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Lolicon

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Représentation typée manga de jeunes filles en lingerie. Les illustrations lolicon associent souvent des caractéristiques enfantines à des sous-entendus érotiques.

Dans la culture japonaise, Lolicon (ロリコン, Rorikon?), parfois ⁣⁣romanisé⁣⁣, « Rorikon » ou « Lolikon » est un sous-genre fictionnel qui se concentre sur l’apparence juvénile de leurs personnages féminins, particulièrement en les érotisant ou en les sexualisant. Le terme est un mot-valise reprenant la contraction de « Lolita Complex ». Le terme est occasionnellement raccourci en Loli (ロリ, Rori?). Lolicon peut tout aussi bien être utilisé pour désigner le genre en lui-même ou ses lecteurs.

Le genre est majoritairement trouvable dans les mangas, animés ou des jeux vidéos. Dans la pop culture japonaise, otaku le lolicon est en général dissocié de l’attirance pour de véritables jeunes filles[1],[2],[3]. Ce sous-genre est parfois mélangé avec des personnages du genre du moe, ou des bishōjo dans les mangas et animés.

Le terme « Lolita Complex » est dérivé de ⁣⁣Lolita⁣⁣, un roman écrit par Vladimir Nabokov, le terme a été popularisé dans les 1970. Durant le « boom lolicon » dans les mangas érotiques du début des années 1980, le terme a été adopté dans la culture otaku tout juste naissante pour désigner l'attirance pour les premiers personnages bishōjo. Puis, uniquement pour les représentations plus jeunes à mesure que les designs bishōjo se diversifiaient. Les illustrations de cette période, fortement influencées par les styles des mangas shōjo, ont marqué un changement par rapport au réalisme initial de ce type de représentation, associé à l'avènement de l'« érotisme mignon » (kawaii ero), une esthétique désormais courante dans les mangas et les anime en général. La popularité de ce sous-genre s'est progressivement estompé au milieu des années 1980. Le genre ne représente depuis qu'une minorité des mangas érotiques ou pornographique.

Depuis les années 1990, le lolicon est régulièrement au centre les débats sur les mangas au Japon ainsi que dans le reste du monde. Les lois sur la pédopornographie de certains pays s'appliquent aux représentations de personnages enfants fictifs, tandis que celles d'autres pays, dont le Japon, non[4]. Les opposants et les partisans débattent pour savoir si ce genre peut influer en bien ou en mal les abus sexuel sur mineurs. Le terme est souvent utilisé par les experts des médias et des phénomènes culturels pour différencier la sexualité réelle ou fictionnelle dans la culture otaku.

En France, en , la société Noeve Grafx annonce l’achat de la licence Tsugumomo pour une future publication du manga en France[5],[6]. La société a annoncé son annulation en mai 2021[7]. Si aucune annonce officielle n’a eu lieu, il est plus que probable que les scènes très explicites potentiellement illégales en France sont responsables de cette décision.

Définition

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Le terme Lolicon est une abréviation japonaise de Lolita complex (ロリータ・コンプレックス, rorīta konpurekkusu?, le syndrome de la petite fille)[8]. Cette expression, dérivée de l’anglais, est inspiré du roman Lolita de Vladimir Nabokov qui narre l’histoire d’un homme sexuellement attiré par une fille de douze ans vue à travers les yeux de celui-ci.

« Lolita complex » fut introduit au Japon par l'ouvrage de psychologie The Lolita Complex par Russell Trainer[9],[10]. Il l'utilise dans ce livre pour désigner l'attirance pour les filles pubères et prépubères[11]. Au japonais, l'expression est plutôt utilisée pour désigner l’attirance émotionnelle ou sexuelle pour les personnages à l’apparence juvénile[12], ce qui est l’usage le plus répandu encore de nos jours[13].

Le mot Lolicon peut aussi bien être utilisé pour désigner les œuvres érotiques ou pornographiques mettant en scène de tels personnages que les lecteurs de ce genre de contenu[14]. La version raccourcie de ce mot est utilisée pour définir des archétypes de personnages féminins jeunes ou d'apparence juvénile dans les mangas ou les animes. On dira de ces personnages qu’elles sont des Loli (ロリ?)[15].

