Louis II de Chalon-Tonnerre
| Comte de Tonnerre | |
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| - | |
| Prédécesseur | |
| Successeur | |
| Naissance | |
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| Décès |
Entre le et le |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Marie de Parthenay (d) |
| Fratrie |
Hugues de Chalon-Tonnerre Jeanne II de Chalon-Tonnerre Marguerite II de Chalon-Tonnerre (d) |
| Conjoint |
Marie de La Trémoïlle (d) |
| Conflit |
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Louis II de Chalon, né en 1380 et mort vers 1423 ou le , est un seigneur bourguignon et franc-comtois, comte de Tonnerre, issu de la maison de Chalon.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Louis naît en 1380[1],[2]. Il appartient à la tige des comtes d'Auxerre-Tonnerre et seigneurs de Rochefort de la maison de Chalon[3],[4]. Il est le fils de Louis Ier de Chalon, comte de Tonnerre, et de Marie de Parthenay[5],[3],[6],[2].
Issue la fratrie de probablement sept enfants, nous pouvons mentionner[7],[6],[3] : Hugues († apr. ), qui sera apanagé des terres de Griselles, Channes, Cruzy-le-Châtel ; Jean VI († ), seigneur de Ligny-le-Châtel et de Cruzy ; ainsi que ses deux sœurs Jeanne († ) et Marguerite qu'il tente d'écarter de la succession, mais finissent par hériter de Tonnerre. Par Marguerite, le comté de Tonnerre passe à la famille de Husson.
Seigneur en duché et comté de Bourgogne
[modifier | modifier le code]Louis succède à son père au comté de Tonnerre en 1396/98[5],[2], alors qu'il n'a que 18 ans. Il renonce à ses prétentions sur le comté d'Auxerre[1]. Il rend hommage pour Tonnerre au duc de Bourgogne[1]. En 1401, il confirme les droits de la cité de Tonnerre[1].
À la mort, Jean de Chalon-Châtelbelin († ), seigneur d'Orgelet, cousin germain de son père, sa succession fait l'objet d'une dispute entre les différents bénéficiaires[8]. Louis hérite de Montaigu[9]. Il attente cependant un procès sur le reste de la succession et obtient les fiefs[4] d'Orgelet, Saint-Julien(-sur-Suran), Saint-Aubin et Châtel-Belin[1],[8].
Il s'installe, en 1399, dans le château-fort Orgelet, où il reçoit l'hommage de ses vassaux[8].
Il épouse, en 1402, Marie de La Trémoille, fille de Gui VI, comte de Guînes, et de Marie de Sully[1],[2]. Le couple n'a pas d'enfant[1].
Homme du parti Armagnac et confiscation de ses biens
[modifier | modifier le code]Le comte de Tonnerre entre au service du roi de France, Charles VI[4]. Il combat en Limousin[4], et aux côtés du duc d'Orléans, en Flandres, en 1402, puis en Guyenne, en 1404[1]. Son engagement auprès de Louis Ier d'Orléans est considéré comme une offense par ses suzerain les ducs de Bourgogne, Philippe II le Hardi, puis son fils Jean sans Peur [1],[4].
En raison de cette alliance avec les Orléans, alliés aux Armagnacs, Jean sans Peur fait saisir[4] les fiefs bourguignons de Cruzy, Griselles, Laignes[10]. Ce dernier fera assassiner le duc d'Orléans, en 1407. La Paix de Chartres pacifie les relations entre les deux factions, et permet au comte de Tonnerre de réapparaitre à la Cour de Bourgogne[10].
