Japan Book Publishing Organisation, on recense 16 772 établissements en 2012 contre 11 952 en 2022 soit une perte de près de 30 %[32].
En 2015, la librairie Morioka Shoten a ouvert ses portes dans le quartier de Ginza, à Tokyo. Elle est connue pour ne vendre qu'un seul livre par semaine —en réalité plusieurs exemplaires du même ouvrage—[33]
En Europe
[modifier | modifier le code]La plus ancienne librairie du monde encore en activité et n'ayant jamais changé d'emplacement est située à Lisbonne au Portugal : ouverte en 1732, la Livraria Bertrand se trouve rue Garrett dans le Chiado[34].
La seconde plus ancienne d'Europe serait Hatchards (en), fondée en 1797 par John Hatchard, située 187 Picadilly Street à Londres, ; restée dans la même rue, elle appartient au groupe Waterstones[35].
En Allemagne
[modifier | modifier le code]En 2020, l'Allemagne comptait environ 6 000 librairies, dont 90 % de petites structures indépendantes. D'après le Börsenverein des Deutschen Buchhandels (l'association des libraires allemands) ce chiffre n'a quasi pas bougé depuis 5 ans. Comme en France le pays a mis en place une politique de prix unique du livre[10].
À Monaco
[modifier | modifier le code]La principauté de Monaco est mico-état comprenant des librairies ( généralistes et spécialisés) de taille modeste, qui proposent une offre multilingue dont majoritairement le français et l'anglais. Cette assortiment linguistique reflètent la diversité de sa population ainsi que de ses visiteurs[36]. La librairie du Musée Océanographique est reconnue par rapport à son fonds composé d'ouvrages à caractère scientifique, les beaux-livres et les publications jeunesses dédiés à la mer et à l'environnement. L'offre culturel est complétée par des librairies- papeteries et des points de ventes au sein du Centre de presse en proposant une sélection de presse internationale et de livres pratiques.
La Principauté de Monaco possède et applique une loi sur le prix unique du livre[37] afin de régir la commercialisation des ouvrages neufs et de protéger la diversité de l'offre et le réseau des détaillants.
La Bibliothèque Louis Notari, bibliothèque patrimoniale[38] et de lecture publique fondée en 1909, assure l'accès public au livre. En plus de ces accès à la culture du livre, des événements littéraires, tel que le salon du livre[39], sont régulièrement mis en place afin de renforcer le rôle des librairies comme lieux de vie culturel.
Les principales librairies de Monaco sont les suivantes:
- Librairie du Musée Océanographique[40] (spécialisée dans l'océanographie et l'environnement),
- Librairie La Bookinerie (généraliste)[41]
- Centre de presse (vente de livres et de presse internationale).
En France
[modifier | modifier le code]La Librairie nouvelle d'Orléans peut être considérée comme la plus ancienne de France : souvent rachetée, jamais fermée, elle a déménagé quatre fois, et son premier propriétaire était en 1545, Étienne Rouzeau[42], qui ouvrit un local rue de l’Écrivinerie (aujourd’hui rue Pothier), face à ce qui était alors la salle des thèses de l’université[43].
Le ministère de la Culture français, relayé par les différentes agences régionales du livre, a développé et soutenu ces vingt dernières années la notion de « librairie indépendante ». Sont ainsi écartés les grandes surfaces spécialisées (Fnac, Virgin, etc.), les librairies en ligne (Amazon, Chapitre, Decitre…), les hypermarchés et autres surfaces multiproduits qui peuvent avoir un rayon livres plus ou moins développé. Sont également écartées les librairies qui ne vendent que de l’ancien ou de l’occasion ainsi que les librairies internationales qui proposent des livres en langues étrangères, lesquels échappent aux lois sur le prix du livre en France. Est donc considéré comme une « librairie » un point de vente dont le livre neuf est la principale activité — ce qui permet d'intégrer certaines librairies-papeteries et maisons de la presse particulièrement importantes. La surface ou le nombre de livres proposés ne sont pas des éléments significatifs à eux seuls.
Un label LiR (Librairie indépendante de Référence) a été mis en place, officialisé par un décret publié au Journal officiel en et réactualisé en 2011. Ce label permet aux librairies de mettre en avant la qualité de leur librairie (assortiment, accueil…). Des remises commerciales et avantages commerciaux supplémentaires peuvent être accordés par certains fournisseurs (remises, délais de retour…). Les librairies répondant aux conditions de l'article du code général des impôts peuvent disposer, sous réserve, d'une exonération de la contribution économique territoriale (CET). Elles peuvent également solliciter des subventions du Centre national du livre (CNL) pour la mise en valeur des fonds en librairie (VAL)[44].