En japonais, le mot Lolicon n’est pas, ou très peu, utilisé pour désigner la pédophilie réelle, il lui sera préféré les termes[16] :

  • Langage courant : yōji-zuki (幼児好き?) et pedofiria (ペドフィリア?)
  • Langage médical : shōniseiai (小児性愛?) et jidōseiai (児童性愛?)
  • Pornographie infantile : jidō poruno (児童ポルノ?)

Dans les mangas et animés, Lolicon est utilisé pour désigner un personnage attiré par une autre personnage à l’apparence juvénile. Les termes listés ci-dessus peuvent être utilisés dans les œuvres se voulant plus réaliste. Néanmoins, pour le grand public, il est assez commun de voir le terme Lolicon connoté avec la pédopornographie[17] [18].

Évolutions au fil du temps

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La signification du terme « lolicon » dans le contexte otaku s'est développée au début des années 1980, pendant le « boom du lolicon » dans les mangas érotiques et pornographiques. Selon Akira Akagi, la signification du terme « lolicon » s'est éloignée progressivement de l'association sexuelle entre un homme plus âgé et une jeune fille, pour décrire plutôt le désir de « mignonnerie » et de « féminité » dans les mangas et les anime. D'autres ont défini le lolicon comme une recherche de « choses mignonnes » et de personnages de type manga et anime, la « rondeur » et la « 2D » par opposition aux représentations « réalistes ».

À l'époque, tout érotisme dans les mangas mettant en scène des personnages bishōjo était associé à ce terme, et les synonymes de Lolita Complex comprenaient :

  • Complexe bidimensionnel (二次元コンプレックス, nijigen konpurekkusu?)
  • Fétichisme bidimensionnel (二次コン フェチ, nijikon fechi?)
  • Syndrome bidimensionnel (二次コン 症候群, nijikon shōkōgun?)
  • Syndrome des jolies filles (美少女 症候群, bishōjo shōkōgun?)
  • Maladie (病気, byōki?)

À mesure que les archétypes physiques des personnages dans les mangas érotiques et pornographiques se sont diversifiés à la fin de l'engouement pour le lolicon en 1984. Le mot Lolicon s'est depuis réduit aux représentations de filles à l’apparence juvénile.

Le mot « lolicon » s’est ancré dans la société japonaise après l'arrestation en 1989 de Tsutomu Miyazaki, un tueur en série visant des jeunes filles. Il fut présenté par les médias japonais comme un otaku. Le mot lolicon fut à ce moment-là associé à la pédophilie dans les débats sur les dangers des mangas. La communauté otaku remplaçât finalement ce mot par moe, plus générique et moins connoté. Les mots lolicon et moe sont encore utilisés par de nombreux otaku pour désigner une attirance émotionnelle ou sexuelle distincte de la réalité. De plus, certains otaku s'identifient comme Fictosexuel (二次コン, Nijikon?) pour expliciter leur attirance pour les personnages non réels. Le Lolicon revient régulièrement dans les débats et critiques autour des mangas et de la sexualité au Japon, et parfois à l’étranger par la pop culture japonaise utilisé comme outil de soft power.

Les origines

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Au cours des années 1970, le manga shōjo, connu un renouveau. Des artistes, à l'instar du Groupe de l'an 24, ont expérimenté de nouveaux types de récits et styles, mêlant psychologie, genre et sexualité[19]. Ces changements ont attiré un public composé d'hommes adultes, auparavant peu enclins à la consommation de ce genre d’œuvre initialement pensé pour les femmes[4].

Le concept de « Lolita Complex » est apparu pour la première fois dans le manga Stumbling upon a Cabbage Field (キャベツ畑でつまずいて, Kyabetsu-batake de Tsumazuite?), un manga parodiant Alice au pays des merveilles[20], publiée en 1974 dans le magazine de manga shōjo Bessatsu Margaret. Dans cet ouvrage, un personnage masculin qualifie Lewis Carroll d'« homme étrange qui n'aime que les petits enfants », dans une blague à destination des lecteurs adultes[19]. Les premières illustrations lolicon furent influencées par des artistes masculins imitant les mangas shōjo[21],[22], ainsi que par des mangas érotiques créés par des artistes féminines à destination d’un public masculin[23].

