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Louise Chambaz

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Louise Chambaz
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marie Thérèse Louise CaronVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Louise Chambaz, née Caron le à Sherbrooke (Québec) et morte le à Locmiquélic[1] des suites d’un cancer, est une skipper de course au large franco-canadienne.

Première femme à pratiquer le multicoque de course océanique en France, mentionnée en 1988 comme « l'une des deux championnes de course au large les plus connues »[2] en France, au côté de Florence Arthaud, elle meurt dans un quasi-anonymat sous le nom de Louise Lallinec[3].

Origines et famille

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Son père, Léopold Caron, était instructeur pilote de chasse mono et multi moteurs pendant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire]. Sa mère, Marguerite Duguay, est une descendante du corsaire malouin René Duguay-Trouin[4]. Louise Chambaz est binationale anglais-français par ses parents. Elle a un frère et une sœur, devenue biologiste animalière[réf. nécessaire].

Elle a navigué sur le bateau familial en bois sur le fleuve Saint-Laurent. Elle fait de la compétition de ski à l'adolescence[réf. nécessaire].

De 1963 à 1968, elle habite à Paris avec sa famille[réf. nécessaire].

Carrière de publiciste et professeur de marketing.

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En 1969, elle suit des cours à l'université McGill en publicité à Montréal[réf. nécessaire]. Retour en France début des années 70[réf. nécessaire]. En parallèle de son activité sportive, elle travaille à New-York chez J. Walter Thompson[réf. nécessaire]. À Paris, elle exerce chez CPV promos, SYNERGIE, OGILVY et Futurs[réf. nécessaire]. Elle a donné des cours de gestion à l’école des cadres puis à l’école de commerce de Rennes[réf. nécessaire].

Après sa retraite de la course, elle est un temps co-gérante d’une voilerie à la Trinité-Sur-Mer[réf. nécessaire] et est chargée d'études à Audelor, un observatoire socio-économique à l’Agence d’urbanisme et de développement du pays de Lorient[5].

Carrière dans la voile

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Elle commence la voile par le dériveur à l'âge de 15 ans[4] et à courir professionnellement en 1974[6], tout en continuant son activité salariée pour financer ses bateaux, ses entrainements et ses participations aux courses de voile au large en complément de ses sponsors.

Jusqu'en 1981, elle cumule voile et ski dans ses activités sportives, et décide à cette date de se consacrer exclusivement à la voile. En dehors des compétions, elle multiplie les navigations et les traversées transocéaniques[6].

Elle atteint le niveau championnat d’Europe sur dériveur jet en 1976[réf. souhaitée] et participe la même année aux courses du RORC[réf. nécessaire].

En 1978 commence la course en bateaux habitables. Elle arrive 10e de la One Ton Cup[réf. nécessaire]. La même année, elle se classe 3e du triangle atlantique en 1978-79 sur Révolution[réf. nécessaire]. En 1980, elle effectue sa première course de la Solitaire du Figaro[réf. nécessaire]. Elle se classe 14e du tour de France à la voile[réf. nécessaire].

En 1981, courant la Twostar avec Olivier Moussy sur le monocoque S Marine[7], un Wasa 55, elle remporte la victoire en classe 3[8]. Elle découvre cette année le multicoque de courses avec l'architecte naval Walter Green et Mick Birch, avec qui elle participe à plusieurs régates dans le Maine, à bord de StarPoint ou de Gauloises IV[8].

En 1982, elle effectue à sa 2e Figaro, où elle est présélectionnée parmi les 90 candidats[9]. Ayant réussi à trouver un sponsor, elle participe au Trophée des multicoques de La Trinité-sur-Mer sur le trimaran Brandt avec Aude Lauriot-Prévost, une coureuse de voile olympique avec qui elle a déjà participé à des régates et qu'elle embarque aussi pour une course de l'Edhec[8].

En 1983, elle prend le départ de la seconde transat en double Lorient- les Bermudes - Lorient, toujours sur Brandt[10], loué à Nigel Irens, avec comme équipière Aude Lauriot-Prévost. Leur trimaran ayant chaviré après être entré en collision avec une épave dans l'océan Atlantique[11], elles sont recueillies en mer le 27 mai par un bateau soviétique[12]. Elle est l'une des deux présélectionnée au premier tour et fait partie des cinq participantes finalement autorisées à concourir pour sa 3e Figaro[13].

En , à l’occasion du Paris - Dakar pour la promotion du nouveau Bénéteau, First 456, elle part de Paris en même temps que les voitures, mate son bateau à Rouen, et arrive à Dakar 24 heures avant les voitures. La même année, elle arrive première de sa classe sur la course Quebec-St-Malo sur le catamaran Avenir.