En 2019, a été créé le Grand Prix Livres Hebdo des Librairies pour distinguer des librairies indépendantes francophones[45].
Définition et segmentation
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Se pose en France un problème de définition de la librairie.
La première définition est celle de l’Insee, qui recense[Quand ?] en France un peu moins de 19 000 entreprises sous le code APE 4761Z « Commerce de détail de livres en magasin spécialisé »[46]. Les régions de l’Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur sont celles qui comptent le plus de librairies (mais aussi la plus importante population).
Les entreprises de diffusion du livre ont pour leur part adopté une segmentation en niveaux de clientèle :
- le premier niveau (parfois segmenté en « librairies A » et « librairies B ») : selon les entreprises de diffusion, cette catégorie regroupe les 700 à 1 300 clients (librairies et grandes surfaces culturelles) les plus importants, soit en termes quantitatifs (chiffre d’affaires réalisé avec les éditeurs diffusés), soit en termes qualitatifs (capacité du libraire à « lancer » un titre, travail sur le fonds des éditeurs diffusés, etc.). Ces librairies représentent en moyenne de 60 % à 75 % du chiffre d’affaires des diffuseurs ; elles bénéficient de ce fait de visites plus fréquentes des représentants et des remises commerciales les plus élevées ;
- les 700 à 800 hypermarchés, qui bénéficient d’une équipe spécifique de représentants ;
- le deuxième niveau (4 000 à 12 000 points de vente selon les diffuseurs), qui regroupe les petits points de vente de proximité, les supermarchés et les magasins populaires ;
- le troisième niveau qui comprend les très petits points de vente et les points de vente occasionnels qui n’ont pas de compte ouvert chez les distributeurs et s’approvisionnent auprès de grossistes ou des plates-formes régionales des distributeurs. En effet, une des tendances de ces dernières années est la multiplication des points de vente du livre, qu'on peut trouver aussi bien dans un magasin de bricolage, une pharmacie, un magasin de jouets.
La seconde définition est celle donnée par le Syndicat de la librairie française, « l’organisation professionnelle qui représente les librairies indépendantes au niveau national »[47], figure dans sa charte qui spécifie que, « pour être professionnel, le commerce de livres doit être directement géré par un libraire.
Le SNE comptabilise en 2024 entre 20 et 25 000 points de vente de livres (librairies, grandes surfaces culturelles, hypermarchés, supermarchés) dont plus de 3 000 librairies indépendantes[48].
Le libraire a acquis une culture qui lui permet d’avoir des connaissances suffisantes (…). Il se forme aux techniques de gestion commerciale, administrative et financière de l’achat et de la vente du livre (…). La librairie indépendante ne dépend pas d’une société ou d’un groupe financier dont la logique est, par métier, financière (…). L’indépendance est la liberté que possède le dirigeant de librairie de consacrer une partie raisonnable de ce qui pourrait être la marge bénéficiaire nette de son entreprise, à financer : la part de rotation lente du stock qui constitue son fonds de référence, et du personnel en nombre suffisant capable de choisir et de conseiller. »
Loi Lang
[modifier | modifier le code]En France, la loi relative au prix du livre, dite loi Lang car proposée par Jack Lang, fixe le principe du prix unique des livres depuis 1981.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Libraire (boutique de) », par Robert L. Dawson, in Dictionnaire encyclopédique du livre, Paris, Cercle de la librairie, 2005, tome II, p. 748-749.
- ↑ Jean-Mamert Cayla, Histoire des arts et métiers et des corporations ouvrières de la ville de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Lagny, Vialat, 1853, p. 48 — sur Gallica.
- ↑ Malcolm Walsby, Booksellers and printers in provincial France, 1470-1600, (ISBN 978-90-04-32414-5 et 90-04-32414-3, OCLC 1192304340, lire en ligne)
- ↑ De Claude-Marin Saugrain (1679-1750), imprimeur-libraire à Paris, issu d'une lignée remontant à Jean Saugrain : il est juré de l'Université et auteur du code qui porte son nom — sur data.bnf.fr.