Les personnages de type bishōjo ont acquis une importance croissante dans les médias japonais durant les années 1970, utilisé comme symbole mélangeant mignon, innocence et « Éros fantasmé ». Ces attributs se retrouvent, au fil du temps, attachés à l'imagerie des jeunes filles[24]. Les photographies de nues infantiles réels, considérées comme de l'art, gainèrent en popularité. Un recueil de photos intitulé «Nymphet: The Myth of the 12-Year-Old» (Nymphette : le mythe des 12 ans) a été publié en 1969. Il s’ensuivit, en 1972 et 1973, une mode de photos de nus sur le thème d'Alice au pays des merveilles[25].

Au cours des années 1980, des périodiques spécialisés à destination d'un public adulte ont commencé à paraître, proposant des photographies de nudité, des histoires de fictions et autres études sur l'attrait des jeunes filles[25]. Cette tendance s'est progressivement estompée à la fin de cette même décennie, à la suite de nombreuses critiques et d'une préférence grandissante de la part des lecteurs pour des créations non réalistes provenant des mangas et animés[25]. Le succès de ce genre de représentations, qu'il s'agisse de photos[24] ou même des mangas[21], pourrait être attribuée à l'interdiction légale de la représentation des poils pubiens, en vertu des législations japonaises relatives à l'obscénité[24].

Des années 1970 à 1980

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L'essor du genre lolicon commence au Comiket (Comic Market), une convention centrée sur la vente de dōjinshi (œuvres amateurs) fondé en 1975 par des hommes amateurs de mangas shōjo. En 1979, un groupe de mangakas publia pour la première fois le fanzine Cybele[26] le membre du collectif, Hideo Azuma, se démarqua des autre et passé à la postérité comme le « père du lolicon »[27]. Avant la parution de Cybele, le style graphique dominant dans le seinen et les hentais était le gekiga, caractérisé par un style plus réaliste avec des angles durs et des dessins au trait granuleux[28]. Le manga d'Azuma, en revanche, se caractérisait par des ombres délicates et des lignes circulaires précises, qu'il qualifiait de « profondément érotiques » et partageant avec le manga shōjo une volonté de s’éloigner du réalisme.[28]

La combinaison par Azuma des corps trapus des œuvres d'Osamu Tezuka et des visages expressifs du shōjo manga a marqué l'avènement du bishōjo et de l'esthétique de l'« érotisme mignon » (kawaii ero)[29]. Bien qu'érotique, le manga lolicon était initialement perçu comme humoristique et parodique, cependant large communauté de fans s'est rapidement développée en réponse à l'alternative qu'il représentait aux hentais de style gekiga[30][27]. Les mangas érotiques ont commencé à s'éloigner de la combinaison de corps réalistes et de visages caricaturaux pour adopter un style entièrement irréaliste[27]. Le manga lolicon a contribué à attirer un public masculin au Comiket, dont les participants étaient à 90 % des femmes en 1975 ; en 1981, la proportion d'hommes et de femmes était devenue égale[31]. Le manga lolicon, principalement créé par et pour des hommes, a servi de réponse aux mangas yaoi, principalement créé par et pour des femmes[32].

Photo de Eiji Ōtsuka
Eiji Ōtsuka, rédacteur du magazine lolicon Manga Burikko, a joué un rôle clé dans l'essor du lolicon.

Le début des années 1980 a connu un « boom du lolicon » aussi bien chez les amateurs que chez les professionnels. La popularité du lolicon au sein de la communauté otaku a attiré l'attention des éditeurs, qui ont fondé des magazines dédiés au genre tel que Lemon People et Manga Burikko, toutes deux en 1982[33]. Parmi les autres magazines de cette période, on peut citer Manga Hot Milk, Melon Comic et Halfliter [34]. L'essor du genre était étroitement lié au développement simultané de la culture otaku et à la reconnaissance croissante des fans[35], le mot otaku lui-même a été créé dans Manga Burikko en 1983[36]. Celui-ci, à l'origine magazine gekiga, et non rentable, Eiji Ōtsuka, rédacteur en chef, changea la ligne éditoriale pour le centrer sur le genre du lolicon en 1983[37]. Il souhaitait publier des « mangas shōjo pour garçons »[38]. Sous l'influence des mangas shōjo, les personnages réalistes et les représentations sexuelles explicites occupaient une place de plus en plus réduite dans le magazine[39] en 1983, les éditeurs de Burikko cédèrent aux demandes des lecteurs en retirant les photographies de gravure idols des premières pages, publiant un numéro sous-titré « Magazine de BD entièrement Bishōjo »[40]. Les magazines lolicon publiaient régulièrement des artistes femmes, comme Kyoko Okazaki et Erika Sakurazawa,[39] et des artistes hommes comme Aki Uchiyama, surnommé le « Roi du Lolicon », qui pouvait produire jusqu’à 160 pages de manga par mois pour répondre à la demande[41]. Les œuvres d'Uchiyama sont parues autant dans des magazines confidentiels comme Lemon People que dans le magazine grand public Shōnen Champion[42].