Entre-temps, Louis de Chalon accompagne la duchesse de Bourgogne à Douai, en 1407, où il fait la connaissance de Jeanne de Perellos/Périllos, demoiselle d'honneur et parente de la duchesse[8],[4], fille du chevalier aragonais Pons de Perellos/Perellós, ainsi que la nièce de Raimond, vicomte de Perellos, tous deux conseillers et chambellans[11]. Amoureux d'elle, Rousset indiquait qu'il se serait rendue auprès d'elle en secret dans le palais ducal et qu'il se serait fait prendre[8]. Averti, la duchesse lui interdit de la revoir[8]. Toutefois, Louis de Chalon organise son enlèvement, en 1406, et la cache[8],[4] au château de Maulnes[10]. Il envisage l'annulation de son mariage avec Marie de La Trémoille[12]. La duchesse de Bourgogne, mécontente, confisque les places comtoises de Châtel-Belin, Orgelet, Montaigu, et accentue la présence militaire ducale autour du Tonnerrois, dans les places de Montbard, Lézinnes, Pacy, Tanlay, Argenteuil et Noyers[10].
Dans un premier temps le duc lui accorde son pardon le où il indique que « plusieurs parents et amis de notre très cher et aimé cousin le comte de Tonnerre soient venus […] humblement supplié de lui pardonner […] »[12]. Le un traité de paix est signé et Louis peut rentrer dans son domaine tonnerois[12].
Cependant huit mois plus tard la situation s'inverse à nouveau[12]. L'endettement du comte de Tonnerre et son alliance aux Armagnacs, notamment Charles Ier d'Orléans[4], amènent la rumeur selon laquelle il aurait été prêt à livrer des places fortes à ceux-ci menaçant ainsi directement la Bourgogne[12]. Il semble qu'il aurait également promis l'assassinat du duc Jean sans Peur[12]. En , le duc de Bourgogne l'accuse de crime de lèse-majesté (forfaiture), lui confisquant les biens déjà saisis, et entre en guerre contre Louis[10],[12]. Les pourparlers échoues[4]. Louis est obligé de quitter son comté[12], accompagnés des hommes du comte de Nevers et l'aide du duc de Lorraine[10].
Un traité est signé en 1412, à Auxerre, permettant à Louis de Chalon de rentrer dans ses possessions et obligeants les Bourguignons à quitter ses terres[10]. Cependant, le duc de Bourgogne refuse le traité et fait condamner le comte de Tonnerre par le Parlement de Dole, le [10]. Louis de Chalon est banni et ses biens sont confisqués[10]. L'année suivante, avec le soutien des Armagnacs, Vignory et Tonnerre sont repris aux Bourguignons[10]. Louis de Chalon fait détruire les places de Chamelard et Thorey, il saccage Annoux, Coulmier-le-Sec, et fait assiéger Châtel-Gérard[10]. Le Tonnerrois est ravagé et Tonnerre est en ruine[10]. Le duc de Bourgogne réoccupe l'ensemble des possessions du comte de Tonnerre, en 1414[4], et il refuse de les rendre, malgré l'ordre de Charles VI et le traité d'Arras (1435)[10]. Le roi fait intervenir le sire de Goncourt qui reprend Tonnerre[10].
En 1418, le duc de Bourgogne profite de la démence du roi pour obtenir l'ensemble des possessions situées dans le duché et le comté de Bourgogne des Chalons-Auxerre-Tonnerre[4],[10],[12]. Ses deux frères, Jean VI († ) et Hugues († apr. ), voient également leur biens confisqués[4]. Tous deux meurent lors d'une bataille de la guerre de Cent Ans[4]. Le premier meurt lors de la bataille d'Azincourt et le second à Verneuil[4]. Philippe le Bon, fils du duc et comte de Charolais, obtient les places de Châtel-Belin, Orgelet, Laignes, Griselles, Cruzy-le-Châtel[12]. Jean sans Peur s'attribue, le , le comté de Tonnerre, au nom du roi[12].
Mort et succession
[modifier | modifier le code]La date de mort de Louis ne fait pas consensus. Il semble mourir le , selon la notice du Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne[6], précisant « selon les uns, plus vraisemblablement de maladie en mars 1423 »[1]. Petit (1894) retenait les années 1422[13] et 1424[2]. Il précisait cependant que la seconde date ne pouvait être retenue[13].
Il n'a pas d'enfant légitime[14]. De son union avec Jeanne de Perellos/Périllos, il a un fils naturel, Jean (1397-1453), dit bâtard de Chalon[4] ou encore bâtard de Tonnerre[10].