- ↑ « Le commerce de la librairie en France au XIXe siècle (1789-1914) », par Jean-Dominique Mellot, Paris, Bulletin des bibliothèques de France, 2, 1997.
- Alain Beuve-Méry, « La mémoire vivante des marchands de livres », Le Monde, 26 décembre 2008 — lire en ligne.
- ↑ « boutiques à lire » où les clients consultent les livres sans les acheter
- ↑ « Le secteur de l'édition se mobilise face à Amazon », Le Figaro, 25 mars 2013.
- ↑ « Bookeen, le petit français qui se bat contre Amazon », sur Les Echos, (consulté le )
- Marianne Julia Strauss (trad. de l'anglais), Les plus belles librairies du monde, Vanves, EPA, , 269 p. (ISBN 978-2-37671-231-2), p. 132-133
- ↑ (en) « Collectors Treasury », sur In Your Pocket, 5 mars 2025.
- ↑ (en) « City of a thousand booksellers: Eight of the oldest places to buy books in Cairo », sur Midddle East Eye, 22 novembre 2021.
- ↑ « Sénégal: «Plumes du monde», une librairie solidaire », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Pauline Ndeye THIANDOUM, « Sénégal: Livres scolaires - Les librairies parterre cassent les prix et accaparent la clientèle », Le Soleil, (lire en ligne
)
- ↑ « La vente de livres par terre autour de l'Ucad, un business florissant - CESTI INFO », sur www.cesti.info (consulté le )
- ↑ Au Sénégal et le cœur du Sénégal, « Les parents d'élèves se pressent autour des librairies « par-terre » », sur Au Sénégal, le cœur du Sénégal, (consulté le )
- « Le marché des « librairies par terre» », sur www.thenewhumanitarian.org, (consulté le )
- ↑ « Etude de cas sur les marchands ambulants – Senegal », sur Streetnet International (consulté le )
- ↑ Dakaractu, « Rentrée 2025-2026 / Sandaga : les livres « par terre » menacés par la chute des ventes et la montée du digital », sur DAKARACTU.COM (consulté le )
- ↑ La rédaction de la SenTV.info, « Déguerpissements au Sénégal : entre nécessité d’ordre public et devoir de responsabilité de l’État », sur SENTV, (consulté le )
- ↑ (en) Jeff O'Neal, « The Oldest Bookstore in the World: The Bertrand Bookstore in Lisbon », in: Book Riot, 26 juin 2013.
- ↑ Marianne Julia Strauss, Les plus belles librairies du monde, Vanves, EPA, , 269 p. (ISBN 978-2-37671-231-2), p. 167-169
- ↑ « 12 Of The Biggest Bookshops In The World For When You Want To Lose Yourself In Literature », Bustle, 27 février 2017.
- ↑ Marianne Julia Strauss, Les plus belles librairies du monde, Vanves, EPA, , 269 p. (ISBN 978-2-37671-231-2), p. 84-87
- ↑ Selon le New York Times du 15 juin 2016 — (en) lire en ligne.
- ↑ « Largest Bookshop », sur guinnessworldrecords.com.
- ↑ (en) « El Ateneo Grand Splendid: The World’s Most Beautiful Bookshop », The Chaos Diaries, 26 mars 2024.
- ↑ (en) Sean Dodson, « Top shelves », The Guardian, the Guardian, (lire en ligne)
- ↑ (en) « This is the world's most beautiful bookstore », National Geographic, (lire en ligne)
- ↑ (en) Anu Kumar, « The Higginbothams story: How a sea cadet from Kerala set up India's oldest book chain in 1844 », in: Scroll.in, 2 août 2018.
- ↑ (en) « Asakuraya Book Store », base ILAB.
- ↑ Clément Solym, « Le crépuscule des libraires : le Japon perd ses commerces », sur actualitte.com, (consulté le ).
- ↑ ESRA TAT, « Ce libraire tokyoïte ne vend qu’un livre », sur le journal minimal, (consulté le )
- ↑ Live Portugal, en ligne.
- ↑ (en) Peter Marcan, Directory of Specialist Bookdealers in the United Kingdom Handling Mainly New Books: With Appendices Listing Specialist Directories of Museums, Libraries, and Associations, 1982, p. 6.