La toute première série d'animation pornographique fut Lolita Anime, sous la forme de plusieurs OAV en 1984 et 1985[43].

Parmi les personnages emblématiques du « boom du lolicon », on retrouve Clarisse du film Lupin III : Le Château de Cagliostro et Lana de la série télévisée Conan, le fils du futur, tous deux réalisés par Hayao Miyazaki [44]. Clarisse était particulièrement populaire et a inspiré une série d'articles analysant son charme dans les magazines spécialisés tels que Gekkan Out, Animec et Animage [45] [46]. Elle a également donné naissance à une mode de création de fans surnommées les « magazines Clarisse »[47], qui n'étaient pas explicitement sexuelles, mais plutôt « féérique » et « féminine »[48]. De nombreuses œuvres lolicon précoces combinaient des éléments mecha et bishōjo, le premier épisode de Daicon III lors de la Japan SF Convention de 1981 est un exemple notable de l'omniprésence de la science-fiction et du lolicon dans la culture otaku naissante de l'époque[49]. Les séries d'animation japonaises destinées aux jeunes filles et mettant en scène de jeunes héroïnes, comme Gigi, ont aussi attiré un public composé d’hommes adultes, allant jusqu’à créer des fan-clubs[50] et ont été courtisés par les créateurs[51].

L’omniprésence du lolicon dans les mangas érotiques commerciaux s’est estompé vers 1984[52]. Cette fin s’explique par le fait que les lecteurs n'avaient pas d'attachement au loli en soi, et ne prenaient pas les jeunes filles comme objets de désir sexuel[37] [53]. Une majorité de lecteurs et de créateurs de mangas érotiques se sont tournés vers les œuvres bishōjo qui se diversifiaient avec, par exemple, des personnages « aux visages enfantins et aux fortes poitrines », qui n'étaient plus considérées comme du lolicon[54]. Au Comiket, la popularité des mangas lolicon a décliné en 1989 suite à l'évolution des dōjinshi érotiques, notamment avec l'apparition de nouveaux genres de fétichisme et la popularité croissante de l'érotisme léger auprès des hommes et des femmes, en particulier dans les mangas yuri [31].

Années 1990 à aujourd'hui

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En 1989, les termes « lolicon » et « otaku » ont fait l'objet d'un battage médiatique et d'une panique morale, suite à l'arrestation de Tsutomu Miyazaki. Cet homme avait kidnappé et assassiné quatre fillettes âgées de quatre à sept ans pour y commettre ensuite des actes de nécrophile[55]. Des photos de sa chambre, largement diffusées dans les médias, ont révélé une vaste collection de VHS, notamment des films d'horreur et de slasher qui l'auraient inspiré pour commettre ses crimes[56], ainsi que des mangas, notamment des œuvres shōjo et lolicon[57].

Les longs débats publics qui ont suivi ont attribué les crimes de Miyazaki à des effets supposés des médias, à savoir une réduction de ses inhibitions face au crime et un brouillage des frontières entre fiction et réalité[58]. Miyazaki a été qualifié d'otaku et l'image de ces derniers, présentés comme des hommes « socialement et sexuellement immatures », et comme des « pédophiles et prédateurs potentiels », s'est ancrée dans l'esprit d'une grande partie du public[59].

Il a été rapporté par plusieurs journalistes présents lors des séances au tribunal que Hayao Miyazaki, ne possédait en réalité qu'un nombre limité de mangas pornographique, lesquels avaient été délibérément placés au premier plan des photographies. Cette mise en scène a contribué à créer une impression erronée quant à l'importance du genre dans ses actes[60].

Une large variété de produits hentai est vendue dans des magasins spécialisés au Japon dont du lolicon.