En 1985, elle se classe 7e au classement général de la Course de l'Europe[6] sur Avenir, et seconde de la classe Formule 3, à 32 points de Loïc Peyron[14].

En 1986, elle termine première dans sa classe dans la course de la liberté Rouen-New-York sur Avenir, son trimaran de 15 mètre en aluminium (l'ancien Ker Cadelac construit pour François Boucher sur des plans Langevin[15],[16])[4]. Elle participe toujours sur Avenir à l'édition 86 de la Route du Rhum, l'une des plus difficiles enregistrées en raison des conditions météo, avec moins de la moitié des partants ayant rejoint l'arrivée. Elle fait partie des 17 skippers ayant dû abandonner, en raison d'une infection au bras et d'une forte fièvre[17], après Éric Tabarly et Olivier de Kersauson notamment[18].

En 1987, elle s'inscrit de nouveau dans la Course de l’Europe sur son trimaran Avenir, rebaptisé pour l'occasion « femmes d’Europe »[réf. souhaitée], mais un chalutier hollandais écrase son foil juste avant le départ, la contraignant à renoncer aux deux premières étapes de la course qu'elle ne reprend qu'à Edimbourg, le temps de mouler un nouvel appendice en pleine période du 14 juillet[19]. Elle réussit à rattrapper une partie de son retard, mais ne finit que 4e de sa catégorie[19].

En 1989, après la disparition en mer d'Olivier Moussy, elle devient skipper du trimaran classe ORMA : laiterie Mont-Saint-Michel. Elle participe sur ce bateau au Tour de l’Europe où elle termine 4e[20], mais met fin à sa carrière de navigatrice l'année suivante.

Elle participe alors au raid HARRICANA (en motoneige) dans le Grand Nord Canadien[21].

Vie privée

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Elle acquiert la double nationalité par son premier mariage en 1971[réf. nécessaire] avec Arnaud Chambaz[réf. nécessaire]. Elle vit quelque temps en couple avec Hervé Harin, qu'elle recrute ensuite comme équipier[4]. Elle s'établit définitivement en Bretagne dans les années 1980[réf. nécessaire].

Lors de son deuxième mariage en 1997[réf. nécessaire] avec Jean-Yves Lallinec[réf. nécessaire], elle continue à naviguer à titre privé sur Muscadet puis un Milord et sur un Plan Cornu classique de 10 mètres[réf. nécessaire].

Notes et références

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  1. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. Anne Reale, Les Conquérants de l'océan, Arthaud, (lire en ligne), p. 15 (diapositive 14)
  3. « Avis de décès de Louise LALLINEC née CARON paru le mercredi, septembre 04, 2024 », sur www.simplifia.fr (consulté le )
  4. a b c et d Anne Réale, Les Conquérants de l'océan, (Arthaud) réédition numérique FeniXX, (ISBN 978-2-403-05981-6, lire en ligne), Chapitre 11. Louise Chambaz : une fille de pub sur les déferlantes
  5. « Une journée 100 femmes - 100 métiers », Ouest-France,‎ , Lorient
  6. a b et c « Quand les femmes font des vagues. Portraits de dames avec mer. », L'Obs,‎ 10-16 janvier 1986, p. 55 (lire en ligne [PDF])
  7. « Les engagés de la Twostar », Voiles et Voiliers,‎ , p. 55
  8. a b et c « Transat en double - Brandt », Voiles et Voiliers,‎ , p. 55-56 (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  9. Christian Février et Yvan Griboval, « Le Figaro fait le plein », Voiles et Voiliers,‎ , p. 42
  10. « L'année Bateaux », Bateaux,‎ (lire en ligne)
  11. « Voile : "Transat" » (brève), Journal de Genève,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  12. « Deux concurrentes rescapées d'un naufrage. », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  13. Christian Février et Yvan Griboval, « Quelques sourires de plus au Figaro », Voiles et Voiliers,‎ , p. 36
  14. Yvan Griboval, « Europe, la course terrible », Voiles et Voiliers,‎ , p. 67 (lire en ligne Accès payant)
  15. « Saint-Marc et les trimarans de Sylvestre Langevin » [PDF], Multicoque magazine, nd
  16. Jean-Yves Montagu, Isabelle Autissier à la conquête de l'or, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-28452-3, lire en ligne)
  17. Alain R. Walon, « Tabarly sauvé des eaux », Journal de Genève,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  18. « 1986 : Annus Horribilis », sur Guadeloupe la 1ère, (consulté le )
  19. a et b Christian Février, « L'Europe d'un jet », Voiles et Voiliers,‎ , p. 46, 48-49 (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  20. « Histoire des 60 multicoques » [archive du ], sur www.histoiredeshalfs.com (consulté le ).
  21. « INOUI, CE RAID INUIT », sur L'Humanité, (consulté le )

Liens externes

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