- ↑ Direction des affaires culturelles, rapport d'activités-Gouvernement Monaco, (lire en ligne [PDF])
- ↑ « Loi n° 1.503 du 23 décembre 2020 renforçant le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la corruption [Legimonaco] », sur legimonaco.mc (consulté le )
- ↑ Fonds & Collections (lire en ligne)
- ↑ Estelle Imbert, « Le Salon International du Livre de Monaco revient pour sa 14e édition les 6 et 7 septembre », sur Monaco Tribune, (consulté le )
- ↑ « Boutique », sur Musée Océanographique de Monaco (consulté le )
- ↑ La rédaction, « Après 20 ans d'absence, une librairie indépendante innovante rouvre à Monaco », sur Nice-Matin, (consulté le )
- ↑ Recherches sur les imprimeurs & libraires d'Orléans : recueil de documents pour servir à l'histoire de la typographie et de la librairie orlèanaise, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours (1868), sur Google Play.
- ↑ « Rue Pothier », sur Orléans, hier et aujourd'hui.
- ↑ « Présentation - LiR - un label de Référence - Libraire - Site internet du Centre national du livre », sur centrenationaldulivre.fr (consulté le )
- ↑ « Le Grand Prix Livres Hebdo des Librairies | Livres Hebdo », sur www.livreshebdo.fr (consulté le ) — sur abonnement.
- ↑ NAF 4761Z, définition sur Insee.fr.
- ↑ « Nos missions | Syndicat de la librairie française », sur www.syndicat-librairie.fr, (consulté le )
- ↑ Chiffres clés, site du SNE.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Vincent Chabault, Vers la fin des librairies ?, La Documentation française, 2014; Libraires épuisés, La Vie des Idées, .
- Sous la direction de Patricia Sorel et Frédérique Leblanc, Histoire de la librairie française, Ed. du Cercle de la librairie, 2008
- Robert Maumet, Au Midi des livres ou l'histoire d'une liberté : Paul Ruat, 1862-1938, préf. de Jean-Claude Gautier, Marseille : Tacussel, 2004.
- Robert Bedon, L'économie du livre en Gaule romaine : à la recherche des libraires et des librairies, dans Idem (éd.), Les structures matérielles de l'économie en Gaule Romaine et dans les régions voisines, collection Caesarodunum, XLIII-XLIV, Presses Universitaires de Limoges, 2011, p. 63-93.
- François Hurard et Catherine Meyer-Lereculeur, La librairie indépendante et les enjeux du commerce électronique, Paris, Ministère de la Culture, 2012.
- Patricia Sorel, Petite histoire de la librairie française, La Fabrique, 2021.
- Jean-Yves Mollier, Histoire des libraires et de la librairie depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, Imprimerie nationale Éditions, 2021.
- Gouvernement de Monaco, « Loi n° 1.503 du 23 décembre 2020 relative au prix unique du livre », Journal de Monaco, n^o 8519, 1^er janvier 2021
- Mairie de Monaco, « La Médiathèque de Monaco : Bibliothèque Louis Notari (Historique et fonds patrimoniaux) », sur mairie.mc
- Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, « La Boutique-Librairie du Musée : un espace dédié aux sciences de la mer », sur oceano.org
- « Monaco : La Bookinerie, une nouvelle librairie-café aux Jardins d'Apolline », Monaco-Matin, 4 septembre 2024
- Fondation Prince Pierre de Monaco, « Les Rencontres Littéraires et le Prix Littéraire de la Principauté », sur fondationprincepierre.mc
- Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE), « Rapport annuel Monaco en chiffres : Population et Culture », édition 2024
- Claude Foulard, « Les bibliothèques de la Principauté de Monaco », dans Patrimoine des bibliothèques de France, vol. 6, Paris, Payot, 1995, p. 230-235 (ISBN 2-228-88969-3[à vérifier : ISBN invalide]).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Commerce de détail
- Économie du livre
- Libraire
- Librairie de livres anciens et d'occasion
- Librairie LGBT
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Sites institutionnels
- Dossier Prix du livre sur le site du Ministère de la Culture
- Syndicat de la librairie française
- Syndicat de la Librairie Ancienne & Moderne
- Points de vue
- Livres comme l'air ! Guide des lieux-ressources alternatifs & des librairies et éditions indépendantes, aux éditions le P'tit gavroche, 2011.
- Dessine-moi une librairie, le site des librairies réalisées depuis 1997 à Paris, Vincennes, Lyon et Besançon par Pierre Gimenez, architecte DPLG.
- Texte fondateur : les enjeux de la librairie indépendante, sur le site de la librairie Quilombo.