En février 1991, certains créateurs de doujinshi vendaient leurs œuvres dans des magasins de bandes dessinées qui parfois les soutenaient. Cette pratique a été révélée au grand jour lorsque trois gérants de ces magasins ont été arrêtés pour avoir vendu des doujinshi lolicon[61]. Durant cette décennie, les détaillants et les éditeurs de « mangas nuisibles » ont fait l'objet de mesures répressives locales, et certains auteurs de manga ont été arrêtés[62]. Malgré cela, les créations à contenu lolicon se sont répandues et sont devenues progressivement acceptables dans les mangas et animé dans les années 1990[63]. Le début des années 2000 a vu une réémergence du genre, provoqué en partie par le magazine pornographie Comic LO[64] spécialisé dans le genre.

Aucune règle bien définie n'existe pour savoir si une œuvre est classifié comme Lolicon[15].

Certains les définissent en fonction de l'âge de leurs personnages, tandis que d'autres les définissent selon leur apparence (petite taille et poitrine plate) indépendamment de l'âge[15]. Les œuvres lolicon montrent souvent des filles comme innocentes, matures pour leur âge ou séduisantes[65]. Les personnages peuvent apparaître dans des situations suggestives, érotiques ou pornographiques, même si le terme est occasionnellement appliqué à des œuvres tout public[65].

Les lecteurs de manga définissent les œuvres lolicon comme celles dont l'héroïne est plus jeune qu'une collégienne. Cette définition peut varier pour[66] :

  • Le public général, il s'agit de tous personnages âgés de moins de 18 ans.
  • Les lecteurs réguliers, la protagoniste dont l'âge est inférieur à celui des élèves d'école lycéennes.
  • Les lecteurs les plus radicaux, uniquement maternelle.

Les « loli » peuvent tout à fait avoir un comportement contradictoire en matière d'âge, ce qui peut apporter une dissonance volontaire[67]. Par exemple, les lolibaba (ロリババア, roribabā?) (« Vieille Lolita ») parlent et se comportent comme une personne âgée[68]. Des hanches courbées, une taille fine et autres caractéristiques sexuelles secondaires apparaissent aussi parfois comme traits distinctifs chez des personnages de type loli[69]. Dans certaines histoires, l’apparence des personnages peut être expliqué par la magie ou la race (elfes, démons).[70]

Les hentais Lolicon se mélangent souvent avec d’autres thématiques. En particulier avec le sadomasochisme, des créatures, comme des tentacules et des robots qui reprennent le rôle de pénis, ou encore des filles en partie robotique. Via la scène amateur, il est courant de voir des réutilisations de licences populaires tout public de mangas et d'animes pour en faire des versions pornographiques. On trouve aussi régulièrement des thèmes comme le lesbianisme et la masturbation[71] [72]. Ces usages permettent au lolicon de « transformer le sexe hétéro en une forme parodique »[72].

Les histoires les plus crues explorent des thématiques telles que la coercition, le viol, l'inceste, le bondage ou l'hermaphrodisme[73]. Ici, la majorité des mangakas qui créent ce contenu abordent le thème en ayant conscience du tabou et de la culpabilité associée à leur consommation[74]. Les hommes sont en général présentés comme le mal absolu[75] et l’auteur traite les personnages féminins comme des victimes pitoyables[76][77]. Le genre se mélange parfois à l’horreur et au gore.

Certains diminuent considérablement la brutalité de l’histoire, et donc de son réalisme, en présentant le personnage féminin comme ayant finalement apprécié le viol (un cliché récurrent de la pornographie). D'autres la présentent dès le départ comme consentante, sexuellement active, voire qui séduit volontairement les hommes[78].

Aussi, certaines œuvres illustrent des relations sexuelles entre enfants uniquement. Cela permet d’éviter la représentation d'un péché en raison de leur innocence réciproque, tout en abordant les thèmes de la nostalgie et d'un passé idéalisé[79].

Pour finir, d’autres donnent à leurs créations des personnages dotés de designs particulièrement irréalistes et mignons. Cela leur permet d’explicitement rappeler que[80] :

« C'est précisément parce que la fiction se distingue de la réalité que l'on peut ressentir le moe. »

— Nagayama, Erotic Comics in Japan: An Introduction to Eromanga, p. 136

Les mangas lolicon pornographiques suivent, en général, deux méthodes de diffusion[81] :

  • En indépendant, dans des évènements comme le comiket, ou en ligne, sous forme de dōjinshi.
  • Sous contrat dans des magazines de prépublication puis compilés dans des anthologies (単行本, tankoubon?).

