Aller au contenu

Mahmoud Taleghani

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Mahmoud Taleghani
Fonction
Grand ayatollah (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
TéhéranVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
سید محمود علایی طالقانیVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfant
Autres informations
Parti politique
Lieu de détention
Vue de la sépulture.

L'ayatollah Mahmoud Taleghani (en persan : محمود طالقانى), né le à Taléghan et mort le à Téhéran, est un théologien iranien et un membre de la haute hiérarchie du clergé iranien. Il était considéré comme ayant des vues modérées, et pensait par exemple que le voile islamique ne devrait pas être imposé aux femmes. Il fut par ailleurs contre l'introduction de la notion de Velayat-e Motlaghe ye Faghih (Autorité politique absolue du Légiste[1]) dans la constitution de la République Islamique d'Iran.

Il a été le premier Imam de la prière du vendredi à Téhéran après la chute du gouvernement provisoire en 1979. Il est mort peu après, dans des circonstances mystérieuses, à la fin de la révolution iranienne.

Taleghani et Rouhollah Khomeini étaient des contemporains, tous deux membres de l'opposition religieuse chiite dans les années de règne de Mohammad Reza Pahlavi.

Il est né à Galird dans la Préfecture de Taléghana, dans la province d'Alborz en [2]. Son père, Abul Hasan Taleghani, publia une revue "Balagh" s'opposant à l'interdiction du port du Hijab par les femmes sous le gouvernement de Reza Chah[3]. C'est lui qui lui a enseigné les sciences islamiques. Mahmoud Taleghani a continué ses études à Qom dans les écoles Razaviyah et Feyziyeh. Il a obtenu le diplôme de Ijtihad par ses maitres tel que Abul Hasan Isfahani et Abdul Karim Haeri Yazdi[4],[5].

Après le coup d'État de 1953 contre le gouvernement de Mossadeq , il rejoint le Mouvement National de Résistance[6].

Il participe à la fondation, en mai 1961, du Mouvement de Libération de l'Iran (MLI) avec Mehdi Bazargan[7]. Il soutient le mouvement du 15 khordad contre les réformes programmées par le Shah. Il est arrêté, en compagnie d'autres dirigeants du MLI. Au terme de son procès, en juin 1964, il est condamné à dix ans de prison. Il est libéré au bout de cinq ans[6]. En 1975, il est de nouveau arrêté et condamné à dix ans de prison. La nouvelle déclenche de vives protestations, dans un climat politique pré-révolutionnaire[8]. Il est libéré le 30 novembre 1978, alors que l'Iran est en pleine effervescence révolutionnaire. Quand, au mois de décembre, Bazargan revient d'une rencontre avec Khomeyni en France pour discuter de la composition d'un gouvernement, Taleqani fait part de ses réserves sur le rôle du clergé, mais observe que l'opposition n'a plus le choix, devant la popularité de Khomeyni[8]. Il accepte donc de présider le Conseil révolutionnaire qui tient lieu de Parlement, en attendant des élections. Il exprime son opposition au principe du Velayat-e faqih - gouvernement par le plus compétent parmi le clergé - qui est tout de même inscrit dans la Constitution[8].

Il meurt le 9 septembre 1979[8].

Taleghani fait une place spéciale à la rationalité. Il affirme que les croyances et préceptes de l'islam reposent sur la raison. Il croit que les commandements de l’islam sur la famille sont progressistes et en accord avec la raison. Les règles concernant l'économie reposent sur les principes de l'équité et de la justice[réf. à confirmer][9].

Il a écrit Eslam va Malekiyat (« Islam et propriété privée ») où il critique les excès du capitalisme[10].

Dans Hokoumat az Nazar-e Eslam (« Le pouvoir du point de vue de l'islam »), il rejette l'idée d'un gouvernement par le clergé[6].

À cet égard, Mehdi Bazargan aurait dit : « Taleqani était convaincu que les deux pires formes de despotisme étaient les rois et le clergé »[11].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Traduction approximative. Pour plus d’information concernant la notion de Velayt-e Faghih : KADIVAR, Mohsen, "GOD AND HIS GUARDIANS", index on censorship, no 4, 2004, p. 64-71
  2. Sahimi, Mohammad (30 October 2009). "The power behind the scene: Khoeiniha". PBS. Retrieved 3 August 2013.
  3. Mahmoud Taleghani. Society and Economics in Islam. Mizan Press. p. 10.
  4. Contemporary Islamic Economic Thought: A Selected Comparative Analysis. Alhoda UK. 1995. p. 93.
  5. Afrasiabi, Bahram. Taleghani and history. Tehran: Niloofar. p. 31.
  6. a b et c (en) « The Nationalist-Religious Movement | Part 1: Patriots and Mosaddeghists », sur FRONTLINE - Tehran Bureau (consulté le )
  7. (en) Ali Rahnema, An Islamic Utopian - A Political Biography Of Ali Shari'ati, (lire en ligne), p. 96
  8. a b c et d (en) Muhammad Sahimi, « The Nationalist-Religious Movement | Part 2: The Revolutionary Era », sur FRONTLINE - Tehran Bureau, (consulté le )
  9. (fa) « نشریه حوزه - دفتر تبلیغات اسلامی حوزه علمیه قم », sur eshia.ir (consulté le ).
  10. (en) « The Nationalist-Religious Movement | Part 1: Patriots and Mosaddeghists », sur FRONTLINE - Tehran Bureau (consulté le )
  11. (en) Ervand Abrahamian, Radical Islam : the Iranian Mojahedin, London, I.B. Tauris, (ISBN 978-1-85043-077-3 et 978-1-85043-083-4, lire en ligne), p. 83

Liens externes

[modifier | modifier le code]