À sa mort, la question de la succession rencontre certaines difficultés. Avec la mort de ses frères cadets[3], la maison de Chalon-Auxerre-Tonnerre s'éteint en ligne masculine[4]. Son fils illégitime, Jean, est de fait exclu de la succession[3]. L'ensemble des biens fait l'objet de longs procès tout autant entre les deux sœurs survivantes, Jeanne († ) et Marguerite, que de seigneurs réclamant les créances laissées par Louis ou invoquants des droits divers[4]. Parmi ces prétendants, Arthur III de Bretagne, le connétable de Richemont, et époux de Marguerite de Bourgogne, fille aînée du duc Jean sans Peur[15], mais aussi Georges Ier de La Trémoille[4], frère de l'épouse légitime de Louis. Il faut attendre le traité d'Arras (1435) pour que sa sœur Jeanne récupère le comté de Tonnerre[10],[4].
Le gisant de Jeanne de Perellos/Périllos se trouve à Saint-Aignan-sur-Cher, mais en dehors de la collégiale, à cause de sa liaison avec Louis II[16].
Son fils illégitime, Jean, devient le compagnon de sa tante Jeanne vers la fin de sa vie[3]. Il lui sert parfois de procureur ou de témoin[3]. Il obtient d'elle les fiefs de Valençay en Berry (1434) et Ligny-le-Châtel (1439)[3],[10]. Vivant à Paris, il épouse, en 1438, Jeanne l'Orfèvre[3] ou Orfeuil[10], fille de Pierre, bourgeois de Paris[10], changeur[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Dugenne 1996, p. 230.
- Dugenne 2000, p. 1780.
- Marie-Thérèse Caron, « Vie et mort d'une grande dame : Jeanne de Chalon, comtesse de Tonnerre (vers 1388–vers 1450) », Francia, vol. 8, , p. 147-190 (résumé, lire en ligne [PDF]).
- Jean-Marie Moeglin, « Chalon-Auxerre-Tonnerre », dans Jean-Marie Moeglin (dir.), Dictionnaire de la Guerre de Cent Ans, Paris, Bouquins éditions, , 1492 p. (ISBN 978-2-38292-336-8, lire en ligne), p. 306-307.
- Fromageot 1973, p. 143-145.
- Dugenne 1996, p. 227, 230-231.
- ↑ Fromageot 1973, p. 172-173.
- Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté. t.V : Département du Jura, (lire en ligne [PDF]), , « Orgelet (39) ».
- ↑ Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté. t.V : Département du Jura, (lire en ligne), p. 263-276, « Montaigu (39) » ([PDF] lire en ligne).
- Dugenne 1996, p. 231.
- ↑ Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », , 824 p. (ISBN 2-228-89978-X), p. 386.
- Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », , 824 p. (ISBN 2-228-89978-X), p. 393-394.
- Petit 1894, lire en ligne sur Gallica, p. Troisième tableau.
- ↑ Dugenne 1996, p. 227, 231.
- ↑ Fromageot 1973, p. 172.
- ↑ « Sites à découvrir », sur ville-saintaignan.com (consulté en ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean Fromageot, Tonnerre et son comté des origines à la Révolution de 1789, Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », (réimpr. 2000), 540 p. (ISBN 2-84435-156-5).
- Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. I. A.-C., Société généalogique de l'Yonne, , p. 228-229, Chalon, Jean Ier.
- Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. V. S.-U., Société généalogique de l'Yonne, , p. 1779-1781, Comtes de Tonnerre.
- Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives. t. 5, Paris, Lechevalier, , « Généalogie de Jean de Chalon, le Sage ou l'Antique », lire en ligne sur Gallica.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- (en) « Burgundy Duchy - B. Comtes de Tonnerre (Nevers, Courtenay, Bourgogne-Comté) », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy), (consulté en ), dont la notice (en) « Louis Ier > Louis [II] de Tonnerre ».
- « Sceaux de Louis II de Chalon-Tonnerre. Comte d'Auxerre, Comte de Tonnerre, Seigneur de Chatelbelin », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France (consulté en ).