Ils sont principalement consommés par un public masculin[82], même si Nagayama note que les œuvres de Hiraku Machida ont « trouvé un écho auprès des lectrices » et « obtenu le soutien de certaines femmes »[83]. L'imagerie lolicon est un thème récurrent dans le Superflat, un mouvement artistique influencé par le manga et fondé par Takashi Murakami. Parmi les artistes Superflat dont les œuvres intègrent le lolicon, on peut citer Mr. et Henmaru Machino[84].

Exemple de moe : Wikipe-tan, une des mascottes non officielles de Wikipédia. Dessiné par l'utilisateur Wikipedia japonais Kasuga~jawiki.

Relation avec le Moe

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Dans les années 1990, l'imagerie lolicon évolua, elle contribua à la popularisation auprès du grand public du style « moe » (via les mangas, les anime et les jeux vidéos), ainsi que des éléments associés par un mélange des genres[85] [86]. Les bishōjo, qui étaient surtout présentes dans des magazines spécialisés, ont gagné en popularité pour finalement se généraliser auprès du grand public grâce à des succès comme Neon Genesis Evangelion. De plus, ces séries furent les premières à tirer profit de la popularité des personnages féminins via une grande quantité de produits dérivés[87]. Les personnages moe sont depuis omniprésents dans les mangas et les anime contemporains[88].

Contrairement au lolicon, la sexualité dans le moe est traitée de manière indirecte[85], voire nullement. Les histoires avec des personnages centraux de type moe mettent l'accent sur de l'amour platonique[89], comme dans Card Captor Sakura, ou en sont totalement dénuées[90].

Cependant, on peut citer Ro-Kyu-Bu!, Kodomo no Jikan et Moetan comme exemples de séries qui remettent en question la distinction entre le moe et le lolicon, en faisant usage de sous-entendus sexuels plus ou moins appuyés. Ces séries satirisent la chasteté extrême du moe et se moquent des spectateurs et des définitions arbitraires qu'ils avancent[90]. Les œuvres lolicon de style moe entrent dans la catégorie du ecchi avec, par exemple, des aperçus de sous-vêtements, des scènes avec des doubles sens ou de la nudité partielle, mais évitent le sexe explicite[91].

Aspects juridiques

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Le statut légal des dessins pornographiques représentant des mineurs (en), en particulier la pédopornographie virtuelle, varie d'un pays à l'autre.

La production pornographique fictive incluant des mineurs (comme le lolicon ou le shotacon) est légal au Japon, même lorsqu'il est réaliste.

La dernière loi proposée contre cette pratique a été présentée le 27 mai 2013 par le Parti libéral démocrate, le Kōmeitō et le Parti de la restauration du Japon. Elle aurait rendu illégale la possession d'images à caractère sexuel représentant des personnes de moins de 18 ans, passible d'une amende d'un million de yens (environ 10 437 dollars américains) et d'une peine d'emprisonnement inférieure à un an[92].

Le Parti démocrate japonais, ainsi que plusieurs associations industrielles impliquées dans l'anime et le manga, ont protesté contre ce projet de loi, affirmant « qu'ils appréciaient que le projet de loi protège les enfants, mais qu'il restreindrait également la liberté d'expression »[93],[94],[95]. La loi a finalement été adoptée en juin 2014 après que la partie interdisant la production non réelle ait été retirée du projet de loi. Cette nouvelle loi est entrée pleinement en vigueur en 2015[96].

Depuis la réforme du code pénal français, introduite en 2013, la production ou la distribution de dessins représentant un mineur de moins de 15 ans est considérée comme équivalente à la production de véritable pornographie infantile et est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, même si les dessins ne sont pas destinés à être distribués[97].

Le dessinateur français Bastien Vivès a fait l'objet d'une controverse pour ses œuvres telles que Petit Paul et La Décharge mentale, qui représentent des actes sexuels impliquant des mineurs, ce qui a conduit à des poursuites judiciaires en 2023 pour « création et diffusion d'images pornographiques de mineurs »[98].

Cependant, le tribunal a suspendu la procédure en 2025 pour défaut de compétence et aucun procès sur le fond n'a eu lieu[99]. L’affaire est pour certains un exemple des conflits juridiques entre la liberté artistique et la protection des enfants[100].

Aux USA la situation est complexe, plusieurs lois, le « Child Pornography Prevention Act » de 1996 qui visaient, entre autres, à d’interdit explicitement la production non réels se sont heurtés à la constitution américaine le 1ᵉʳ a été jugé inconstitutionnel[101] par La Cour suprême des États-Unis en 2002. Une nouvelle loi, la PROTECT Act en 2003, fut voté, l’interdisant de nouveau. Cependant, la portée de la loi est bien plus limitée pour le cas du lolicon laissant les États légiférer et juger au cas par cas. Actuellement, certains états, n’interdisent pas la production et la détention de contenu lolicon pornographiques, mais d’autres comme l’Utah l’interdisent explicitement[102].

Autres pays

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L'Afrique du Sud a précisé en (« Films and Publications Amendment Bill ») qu'en pédopornographie la virtualité n'était pas un facteur de distinction avec la pédopornographie en général[réf. nécessaire].

De même, l'article 163.1 du code criminel canadien interdit « toute représentation photographique, filmée, vidéo ou autre, réalisée ou non par des moyens mécaniques ou électroniques »[103]. Un Américain a été condamné à 30 jours de prison pour avoir fait passer du lolicon des États-Unis au Canada en [104].

En 1994 au Royaume-Uni, le Criminal Justice and Public Order Act introduisit une définition légale d'une « pseudo-photographie indécente d'un enfant », interdite tout comme les vraies. Cependant la loi n'inclut pas les productions artistiques où les reproductions ne tendent pas à une mimèsis parfaite, comme dans les mangas[réf. nécessaire].

Aux Pays-Bas, le 1er octobre 2002, une loi caractérisant la « pédopornographie virtuelle » comme illégale fut introduite[105]. Cependant la loi ne concerne que les « représentations réalistes d'un mineur dans des positions sexuellement explicites[106] ».

En Allemagne, toute pornographie est interdite lorsqu'elle concerne « l'abus sexuel d'enfants, qu'il soit réel ou présenté de manière réaliste »[107].

Relation avec la pédopornographie

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Les spécialistes de la culture et des médias qui ont travaillé sur le lolicon le distinguent généralement de l'attirance pour les vraies jeunes filles[3] :

Les chercheurs suggèrent que les artistes lolicon jouent avec des symboles et autres clichés, qui ne reflètent ni ne contribuent à une pathologie sexuelle ou à des crimes[108]. Une étude clinique menée par le psychologue Tamaki Saitō auprès d'otaku[109], souligne une dissociation nette de l’attirance pour les lolis, des jeunes filles. Il note une distinction faite par les otaku entre « sexualité textuelle et sexualité réelle », et observe aussi que l’écrasante majorité des otaku ne sont pas des pédophiles dans la vie réelle[110].

La chercheuse spécialisée dans les mangas, Yukari Fujimoto soutient que le désir lolicon « ne vise pas l’enfant, mais l'image », et que cette distinction est bien comprise par ceux qui ont été « élevés dans la culture japonaise du dessin et de l'imaginaire »[111].

Le sociologue Mark McLelland qualifie le lolicon et le yaoi de genres « consciemment irréalistes », étant donné le rejet par les fans et les créateurs de la « tridimensionnalité » au profit de la « bidimensionnalité »[112], et compare le lolicon au fandom yaoi, dans lequel les fans consomment des représentations de l'homosexualité qui « n'ont aucun équivalent dans le monde réel »[113].

Setsu Shigematsu soutient que le lolicon reflète un changement dans « l'investissement érotique » de la réalité vers des « figures bidimensionnelles du désir »[114].

La théoricienne queer Yuu Matsuura critique la classification des œuvres lolicon comme « pornographie infantile » en tant qu'expression du « sexualisme orienté vers l'humain » qui marginalise la fictosexualité, ou nijikon, décrivant l'attraction sexuelle ou affective pour les personnages bidimensionnels[115] [116].

Identification et expression personnelle

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De nombreux chercheurs identifient également le lolicon comme une forme d'expression personnelle de la part de ses créateurs et consommateurs[117]:

La sociologue Sharon Kinsella suggère que pour les fans de lolicon, « l'objet de désir féminin infantilisé [...] a évolué pour devenir un aspect de leur identité et de leur sexualité »[118].

Akira Akagi soutient que les mangas lolicon ont représenté un changement notable dans l'identification des lecteurs par rapport au « héros » pénétrateur commun aux gekiga pornographiques : « Les lecteurs de lolicon n'ont pas forcément besoin d'un pénis pour éprouver du plaisir, mais plutôt de l'extase de la fille. [...] Ils s'identifient à la fille et se laissent emporter par un plaisir masochiste.[119] [120] »

Le critique de mangas Gō Itō considère cela comme un « désir abstrait », citant un artiste lolicon qui lui a confié qu'il était « la fille violée dans son manga », reflétant ainsi un sentiment d'être « violé par la société ou par le monde [121]».

Kaoru Nagayama postule que les lecteurs de lolicon adoptent une perspective fluide qui alterne entre celle d'un voyeur omniscient et celle des multiples personnages d'une œuvre[12], reflétant un rôle actif du lecteur et d’une projection sur les personnages féminins[122].

Dans son ouvrage The Book of Otaku (1989), la féministe Chizuko Ueno affirme que le lolicon, en tant qu'orientation vers les bishōjo fictives, est « complètement différent de la pédophilie » et le caractérise comme un désir « d'appartenir au monde « mignon » des shōjos » pour les fans masculins de mangas shōjo qui « trouvent trop difficile d'être un homme » [123][124].

Relations avec l'évolution des mœurs sexuelles

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Plusieurs chercheurs associent l'émergence du lolicon à l'évolution des relations entre les sexes au Japon :

Le sociologue Kimio Itō attribue l'essor des mangas lolicon à un changement survenu dans les années 1970 et 1980, lorsque les garçons, poussés par le sentiment que les filles « les surpassaient en termes de volonté et d'action », se sont tournés vers « le monde de l'imaginaire », dans lequel les jeunes personnages féminins sont « faciles à contrôler »[125].

Kinsella interprète le lolicon comme faisant partie d'un « regard aussi effrayé que désireux » stimulé par le pouvoir croissant des femmes dans la société, et comme un désir réactif de voir les shōjo « infantilisées, déshabillées et soumises »[126].

La spécialiste des médias Chizuko Naitō considère que le lolicon reflète un « désir sociétal » plus large pour les jeunes filles en tant que symboles sexuels au Japon (qu'elle qualifie de « société loliconisée »)[127].

L'anthropologue culturelle Christine Yano soutient que les images érotisées des shōjo, « réelles ou fictives », reflètent une « pédophilie hétéronormative » qui met l'accent sur le caractère éphémère de l'enfance : « c'est en tant qu'enfant que [les shōjo] deviennent précieuses, comme figures transitoires menacées par l'âge adulte imminent »[128].

Notes et références

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  1. Mark McLelland, End of Cool Japan: Ethical, Legal, and Cultural Challenges to Japanese Popular Culture, Taylor & Francis Group, (lire en ligne), p. 113–114 :

    « Given its importance, it is not surprising that lolicon has been well researched in Japan over the course of decades, which has led to numerous insights. [...] Characters are not compensating for something more 'real,' but rather are in their fiction the object of affection. This has been described as 'finding sexual objects in fiction in itself', which in discussions of lolicon is made explicitly distinct from desire for and abuse of children. »

  2. (en) Mark McLelland, « Australia’s ‘child-abuse material’ legislation, internet regulation and the juridification of the imagination », International Journal of Cultural Studies, vol. 15, no 5,‎ , p. 16 (ISSN 1367-8779 et 1460-356X, DOI 10.1177/1367877911421082, lire en ligne, consulté le ) :

    « Japanese scholarship has, on the whole, argued that, in the case of Japanese fans, neither the Loli nor the BL fandom represent the interests of paedophiles since moe characters are not objectified in the same manner that actual images of children can be, rather they express aspects of their creators' or consumers' own identities. »

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    « The majority of the cultural critics responding to the Japanese otaku's erotic response to lolicon images emphasize, like Keller, that no children are harmed in the production of these images and that looking with desire at a stylized drawing of a young girl is not the same as lusting after an actual child. »

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  53. Il faut comprendre ici que la majorité des lecteurs étaient en réalité plus attirés par les traits mignons et jeunes des personnages que plutôt par leurs jeunes âges.
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